Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 12:05

 

 

Par Emmanuel Navon 

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 No 204 01 février 2012, Editorial

 

http://www.hamodia.fr/article.php?id=2934 

Au début du processus d’Oslo, il y a de cela 18 ans, Shimon Pérès publia un livre intitulé « Le Nouveau Proche-Orient. » Le but de ce livre était de justifier l’accord signé avec l’OLP, et d’offrir une vision du Proche-Orient que ces accords étaient censés engendrer : une zone de paix, de progrès, et de croissance économique. Une région dans laquelle la guerre et le terrorisme seront remplacés par la coopération et le progrès scientifique.

J’ai récemment suggéré à la bibliothèque de l’Université de Tel-Aviv de retirer ce livre de la section « relations internationales » et de le transférer à la section « science-fiction. » Mais je dois reconnaître à Shimon Pérès que le titre de son livre était bien choisi et prémonitoire : dix-huit années après la signature des Accords d’Oslo, un nouveau Proche-Orient a effectivement émergé.

 
Un Proche-Orient qui est au bord d’une conflagration militaire entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Un Proche-Orient où le Shiisme iranien a la mainmise sur l’Irak, sur la Syrie et sur le Liban.

 
Un Proche-Orient dans lequel deux anciens alliés stratégiques des États-Unis, l’Égypte et la Turquie, sont devenus des Républiques islamiques pro-iraniennes. Un Proche-Orient dans lequel la plus haute autorité religieuse de l’Autorité palestinienne, le Mufti Muhammad Hussein, déclarait il y a deux semaines dans une cérémonie publique que tuer les Juifs est le devoir de tout Musulman.

 
Ce nouveau Proche-Orient est en réalité en gestation depuis trois décennies, et plus exactement depuis 1979.


C’est en effet en 1979 qu’ont eu lieu presque simultanément trois événements majeurs qui ont bouleversé le Proche-Orient : la révolution iranienne, l’Accord de paix entre Israël et l’Égypte, et l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique. 


Ces trois événements se sont certes produits indépendamment les uns des autres, mais ils ont tous trois déclenché des forces dont nous ressentons les effets aujourd’hui.


La révolution iranienne ne fut pas seulement une révolution contre un régime autoritaire pro-occidental. Elle fut aussi, et surtout, une révolte de l’islam contre la suprématie de l’Occident - une suprématie qui commença à s’affirmer au 16e siècle et qui culmina avec le colonialisme européen en Afrique du Nord et au Proche-Orient.


Le régime khomeyniste se présenta comme une alternative à l’occidentalisation et comme un point de ralliement du monde musulman contre un Occident accusé de l’asservissement et de la décadence de l’islam.


Depuis trois décennies, l’Iran bâtit un arsenal militaire et un réseau d’alliances au Proche-Orient. Cette stratégie a partiellement réussi et sera couronnée de succès si les États-Unis n’affrontent pas l’Iran comme ils affrontèrent l’Union soviétique.


Le deuxième événement fut l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique. Cette invasion cristallisa le fondamentalisme musulman contre le communisme athée. Et cette cristallisation de l’islam radical fut encouragée par les États-Unis qui virent dans les moudjahidin un allié irremplaçable contre l’Union soviétique. 


Mais si la révolte des moudjahidin avait pour cible l’occupant russe, c’est l’Occident au sens large qu’elle considérait comme ennemi. Cette haine de l’Occident en général et des États-Unis en particulier fut tragiquement confirmée par les attentats du 11 septembre.


Le troisième événement fut l’Accord de Camp David entre Israël et l’Égypte. Qualifié d’accord de paix, il s’agissait en réalité d’un accord économique et politique entre les États-Unis et l’Égypte. Sadate finit par comprendre qu’il n’avait pas d’option militaire contre Israël et donc que l’alliance avec l’Union soviétique avait perdu sa raison d’être.


L’absence d’une option militaire signifiait que seul l’allié d’Israël, les États-Unis, était capable de livrer le Sinaï à l’Égypte moyennant un changement d’allégeance.


Tel fut le deal entre l’Égypte et les États-Unis : en échange de l’abandon de son alliance avec l’Union soviétique, l’Égypte récupérerait le Sinaï et recevrait des États-Unis une aide financière qui lui était indispensable.


L’Égypte n’étant pas une démocratie, la décision personnelle de Sadate ne reçut pas le soutien populaire nécessaire à un véritable accord de paix. Et l’Égypte développa une relation de dépendance, voire de servilité, vis-à-vis des États-Unis au moment même où l’Iran humilia les États-Unis en pillant l’ambassade américaine à Téhéran. 


Pendant trois décennies, Moubarak fut subventionné par les États-Unis pour maintenir l’Égypte dans le camp occidental, après l’effondrement de l’Union soviétique, pour écarter les Frères musulmans du pouvoir.


Mais l’aide américaine ne profita pas au peuple égyptien. Elle fut utilisée pour équiper l’armée égyptienne et pour financer le système clientéliste du régime de Moubarak. En attendant, la révolte des Frères musulmans ne faisait que couver et elle était encouragée par un Iran violemment anti-américain et anti-israélien.


La Pax Americana au Proche-Orient est en train de s’effondrer. L’armée américaine s’est retirée d’un Irak gouverné par les Shiites et téléguidé par l’Iran. Les États-Unis n’ont pas réussi à éliminer le pouvoir des talibans en Afghanistan et à stopper le programme nucléaire iranien. Et ils ont perdu deux de leurs principaux alliés au Proche-Orient : l’Égypte et la Turquie. Enfin, le gouvernement américain a récemment été contraint de réduire son budget militaire de façon drastique.


Face à l’affaiblissement relatif des États-Unis au Proche-Orient, l’Iran peut compter sur deux alliés de taille : la Russie et la Chine. La Russie de Poutine a ravivé la stratégie soviétique du soutien automatique des ennemis régionaux des États-Unis. 


Quant à la Chine, elle continuera de s’opposer aux sanctions contre Téhéran à cause de sa dépendance pétrolière vis-à-vis de l’Iran. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les États-Unis et l’Union européenne ont dû faire cavalier seul sur la question de l’embargo pétrolier.


Face à ce nouveau Proche-Orient, quelle doit être la stratégie des États-Unis et d’Israël ?


D’abord de ne pas répéter les erreurs du passé. Tant l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique que la révolution islamique en Iran et l’alliance américano-égyptienne furent le résultat d’un aveuglement idéologique. 


La politique d’apaisement de Carter vis-à-vis de l’Union soviétique eut pour effet d’encourager les Soviétiques dans leur politique d’agression.


L’abandon par Carter du Shah d’Iran pour cause de violation des droits de l’homme eut pour effet d’installer un régime non seulement plus répressif que son prédécesseur, mais également anti-américain.


La tentative d’acheter l’Égypte pour contrer les communistes puis les islamistes finit par s’effondrer sous le poids de la répression politique, de la pauvreté, et de l’attrait idéologique des Frères musulmans.


Il faut donc que les États-Unis remplacent l’apaisement par la dissuasion. Comme l’a dit Churchill, apaiser l’ennemi c’est nourrir le crocodile en espérant qu’on sera dévoré en dernier. La politique d’ouverture de l’Administration Obama vis-à-vis de l’Iran et de la Russie a été un échec cuisant dont il est temps de tirer les leçons. 


Israël, quant à elle, doit tirer la leçon des concessions territoriales et des retraits unilatéraux. Dans un Proche-Orient islamiste, la théorie des « territoires contre la paix » est plus futile que jamais.


L’annulation probable de l’accord de paix avec Israël par l’Égypte islamiste prouve que la paix est réversible tandis que les retraits territoriaux ne le sont pas.


Mais, surtout, le combat des islamistes contre Israël est idéologique et religieux. Il a trait à l’existence même d’Israël et non à ses frontières. Et donc un retour d’Israël à ses anciennes frontières ne mettra pas fin aux revendications et aux combats des islamistes, au contraire.


Ne pas répéter les erreurs du passé, cependant, ne suffit pas. Il faut une vision et une stratégie face à un Proche-Orient qui s’islamise et face à un Iran qui continue de diviser la communauté internationale grâce à ses ressources pétrolières. 


La Chine ne peut pas se passer du pétrole iranien parce qu’elle consomme près de 10 millions de barils de pétrole par jour. En 2003, la Chine est devenue le deuxième importateur de pétrole au monde après les États-Unis, et elle deviendra le plus gros importateur mondial d’ici 2025. 


Mais c’est l’économie mondiale, et pas seulement la Chine, qui dépend du pétrole. L’Europe a attendu la semaine dernière pour imposer un embargo pétrolier à l’Iran, alors même que le programme nucléaire iranien est connu depuis de nombreuses années. 


Cette dépendance pétrolière aux conséquences géopolitiques désastreuses est due au monopole du pétrole dans les moyens de transport terrestre, maritime et aérien. L’Occident doit briser ce monopole pour mettre fin à sa dépendance pétrolière.


C’est un objectif réalisable, et tant les États-Unis qu’Israël en ont fait leur priorité. 


Le monopole du pétrole dans les transports sera brisé à terme par les moteurs électriques et par les biocarburants. Israël est déjà à la pointe de la technologie dans ces deux domaines, et Israël doit mener le combat du monde libre pour mettre fin à la dépendance pétrolière.


Un Proche-Orient qui aura perdu l’arme du pétrole est un Proche-Orient qui ne tiendra plus les grandes puissances en otage. 


Mais même dans l’ère post-pétrolière, le Proche-Orient continuera d’être armé d’une idéologie que ne cesse de se renforcer ces dernières années : celle de l’Islamisme. Cette idéologie est conquérante et menaçante, et elle ne fait que se renforcer face aux concessions et aux retraits d’Israël. 


Au lieu de nourrir le crocodile, il faut parler son langage. Puisque les islamistes justifient leur combat par les écritures saintes, qu’à cela ne tienne : le peuple juif ne peut que gagner sur ce terrain. Tant la Bible que le Coran sont des plus explicites sur le fait que la terre d’Israël a été donnée au peuple juif. Jérusalem est mentionnée à 656 reprises dans la Bible et pas une fois dans le Coran. 


Le même Coran confirme que les Juifs reviendront sur la terre qui est la leur. 


Plus Israël se détache de son passé et de ses racines, plus les Arabes nous considèrent comme des étrangers et des envahisseurs, et plus ils nous combattent. Et lorsqu’Israël se rattachera à son passé et à son histoire et dira avec fierté aux Arabes et au monde que le peuple juif n’a fait que revenir chez lui conformément aux Écritures, alors nous serons acceptés et reconnus par nos voisins.


Le monde ne nous respectera que lorsque nous nous respecterons nous-mêmes, et le Proche-Orient arabo-musulman ne nous reconnaîtra que lorsque nous serons fidèles à la foi qui est la nôtre et que les musulmans respectent. 


La nouvelle carte du monde peut paraître menaçante, mais elle est en réalité porteuse d’un éventuel dénouement, qui dépendra en grande partie des choix d’Israël. 


Article basé sur la conférence donnée par l’auteur au CRIF de Marseille le 29 janvier 2012. 

Par Gad - Publié dans : Israël et voisins hostiles
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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