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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 11:40

 

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

lapid (Copier)

 

 

Le manque d’engouement suscité par des mois de campagne sans éclat a, en partie, été compensé par la soirée des élections. Tous les sondages avaient prévu une majorité d'un nombre assez confortable de sièges allant au Centre-Droit et aux partis ultrareligieux, au détriment du Centre-Gauche et des partis arabes.

 

Les résultats, cependant, montrent que cet écart s'est amenuisé, à 61 sièges contre 59. Cela ne signifie pas grand-chose, parce que le résultat des élections pointe dans la direction d’un gouvernement, articulé autour du noyau dur de 50 députés, appartenant à la liste conjointe du Likoud et d’Israël Beitenou et au parti centriste « Il Y a Un Avenir », conduit par le nouveau venu en politique, Yaïr Lapid. Pour atteindre une majorité de gouvernement, on doit ajouter quelques autres partis, grâce, probablement, au Parti national-religieux, « le Foyer Juif », qui a obtenu 12 sièges et au petit parti Kadima, disposant de deux sièges seulement. C’est un gouvernement à peu près semblable à ce profil que dirigera l’actuel Premier Ministre, Binyamin Netanyahou.

 

Le défi immédiat, pour le nouveau gouvernement, consistera à réduire l’important déficit budgétaire. Il était de 39 milliards de Shekels –soi 4, 2% du PIB- en 2012. Il faudra alors prendre des décisions difficiles. C’est le budget de la défense qui semble le candidat probable pour subir des coupures budgétaires conséquentes.

 

Les résultats électoraux prêtent à confusion, du fait que très peu, parmi ceux qui s’en proclament vainqueurs, le sont avec suffisamment de netteté. Lapid est le seul qui puisse réellement crier victoire. Les 19 sièges attribués à son parti dépassent de loin ceux prévus par la plupart des sondages, tout au long de la campagne. « Il Y un Avenir » a ,également, laissé bien loin derrière lui, avec 15 sièges, le plus important parti suivant, le Parti Travailliste. Lapid cherche à se présenter comme le porte-parole de la classe moyenne, s’opposant à l’augmentation des impôts et soutenant une répartition plus égalitaire du « fardeau » des obligations militaires.


Il est possible de tirer une première conclusion, du fait que le public israélien marque sa préférence pour un renouvellement du personnel et l'arrivée de nouveaux visages en politique. Cela peut être dû à une forme de désaveu pour les partis préexistants, leurs dirigeants et leurs parlementaires. Le second nouveau venu qui a relativement bien réussi son examen de passage est Naftali Bennett. Ce jeune self-mademan multimillionnaire est parvenu à conduire le « Foyer Juif » à 12 sièges – alors que les deux factions qu’il a fait fusionner ne disposaient que d’un total de 5 sièges dans la précédente Knesset.

 

Netanyahou reste le vainqueur incontestable, mais, néanmoins, en posture très problématique, de ces élections. La liste qu’il mène recoupe, de loin, une base bien plus large que celle de la prochaine en ligne de mire, « Il Y a un Avenir ». Pourtant, le Likoud disposait de 27 sièges dans la précédente Knesset et Israël Notre Maison, mené par l’ancien Ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, avait un capital de 15 sièges à sa disposition. Au lieu de poursuivre cette progression jusqu’ax 45 sièges que leur avait prédit leur gourou américain, Arthur Finkelstein, ils ont perdu 11 des 42 dont ils étaient détenteurs. 

 

Cette situation aurait même pu empirer, si ces deux partis avaient continué à se présenter sous l'étiquette de deux entités distinctes. Dans ce cas, Netanyahou conduirait un Likoud qui n’a qu’un seul siège d’avance sur « l’Avenir d’Israël ». Les ministres du Likoud représenteront une minorité dans le prochain gouvernement. Il ne restera aussi moins de portefeuilles ministériels à se partager entre eux que le parti n’en détient actuellement. Et, aussi longtemps que le procès contre Lieberman n’aura pas eu lieu, Netanyahou n'est pas en capacité de savoir s’il doit ou non lui réserver une place à la table du cabinet gouvernemental. Cette situation est bien différente de celle à laquelle appelait le slogan de campagne de cette liste, demandant aux électeurs de lui apporter les moyens d’être un Premier ministre fort.

 

Shelly Yachimovich pourrait aussi formellement crier victoire, avec 15 sièges allant au Parti Travailliste. Le parti sous la férule de son dirigeant d’alors, Ehud Barak, n’avait remporté que 13 sièges, en 2009. Barak, en compagnie de quatre autres, a fait sécession en 2011, ne laissant plus que 8 sièges au Parti Travailliste, au sein de la Knesset précédente. Pourtant, Yachimovich s’est présentée comme la cheffe de l’opposition, tout au long de la campagne. Elle s’est engagée à ne pas faire partie du gouvernement, à moins d’en être le Premier ministre, et même si elle a dû ravaler ses paroles, son rôle dans un gouvernement quelconque ne pourrait être qu’anecdotique. Mais surtout, le nombre de fauteuils obtenus par le Parti Travailliste était bien inférieur à celui prédit par les sondages.

 

Les partis ultra-orthodoxes – le Shas sépharade et le Judaïsme Unifié de la Torah, ashkénaze, ont maintenu, voire accru leurs forces, avec 11 et 7 sièges, respectivement. En cela, ils pourraient bien être les grands perdants de cette élection, s’ils restaient en-dehors du gouvernement. Leur principal objectif a toujours été d’obtenir des subventions financières pour leurs clients, la plupart manquant d’éducation laïque et soutenant des familles nombreuses. Des partis, membres d’un gouvernement qui serait constitué sans eux, seraient bien contents d’imposer au secteur ultraorthodoxe de devoir participer au partage des charges, par le service militaire ou civil. Ils pourraient aussi être amenés à exposer ce point comme l’une de leurs réalisations essentielles, à l’avenir. Cela constituerait leur succès d’estime le plus important, pour autant que les coupures budgétaires et les augmentations d’impôts ne risquent pas de contribuer à leur popularité.

 

Il y a probablement eu plus de sondages publiés cette fois qu’au cours de toute élection précédente. Pourtant, les limites de cet exercice n’ont jamais été plus évidentes. Le très grand nombre d’électeurs indécis – et, pour certains même, jusqu’au moment d’entrer dans l’isoloir- a grandement réduit l’intérêt et la valeur de ces sondages.

 

A cause de la confusion et de l’incertitude qui règnent, peu nombreux seraient ceux vraiment surpris, si les prochaines élections parlementaires devaient se dérouler bien avant 2017, comme initialement prévues.

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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