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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 11:46

 

 

Enterrement de la « Solution à deux-Etats » par les contempteurs zélés d’Israël, chez F. Taddéi (« Ce soir… ou jamais »)

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

Pour son émission « Ce soir ou jamais » du 7 octobre, consacrée au « processus de paix » (sous-titre surligné dès les premières minutes : son échec, "à qui la faute"), Frédéric Taddeï a pris soin de trier sur le volet un panel « d’experts » allant du centre-gauche sioniste à l’extrémisme antisioniste.

Si on note bien la présence d’un jeune apparatchik, conseiller juridique de l’Autorité Palestinienne, Zyad Clot, par exemple, il n’y aura face à lui, aucune présence officielle émanant de l’Ambassade d’Israël à Paris. L'état reste "persona non grata", pour ne pas troubler les préférences induites du public. Il tirera d’ailleurs parti de cette position stratégique, tout au long du débat, rétorquant d’autorité à « l’opposition journalistique » juive et israélienne (à propos d'Annapolis) : « qu’en savez-vous ? Moi, j’y étais ! ». Fermez le ban et faites asseoir l’accusé : l’Etat d’Israël, tous gouvernements confondus depuis toujours.

Doit-on encore s’indigner systématiquement de ces procédures biaisées et un brin perverses, propres à France-Télévision ? Ou attend t-on, tout simplement, que même le téléspectateur un tant soit peu averti se lasse et considère la formule de la délégitimation pour acquise ? Plus que la distribution des rôles, c’est la teneur des messages véhiculés qui retient l’attention.

 

Face à cette mise en scène jouée d’avance, selon les critères ultra-sélectifs du « Buzz télévisuel », néanmoins, on doit compter, malgré les divergences politiques, deux principaux avocats de la défense :


-      Denis Charbit, qui a ouvert le bal, en tentant de recentrer le débat au-delà des prétextes visant à renforcer le pouvoir de non-négociation de Mahmoud Abbas. La question n’est pas celle d’un délai supplémentaire de deux ou neuf mois de gel de la construction, mais celle de l’entente a minima sur le tracé de futures frontières pouvant inclure des implantations, côté israélien, et les démanteler partout ailleurs, sur le territoire précurseur d’un Etat palestinien. Il aura pris le temps de prendre ses distances avec Netanyahou, de façon à conserver une once de légitimité à débattre, en stipulant que celui-ci est en quête d’un « statuquo  amélioré ». (Denis Charbit est professeur de sciences politiques à l'Open University d'Israël et de Civilisation Française à l’Université de Tel Aviv et auteur du livre de référence :  Sionismes. Textes fondamentaux. ( 983 p 1998, Albin Michel)

-      Et, oui, Ivan Levaï qui, quoique sortant d’une réunion houleuse de J-call –avec intervention musclée de la police contre les dissidents juifs venus débattre, sur ordre de David Chemla, de Shalom Akhshav- groupe auquel il a accordé sa signature, osons le dire, s’est montré émouvant de sincérité et d’ouverture d’esprit. Il dira même du bien de Benyamin Netanyahou, persuadé qu’il recherche, avec ou malgré sa coalition, une solution viable pour les deux parties. Son rejet des termes de la « colonisation », et son usage de celui « d’implantations », son insistance sur les peurs réciproques (Hezbollah, Hamas, virulents à l'issue de retraits antérieurs) et l’absence de clauses de confiance tenteront alors, sans succès, de désembourber un débat figé, du côté de la partie adverse, concentrée autour des « passe-partout » idéologiques qui permettent de refuser le dialogue et de poursuivre la guéguerre dialectique asymétrique.

 

Dans l’entre-deux, deux figures de style « décoratives », car intervenant assez peu, ou pour souligner ce que vient de dire un autre intervenant :

-      Alexandra Schwartzbrod, ancienne journaliste à « Libération » (nous n'épiloguerons pas sur les raisons de ce divorce), qui publie un roman de politique-fiction : Israël en 2020 ou 2050, après son lâchage par les Etats-Unis, pays ou région indistincte et apocalyptique en insécurité permanente. Un livre qui veut faire « pression » sur l’imagination de ses lecteurs, dans un script impératif signé J-Call. Elle s’en tiendra à vendre son produit esthètique, tout en s’affirmant, in extremis, favorable à la « solution à deux-Etats », face à l’échec final du débat tronqué, les vis-à-vis pro-palestiniens affirmant tous leur préférence pour un Etat binational… et la disparition d’Israël en tant que tel.

-       Un jeune dessinateur de BD, dont le nom échappe, aussitôt qu’il a été prononcé. Il voit en la Cause Palestinienne le pendant du Guevarisme sud-américain et fait de l’apologie de la « Résistance » terroriste un acte de foi pour la jeunesse nihiliste et désabusée. Sacrifiant au culte de l’image, d’attitude plutôt inerte, il passera la soirée à paraphraser le post-trotskyste Alain Gresh ou le représentant de l’OLP.

 

Face à eux, deux contempteurs d’Israël, qui n’en finiront pas de renvoyer l’accusation de l’échec probable des négociations sur Israël. A les entendre, c’est comme si c’était fait. Il n’y a rien à sauver dans ce processus et le dialogue de sourds peut reprendre ad vitam aeternam. Alain Gresh, l’un des derniers héritiers de l’ultra-gauche prolétarienne et du dogme anti-colonialiste chers à Henri Curiel, Eric Rouleau, Maxime Rodinson, anonera péniblement une rhétorique bien huilée, s’appuyant sur une interprétation tronquée du droit international désignant Israël comme état paria, colon. Il ne décollera à aucun moment d’un texte appris par cœur et appuyé sur quelques vérités toutes faites mâchées à coup de marxisme élémentaire (oppresseurs/opprimés, colonisateurs/colonisés, CRS-SS), où il n’y a place pour aucune compréhension inter-humaine, aucun intermédiaire entre le marteau et l'enclume. C’est sans doute la raison pour laquelle le Mur de Berlin a fini par s’effondrer, devant des cadres psychorigides médusés. Malgré les vestiges subsistant, notamment du côté du Front du Refus de Damas, dont Gresh est l'infatigable méta-Stasi.

 

L'adepte d'une école aujourd'hui dépassée, sauf chez les damnés de la Terre iraniens-chi'ites et affidées, ira même plus loin, en surfant sur la plaisanterie d'un rabbin new-yorkais (toujours intéressant de le faire dire par les Juifs eux-mêmes!) : Israël étant le pays "le plus insécurisant" pour les Juifs, qu'attendez-vous pour émigrer vers l'ancienne Europe ou l'Amérique? Non, ce n'est pas dit aussi directement, mais Denis Charbit sursaute devant l'implicite aveu d'antisionisme viscéral.


Zyad Clot représente, quant à lui, la nouvelle génération de combattants idéologiques issus, à la fois, des tendances radicales de l’OLP, ne faisant pas mystère, malgré ses « répugnances » explicites, de son désir d’alliance avec le Hamas ; mais aussi, qui, en contrepartie a été formé et élevé au lait de brebis du « processus de paix » et sait, donc, ménager son partenaire-adversaire à coups de flatterie et de démagogie. S’il apparaît habile à faire avaler la pillule du refus d'échanger, ses thèses n’en sont pas moins connues depuis longtemps : « les négociations sont une farce, les négociations sont une mascarade » : les registres n’étant pas équitables, les Etats-Unis et Israël auraient « fait pression » sur Mahmoud Abbas, pour « l’empêcher » de réaliser l’union sacrée avec les tueurs du Hamas -assassins de plus de 150 cadres du Fatah à Gaza-, rien de positif ne saurait en sortir, puisque : « Abbas n’a pas assez « d’armes » pour négocier ». On l’a compris, seul l’appui des irrédentistes formés, entraînés et payés par l’Iran éradicateur et leur implication dans un « processus de paix » dont ils ne reconnaissent pas l’utilité, pourrait « sauver la cause d’Abbas ».

Ce faux-débat en trompe-l’œil va donc prendre des allures surréalistes, qui n’aurait qu’un seul mérite : celui de préciser et répéter au spectateur qui refuserait de l’entendre : même le plus proche de Mahmoud Abbas, ayant fait partie de l’équipe négociatrice d’Annapolis en est persuadé : la Paix, du point de vue, palestinien, est impossible, sauf à travers la dissolution de l’Etat Juif dans un état binational. Il n’y a pas d’alternative à cette exigence d’en finir avec les spécificités juives et israéliennes du droit à l’existence et à l’autonomie. Là où le clan des "décolonisateurs" patentés n'est plus que l'ébauche en voie d'avorter d'une recolonisation spécifiquement arabo-musulmane de la Palestine mandataire... Mais, avançant masqué, le « négociateur » palestinien à vide aura la subtilité d’émettre « l’espoir » d’un état « fondé sur l’individu », donc laïc, comme le public français non-averti peut en rêver, flattant en cela un ethnocentrisme républicain bien assimilé pour mieux proclamer l’enterrement de première classe de toute « solution à deux-Etats ».

La "faute à qui?"... A la création et à la renaissance d'Israël, pardi! Après tout, tant que le terrorisme resterait intellectuel et (au Monde) diplomatique, il demeure à sa place, dans les rayons des vieilles gloires. Le véritable danger viendrait-il des bandes dessinées codées et du lavage de cerveau depuis l'école maternelle, touchant toutes les générations de 7 à 77 ans, grâce à France-Télévision?

 

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commentaires

J

Merci d'avoir si bien analysé cette bouffonnerie.Dès la présentation des intervenants le procès à charge d'Israel était évident:4 pro-palestiniens,2 pro-Israéliens de gauche pro-"paix".Ce ne sont
pas les intellectuels anti"J-call"qui manquent mais sur ce plateau de télé comme sur les autres(C dans l'air etc) on ne ressent aucune gêne à ne même pas faire semblant d'être impartial.Ni Charbit
ni Levaï ne trouvaient rien à redire aux appels frénétiques au"droit international" selon le Monde Diplomatique ,ce Droit International qui n'a jamais forcé le vainqueur d'une guerre où il était
l'agressé à rendre tous les territoires repris à l'agresseur sauf dans le cas d'Israel.Personne n'a eu l'indélicatesse ce soir-là de parler de "territoires disputés" ni de rappeler que la majorité
des palestiniens n'a pas été expulsée mais est partie à l'appel des pays arabes , que la Judée et la Samarie avaient toujours eu des habitants juifs jusqu'à ce que des pogromes les
rendent"judenrein",aucun sujet qui fâche n'a été abordé,on était entre gens de bonne compagnie,avec des contradicteurs laïcs qui se moquaient que la Judée soit le pays des juifs de la Bible, pour
un "débat" à charge contre ces méchants israéliens qui ont eu l'outrecuidance de voter pour un gouvernement de droite.Y a-t-il un médiateur à qui on pourrait se plaindre de ce débat pipé?


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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