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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 13:09

 

 

L'Europe et le spectre du Califat - de Bat YE'OR


Entretiens par Marc BRZUSTOWSKI


Pour © 2010 lessakele  © 2010 aschkel.info© 2010 Le Météor


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Magazine le Météor de Décembre

page 22-24-25

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*"Puissante est la Vérité, et elle triomphera !"


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« L’Europe et le spectre du Califat » de Bat Ye Or est une plongée saisissante dans les programmes élaborés par l’Organisation de la Conférence islamique, puis mis en œuvre, quelques années plus tard, par l’Union Européenne. Le transfert s’opère à travers l’adoption d’un lexique commun (« multiculturalisme », lutte contre « l’islamophobie »…) et, surtout, de « causes humanitaires » non-questionnables : dans le codage de cette novlangue, le terrorisme est « compréhensible », car conséquence de l’« Injustice » (des injustices) : l’existence d’Israël.

 


-     Ce livre fait suite à « Eurabia, l’axe euro-arabe », 2006. Quelle place attribuez-vous à chacun?


-     BYO : dans Eurabia, je commençais à découvrir le système, l’idéologie qui a conduit à la situation actuelle. Il y est question du multiculturalisme et de la destruction des identités des pays européens. Dans le Califat, j’examine les instruments et les mécanismes précis, entre l’OCI (56 pays) et l’UE. Je considère que l’OCI endosse le rôle d’un « Califat », c’est-à-dire qu’elle représente la communauté universelle islamique (Oumma), j’examine les textes publiés par l’OCI, l’ISESCO (branche musulmane de l’UNESCO) ainsi que les pressions que l’OCI exerce sur l’Union Européenne. Et je vois comment l’UE y répond. « Le Califat », c’est la mise en pratique de cette politique. L’UNESCO a classé le Tombeau de Rachel en tant que « mosquée ». Ce n’est qu’un des débouchés de cette politique d’usure.


Au fil des pages, Bat Ye Or retrouve les impératifs des uns (le Turc Hasanoglu, secrétaire général de l’OCI) parsemant le vocabulaire de référence des autres (programme culturels, éducatifs de l’U. E.). Observé de façon isolée, chaque mot, chaque évènement apparaîtrait anodin. Assemblés, décryptés, de cette géométrie fractale surgit alors un projet démiurgique. Dans les années 70, il s’agissait de passer des pactes de non-agression avec les terroristes de l’OLP et d’éviter les sanctions pétrolières de l’OPEP : « la réponse au terrorisme, c’est la négociation ». Des hommes comme Aldo Moro se sont impliqués, en espérant que l’Europe n’aurait pas à subir le contrecoup énergétique du conflit israélo-arabe. Mais, avec R. Prodi et J. Solana, une inflexion est donnée, en 2000 : Israël est vécu comme résurgence de l’Etat-Nation, alors même que ces entités européennes se veulent supranationales. La gauche, alors majoritaire, conserve vivace ses espérances internationalistes qui font abstraction des frontières et baissent la garde face aux questions de sécurité. Durban et l’omniprésence de l’OCI à l’ONU font le reste.

 


-         Le « palestinisme », opère t-il comme une sorte de « monnaie de conversion » ?

 

-         Voilà ce qui permet aux deux mondes de communiquer et de s’entendre surtout sur le problème de la Palestine. Tout ce qui serait pro-israélien part en corbeille. On se heurte à un « mur de béton », que stigmatise S. Trigano. On ne peut employer certains mots, sous peine de fatwa (R.Redeker). Ce système fonctionne par des réseaux : la Fondation Anna Lindh déclare qu’elle est un « réseau de réseaux », n’est-ce pas ? Le système de conditionnement de la pensée moderne européenne se fait par des systèmes de réseaux et de sous-réseaux que représentent  « Anna Lindh », « le Groupe des Sages », l’Alliance des Civilisations », « Euro-Med », etc., et cela nous enferme dans des sortes de filets, dans des mailles, dans lesquels on ne sait pas qui est qui, ni comment s’en sortir, parce qu’on ne voit pas, on ne comprend pas comment ça fonctionne, ni comment ils sont arrivés là, sans jamais en connaître la source. Le public est perdu là-dedans, et néanmoins, c’est un système qui est très bien construit, mais sur des mensonges. On abreuve les populations d’illusions.

 


L’OCI trouve-là la faille pour faire passer ses injonctions au sujet de la conservation de la culture d’origine chez les migrants. Les préceptes de la religion islamique en sont la substantifique moelle. Le « multiculturalisme » permet d’esquiver les questions d’intégration et de miner tout débat sur « l’identité nationale », comme on l’a vu capoter en 2010, en France. Les programmes TV font la promotion de telle égérie (Houria Bouteldja) des « Indigènes de la République », passée 17 fois à l’écran dans la même émission en 2010, qui réfute toute intégration alors qu’elle est employée à l’Institut du Monde Arabe. Surtout, les condamnations du « blasphème » passent, les unes après les autres à l’ONU, sanctuarisant la notion « d’islamophobie ». Il ne s’agit jamais que de démultiplier les revendications particularistes des Musulmans (cuisine hallal, drapeaux brûlés sans mot dire, éviction du terme « Shoah » du vocabulaire scolaire, suppression de l’histoire ou ajout de l’Islam dans les classes …), au détriment de la cohésion culturelle des Européens d’origine.

 


BYO : Nous entrons, maintenant dans un ordre mondial coranisé, comme le montre bien la décision de l’UNESCO. Ceci affecte des millions de Chrétiens, parce que ces tombes des Patriarches, comme le Christianisme a adopté la Bible juive (1er Testament) et non le Coran, l’islamisation des Patriarches d’Israël islamise également le Christianisme. Cela lèse le Christianisme, donc il « n’y a pas eu non plus de Jésus », s’il n’y a pas eu d’Israël, mais seulement Ishmaël, alors non seulement les Juifs, mais aussi les Chrétiens sont des Musulmans. Mais on n’a pas entendu un seul mot de protestation du monde chrétien à ce sujet, il ne comprend pas, probablement !


L’actualité regorge d’indices accablants : le Synode des Eglises d’Orient condamnant Israël, à la veille du massacre-boomerang des Chrétiens d’Irak… Bien évidemment, une résistance s’esquisse en Europe. L’auteure, elle-même cite le changement à 180° du discours de F. Frattini, Ministre italien des Affaires étrangères, inquiet de la sécurité d’Israël, compromise par les prises de position de l’Union. On cite la mise en évidence, par Angela Merkel de « l’échec du multiculturalisme ». Ou le procès favorable à Geert Wilders, son parti devenu incontournable au sein du gouvernement néerlandais.


-BYO : Les gouvernements européens craignent l’union de tous ces mouvements de contestation sur le plan européen. On peut, par contre, dire que cette politique anti-israélienne est raciste. Et elle suit tout-à-fait les préceptes du nazisme, et maintenant l’Alliance entre l’U.E et le Califat, et surtout à travers le Hamas, c’est clair, vise surtout à la délégitimation, puis à  la disparition d’Israël. On le dit différemment, mais l’objectif politique est le même. On ne peut pas dire que les mouvements actuels de ré-européanisation de l’Europe et d’alliance avec Israël, de refondation du Christianisme dans ses racines juives, représentent un mouvement « raciste ou nazi », c’est même exactement le contraire ! Cela dit, il y a toujours eu des résistances : la conquête de l’Espagne ou des Balkans, a mis plus d’un siècle. Il y a des mouvements de va-et-vient. Quant aux politiques, on voit ce qu’ils concèdent d’une main, mais sait-on bien ce qu’ils redonnent de l’autre ?… ».


Ces deux ouvrages exhument un double-point aveugle de la connaissance :


-          l’absence d’investigation systématique sur la présence juive (et chrétienne, dans les pays où elle a existé, voire subsiste encore) dans les pays arabes. Pourquoi aura-t-il fallu attendre si longtemps ? Un travail de fond attend les successeurs de P.Fenton et D.Littman.


-         La difficulté à questionner ces instances coordonnées qui planifient l’avenir de l’Europe, sans en référer aux populations ni au système démocratique, qui craignent comme l’eau froide les mouvements d’indignation populaire. Ou  le débat français serein sur « l’identité nationale », automatiquement identifié à « Vichy ». Comme c’est facile.

 

Devant nous, Bat Ye Or s’est vue signifier le refus du Centre d’Accueil de la Presse Etrangère qu’elle puisse y donner une conférence, pourtant, prévue[1]. L’histoire narrée par Paul Fenton et David Littman a, néanmoins, eu cet honneur. Le passé est bon pour le « musée », sans résonance au présent. Ainsi croit-on conjurer les « Spectres » et s’en sortir à bon compte. Quel aveu plus cinglant de la véracité des thèses de « La Fille du Nil », - en tout cas, elle dérange, manifestement-, que cette opposition formelle à l’ouverture de tout débat sur la question ?

 

Bat Ye Or, Paul Fenton et David Littman se rendront en Israël, en février-mars 2011, pour y tenir un cycle de rencontres dans les centres culturels qui voudront bien leur prêter audience. Les responsables intéressés peuvent, d’ores et déjà,  prendre contact avec l’auteur qui transmettra, via la rédaction du journal Meteor.

 

[1]Le directeur du CAPE a interdit une conférence de presse de Bat Ye’orhttp://www.veroniquechemla.info/2010/11/le-directeur-du-cape-interdit-une.html


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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