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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 18:50

 

 

 

 

 

pour aschkel.info  et  lessakele

Benilou 

 

 

 

ENTRETIENS TENDUS ENTRE NETANYAHOU ET OBAMA

Par Jacques Benillouche

 


 

 

            La visite de Netanyahou aux États-Unis a commencé sous de meilleurs auspices que celle du 23 mars durant laquelle un camouflet sévère lui avait été adressé par le président américain, excédé de l’attitude musclée d’un premier ministre soumis aux pressions de sa coalition fragile. Elle a été mieux préparée que les précédentes parce que les deux dirigeants ne pouvaient plus afficher une mésentente mal comprise par leur électorat. Leurs conseillers ont planché sur les points du contentieux existant entre les deux pays afin d’aplanir leurs divergences.

 

Nucléaire iranien

 

            A chacune des précédentes visites, l’Administration américaine imposait les sujets de l’ordre du jour en privilégiant le problème du processus de paix, des constructions dans les implantations et l’épineux statut de Jérusalem. L’impossibilité de Netanyahou d’aborder les problèmes sécuritaires d’Israël était à l’origine de sa mauvaise humeur car il estimait que les priorités de la défense de son pays primaient sur toutes les autres questions. Les discussions aborderont cette fois le programme nucléaire iranien mais la question de la centrale nucléaire de Dimona ne sera pas éludée alors que l’Etat d’Israël se refuse à en parler. Ce secret de polichinelle est d’ailleurs une question taboue soumise à la censure militaire israélienne. Le danger iranien est perçu de manière totalement différente par les deux alliés qui doivent trouver un consensus sur les mesures à prendre contre l’Iran nucléaire.

            Barack Obama s’est peu exprimé sur le sujet, préférant laisser à ses ministres le soin de faire des déclarations, parfois contradictoires. Le Secrétaire à la Défense Robert Gates avait estimé le 17 juin  que l’Iran était capable de lancer une attaque contre l'Europe au moyen de « dizaines ou même de centaines de missiles ».  Il confirma quelques jours plus tard à Bruxelles que, selon les services de renseignement,« l'Iran pourrait être en mesure d'avoir assez d'uranium enrichi pour se doter d'une bombe atomique d'ici un à trois ans. Mais cela n'inclut ni la phase de fabrication d'une arme ni le développement d'un vecteur ». Lors de sa visite en Israël le 28 juin, l’amiral Mullen, chef d’Etat-major des armées, avait assuré que les Etats-Unis étaient sur la même longueur d’onde en ce qui concernait les mesures à prendre en cas d’inefficacité des sanctions contre l’Iran.

 

Dénucléarisation du Moyen-Orient

 

            Les Etats-Unis sont à présent convaincus qu’ils n’ont plus de moyens de pression pour interdire aux israéliens d’attaquer les bases nucléaires iraniennes s’ils en prenaient la décision. L’Etat-major israélien presse son gouvernement d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. Les américains cherchent à louvoyer soit en envoyant en Israël de hautes personnalités civiles et militaires chargées de convaincre les israéliens de temporiser soit, en invitant à Washington les décideurs militaires pour les dissuader d’agir seuls.

            Israël s’était inquiété de la décision d’Obama de soutenir la résolution pour la dénucléarisation du Moyen-Orient dans la mesure où il refuse d’adhérer au TNP (Traité de non prolifération nucléaire) qu’il juge biaisé puisqu’il ne mentionne nullement l’Iran. Netanyahou a fait comprendre aux américains que l’application de cette résolution à son pays le libèrerait de son engagement de ne pas intervenir seul contre les usines nucléaires iraniennes. La confiance sera rétablie entre les deux dirigeants lorsque cette question sera résolue.

            Cette visite, qui intervient dans un climat de sérénité, pose le problème d’un accord nécessaire sur un programme commun à appliquer face à la nucléarisation de l’Iran. Le premier ministre israélien, selon son entourage, a laissé entendre qu’il pourrait lâcher du lest sur d’autres problèmes clefs si un consensus sérieux était trouvé, garantissant la sécurité de son pays. Le programme des discussions reste donc chargé puisque les problèmes en suspens ne manquent pas entre les deux gouvernements.

 

Quatre thèmes à l’ordre du jour

 

            Netanyahou pourrait accepter de relancer, avec les palestiniens, les pourparlers indirects qu’il refusait jusqu’alors et qui n’ont jamais été enclenchés parce que les israéliens ne croient pas à l’efficacité des intermédiaires. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en faisait un préalable pour faire avancer le processus de paix. Il avait été amadoué lors de sa visite à Washington puisque le président Barack Obama lui avait promis 400 millions de dollars d'aide civile. Le premier ministre israélien pourrait, de son côté, donner son accord pour une sorte de plan Marshall, suggéré par l’Arabie Saoudite à la Maison Blanche le 29 juin, afin de relancer l’économie en Cisjordanie mais aussi à Gaza. Il pourrait aussi laisser carte blanche aux troupes palestiniennes, sous la conduite de Mohammed Dahlan, l’ancien homme fort de Gaza, qui presse son président de le laisser reconquérir le territoire  gouverné par le Hamas. L’Egypte ne s’opposerait pas à ouvrir sa frontière de Rafah pour laisser passer les forces conquérantes afin de se débarrasser de la nuisance islamique à ses frontières.

            Le gel des constructions dans les implantations, prenant fin le 26 septembre, est le problème d’achoppement sur lequel Netanyahou est prêt à faire des concessions. Il aurait une solution capable de satisfaire à la fois les palestiniens et l’aile nationaliste de la coalition israélienne malgré sa « promesse »de dégeler les constructions. Il est acculé à transiger face à la volonté manifestée par les travaillistes de quitter la coalition si le processus de paix stagnait.

            L’activisme du Hezbollah risque de déclencher une guerre car sa proximité avec les frontières de l’Etat juif crée une menace permanente. Israël et les Etats-Unis ont intérêt à collaborer pour limiter l’entrée d’armes lourdes et de missiles balistiques au Liban en provenance de la Syriequi continue à réarmer de manière massive la milice islamique. Le danger est croissant au nord et les spécialistes militaires croient qu’une guerre avec le Hezbollah est plus proche qu’avec l’Iran. La disparition cette semaine de son mentor Fadlallah, qui ne cachait plus son opposition avec les mollahs iraniens, risque de faciliter la reprise en main du Hezbollah par les Pasdarans et le déclenchement de provocations pour susciter des représailles israéliennes.

            Enfin, le problème épineux de la Turquie reste fondamental pour les américains. Les Etats-Unis n’ont pas ménagé leur soutien total à Israël face au problème de la flottille de Gaza en refusant la constitution d’une commission internationale chargée de juger cet incident. Ils détiennent encore beaucoup d’influence auprès du turc Erdogan pour le dissuader de renforcer ses liens avec les ennemis potentiels de « l’axe du mal » : Syrie, Iran et Hezbollah. La Turquie reste en effet une pièce stratégique, avec Israël, dans le dispositif américain de maillage de la région par des amis sûrs et puissants. Bien que l’issue soit incertaine, ils sont en mesure de favoriser une réconciliation entre ces deux anciens alliés.

            Le retour en Israël de Benjamin Netanyahou déclenchera ou non la décision d’Israël de frapper les usines nucléaires iraniennes entrainant, selon les experts militaires israéliens, une déflagration régionale très limitée contrairement aux prédictions pessimistes.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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