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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 12:08

 

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Face à la menace d’une Seconde Shoah

 

Manfred Gerstenfeld

 

 

Une Seconde Shoah fait, désormais, partie des possibilités. Le débat sur cette éventualité s’est généralisé, au cours des récentes années. Depuis la première élection de Mahmoud Ahmadinedjad, en 2005, en tant que Président d’Iran, celui-ci a fréquemment appelé à rayer Israël de la carte. En pratique, cela ne peut se réaliser que par un massacre à grande échelle. Les progrès dans le domaine nucléaire en Iran, ont, ainsi, transformé ce qui demeurait encore de l’ordre de la rhétorique, ces dernières années, en une menace bien réelle.

 

Au tournant de ce siècle, ce thème d’une Seconde Shoah n’est intervenu que de façon épisodique dans le débat public. En 2000, le Guide Suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei a exhorté les pèlerins, présents à Téhéran, en stigmatisant Israël : « Nous le répétons sans cesse, il faut éradiquer l’Etat qui est la tumeur cancéreuse de la région ». Le Président iranien de l’époque, Ali Akbar Hashemi Rasfanjani déclarait, en 2002 : « Si, un jour, … le monde islamique en vient à posséder les armes actuellement entre les mains d’Israël [c’est-à-dire : les armes nucléaires], alors, ce jour-là, cette méthode, qui est celle de l’arrogance globale, arrivera à son terme définitif. Pourquoi ? Parce que l’utilisation d’une bombe nucléaire sur Israël anéantira tout être vivant sur ce territoire, alors qu’elle ne causera que quelques dégâts, à l’échelle du monde islamique”.

 

De telles déclarations, de la part des dirigeants iraniens, ne sont pas les seules raisons qui ont déclenché l’ouverture des débats à ce sujet. Alors que l’antisémitisme subissait une forte augmentation, en 2002, l’éditorialiste américain, Ron Rosenbaum écrivait que la « Seconde Shoah » était une expression forgée par Philip Roth, dans son roman Opération Shylock, en 1993. Rosenbaum affirmait  qu’il était tout-à-fait réaliste – et pas seulement romanesque- que, tôt ou tard, des Arabes fondamentalistes déclenchent une bombe nucléaire à Tel Aviv.

 

L’écrivain Léon Wieseltier avait alors réagi à cet article pessimiste et quelques autres de la même teneur, en déclarant que les Juifs disposaient, à la fois, de la sécurité et de la force. Il concluait : « Le génie juif, fruit de son angoisse existentielle, a bien servi aux Juifs, mais Hitler est bel et bien mort ». Rosembaum répliquait en affirmant que Wieseltier cherchait une porte de sortie dans le déni, alors qu’il existe de nombreux exemples de diabolisation des Juifs, dans le monde arabe, identiques à celles d’Hitler. Il faisait référence à trois points appuyant son propos : la justification palestinienne de la Shoah, la négation de la Shoah par un journal officiel du gouvernement égyptien, disant qu’il aurait apportait son soutien inconditionnel à Hitler, s’il avait « effectivement » exterminé les Juifs, et un programme du Gouvernement saoudien, où un prédicateur religieux appelle à l’anéantissement des Juifs.

 

Ce n’est qu’en 2010 qu’une conversation privée, datant de 1973, entre le Président Richard Nixon et son Conseiller à la Sécurité de l’époque, Henry Kissinger, a été publiée. Elle révélait que ces deux hommes ne considéraient pas comme important, pour les Etats-Unis, l’éventualité que les Juifs d’Union Soviétique soient envoyés aux chambres à gaz. Ce n’est que lorsque ces remarques ont été portées à la connaissance du grand public que Kissinger a présenté ses excuses.

 

Il n’y a pas que ceux qui menacent ouvertement d’une Seconde Shoah qui accentuent cette possibilité. Ceux qui tentent d’entraver les actions militaires d’Israël contre l’Iran pour empêcher son développement sont aussi complices de l’agravation de cette menace. Parmi eux, on compte les responsables du gouvernement américain qui spéculent sur la nature, l’infrastructure et la fenêtre d’opportunité propice à une possible attaque israélienne contre l’Iran.

 

Présenter Israël comme l’agresseur s’il choisit l’action contre l’Iran est une nouvelle façon de faciliter la probabilité d’une Seconde Shoah. Le plus chaud partisan de cette thèse est le Prix Nobel allemand Günter Grass, qui a dissimulé durant des décennies le fait qu’il avait été un nazi fervent durant sa jeunesse. L’une de ses affirmations les plus mensongères, c’est qu’Israël lancera des bombes atomiques contre l’Iran, lors d’une attaque éventuelle. Le poème qu’il a écrit pousse même plus loin la calomnie, en déclarant qu’une telle attaque rayerait de la carte le peuple iranien tout entier, sans aucune mention du fait que l’Iran représente près de cinq fois la taille de l’Allemagne. En outre, dans le passé, de nombreux pacifistes ont fourni une assistance indirecte, à divers degrés, à des meurtriers potentiels. C’est ce même phénomène qui se répète, au sujet du problème israélo-iranien.

 

L’accroissement du chaos au Pakistan pourrait, aussi bien, conduire à une Seconde Shoah. Les troubles qui y ont cours sont susceptibles de mener à l’anarchie, comme l’a mentionné, il y a deux ans, son Président Asif Ali Zardari. Comparé à cela, la probabilité que suffisamment de matériau fissile soit dérobé, pour assembler une bombe atomique fait blêmir. Israël reste une fois encore, une cible potentielle qui « conviendrait » en pareil cas. La surface réduite de son territoire est à peine équivalente à 1% de celle de l’Iran.

Le risqué d’une Seconde Shoah inquiète essentiellement les Israéliens et leurs amis. L’ancien Premier ministre espagnol, José Maria Aznar perçoit, cela dit, ce problème dans un contexte bien plus large et il a simplement écrit : « Si Israël tombe, c’est nous tous qui nous tomberons”.

 

La majorité des autres n’en a cure. Il y est probable, pourtant, qu’ils se trompent lourdement. Dès que des bombes atomiques seront entre les mains de fanatiques idéologiques, leur stratégie deviendra imprévisible. Ils sont aussi susceptibles d’employer leurs armes létales contre ceux qui sont incapables de répliquer. La vaste majorité des pays du monde appartient à cette catégorie.

Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages

 

Adaptation : Marc Brzustowski

“Iran Leader Urges Destruction of ‘Cancerous’ Israel,” CNN.com, 15 December 2000.

  “Former Iranian President Rafsanjani on Using a Nuclear Bomb against Israel,” MEMRI, Special Dispatch Series, 325, 3 January 2002.

Ron Rosenbaum, “‘Second Holocaust,’ Roth’s Invention, Isn’t Novelistic,” New York Observer, 14 April 2002.

 

Leon Wieseltier, “Against the Ethnic Panic of American Jews: Hitler Is Dead,” The New Republic, 27 May 2002.

 

Ron Rosenbaum, “Can Wieseltier, D.C.’s Big Mullah, Have It Both Ways?” New York Observer, 10 June 2002.

 

Adam Nagourney, “In Tapes, Nixon Rails about Jews and Blacks,” New York Times, 10 December 2010.   

“Terrorism floods pose ‘existential threat’ to Pakistan,” Press Trust of India, 6 September 2010.

“Former Spanish PM: If Israel goes down, we all go down,” Haaretz, 18 June 2010.

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Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

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Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

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La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

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Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

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Si'hloute > appréhension et compréhension

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Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

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