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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 07:50

 

Fabio raphael Fiallo

Merci Fabio,

Fatah'-'Hamas : un accord et beaucoup de désaccords

par Fabio Rafaël FIALLO

 

adapté pour © 2011 www.aschkel.info

 

 

Fabio Rafael Fiallo est économiste et écrivain, ancien fonctionnaire à l’ONU.

 

Son dernier ouvrage, Ternes Eclats – Dans les coulisses de la Genève internationale (Paris, L’Harmattan), présente une critique des incohérences de la diplomatie multilatérale, y compris du parti pris anti-israélien qui prévaut dans un nombre d’enceintes internationales.


Lire aussi

 

Au centre de l'accord FATAH'-'HAMAS by Matthew RJ Brodsky


 

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Le Fatah et le Hamas ont scellé le mardi 3 mai leur réconciliation au Caire, mettant ainsi un terme aux divisions entre Ramallah et la bande de Gaza et ouvrant la voie à l'organisation d'élections dans un an. Pour l'ancien haut fonctionnaire de l'ONU Fabio Rafael Fiallo, cet accord cache de profondes divisions au sein des deux factions palestiniennes, animées par des intérêts contradictoires

 

Après quatre années de luttes intestines, de représailles et d’assassinats réciproques, les deux branches principales du mouvement palestinien - le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas - sont parvenues à un accord négocié par Égypte, et signé au Caire ce mardi 3 mai, qui stipule la formation d’un gouvernement provisoire d’unité nationale chargé d’organiser des élections dans un délai de 12 mois.

Un accord voué à l'échec ?

Dès que la nouvelle fut annoncée une semaine avant la signature officielle du texte, un consensus s’était mis en place pour dire que l'accord - permettant d’afficher une unité de façade entre les deux factions - allait accroître les chances de réussite de l’initiative diplomatique lancée par Mahmoud Abbas dans le but de faire reconnaître la Palestine en tant qu’État membre des Nations unies. Une décision à ce sujet devrait intervenir lors de la session d’automne de l’Assemblée générale de cette organisation.

            

Une telle explication n’a cependant guère de sens. Pour avoir un poids légal, la reconnaissance d’un État par l’ONU doit remplir deux conditions : obtenir une majorité de deux-tiers de l’ensemble des États membres, puis éviter le veto d’un des membres permanents du Conseil de sécurité. Or, avec ou sans l’accord inter-palestinien, la majorité des voix est pratiquement acquise : 118 des 192 États membres reconnaissent déjà un État palestinien ; trouver une dizaine de voix supplémentaires ne doit pas poser de problème insurmontable pour l’Autorité palestinienne. En revanche, l’accord entre le Fatah et le Hamas, au lieu de diminuer, augmente considérablement le risque d’un veto américain, les Etats-Unis ayant inscrit le Hamas dans la liste des organisations terroristes avec lesquelles ils ne négocient pas.

            

L’explication en question donne qui plus est la fausse impression que c’est l’Autorité palestinienne, dirigée par le Fatah, le principal bénéficiaire de l’accord. Une analyse lucide prouverait précisément le contraire.

Élections : guerre de popularité entre Fatah et Hamas

Pour commencer, il convient de souligner que le vrai intérêt du Fatah dans cet accord a trait aux élections prévues dans une douzaine de mois. A la différence de 2006, lorsque le Hamas avait emporté les élections, le Fatah peut raisonnablement s’attendre cette fois-ci à battre le Hamas, et par là même, à reprendre le contrôle de la bande de Gaza aujourd’hui gouvernée par le Hamas. Cette dernière organisation est consciente de sa perte de popularité, ce qui explique pourquoi elle avait rejeté jusqu’ici le désir des Gazaouis de pouvoir exprimer à nouveau leur volonté dans les urnes.

            

Si le Hamas accepte maintenant de prendre part à des élections, c’est parce qu’il a obtenu en guise de compensation deux concessions de taille : d’une part l’ouverture par Égypte de sa frontière avec Gaza, et d’autre part la possibilité pour ses militants d’aller en Cisjordanie sans être chassés ou emprisonnés par les forces du Fatah.

voir aussi >Le Caire ouvre le passage de Rafah et s'apprête à stopper toute fourniture de gaz à Israël

 

L’ouverture de la frontière entre Égypte et Gaza aura un double avantage pour le Hamas : d’un, il pourra faire entrer plus facilement des armes et des munitions depuis Égypte ; de deux, il pourra utiliser Égypte en tant qu’abri où ses militants tenteraient de se réfugier, pour échapper à des représailles israéliennes, à chaque fois que le Hamas déciderait de lancer des attaques contre l’État juif. Le fait de retrouver une certaine mobilité en Cisjordanie permettra à son tour au Hamas de diversifier ses bases de lancement d’opérations terroristes, compliquant ainsi, militairement et politiquement, les ripostes d’Israël.

Des bénéfices contradictoires

Ce qui rend cet accord inter-palestinien bancal - et voué à ne pas être appliqué entièrement - c’est la chronologie des bénéfices à tirer respectivement par le Fatah et le Hamas. Pour concrétiser son bénéfice principal, c’est-à-dire la reprise de la bande de Gaza, le Fatah devra attendre les élections prévues dans l’accord. Entre-temps, le Hamas aura empoché ses dividendes politiques, à savoir : la réouverture de la frontière entre Gaza et Égypte et la possibilité d’agir depuis la Judée-Samarie. Or, une fois que le Hamas aura eu ses avantages mis en place, la tentation sera grande pour lui de contourner, ou carrément d’ignorer, son engagement à prendre part à des élections et surtout à permettre que celles-ci aient lieu dans Gaza.

            

Pour frustrer la tenue des élections, le Hamas possède un joker dont il s’est servi à de multiples occasions : intensifier ses attaques contre Israël jusqu’à provoquer une réponse militaire de la part de l’État juif. Une fois la réponse israélienne déclenchée, le Hamas pourra dire que, à son grand regret, des élections ne peuvent pas avoir lieu dans les nouvelles conditions. Ce prétexte lui permettra de garder sa mainmise sur le territoire de Gaza, quitte à perdre partiellement ou totalement sa mobilité en Judée-Samarie – il lui resterait de toute façon, en tant qu'acquis, l’ouverture de la frontière entre Égypte et Gaza.

Le Fatah ne pourrait pas faire grand-chose dans ce cas de figure. Si lui, le Fatah, n’a pas jusqu’ici délogé le Hamas de Gaza, pourquoi alors ce même Fatah, ou en l'occurrence un gouvernement unitaire nécessairement fragile, seraient-ils plus à même de s’opposer au Hamas dans la période à venir ?

L'hypothèse du statu quo

Afin de sauver les apparences et d’éviter une nouvelle guerre fratricide, le Fatah pourrait accepter de garder les actuelles zones d’influence entre le Hamas et le Fatah, et ce de deux manières possibles : soit en repoussant à nouveau les élections, soit en se résignant à en truquer les résultats pour ainsi entériner l’actuelle répartition du pouvoir sur les territoires palestiniens.

Le Hamas en tirerait deux avantages supplémentaires de la nouvelle donne. Primo, il pousserait Égypte à accuser Israël de mener une opération militaire « disproportionnée », mettant à mal les relations entre Égypte et Israël. Secundo, le Hamas aurait montré que c’est lui, et non le Fatah, qui mène le jeu dans l’échiquier politique inter-palestinien.

Aussi est-on en droit de se demander si le président Mahmoud Abbas, et avec lui le Fatah, ont évalué correctement les implications de l'accord qu'ils viennent de signer formellement, le sourire aux lèvres, avec le Hamas.

 

Article égalent publié sur le magazine atlantico

 

Article reproductible avec mention de l'auteur et de la source 

© 2011 www.aschkel.info 


Dernier article de F.R.FIALLO > Vers une crise des missiles iraniens au Venezuela ? Par Fabio Rafaël FIALLO.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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