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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:19

editorialaGad-copie-1

 

 

Faut-il redouter le vide créé par l’affaissement du Hamas à Gaza ?

Par Marc Brzustowski.

 

L’opération « Pilier de Défense », lancée mercredi 14 novembre, avec la mort en direct, au coin d’une rue de Gaza-City, du stratège et planificateur des opérations du Hamas, a stupéfait l’ennemi par son caractère de « choc et de stupeur ». Ahmed Jabari mis hors d’état de nuire, ce sont environ 200 sites de lancement de roquettes, dont les plus perfectionnées, de provenance iranienne, Fajr 3 et 5, qui sont devenus des crevasses brûlantes, sous les pieds des terroristes des deux principaux groupes islamistes de Gaza : le Jihad Islamique et le Hamas.

 

Proférant des menaces appelant à « l’ouverture des portes de l’enfer » pour anéantir Israël, les porte-parole de ces mouvements terroristes ne sont pas parvenus, près de 24h après leurs déclarations, à concrétiser leurs fantasmes. Néanmoins, une première ogive s'est abattue dans un terrain vague de Rishon Letzion, point le plus au nord de l'offensive missilière du Hamas, jusqu'à présent. Tel Aviv est donc, clairement visé, à moyen terme.  Il est probable que les principaux chefs des diverses branches armées ont suivi le conseil de l’Etat-Major israélien : à cette heure, ils ont rejoint des caches souterraines, déguisés en femmes, la burqah étant très tendance dans ces milieux virils, qui prétendent « aimer la mort comme les Israéliens aiment la vie ».

 

On a dû, malheureusement, déplorer la mort de trois Israéliens, à Kiryat Malachi. Ces victimes n’ont pas eu le loisir de rejoindre un abri sécurisé, pour la raison que cette ville d’implantation paupérisée n’en dispose pas en nombre suffisant. C’est un manquement grave au projet sioniste : en même temps qu’il neutralise les zones de lancement et les missiles tirés contre les villes principales, grâce à Dôme de Fer, il doit apporter un bouclier sans faille à l’ensemble de la population du Sud, sous les bombes depuis au moins 2001, et, plus particulièrement, depuis le retrait de Gaza, ordonné par Sharon, en 2005.

 

תינוקת שנפצעה בקריית מלאכי, הבוקר (צילום: גדעון רחמים)

Jeune enfant recueilli par les sauveteurs, après les tirs meurtriers contre Kiryat Malachi. 

 

La plupart des commentateurs se sont félicités de la détermination de l’actuel gouvernement et de son Etat-Major. Ils ont relevé l’efficacité, qui n'est pas sans précédent, des coups portés aux cibles stratégiques à répétition, qu’ont dû subir les groupes terroristes. On pourrait y voir un premier effet notable de la fusion des principaux corps des forces spéciales israéliennes au sein du "Corps d'Action en Profondeur", capables de frapper des cibles lointaines (comme à Khartoum, par exemple) aussi bien que de tracer et désigner des cibles mouvantes en périphérie immédiate d'Israël (comme à Gaza). [http://lessakele.over-blog.fr/article-israel-pourrait-faire-fusionner-ses-unites-speciales-pour-les-missions-exterieures-92857252.html ]. Il a, spécialement, été créé à partir des premiers constats concernant le "Printemps Arabe", en vue de prévenir les crises qu'il ne manquerait pas de susciter. Cette fois, nous y sommes. Les insurrections libyennes, tunisiennes, égyptiennes... sont surtout parvenues à faire du Sinaï le supermarché mondial du trafic d'armes multiples qui y pullulent : SA 7 (Strella), tiré, début octobre contre un hélicoptère de Tsahal, et Sam 7 russes, doublement du stock de Fajr iraniens pour le Hamas et consorts, missiles anti-tanks Kornet russes, -utilisé contre la Jeep de Tsahal, quand quatre soldats ont été blessés, le 10 novembre dernier-.

 

D’autres soulèvent des questions légitimes sur l’opportunité de cette opération, au moment où le Hamas est sérieusement concurrencé, dans l’exercice d’un leadership, par le Jihad Islamique, succursale de l’Iran. Son rival islamiste a pris faits et causes pour la révolution syrienne, contre l’Axe irano-syrien ; l’autorité du Hamas est également contestée par les Salafistes, qui puisent leurs ressources délétères par les tunnels débouchant du Sinaï. L'armée égyptienne reconnaît que des missiles ont été tirés, mercredi, depuis la ville de Rafah, du côté égyptien de la frontière. 

 

En arrière-fond, l’évaluation porte sur les conséquences du « Printemps Arabe » : au moment où les tirs de barrages se déclenchaient à Gaza, des obus perdus atterrissaient plus régulièrement du côté israélien du plateau du Golan, sans qu’on en identifie toujours la provenance : armée syrienne réprimant les rebelles présents à Quneitra ou groupes jihadistes prenant position dans le flanc d’Israël, pour un second round, après l’éviction souhaitée et probable, un jour ou l’autre, de Bachar al Assad ? Aujourd'hui même, un soldat de Tsahal, en poste sur le Golan, a reçu une balle "perdue". Par chance, son gilet pare-balles a esquivé le tir et lui a évité d'être sérieusement blessé.

 

L’autre point important se joue sur la ligne de tensions entre Le Caire et Jérusalem, depuis l’avènement des Frères Musulmans en Egypte, vitrine légale du Jihadisme de type Hamas. Mohamed Morsi a pleuré la mort de son ami et protégé Jabari en retirant son ambassadeur à Tel Aviv. Consternés par la passivité et l’absence de solidarité de la part de la rue cairote, les Frères Musulmans ont dû organiser prestement des manifestations encadrées, comme aux bon vieux temps staliniens des Pol Pot, Kim Jung Il et autres dictateurs rouges hypnotiseurs de foules.

 

Bien entendu, on n’a pas manqué de souligner le danger de rupture des Accords de Paix Sadate-Begin de 1979, de la part de la dictature islamiste d’Egypte. Déjà elle souhaite détruire les pyramides de Keops comme structures impies et idolâtres, lorsqu’elles font partie du patrimoine antique et constituent un poumon touristique pour l’ économie branlante mise à mal par les sbires de Morsi.

 

Mais, Israël, a, depuis longtemps (captivité en Babylonie) appris à lire le message sur le mur. Parallèlement au danger nucléaire iranien, se profile une prise en étau, au nord comme au sud, de la part de forces terroristes soutenues par des régimes sunnites prétendument révolutionnaires.

 

Depuis l’hiver 2011, le gouvernement de Jérusalem est resté sur ses gardes, méfiant à l’égard de ces soi-disant « vents nouveaux », censés balayer les dictatures arabes, pour les remplacer par des pouvoirs radicaux, jouant à « plus islamiste que moi tu meurs ». Mahmoud Abbas, malgré ses tentatives diplomatiques les poches vides et frisant le grotesque à la tribune de l’ONU, est en perte de vitesse, - lui-même menacé d’être, un jour, renvoyé aux utilités de l’histoire -. Le Hamas est désigné, à la fois, par le Caire et Doha, capitale du Qatar, comme la prunelle de l’islamisme triomphant, arrachée au front du cyclope iranien. Cette posture de verrouillage de la Cause Palestinienne lui permet de toucher les subsides des deux côtés : il empoche les 400 millions de $ de l’Emir al-Thani, d’une part, est considéré comme le bras armé des Frères Musulmans du Caire et d’Ankara, et donc, comme un possible « partenaire diplomatique », une fois relooké, par Washington ou Bruxelles. Mais, le Hamas n’a pas, pour autant, cessé de se fournir à Téhéran, en matière de missiles. Sa liberté d'action est plus grande que jamais. 

 

Les images satellites de missiles Fajr 3 et 5 prises par les drones israéliens, puis les frappes successives contre ces entrepôts à Gaza, la récente opération aérienne contre l’usine de missiles Shahab iraniens à Yarmouk, près de Khartoum au Soudan, le 24 octobre, racontent en filigrane le double-jeu permanent et l’alliance de circonstance que continue de représenter le Hamas, pour chacun des parrains de la guerre contre Israël.

 

Tout se passe comme si Sunnites et Chi’ites se disputent bien à couteaux tirés en Syrie, mais qu’une sorte de pacte trans- partisan s’applique à la Péninsule du Sinaï et à la Bande de Gaza : les uns apportent les sacs d’or et le vernis diplomatique nécessaire à leurrer ces grands enfants d’Américains et d’Européens ; les autres, bien qu’ils fustigent les premiers, lorsqu’il s’agit de la conquête du pouvoir à Damas, ne renâclent jamais à faire convoyer leurs dernières trouvailles technologiques vers Gaza, par l’entremise des bons offices de VRP locaux, comme le bon génocidaire El-Béchir de Khartoum, qu’aucun commando venu de La Haye ne songerait à kidnapper pour le faire comparaître devant la CPI. Le nouveau chef remplaçant Jabari, Marwan Issa, conduisait la délégation du Hamas, venue à la mi- septembre dernier, signer un pacte de défense mutuelle, à Téhéran et Beyrouth. Ce retour dans le giron des Mollahs marquait aussi l'arrêt de mort politique du Hamas, à plus ou moins brève échéance.

 

Voici donc qui sont les bonnes fées du Hamas. Obama n’a jamais rien fait qui puisse contrarier un Frère Musulman dans les couloirs du Département d’Etat. François Hollande brade les entreprises françaises aux fonds souverains venus du Qatar et de Libye, le sourire aux lèvres et la rose pleine d'épines à la main. Si, demain, les exigences des Emirs se manifestent en dividendes diplomatiques, il sera bien temps de s’en inquiéter.

 

Le Hamas représente la posture politique-limite avec laquelle Israël ne transigera jamais. Le fait qu’il soit à peu près armé comme l’était le Hezbollah il y a quelques années et qu’une surenchère l’oppose aux autres groupes, dont le Jihad Islamique, est un plus, utile à son profil de bouledogue régional près à toutes les extrémités. Il a organisé, sur la base de pratiques mafieuses, un vrai commerce parallèle qui rapporte, chaque mois, à ce souteneur du Jihad, 25% de son budget, grâce aux trafics divers tirés des tunnels. Il est donc enclin à inviter tous les postulants et prétendants de la planète Verte.

 

Si Gaza reste une écharde à vif dans le talon d’Israël, tenant sa région sud en otage depuis bien trop longtemps, d’autres fronts peuvent, graduellement, compléter cet encerclement, dans des temps dangereusement rapprochés : soit par le Golan, le Sud-Liban, le Sinaï sans foi ni loi et concédé aux Islamistes de toute engeance par le pouvoir faible et tendancieux du Caire…

 

Israël n’a pas d’autre choix que de ne pas attendre la fin des « Printemps » en série pour tirer toutes les anticipations et conséquences de cette situation. Comme le verrou de Damas, dans l’axe irano-syrien sera brisé, un jour ou l’autre, il faut faire sauter la clique d’Haniyeh, qui s’oppose à tout processus évolutif par la suite. Il est indispensable que Tsahal rétablisse sa dissuasion effective face à tout challenger présent ou futur et démontre qu’on n’attrape pas les mouches avec le miel du prétendu « Islamisme modéré ».

 

Le risque est, bien sûr, qu’une fois le Hamas sérieusement décapité, des groupes opportunistes appartenant aux différentes versions du Jihad prennent le dessus à Gaza et poursuivent le travail de sape bien entamé par les affiliés du Caire, d’Ankara et de Doha. Mais, stratégiquement, les désordres internes, ou la concurrence entre ces groupes, ne concernent pas Jérusalem. Ils doivent, d’ores et déjà, savoir et sentir sur leur échine que, quoi qu’ils tentent, ils seront rattrapés et subiront le même sort que leurs prédécesseurs et que la guerre contre la terreur ne tergiverse pas. C’est le choix du long chemin vers l’édification des conditions raisonnables de paix qui est en jeu, contre les raccourcis permissifs et suicidaires dans lesquels se compromettent trop de chancelleries venues d’Occident. 

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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