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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 21:02

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele


Le 22 mars 2012, les forces du raid ont abattu Mohammed Merah, auteur d’un septuple meurtre, dont quatre personnes de confession juive, lors de l’attentat commis devant le collège Ozar Hatorah de Toulouse. Le parcours judiciaire de l’assassin, âgé de 24 ans, laissait certainement entrevoir le massacre qu'il allait commettre. Condamné à quinze reprises pour des faits de violences alors qu’il était mineur, il a (à peine majeur) été condamné, en 2007, à une peine d’emprisonnement de trois ans pour sa participation à des activités terroristes en Afghanistan. A la suite de son évasion des geôles afghanes, il s’est, de nouveau, rendu en Afghanistan au cours des années 2010-2011, pour apprendre la technique du combat au sein de camps d’entrainement. De nature violente et souffrant de troubles du comportement, le terroriste djihadiste n’a, pourtant,  jamais remis en cause la justesse de ses actes qu’il a justifiés par la volonté de soutenir la cause palestinienne, de se venger de la France pour son intervention en Afghanistan et de ses attaques contre l’Islam (avec la décision d’interdire le voile islamique). Il projetait, d’ailleurs, d’assassiner deux autres fonctionnaires de police et un militaire.

Le profil psychologique de Mohammed Mérah est, en réalité, symptomatique du comportement des terroristes islamistes. Au départ, on trouve une grande frustration sociale qui trouve sa cause dans une violence naturelle incontrôlée qui l’a désocialisé au point de l’empêcher d’intégrer l’armée française. De maisons d’arrêt en maisons d’arrêt, l’assassin djihadiste a été amené à se trouver une utilité sociale en s’imprégnant du fondamentalisme islamiste qui condamne la société occidentale et son mode de vie décadent (ce n’est donc pas lui le problème, c’est la société dans laquelle il évolue). A la suite d’une préparation idéologique et théologique dans les camps d’entrainement qui enseignent le djihad au moyen d’une diffusion en boucle d’images montrant les atrocités qui seraient commises sur des musulmans (outre le maniement des armes), Mohammed Mérah est devenu, un agent dormant à la recherche de cibles mécréantes. Son mode opératoire a alors fonctionné conformément à ce qui est préconisé dans les mouvances proches d’Al Qaïda : il revendique ses actions au nom du mouvement créé par Oussama Ben Laden sans redouter de mourir en martyr, compte tenu des récompenses promises dans le « monde futur » dont il a été privé « ici-bas ».

Sur ce point, et sans vouloir fustiger la religion de Mahomet, qui contient de très nombreux messages moraux, l’Islam est également une religion qui répond parfaitement aux personnes naturellement violentes par ses incitations répétées à la guerre contre les infidèles et contre tous ceux qui chercheraient à lui porter atteinte. Le discours, de portée transcendantale, cautionne alors les actes meurtriers des personnes qui promettent de la servir, valorise les individus incapables de contrôler leurs pulsions agressives et violentes, et apporte une justification à des comportements condamnés par la société occidentale. Il n’est donc pas surprenant que le recrutement des djihadistes s’opère en France, dans les maisons d’arrêt où dans les mosquées à l’occasion d’endoctrinement de personnes peu instruites, émotives, insatisfaites de leur vie quotidienne, qui admirent les combattants ayant suivi des formations en Afghanistan ou au Pakistan. De jeunes délinquants, désocialisés, ont alors l’opportunité de devenir des héros, puisque « combattants de Dieu », grâce à l’islamisme radical et au salafisme militant.

Les terroristes Djihadistes sont, en somme, des personnes normales, c'est-à-dire qui n’ont pas de problèmes cliniques psychotiques, ni ne sont déprimées, ni même des fanatiques déments. Il s’agit de personnes qui éprouvent simplement une grande frustration de type social, et à qui l’on procure une utilité dans le monde de l’Islam. La violence naturelle (ou provoquée) de ces personnes est exploitée de façon subtile et valorisante pendant que la société (qui rejette leur nature profonde) recommande de la contenir. Subjugués par une foi qui les gratifie, les incite au martyr, et inspire d’autres musulmans, ils cessent enfin d’être inactifs et inutiles.

La France connait parfaitement les réseaux d'embrigadement djihadiste qui passaient, au départ, par l’enrôlement de jeunes Français d’origine maghrébine dans des madrasas (écoles coraniques) pakistanaises (désormais très surveillées). Ces jeunes combattants transitaient par Londres, l’Allemagne ou la Turquie, avant d’être pris en charge localement par les réseaux en Afghanistan ou au Pakistan. Désormais, la méthode a légèrement changé : les jeunes recrues, (qui sont également des occidentaux, hommes ou femmes, convertis à l’islam), sont acheminées directement au Pakistan avec de vrais ou de faux passeports.

Le cheminement des djihadistes occidentaux n’est, en fin de compte, pas très éloigné de ce qui se pratique au Moyen Orient. Dans les territoires palestiniens, les terroristes ne sont pas sélectionnés en considération de leur profil psychologique : c’est la société palestinienne qui se charge de cultiver et d’entretenir le sentiment de frustration par la répétition de mensonges historiques, ressassés sans plus finir. Il est alors offert aux palestiniens (mentalement préparés), d’obtenir dans le monde à venir, ce qu’ils n’ont pu atteindre dans celui-ci, par la défense de l’Islam et de l’identité palestinienne attaqués par les infidèles. La frustration est alors suscitée par la dépossession et le partage de la Palestine en 1947, la discrimination des personnes arabes à l’égard des juifs, l’absence de souveraineté sur les lieux saints de l’Islam, le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza (sans intervention de la communauté internationale pour le faire cesser), les arrestations de palestiniens en Cisjordanie pour interrogatoire, les décisions d’expropriations de palestiniens sur des terres domaniales israéliennes (ou non), la construction du mur de séparation (qu’ils refusent de voir comme une clôture antiterroriste). La certitude des palestiniens qu’ils constituent une unité humaine autonome et l’absence de conscience que leurs actes sont à l’origine de la politique israélienne, provoquent une profonde colère, une énorme désillusion et un désespoir, bref ; une parfaite mise en condition.

Il suffit alors, pour les institutions palestiniennes, d’alimenter cette frustration par la diffusion ininterrompue d’images montrant des israéliens qui s’en prennent aux palestiniens pour susciter des vocations et inciter au martyr. L’attentat- suicide devient alors la seule alternative pour cesser de subir "l’injustice", et « changer la condition des palestiniens sous occupation » en devenant une icône lors de la sélection dans la réserve des volontaires…

Qu’il s’agisse de l’occident ou du Moyen Orient, le djihad n’est, finalement, qu’une exploitation des poussées d’adrénaline consécutives à une frustration sociale, naturelle ou provoquée. Les sociétés, comme celle palestinienne, qui maltraitent leur population, génèrent des candidats qui transformeront leur « mal être » en une image valorisée d’eux-mêmes, sans lien avec la religion, la culture ou les origines. Le problème au Moyen Orient tient donc à une méconnaissance de la nature humaine, non pas, seulement, aux messages religieux.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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