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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 07:57

 

 

 

Gaza : Plongée dans les tunnels

Le blocage de la flottille Mavi Marmara par les forces israéliennes, a attiré l'attention de la communauté internationale sur la situation de la bande de Gaza. De nombreuses manifestations à travers le monde se sont concentrées sur le blocage israélien imposé depuis le coup d'Etat du Hamas en 2007.

Un travailleur palestinien fait transiter des marchandises dans l’un des tunnels illégaux reliant l’Egypte à la bande de Gaza. 
PHOTO: TML PHOTOS , JPOST

Mais si les regards se tournent depuis peu sur le blocus maritime, les gazaouïs ont depuis longtemps cherché des moyens de le contourner. Un réseau de tunnels entre Gaza et l'Egypte s'est développé, qui permet d'acheminer une grande diversité de produits : bétail, cigarettes, gaz, armes, voire ciment et autres matériaux de construction. Mais quelle est l'ampleur de cette contrebande souterraine ?

Côté égyptien, les entrées de tunnel ne manquent pas : dès que les autorités décident d'en fermer un, un autre est utilisé. De l'autre côté de la frontière, dans la ville palestinienne de Rafiah, se trouve une vaste étendue désertique. Il s'agit de la dangereuse zone
des tunnels, où seuls les contrebandiers et une poignée de journalistes osent s'aventurer. Au prix de longues négociations, Media Line a obtenu la permission de visiter l'un d'eux.

Les tunnels, un commerce juteux

Historiquement, ces souterrains étaient utilisés par les terroristes palestiniens comme cachette et lieu de passage de combattants, d'armes, d'outils, de messages secrets, de documents et de biens. Chaque boyau est ainsi construit dans un but précis.

Par exemple, pour le passage de personnes, les tunnels sont équipés d'éclairage, de réservoirs d'oxygène et de petits chariots électriques. Pour le transport de carburant, il s'agit de tunnels profonds, où de grands chariots peuvent accueillir d'importantes charges de gaz, de pétrole et autres cuves de carburant. Certains souterrains, très larges et profonds, sont même conçus pour la contrebande de véhicules.
Plus facile à faire transiter : le chocolat. Grâce aux tunnels, les commerçants de Gaza ont ainsi accès à des dizaines de sortes de chocolats, pour des prix allant de 0,5 à 12 shekels la tablette. Certains confient même que depuis le siège de Gaza, le choix a augmenté, pour des prix inchangés.

La plupart des Palestiniens embauchés pour la construction des tunnels ont entre 15 et 29 ans. Des jeunes hommes qui ont dû arrêter tôt les études, souvent pour aider leurs familles. Il faut une à trois personnes pour construire un tunnel entier. Les plus jeunes sont ensuite embauchés au prix de quelques misérables dollars pour transporter les marchandises à travers le souterrain. Le tout, sous les yeux d'un superviseur qui s'assure que tout est dans l'ordre.

Les propriétaires restent un mystère. Le Financial Times rapportait ainsi que certains d'entre eux avaient constitué de grandes fortunes. A Gaza, les gens racontent que ces nantis possèdent des villas à Rafiah et des voitures dernier cri.

Certains dénoncent le fait que le gouvernement du Hamas légitime ce système en offrant aux propriétaires des tunnels des droits de prélever des taxes. Mais le mouvement, lui, réfute et se dit neutre par rapport à ces propriétaires. Selon le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, le Mouvement de résistance islamique connaît l'identité des propriétaires des tunnels. Mais impossible de dire pour autant que les tunnels sont aux mains de certaines familles, ajoute-t-il : "Ils appartiennent à des individus et à des hommes d'affaires". Côté rémunération, les employés du tunnel font état d'un maigre salaire quotidien, insuffisant , d'autant plus que leur travail difficile comporte des risques de mort. Beaucoup ont déjà vu des collègues périr en travaillant.

L'épineuse question des constructions à Gaza

Parmi les premiers touchés par le blocus maritime : les entrepreneurs. Joma'a Al-Mallahi, marchand spécialisé dans les matériaux de construction depuis plusieurs années, affirme que le siège a fortement touché son commerce. Les quantités arrivent désormais "par fractions" et "tout est plus cher". "Gaza est dans une période de non-construction", résume-t-il. Il ne cache donc pas que les matériaux de construction qu'il obtient proviennent des tunnels, mais de manière très irrégulière : "Certains mois nous n'avons rien." Et de regretter la période avant le siège, quand son commerce florissait.

Personne ne nie que du ciment passe par les tunnels en quantité limitée, mais il est interdit aux points de passage commerciaux. Le gravier est le matériau le plus rare à Gaza et il est très cher. Il n'en passe pas par le biais des tunnels.
L'acier est lui autorisé à circuler via les points de passage commerciaux, ce qui explique que son prix n'ait pas beaucoup changé. idem pour le verre, qui coûte 1,5 shekel le mètre, un prix similaire à celui d'avant le siège.
Quant aux drogues, les travailleurs disent ne pas en avoir vues, tout en admettant la possibilité que certaines de ces marchandises transitent par les tunnels. Le Hamas a affirmé avoir mis en place un comité de surveillance pour s'assurer que les substances illicites n'entrent pas à Gaza. "Les drogues sont interdites", clame Fawzi Barhoum.

Les travailleurs rencontrés gagnent peu à peu en confiance, parlent plus librement et apparaissent à visage découvert. Ils expliquent avec fierté avoir trouvé un moyen de détourner le mur d'acier égyptien, construit en partie pour mettre fin au commerce des tunnels. Par le biais d'un "lourd chalumeau", ils font fondre l'acier. Une opération qui dure trois semaines, selon eux.

"Je ne veux pas la fin du siège !"

Veulent-ils vraiment la fin du siège de Gaza, qui impliquerait, pour eux, de se retrouver sans emploi ?

La question suscite un chaud débat. Un homme s'avance pour déclarer : "Je ne peux pas imaginer ma vie sans ce travail, mais je veux que ce siège se termine car mon pays passe avant et que je pourrai peut-être retrouver du travail par la suite." Un jeune garçon émerge cependant du groupe et crie : "Je ne veux pas que le siège se termine ! Je soutiens une famille de 11 personnes. Comment allons nous vivre s'ils ferment les tunnels ?"

En réponse aux déclarations israéliennes et des journalistes qui réfutent toute accusation de crise humanitaire à Gaza, le porte-parole du Hamas soutient que l'enquête de l'ONU prouve le contraire. "Ces rumeurs sont complètement fausses. Gaza a besoin d'aide humanitaire, médicale, financière et économique. Et si vous ne voulez pas croire le Hamas, référez-vous au rapport Goldstone, ou à celui de Mme Karen Abou Zeid ou à celui des Nations unies."


"Les supermarchés de Gaza n'ont souffert que durant de courtes périodes au cours desquelles aucun produit ne pouvait rentrer à Gaza. Mais à présent, le supermarché est plein, comme vous pouvez le voir", explique-t-il en montrant les étagères emplies de marchandises.Abou Al-Abed Hassaneyah est le propriétaire d'une chaîne de supermarchés à Gaza. Cet homme qu'on évoque sous le nom de "parrain" avoue que son commerce "n'est pas du tout affecté". "J'ai toujours accès à la plupart des produits dont j'ai besoin", dit-il.

Quand on lui mentionne le fait que les supermarchés et les pharmacies disposent de beaucoup de produits, Barhoum rétorque
que les matériels hospitalier et de construction ne rentrent pas à Gaza. "Vous ne pouvez pas émettre un jugement en prenant en compte seulement quelques supermarchés ou pharmacies", ajoute-t-il.

Certains affirment cependant que le Hamas stocke les matériaux de construction entrant à Gaza par les tunnels, pour les revendre plus tard. Selon le Centre israélien des renseignements et de l'information terroriste (CIRIT), le Hamas dispose de plusieurs stratégies afin de faire rentrer du ciment. Celle des tunnels est la plus commune. Mais, selon le CIRIT, le Hamas produit lui-même des matériaux de construction, dont du ciment et du béton. Il utilise pour cela des usines surveillées de près qui se servent des matériaux bruts disponibles sur place, tels que les cendres volantes ou le sable marin.

L'organisation fait également usage de matériaux de construction provenant des bâtiments anciennement habités par les Israéliens dans les implantations abandonnées lors du désengagement. Autre source d'approvisionnement en ciment : l'aide des organisations internationales.
Alors, le blocus maritime imposé sur Gaza plonge-t-il réellement la bande côtière dans une crise humanitaire ?


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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