Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 07:12

Gilles Bernheim doit partir.


par Gerard Fredj

 

Son silence depuis la semaine dernière n'était plus tenable.


Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, s'est donc exprimé mardi soir sur radio Shalom; une interview étonnante.

 

http://www.israel-infos.net/Gilles-Bernheim-doit-partir-10156.html

 



Il reconnaît les plagiats, il reconnaît n'avoir jamais été titulaire d'une agrégation de philosophie.
Pierre Gandus interroge Gilles Bernheim un homme serein, qui répond rapidement, sans chercher d'excuses.

Aucun d'entre nous n'est infaillible dans son quotidien; nous avons probablement tous, à un moment ou à un autre, trouvé des arrangements de circonstances avec la vérité, mais nous ne sommes pas –tous – des personnages publics.

J'ai toujours eu du respect pour Gilles Bernheim, sa capacité à argumenter, à exprimer des idées claires, son esprit d'ouverture, son empathie.


On peut avoir de la compassion pour ce qui est une tragédie personnelle, mais on ne peut faire de concessions sur la fonction de Grand Rabbin de France.

Dans l'interview, sur la question des plagiats, les réponses de Gilles Bernheim, sont claires : même si il en assume la responsabilité, c'est avant tout la faute "des autres".

La faute d'un "nègre" qui écrirait les textes pour lui, la faute de notes prises sans références – des textes qui deviennent les siens-, de travaux de recherches ou de textes repris ou réutilisés sans en signaler l'auteur ou l'origine.


Tout en en assumant la responsabilité morale, il en rejette la faute sur l'Autre.


Une explication un peu courte tant la production intellectuelle repose avant tout sur sa propre production d'idées.

S'agissant du premier plagiat dévoilé, comment ne peut-on pas être choqué que le Grand Rabbin de France ait commencé par sciemment incriminer un intellectuel décédé (le philosophe Jean François Lyotard) avant de se rétracter en invoquant une "réaction maladroite"?

Le travail des "collaborateurs" – pour un travail de recherche ou de Ghostwriter ("nègre")- se devant d'être accessoire, se serait-il aussi souvent résumé à du plagiat pur et simple? Etonnant !

Et que dire de la plaquette :


"Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption, ce que l'on oublie souvent de dire" reprise par la presse du monde entier, citée par le Pape Benoit XVI dans son discours annuel à la Curie romaine?


Gilles Benheim reconnaît avoir "emprunté" plusieurs pages à l'ouvrage de Joseph Marie Verlinde : "L'idéologie du Gender - Identité reçue ou choisie ?" publié en mars 2012.


Comment peut-on, dans une plaquette qui ne contient que 23 pages de textes (si l'on ne tient pas compte de la couverture et du sommaire) avoir copié-collé plusieurs pages d'un autre livre?

Que reste-t-il alors vraiment de la production d'idées et de son apport à un sujet qui divise le pays, la classe politique, la représentation nationale?


Alors que Gilles Bernheim parle de " choses à venir – (d'autres plagiats?)", que reste-t-il réellement "tout court" de sa production d'idées?

Quoiqu'il en dise, Gilles Bernheim n'est pas seul en cause : ses prises de positions sur les sujets de société, ses idées, ont engagé et engagent le judaïsme français.

Venons-en à la seconde question: l'agrégation de philosophie.


Il est désormais clair que Gilles Bernheim n'est pas et n'a jamais été agrégé de philosophie.
Il explique les circonstances, "événement tragique ", qu'il ne nous appartient pas d'évaluer, dans lesquelles il a renoncé à ce concours, qui permet d'accéder à un des titres les plus prestigieux de l'Université française.
Ceci justifierait cela !

L'affirmation selon laquelle il n'a jamais déclaré lui-même qu'il était agrégé mais qu'il a "laissé dire" relève de l'imposture intellectuelle.


Lorsqu'il déclare " Je n'ai strictement rien dit et d'ailleurs vous observerez qu'au dos de tous mes écrits, jamais n'apparait l'expression : agrégé de philosophie", il explique qu'il a laissé mentir sans jamais mentir lui-même (même si la notice du Who's Who, par exemple, relève de la déclaration individuelle et ne contient plus aujourd'hui aucune mention de diplôme universitaire).

Ces notices biographiques, "ne sont pas faites par l'auteur que je suis", mais "par d'autres personnes, il y a des erreurs qui se véhiculent et qui finissent par devenir des vérités. Pour ma part, je le regrette profondément",..Mais il n'a jamais démenti.

"Vous savez ce que m'a rapporté l'histoire de l'agrégation ? Je n'en ai jamais profité".


Voila une autre imposture intellectuelle.


Tout responsable religieux de premier plan est écouté dans la communauté nationale pour ce qu'il est, le porteur de voix, le porteur d'idées de sa religion.


On ne peut pas dire qu'en France, aujourd'hui, les religions soient écoutées de manière prépondérante pour ce qu'elles ont à dire sur les faits de société.


Mais le philosophe lui est légitime à intervenir pour ce qu'il est, un "chercheur de vérité" dans les débats de société.
Ce qui donnait à Gilles Bernheim une autre résonance que celui de son titre de Grand Rabbin de France: celle d'un penseur, d'un philosophe à qui l'on aurait donné en quelque sorte "en plus", le titre de Grand Rabbin de France.

Gilles Bernheim a discrédité une des missions les plus importantes, parmi celles attachées à la fonction de Grand Rabbin de France : le poids de sa parole, son autorité morale, sa représentativité auprès des grands corps de l'état et de la Nation, son autorité face à la communauté juive.

Que pensera un archevêque, un ministre, un responsable politique, un rabbin, un juif lorsqu'il se retrouvera face à Gilles Bernheim?
Que pèsera la parole du Grand Rabbin de France ?

Il y va aussi de l'exemplarité du travail communautaire.
Tout Grand Rabbin de France qu'il est, Gilles Bernheim est un travailleur communautaire, salarié d'une institution centrale de la communauté juive, par les dons et participations des fidèles (donc de l'argent public" de la communauté juive).
S'il ne s'était agi de Gilles Bernheim, quel autre travailleur communautaire aurait été maintenu à son poste dans les mêmes conditions? Aucun.

Enfin, de bonne foi, on peut être de mauvaise foi.
Cela s'appelle le déni, Gilles Bernheim y fait souvent référence.
Son interview le démontre, loin de s'en écarter, il reste dans cette démarche qui relève d'un autre univers.

Pour toutes ces raisons, Gilles Bernheim doit partir.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis