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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 00:09

 

 

 

Pour aschkel.info et lessakele

 

Merci à Fabio

 

Guerre d’Irak : La mère de tous les désaveux

Par Fabio Rafael Fiallo

On l’annonçait apocalyptique, le sort du Moyen-Orient à cause de la guerre contre Saddam Hussein. De par son obstination, George W. Bush allait mettre le feu à toute la région. Non content d’avoir déjà embarqué le monde entier ou presque dans une guerre en Afghanistan, le voilà parti, cette fois sans même l’aval explicite des Nations unies, dans une aventure en Irak qui allait, on en était certain, produire un « clash des civilisations ». Les peuples du Moyen-Orient se détourneraient à jamais du système politique que l’Amérique de Bush prétendait promouvoir : la démocratie représentative. L’Irak, ajoutait-on, allait devenir un nouveau Vietnam. On prévenait en outre que, n’ayant plus Saddam Hussein à ses portes, l’Iran deviendrait le maître du jeu dans la région moyen-orientale. La guerre d’Irak serait donc un gâchis absolu.

 Les événements récents semblent cependant assener un quadruple désaveu à cette argumentation.

1 - Le « clash des civilisations » n’a pas eu lieu au Moyen-Orient. Bien au contraire. Jamais la démocratie représentative – système de gouvernement conçu dans, et promu par, l’Occident – n’a-t-elle éveillé au Moyen-Orient autant de confiance et d’espoir qu’elle ne le fait aujourd’hui.

En effet, depuis les élections iraniennes de juin dernier, des centaines de milliers de manifestants investissent quand ils le peuvent les rues de Téhéran pour dénoncer, non pas le Grand Satan (c’est-à-dire l’Amérique), mais l’appareil répressif des ayatollahs. Ces manifestants ont de surcroît lancé des appels au nouveau président américain pour qu’il soutienne leur lutte au lieu de tendre la main au régime qui les opprime.

Idem au Liban. Lors des élections de l’an passé, le Hezbollah y vit sa base électorale s’effriter, au bénéfice de partis modérés hostiles, non pas à l’Occident en général ou aux Etats-Unis en particulier, mais à la mainmise syrienne sur leur pays.

 L’an passé aussi, au Koweït, des femmes ont pour la première fois gagné des sièges au parlement – un pas non négligeable envers un objectif, l’égalité des sexes, qui trouve son socle culturel et politique dans la société occidentale contemporaine.

 2 – L’Irak n’est pas devenu un nouveau Vietnam. A n’en pas douter, le début de l’après-Saddam fut une période chaotique, fruit de l’époustouflante impréparation de l’administration Bush en matière de nation building, c’est-à-dire de reconstruction politique et institutionnelle d’un pays dévasté par une guerre ou autre phénomène comparable. Mais la violence sectaire et l’anarchie, consécutives à la chute du régime de Saddam Hussein, se trouvent en flagrant recul depuis la mise en place de la stratégie de la « contre-insurgence » (le « Surge ») du général américain David Petraeus. Rien à voir avec le cas du Vietnam.

 3 – La démocratie est en train de se frayer un chemin en Irak. En dépit des menaces et des attentats terroristes, visant à dissuader la population irakienne de se rendre aux urnes pour élire un nouveau parlement, le taux de participation élevé des Irakiens aux élections de février dernier constitue un signe fort des progrès de la démocratie dans ce pays – ainsi que de la détermination des Irakiens à la préserver et à la consolider. Qui plus est, les formations islamistes sont en recul depuis les élections provinciales de février 2009.

 4 – Le renversement de Saddam Hussein n’a pas conduit à un renforcement du poids géopolitique de l’Iran. En histoire, bien sûr, les relations causales sont toujours difficiles à établir. Mais, tout de même, il convient de soulever une question : la lutte ouverte que l’on observe à présent à la tête du pouvoir iranien, lutte qui affaiblit le régime théocratique de ce pays, se serait-elle produite si à côté, en Iraq, Saddam Hussein avait encore été au poste de commande ? Les ayatollahs iraniens se seraient-ils livrés ouvertement à des luttes intestines s’ils avaient eu en face un ennemi commun, Saddam Hussein, prêt à tirer profit de leurs rivalités ? Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, dans un Moyen-Orient sans Saddam Hussein, ce que l’on remarque, c’est une fragilisation sans précédent du régime de Téhéran.

Face à la nouvelle donne, les avis s’ajustent. Trois exemples. Un : Thomas E. Ricks, le journaliste duWashington Post qui en 2006 avait publié Fiasco, livre dénonçant la guerre d’Irak comme un échec absolu, sort trois années plus tard un nouveau livre, The Gamble  (« Le Pari »), pour montrer et expliquer toute son admiration envers les succès enregistrés par le Surge. Deux : dans un discours prononcé en février 2009 sur l’Irak, le président Obama – qui en tant que sénateur avait voté contre le Surge – déclare que les forces américaines en Irak ont "réussi au-delà de toute attente", renouvelant ces éloges lors de sa visite surprise en Irak en avril 2009. Trois : en février de cette année, l’actuel vice-président américain, Joe Biden, voulant s’approprier les progrès enregistrés en Irak, déclare sur CNN que l’Irak pourrait bien être « l’une des grandes réussites de cette administration [celle d’Obama] ».

 En tout état de cause, Obama se trouve aujourd’hui contraint d’assurer le succès de l’expérience irakienne, sans pourtant pouvoir encaisser un quelconque dividende politique sur cette affaire. Si le succès se confirme, le crédit ne manquera pas de revenir à son prédécesseur à la Maison Blanche. Par contre, un échec serait attribué au président Obama pour avoir décidé une sortie – jugée dans ce cas « précipitée » – des troupes américaines stationnées en Irak. Pile tu gagnes, face je perds.

Le jugement que l’Histoire réserve aux grands événements géopolitiques s’avère souvent différent de celui que l’on porte à chaud sur eux. Dans les années 80, les pacifistes – qui en Europe s’opposaient à l’installation des missiles Pershing – se sont vus finalement désavoués par la chute du Mur de Berlin. De la même façon, dans le cas de la guerre d’Irak, il n’est plus certain que l’Histoire rendra un verdict élogieux sur les « guerriers de la paix », à la tête desquels gigotait un certain Jacques Chirac.


 Ecrivain et ancien fonctionnaire international. Son dernier ouvrage, Ternes Eclats – Dans les coulisses de la Genève internationale (L’Harmattan), présente une critique de la diplomatie multilatérale.

Bio-express, à travers son dernier roman : 

http://archives.tdg.ch/TG/TG/-/article-2009-09-894/

 

ARTICLE - 13/09/2009
Les petits et grands secrets de la bureaucratie onusienne

 

ROMAN/POLÉMIQUE. Un ancien haut fonctionnaire vient de publier un roman inspiré par trente années passées dans les enceintes onusiennes.

Il fait mal le livre de Fabio Rafael Fiallo. Dans Ternes éclats, l’ancien haut fonctionnaire, jadis en poste à la Cnuced, balance. Et balance même sévère. Son «roman politique» nous plonge dans les coulisses de la Genève internationale.

Fabio Rafael Fiallo, 64 ans, sait qu’il ne va pas se faire que des amis. Mais, après plus de trente années passées à l’ONU, il assume. Cet économiste, né à Saint-Domingue, s’est débarrassé des oripeaux du politiquement correct pour aligner quelques vérités qui fâchent. «Ce livre est simplement un cri de colère. J’espère qu’il contribuera à une prise de conscience», explique-t-il.

Au fil de son roman, l’ancien expert à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), explique comment la bureaucratie et les intérêts géostratégiques ont perverti l’idéal de départ des pères fondateurs. Ce n’est pas le livre d’un aigri, mais celui d’un ancien haut fonctionnaire qui se raccroche à ses utopies. «La pertinence des valeurs défendues par l’ONU», il y croit. Et c’est parce qu’il y croit qu’il a choisi de raconter ce qu’il a vu de l’intérieur. Ce qu’on ne dit pas ou qu’on cache pour préserver l’image de l’institution.

Organisations rivales

Fabio Rafael Fiallo raconte: «Dans le milieu de la Genève internationale, les différentes institutions se traitent souvent comme des rivales; elles se guettent, chacune désirant attirer au maximum vers elle, quitte à empiéter sur le travail des autres, l’attention et les fonds de l’ensemble des Etats. »

Il y a les rivalités entre les organisations, les intrigues pour y exercer le pouvoir, et puis le petit monde des fonctionnaires internationaux. Dans le roman de Fabio Rafael Fiallo, il s’agit de ceux du DUMP, une organisation jumelle de l’ONU. Le Château de l’Harmonie où ils travaillent ressemble furieusement au Palais des Nations. L’ancien haut fonctionnaire dépeint avec force et détails l’inertie du système qui produit une caste de bureaucrates «indétrônables». «Quiconque arrive au Château de l’Harmonie aspire à prendre part à une aventure sans égale, celle d’aider à construire un monde plus juste et plus prospère à la fois. Et plus grande est l’illusion du début, plus forte sera la déception qui s’ensuivra», écrit Fabio Rafael Fiallo.

«Effort minimum»

L’écœurement suinte au fil des paragraphes lorsque l’auteur raconte la vie de ces fonctionnaires qui, une fois titularisés, jouissent d’une liberté dans leur emploi du temps «insoupçonnée dans le privé». Mais c’est le système qui conduit «à la démotivation» et à «l’effort minimum».

L’ancien économiste de la Cnuced pointe du doigt l’hypocrisie des Etats. Fabio Rafael Fiallo s’attarde sur le cas d’Israël et relève que les attaques les plus virulentes portées contre l’Etat hébreu sont lancées par des régimes qui violent quotidiennement la charte universelle des droits de l’homme. Un parti pris qui renvoie forcément au livre de Malka Markovich, Les Nations Désunies paru il y a quelques mois.

Le roman de Fabio Rafael Fiallo vient enrichir un débat qui oscille depuis des années entre discrétion, violence, mauvaise foi, calcule et envie d’avancer. Il y a quelques jours, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé à tous les chefs d’agences de faire des efforts de communication pour améliorer l’image des Nations Unies…

 

Note:➜«Ternes éclats, dansles coulisses de la Genève internationale»,Editions L’Harmattan.


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commentaires

Y
<br /> Une réserve tout de même, Allah(ou) Akbar est insrit sur le nouveau drapeau irakien, une confession de foi comme un désir de soumission qui sans doute primera à l'avenir sur toute autre<br /> considération...<br /> <br /> <br />
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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