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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 14:44

 

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Interwiew de Bonapartine sur les déclarations de Marine le Pen. 

Par Gérard Brazon

(http://puteaux-libre.over-blog.com/)

Je publie une interview en deux parties de notre collaboratrice Bonapartine à propos de Marine le Pen. Mais qui est donc Bonapartine ?

C’est une contributrice du Journal Riposte Laïque un journal en ligne que je ne vous présente plus désormais. Elle a également engagé une réflexion, lors d’entretiens menés au cours de l’été 2010, sur le thème de l’identité avec le Blog Lessakele [Blog Lessakele, http://lessakele.over-blog.fr/pages/Articles_et_entretiens_avec_Bonapartine-3590321.html-].

En septembre 2010, notre correspondant, le Mensuel israélien Météor a publié une synthèse de son article paru début août 2010 sur le même journal en ligne: Toute la classe politique concourt à la progression préoccupante du Front National. ICI [Riposte Laïque du 09.08.10, n°157].

Le mois dernier, elle a engagé un cycle de réflexion sur les questions relatives au système éducatif républicain français, de l’école primaire au lycée, avec le Blog Lessakele. Un cycle destiné à se prolonger sur une période de plusieurs mois [Blog Lessakele, intitulée "L’école publique, réussites et fractures, d’hier à aujourd’hui", représentée par un timbre sur lequel apparaît Jules Ferry].


 

ecole publique

L'école Publique, réussites et fractures, d'hier à aujourd'hui

Cette femme de caractère qui ne s’en laisse pas compter sur les principes a bien voulu m’accorder une interview sur ce personnage politique français qui monte dans les sondages du fait, à mon sens, de la faiblesse des politiques sur les principes républicains et d’un manque évident de volonté politique pour assumer, au-delà d’une acceptation sans limite des exigences islamistes, les conséquences d’une immigration incontrôlée et de l’islamisation grandissante de notre société... au mieux. Car au fond, je crains fort que c’est Eurabia qui est la finalité de ces politiques et de l’Europe de Bruxelles.   

Gérard Brazon

 

Au cours d’une réunion politique organisée à Lyon le 10.12.10, Marine Le Pen a déclaré : "Il y a quinze ans, on a eu le voile, il y avait de plus en plus de voiles ; puis il y a eu la burqa, il y a eu de plus en plus de burqas, et puis il y a eu des prières sur la voie publique. D’abord, c’était rue Myrha et maintenant, il y a dix ou quinze endroits où, de manière régulière, un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires. Je suis désolée mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’Occupation. On pourrait en parler parce que çà, c’est une occupation du territoire qui est une occupation de pans du territoire. Des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes, il n’y a pas de blindés, il n’y a pas de soldats mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur tous les habitants."

 

 

Gérard Brazon - Bonapartine, en quoi les déclarations de Marine Le Pen faites à Lyon le 10.12.10 sont, selon vous, à la fois une aberration historique et un piège tactique tendu à l’ensemble tant de la classe politique que de la sphère médiatique françaises ?

 

Bonapartine : Les déclarations de Marine Le Pen sont tout d’abord une aberration historique pour la simple raison que l’Occupant, de juin 1940 à août 1944, est Allemand en France. Or, à ma connaissance, les occupants de la voie publique, dans la France de 2010 sont, dans leur immense majorité, nés en France et donc de nationalité française. Ce qui ne légitime en aucun cas les multiples occupations illégales de la voie publique aux fins de prières publiques sur plusieurs points du territoire français.

 

Au demeurant, tout historien sérieux et rompu à la démarche scientifique en matière de recherche historique, vous dira toujours qu’on ne peut pas ainsi impunément comparer une situation historique donnée avec une autre qui s’inscrit dans un contexte historique et dans une époque qui n’ont rien de comparables avec les nôtres, où les gens n’évoluaient pas dans le monde globalisé qui est le nôtre et où donc ils ne pensaient pas de la même manière que nous aujourd’hui.

 

A partir de là, Marine Le Pen affirme qu’elle ne parlait pas de l’Occupation allemande mais de l’occupation d’un territoire avec un "o" mineur. Or, elle fait explicitement référence à la Seconde Guerre mondiale dans la première partie de sa phrase : "Je suis désolée mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’Occupation, on pourrait en parler parce que çà, c’est une occupation du territoire qui est une occupation de pans du territoire."

 

Dans ce cas, si Madame Le Pen avait souhaité ne parler que d’occupation avec un "o" mineur, pourquoi s’être référée, dès le commencement de sa phrase, à la Seconde Guerre mondiale ? On voit donc bien qu’il y a d’emblée, dans le discours de Marine Le Pen, une confusion qui, à mon avis, était dès le départ intentionnelle puisqu’elle avait pour objectif de provoquer une réaction. Mission remplie, il faut bien le reconnaître, probablement, bien au-delà des espérances de son auteur !

 

La suite, chacun de nous la connaît : la quasi-totalité de la classe politique française n’a pas eu, un seul instant, à compter du moment où ces déclarations  ont été rendues publiques, le réflexe avant-gardiste de se poser et de réfléchir à la stratégie de communication la plus appropriée pour recentrer le débat sur la question de l’occupation illégale de l’espace public et non sur la seule personne de Marine Le Pen. En effet, à force de ne plus parler que de ses excès de langage sans proposer de solutions sur le fond puis de sa seule personne, les médias  et les politiques ont réussi l’incroyable "exploit", au terme du week-end, de renverser la tendance en sa faveur. Ce qui a eu pour conséquences de minimiser, à tort, d’une part la gravité de ses propos, mais également d’anéantir l’ouverture de tout débat sur le problème de fond qui se pose à la République française : l’occupation illégale de l’espace public pour motif d’organisation, chaque vendredi, de prières publiques.

 

Gérard Brazon – Dans ce contexte précis, vous semblez avoir été particulièrement excédée par l’ensemble des réactions de la classe politique ? Pourquoi ?

 

Bonapartine : "Excédée" est, en effet, le terme parfaitement approprié à la circonstance. Et très honnêtement, je l’ai été à plusieurs titres.

D’une part, j’ai été frappée par la sur-réaction de la classe politique française qui, en réagissant à vif, a donné le sentiment net qu’elle était incapable de prendre de la distance avec les évènements politiques, si tant est du reste qu’il eut fallu assimiler la sortie verbale de Marine Le Pen à un "évènement politique". Or, voyez-vous, il n’y a rien de plus préjudiciable, en tant de crise, que l’image de panique renvoyée par la classe politique d’un pays, a-fortiori celle réfléchie par la majorité gouvernementale en place, à la moindre provocation du leader d’un parti politique dont la progression affole légitimement un certain nombre de républicains. En fin de compte, en s’agitant intempestivement de la sorte plutôt que de prendre du recul et de réagir avec sang froid aux diatribes parfaitement contrôlées et savamment calculées de Madame Le Pen, la classe politique française vient de passer le message suivant aux Français, un message désastreux parce qu’il ressemble, à s’y méprendre, à un aveu d’impuissance :

 

"Oui, nous savons que les sondages reflètent malheureusement une réalité qui fait froid dans le dos : le Front National gagne réellement du terrain non seulement dans l’espace géographique français mais également dans les esprits et, en vérité, nous ne savons pas aujourd’hui combien sont, en France, ceux qui n’adhèrent pas au Front National, n’ont encore jamais apporté leur voté au Front National mais n’en sont pas moins des électeurs potentiels que le Front National saura capter en temps et en heure."

 

D’autre part, j’avoue avoir été sidérée par le nombre d’inepties débitées par la classe politique française, de droite comme de gauche. Quelques exemples :

 

a)      Christine Lagarde  sur RMC : " Tel père, telle fille (…) Cela ne correspond pas aux valeurs fondamentales de notre pays qui sont la responsabilité, la liberté, et le respect d’autrui, dans le respect du droit. "

 

Réaction gravissime que celle de Madame Lagarde. Pourquoi ? Tout d’abord parce que je pense qu’il est toujours malsain de marquer une personne, fut-elle Marine Le Pen, ainsi d’office du sceau indélébile de ce que j’appelle le présumé "déterminisme génétique lié à la filiation paternelle ou maternelle" qui ferait de chacun de nous un être fatalement destiné à hériter de la mémoire de sa famille mais aussi des défauts ou des handicaps de ses parents. Vous savez, les mots ont un sens précis dans la langue française et, dans ce domaine, le rôle d’un(e) élu(e) politique est davantage de veiller à ne pas blesser tant la mémoire individuelle de chacun de ses concitoyens que la conscience collective, plutôt que de jeter de la sorte en l’air des anathèmes qui n’ont pas forcément lieu d’être. Sur ce point, et bien que je n’aie aucune attirance tant pour le discours du Front National en général que celui de Marine Le Pen en particulier, pour autant, je vous le dis en toute transparence : je refuserai toujours pour ma part, qu’il s’agisse de Marine Le Pen ou de quiconque d’autre, de tenir un discours qui fasse en quoi que ce soit référence à un présumé déterminisme génétique des personnes dont je parle. Toujours et en toutes circonstances. Evidemment, cette affirmation s’adresse en des termes identiques à Jean-Marie Le Pen qui, au moment où je réponds à votre interview, monsieur Brazon, vient pourtant de commettre exactement la même faute - et curieusement, là, personne ne réagit dans la classe politique ! - en déclarant : "Il y a tant de gens qui doutent de la filiation de leurs enfants : moi, je n’en doute pas, et elle est confirmée si j’ose dire."

Je rappelle juste à Monsieur Le Pen que s’il "y a tant de gens qui doutent de la filiation de leurs enfants" en France et sans que l’on sache exactement sur quelle étude Monsieur Le Pen fonderait en la circonstance son affirmation, il n’appartient toutefois alors qu’à ces "gens" dont il parle de prendre leurs responsabilités et de demander une vérification par les tests ADN de la filiation d’un ou de plusieurs de leurs enfants. Si les hommes qui sont concernés par ces problématiques n’engagent pas une procédure de vérification de paternité par le biais des tests génétiques, c’est qu’ils ont sans doute de bonnes raisons de ne pas s’y plier de leur plein gré non plus, n’est-ce pas ? Ou qu’ils n’ont peut-être pas suffisamment bonne conscience pour accepter ce genre de tests, allez savoir !

 

Autre point qui pose problème dans l’intervention de Madame Lagarde sur RMC : Madame Lagarde avance que les propos de Madame Le Pen ne correspondent pas "aux valeurs fondamentales de notre pays qui sont la responsabilité, la liberté, et le respect d’autrui, dans le respect du droit." Sur le fond, je suis en accord avec le rappel de Madame Lagarde … encore que, à titre personnel, j’aurais pris soin de remémorer prioritairement la devise de la République "Liberté, Egalité, Fraternité" et de remettre avec force au devant de la scène le concept de laïcité. Par ailleurs, pour être tout à fait complète, Madame Lagarde aurait surtout dû s’attacher à répondre, également dans la foulée, à cette question : les occupations de pans entiers de l’espace public sur le sol français, destinées à la prière, sont-elles légales ? Pourquoi Madame Lagarde n’a-t-elle pas procédé, lors de son intervention sur RMC, à un rappel à l’ordre sur ce que doit être le respect du principe de laïcité en France ?

 

b)      Viennent alors les déclarations, je dois dire , "fracassantes" de Madame Aubry dont je cite ici la première partie afin de ne pas devoir non plus consacrer vingt lignes à démontrer les invraisemblances de son discours : 

"Je ne suis pas sûre qu'elle (Marine Le Pen) ait compris qu'elle s'adressait aux petits-enfants de ceux qui ont libéré Marseille, en particulier ceux des Algériens qui sont morts pour donner leur vie à notre pays."


".... ceux des Algériens qui sont morts pour donner leur vie à notre pays."
 : à ma connaissance et jusqu’à preuve du contraire, les "Algériens", en 1945, ne sont pas Algériens mais Français car l'Algérie, en 1945, c'est ni plus ni moins que la France. Je ne vois donc pas ce qu'il y avait de si extraordinaire pour les Français, quelles qu’aient été leur couleur de peau, leur ethnie d’origine, qu’ils aient été croyants ou pas, à faire le sacrifice de leur vie pour leur pays, la France : c'est le genre de réalité qui me paraît plutôt évidente dans ce genre de circonstances, autrement dit quand son propre pays est en danger. Et que devrions-nous dire à ces milliers d’autres jeunes gens, je pense aux Américains, qui n'ont pas hésité, eux, à traverser un immense océan, pour faire le sacrifice de leurs jeunes vies pour le peuple français ? N’était-ce pas un sacrifice encore plus grand ? Mais curieusement, Madame Le Pen n'en parle pas ... et Madame Aubry non plus .....

 

c)      Enfin, "la cerise sur le gâteau" pour clore un si long week-end, un si triste week-end nourri d’âneries déversées à longueur d’antennes de radios, de plateaux de télévision et de colonnes de journaux, les médias n’ayant évidemment pas une seule minute hésité à se rendre complice du carnage née de la noyade filmée en direct de notre classe politique ; tragédie en quelque actes finalement si minutieusement orchestrée par Marine Le Pen : arrive alors Ségolène Royal qui affirme, sans l’ombre d’une interrogation, que Nicolas Sarkozy est "seul responsable de la montée du Front National". Bah voyons ! C’est tellement plus simple pour une partie des Socialistes français de redevenir amnésiques quand çà les arrange ! Mais au fait, n’était-ce pas François Mitterrand en personne qui, en introduisant le scrutin proportionnel et devant la crainte qui était la sienne de voir le Parti socialiste français prendre une claque électorale monumentale en 1986, avait apporté, cette même année, une aide électorale et politique on ne peut plus salutaire au Front National ? Ce qui avait d’ailleurs permis à ce dernier, autant que je me souvienne, d’obtenir un peu plus de 30 sièges à l’Assemblée nationale. Pourquoi Madame Royal opère-t-elle soudain un tel blackout sur cet épisode de l’Histoire de la vie politique française ? Et comment comprendre que la droite républicaine française n’ait pas, elle non plus, tiré toutes les leçons du passé et se soit, à ce point, laissé piéger par les provocations éhontées de Marine Le Pen ?

 

Gérard Brazon – Selon  vous, Bonapartine, comment aurait-il donc fallu réagir face aux déclarations de Marine Le Pen ? Pensez-vous que la classe politique devrait éviter de verser dans la surenchère verbale face aux provocations de Marine Le Pen ?

 

Bonapartine : De toute évidence, Marine Le Pen n’est, de mon point de vue, mais ce n’est là un point de vue qui n’engage que moi, dans l’habile démarche stratégique de communication qui est la sienne, pas du tout le copier-coller de son père. Elle a pour autant parfaitement su s’inspirer du goût de la provocation de son père tout en sachant l’adapter à sa propre personnalité à elle. En effet, avec Marine Le Pen et à la différence de son père, nous sommes passés du goût de la provocation à une technique de communication de la provocation. De fait, à l’inverse de Jean-Marie Le Pen qui réagissait de manière épidermique, Marine Le Pen a mis sur pied, en vérité, une technique très élaborée de la provocation dans le débat politique, celle d’une provocation mûrie et suffisamment réfléchie à l’avance de façon à  s’assurer que celle-ci ferait de toute façon sortir de ses gonds 90% de la classe politique.

 

Gérard Brazon - Une fois ce constat établi, comment faut-il réagir ? Faudrait-il se taire ?

 

Bonapartine: Se taire reviendrait à laisser croire à l’opinion publique que, seule Marine Le Pen, a le courage et/ou est en capacité de s’exprimer sur des sujets graves, en l’occurrence l’occupation illégale de l’espace public causée par l’organisation de prières publiques, qu’elles soient musulmanes ou pas du reste. Car je rappelle que si les prières publiques dont nous parlons l’étaient par des catholiques, des protestants, des Juifs, des Sikhs ou de toute autre religion, l’occupation de l’espace public n’en demeurerait pas moins tout autant condamnable.

 

Alors, réagir, oui, l’essentiel n’étant non pas de l’affirmer mais de savoir surtout comment réagir face à Marine Le Pen.

Si répliquer à Marine Le Pen ne doit se résumer qu’à répéter ce que tout le monde sait depuis des années sur la Front National, autant vous dire que c’est mettre un coup d’épée dans l’eau ! Quand j’entends, par exemple, Madame Dati asséner sur RTL : "Je trouve çà inacceptable … Marine Le Pen ne renouvelle pas le discours du FN qui est un discours de haine, de rejet de l’autre, d’opposer les Français les uns aux autres. Elle pose un problème à toute la classe politique." D’abord, je suis atterrée par de telles paroles. Comment peut-on, en effet, décréter, en l’espace de seulement deux phrases, que Marine Le Pen tient "un discours de haine, de rejet de l’autre" et que cela "pose un problème à toute la classe politique" ? Mais permettez-moi de vous dire, Gérard Brazon, que ce discours de Madame Dati est ahurissant d’incohérence ! En effet, si les discours de Marine Le Pen est un discours "de haine" qui "oppose les Français les uns aux autres", mais dans ce cas, personne ne comprend ce qui empêche la classe politique française de le démontrer afin de démanteler sans aucune difficulté les effets pervers de ce type de discours. Et une fois la preuve objective apportée, nous n’entendrions alors plus parler ni des discours du Front National ni de Marine Le Pen depuis belle lurette ! De fait, Marine Le Pen ne poserait plus de "problème à toute la classe politique".

Ceci démontre bien que ce type de raisonnement de Madame Dati, suivi par la quasi-totalité de la classe politique, ce week-end, ne mène à rien si ce n’est qu’à désigner clairement à la vindicte de la bien pensance les cinq millions de Français qui votent actuellement pour le Front National et, de fait, de les décourager définitivement de revenir un jour dans le giron républicain.

 

Dans ces circonstances, chacun se rend aisément compte que Marine Le Pen trouvera toujours le moyen de se désolidariser des propos de son père quand çà l’arrangera ou, à l’inverse, de mettre en place une stratégie de communication beaucoup plus affinée quand elle souhaitera se placer sur un terrain avec lequel une partie de l’opinion publique risque d’être largement en phase.

 

Face à cette stratégie de communication, la classe politique française devrait centrer son intervention sur plusieurs axes :

 

Il serait, de mon point de vue strictement personnel, plus pertinent que la classe politique :

 

§  se mobilise de toute urgence autour de la problématique soulevée par l’occupation illégale des prières dans l’espace public français et trouve rapidement des solutions. Car ce que demandent les riverains, en l’espèce, c’est tout simplement que la loi républicaine soit appliquée. Ni plus ni moins. Or, que je sache, nos politiques sont aussi élus pour trouver des solutions aux problèmes que rencontrent leurs concitoyens, n’est-ce pas ?

 

§  remettre au coeur du projet politique républicain le concept de laïcité. En d’autres termes, nos politiques doivent dire haut et fort que le respect du concept de laïcité ne consiste pas, par définition, à le bafouer en permanence. Or, s’arroger le droit individuel d’occuper les voies publiques pour y organiser des prières publiques, au mépris le plus complet non seulement de la tranquillité des riverains mais également de l’activité commerçante, est à la fois contraire à la loi républicaine autant que contraire au concept de laïcité. Les élus locaux ne sont, par voie de conséquence, en aucun cas habilités à autoriser, voire à organiser par la présence des forces de police, l’occupation de la voie publique en permettant la tenue de ces prières publiques.

 

      Croyez-moi, si des mesures avaient été prises, voici des années de cela, en ce sens tant par nos élus locaux que nationaux, nous n’entendrions plus Marine Le Pen parler depuis longtemps pour la simple raison que la source de son fond de commerce aurait été tarie.

 

Enfin, n’oublions pas ce qu’a été l’actualité principale de ce week-end des 11 et 12 décembre 2010 : un double attentat à Stockholm d’une part, la condamnation amplement justifiée des policiers par le Tribunal correctionnel de Bobigny d’autre part.

 

Le double attentat à Stockholm ? Qui en a parlé, en dehors de Marine Le Pen qui a pu se targuer de reprocher à la classe politique son silence sur ce dossier lors de sa conférence de presse du 13.12.10 !

 

La condamnation de plusieurs policiers par le Tribunal correctionnel de Bobigny ? Nous sommes là face à un dossier extrêmement grave où nous découvrons, en qualité de citoyens, que sept policiers ont été condamnés à des peines d’emprisonnement sur la base des faits suivants : dénonciation calomnieuse et faux en écriture. Et que constate-t-on ? Pas de réaction de Marine Le Pen sur ce dossier. C’est pour le moins très embarrassant pour un parti politique qui prône le retour à l’ordre, au point d’ailleurs de s’attacher à mettre en évidence, en tête du script de la conférence de Marine Le Pen du 13.12.10, cette phrase de Charles Péguy : "L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté ; le désordre fait la servitude. Seul est légitime l’ordre de la liberté."

Dans ces circonstances, plutôt que de scander sur tous les toits que Le Front National est un parti qui alimente la haine de l’autre, pourquoi la classe politique républicaine française de droite comme de gauche n’a-t-elle pas pris la balle au bond pour mettre Madame Le Pen devant ses propres contradictions face au si étrange silence observé par celle-ci sur le dossier de la condamnation des sept policiers de Bobigny dont elle aurait dû, par définition et en qualité d’élue politique qui appelle si souvent de ses vœux le retour de l’ordre, se féliciter ?

 

Gérard Brazon Si je comprends bien votre pensée, Bonapartine,  il faut donc s’inquiéter, d’une manière plus globale, de l’ascension politique que connaît Marine Le Pen  dans le paysage politique français, ascension dont l’ensemble de la classe politique est, au vu des faits que vous rappeliez précédemment, tout de même responsable, non ?

 

Bonapartine : Que la classe politique soit en partie responsable de la percée de Marine Le Pen et du parti politique qu’elle va diriger d’ici quelques semaines, ne fait, pour moi, aucun doute. Je n’ai, du reste, pas attendu les déclarations de la Marine Le Pen lors de sa réunion organisée à Lyon le vendredi 10.12.10, pour avoir clairement exprimé, dès le 09 août dernier dans le journal Riposte Laïque et suite aux évènements dramatiques de Grenoble, ma conviction sur la question :  

"Car décidément dans toute cette affaire, entre une droite républicaine qui donne le sentiment de courir après les mesures préconisées par le Front National et les partis de gauche qui ne font qu’attiser les tensions dans notre pays en apportant chaque jour un peu plus la preuve flagrante qu’ils n’entendent pas les souffrances de tous les Français liées à l’insécurité de ce pays, le Front National doit décidément se dire que l’été 2010 demeurera pour lui un des meilleurs crus de ces dix dernières années."

[Journal Riposte Laïque : "Toute la classe politique concourt à la progression préoccupante du Front National"de Bonapartine, n°157 paru le 09.08.10]

 

            D’une manière générale, j’ai toujours considéré et je continue de croire que le Front National est un parti dangereux pour l’avenir de la France. Historiquement parlant, l’extrême droite n’a jamais rien apporté de bénéfique à ce pays et chaque fois que la France a cédé aux vieilles lunes de l’extrême droite française, elle en est sortie abîmée. Parfois durablement abîmée comme nous l’a démontré, par le passé, l’Affaire Dreyfus dont les cicatrices mal refermées faisaient encore des ravages lors du procès de Charles Maurras qui, le 27.01.1945, s’est écrié : "C’est la revanche de Dreyfus !"

 

Gérard Brazon - Le socialisme à travers son extrême qu'est le communisme n'est pas non plus dépourvu de responsabilités dans la "France abîmée" d'avant guerre ! Il ne faut pas oublier la part qu'a prise une certaine gauche dans le manque de préparation face à la montée du péril nazi. Ni oublier qu'au delà de Maurras, de l'Action française, il y a eu aussi la création du seul parti fasciste français par Jacques Doriot par un ancien dirigeant national du Parti Communiste député-Maire de Saint Denis. Comme vous le disiez dans la première partie, aucune situation n'est comparable et chaque époque doit-être visitée en ayant à l'esprit le contexte et les mentalités. J'en prends pour exemple Léon Blum qui parlait de races inférieures à propos des colonisés d'Afrique. Il n'était pas pour autant raciste. Pour conclure cet aparté, la naissance du FN date des années soixante dix. Ce sont des faits, c'est l'histoire. 

 

 Bonapartine: Voilà donc pour l’Histoire. Maintenant et sans vouloir faire aucunement d’amalgames historiquement déplacés entre Charles Maurras et Marine Le Pen, en ce qui concerne précisément Marine Le Pen qui, ne l’oublions pas, ne représente pas toutes les sensibilités d’extrême droite en France et dont certaines sont hélas encore bien plus radicales que la sienne, j’ai la conviction profonde, en effet, que son ascension politique ne doit pas être sous-estimée et qu’il faut, par conséquent, s’en soucier. Et sur ce point, je répète que la classe politique aurait dû réagir, dès la percée électorale du Front National aux élections cantonales de 1982 plutôt que d’attendre que des sondages signalant de forts taux d’intentions de votes à la faveur de ce parti politique, au demeurant prévisibles depuis bien longtemps au vu de la situation socio-économique de la France, déclenchent une véritable panique dans l’establishment politique français. Donc, vous voyez, quand on parle du danger de la progression du Front National en grande partie incarné par Marine Le Pen en ces temps de campagne interne pour accéder à la présidence du parti, certains de ceux qui hurlent aujourd’hui avec les loups sur la scène médiatique et/ou dans les salons réservés à celles de nos élites qui refusent de voir les réalités dramatiques auxquelles sont confrontés des pans entiers de nos territoires, feraient beaucoup mieux de se souvenir que le danger ne date hélas pas de Marine Le Pen qui, en 1982, n’avait que quatorze ans, mais qu’il est bien antérieur à Marine Le Pen. Hélas ! Mille fois hélas !

 

Par ailleurs, quand je dis que l’implantation durable et en voie d’expansion affirmée des discours de Marine Le Pen est, à mon avis, inquiétante pour l’avenir de notre nation, je tiens à préciser que, contrairement aux discours tous plus lénifiants les uns que les autres que chacun de nous peut lire ou entendre ici ou là, je ne considère pas que Madame Le Pen soit politiquement dangereuse parce qu’elle est "la fille de" Jean-Marie Le Pen. Je ne porte, en aucun cas, un jugement de valeur sur sa personne. Non, ce que je veux précisément dire, c’est que la démarche politique et les discours de Madame Le Pen représentent un danger pour la France non pas parce qu’elle est la fille de Jean-Marie Le Pen mais parce qu’elle en réalité, beaucoup plus intelligente que son père. Ce qui est très différent. Je me situe donc uniquement sur le terrain de l’appréciation à caractère politique et en aucun cas sur celui qui consiste à la considérer comme "la fille de son père".

De mon strict point de vue,  Marine Le Pen est, en effet et de toute évidence, une fine stratège politique, là ou son père ne cessait de se vautrer dans une succession de dérapages verbaux tous plus inadmissibles les uns que les autres. Et quand Marine Le Pen commet un dérapage, en réalité, l’on voit bien qu’il a été suffisamment prémédité et pensé pour mobiliser et ridiculiser au moins un week-end entier toute la classe politique française et presque l’intégralité des médias français. Mais plus sournois encore et donc plus inquiétant, personne ne souligne jamais combien Marine Le Pen excelle dans l’art de la manipulation des opinions publiques et c’est en cela que son ascension politique doit être surveillée de près ! Pour l’instant, Madame Le Pen surfe, il est vrai, avec une maestria rarement égalée en matière politique, sur le désespoir des Français, pas seulement des plus pauvres dont le nombre ne cesse de croître par ailleurs, mais également sur celui de certaines classes moyennes et de petits chefs d’entreprise, par exemple, qui sont soit en dépôt de bilan, soit sont étranglés par les charges sociales qui les empêchent de se développer et d’embaucher. Ce sont là quelques exemples parmi beaucoup d’autres car nous savons, du reste, que l’audience de Madame Le Pen progresse aussi désormais dans une bourgeoisie aisée, pour l’instant à l’abri de la crise économique et pour laquelle rien, en apparence du moins, n’explique le choix du vote Front National. Or, il serait judicieux de se pencher attentivement et rapidement sur les motivations du vote Front National de cet électorat. Sur ce point, je pense que Madame Alliot-Marie a été une des rares élues, au cours de la semaine passée, à avoir émis une idée qui me paraît intelligente puisqu’elle a préconisé de "mettre à jour la sociologie du FN", estimant, à juste titre, que "pour combattre son adversaire, il faut le connaître". Je ne dis pas que ce que propose Madame Alliot-Marie va bouleverser la donne mais, au moins, elle a le mérite de s’inscrire dans une démarche de proposition et non de se perdre dans les eaux purulentes de la stigmatisation permanente qui n’a jamais permis de faire avancer le débat contradictoire dans une démocratie !

 

Propos recueillis par Gérard Brazon.

 

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Published by Gad - dans Bonapartine
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commentaires

emmanuel 22/12/2010 01:30


tous les 2 :Bonapartine et Brazon ont simplement oublié le discours du NAZISLAMISTE HERR DOGAN :

"les mosquées sont nos casernes ,les minarets sont nos baillonettes , les domes sont nos casques et les croyants sont nos soldats ! ! ! "

Aprés cela vous voulez nous expliquer que OCCUPATION DU TERRITOIRE sont des termes usurpés par MARINE LE PEN .

Bonapartine , malheureusement tu es encore au STADE DES BISOUNOURS ! !


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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