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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 05:40

ISRAEL HAI VEKAYAM DEVANT L’EFFONDREMENT DES SYSTEMES POLITIQUES ARABES

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


Ce 10 mai 2011, Israël a célébré le 63ème anniversaire de son indépendance. Dans son discours, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a félicité le peuple juif pour ses réalisations dans les domaines scientifique, médical, technologique, et appelé à une reconnaissance internationale de la judéité de l’Etat. De même, il a confirmé la vocation d’Israël (en l’occurrence terre d’accueil du peuple juif), loué sa nature démocratique puisqu’il s’agit du seul pays dans la région qui protège le droit de penser, le droit de culte, le droit des femmes et des minorités, l’égalité dans la société, le droit d’être gouverné par les lois non par les hommes... Enfin, il a rendu grâce pour les 63 années de libertés et d’indépendance et renouvelé ses espoirs pour un avenir de sécurité, de prospérité et de paix.

L’émotion dégagée était d’autant plus sensible que l’anniversaire de l’indépendance suivait celui du jour du souvenir qui rendait hommage aux 22 867 des fils ou des filles, tombés pour la défense d’Israël ou victimes du terrorisme : « ce tribut humain est considérable dans un petit pays où tout le monde pleure la perte d’un parent, d’un proche, d’un voisin ». Le Premier Ministre s’est alors associé à la douleur des familles dont les êtres chers sont à jamais dans les cœurs et dans les rêves, tout en assurant « qu’Israël continuerait à se défendre pour assurer son futur avec détermination ». Le Premier Ministre s’est également montré profondément préoccupé par les actions terroristes récentes qui ont assassiné des juifs uniquement en considération de leur origine et de leur croyance, a souhaité un prompt rétablissement à toutes les personnes blessées dans des attentats, et terminé la cérémonie par le dépôt de couronnes de fleurs sur les tombes des soldats.

Il est vrai que depuis 63 ans, l’Etat d’Israël n’a jamais été épargné : guerres, opprobre jeté dans une atmosphère générale de délégitimation, et une population palestinienne environnante ultra majoritairement hostile. Pour autant, et sur un plan politique, on observe qu’Israël s’est renforcé et affirmé sur la scène internationale alors que les pays qui lui ont déclaré la guerre en 1948, n’ont jamais véritablement décollé, voire se sont politiquement effondrés.

Le lendemain de la proclamation de l’indépendance (14 mai 1948), l’Etat hébreu a été envahi par les armées de l’Egypte, de la Syrie , du Liban et de l’Irak ainsi que par la légion arabe de Transjordanie dans une optique définie par le secrétaire général de la Ligue arabe Azzam Pacha « il s’agit d’une guerre d'extermination et de massacre » dont on parlera « comme des massacres mongols et des Croisades ». Il est donc possible, 63 ans plus tard, de dresser un petit bilan de la situation.

La Transjordanie disparue pour former la Jordanie, a fait la paix avec Israël en 1994 mais sur un plan économique politique et social, le pouvoir hachémite est contesté par la population à 75 % d’origine palestinienne, qui reste profondément discriminée en fonction du lieu de naissance : les palestiniens en provenance de Jérusalem ou de Cisjordanie ne sont pas considérés comme des citoyens à part entière. En outre, le pays est marqué par les dissensions tribales, les difficultés économiques, le chômage et la cherté de la vie. Pour ce qu’il en est de l’Egypte, en paix avec Israël depuis 1979, l'endettement extérieur est très important, 40 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, la bureaucratie est tentaculaire et sclérose toute initiative économique. Enfin, les mouvements islamiques portent un préjudice considérable à l'industrie du tourisme. S‘agissant du Liban, le niveau économique est bon, la main d’œuvre qualifiée mais les divisions confessionnelles compliquent l’organisation politique du pays. Finalement, la démocratie libanaise est devenu l’instrument de sa propre destruction en ayant permis à la milice shiite Hezbollah de prendre le contrôle financier, idéologique, médiatique, associatif du pays. La Syrie, pour sa part, offre le spectacle pathétique d’un pouvoir dictatorial obligé de réprimer dans le sang les manifestations de son peuple qui appelle à plus de justice, de liberté économique, de pensée, et de partage économique. Enfin, l’Irak est complètement paralysé par la violence, moyen d’expression populaire, qui a causé des dizaines de milliers de morts victimes d’attentats…

Tout ceci n’est pas surprenant. Les pays arabes n’ont pas de projets politiques, d’unité humaine, ni enfin d’aspiration humaniste. La Ligue des Etats Arabes, fondée le 22 mars 1945, l’a été pour affirmer « l’unité de la nation arabe » et « l’indépendance de ses membres » avec pour objectif, la lutte contre l’ingérence régionale des puissances coloniales (France et Grande Bretagne), transformée en combat contre Israël, considéré comme étant une entité exogène. L’indépendance des membres a certes été atteinte, mais celà n’a pas été le cas de l’unité de la nation arabe. Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’attitude des dirigeants arabes à l’égard de leurs peuples respectifs. En fin de compte, les sommets de la Ligue ne portent finalement que sur le conflit israélo palestinien, comme s’il s’agissait de l’unique moyen de fédérer des pays qui n’ont rien à voir les uns avec les autres.

De façon plus fondamentale, le problème de la Ligue des Etats arabes résulte tout d’abord des postulats de son projet humaniste exprimé dans la « Charte Arabe des Droits de l’Homme » adoptée le 14 septembre 1994, et entrée en vigueur le 15 janvier 2008. Le préambule de cette Charte débute ainsi : « Proclamant la foi de la Nation arabe dans la dignité humaine, depuis que Dieu a privilégié cette nation en faisant du monde arabe le berceau des révélations divines et le lieu des civilisations qui ont insisté sur son droit à une vie digne, en appliquant les principes de liberté de justice et de paix ». Ce cadre pose ainsi clairement le principe d’un « privilège » qui aurait été accordé par Dieu à la Nation arabe, justifiant l’application de principes humanistes. Par ailleurs, la Ligue arabe s’approprie les principes humanistes des Chartes internationales sans pour autant les respecter : « Se glorifiant de ce que la Nation arabe a instauré des fondements et des principes humains …..qui lui a permis d’attirer les chercheurs du savoir, de la culture et de la sagesse ». Enfin, et bien qu’affirmant son attachement aux « principes contenus dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen », le préambule condamne « le racisme et le sionisme qui sont deux formes d’atteintes aux droits de l’homme qui menacent la paix mondiale », thème que l’on retrouve encore dans l’article 1 (alinéa b) de la Charte : « Le racisme, le sionisme, l'occupation et la domination étrangère sont des pratiques qui défient la dignité humaine et constituent un obstacle majeur à la jouissance des droits fondamentaux par les peuples ». Ainsi, et grâce à la double affirmation de l’attachement aux principes humanistes et à la nécessité de combattre le sionisme, la philosophie arabe des droits de l’homme se présente vertueuse tout en cautionnant le combat contre l’entité sioniste.

A ce jour, seuls sept pays ont ratifié la « Charte arabe des droits de l’Homme »: la Jordanie, le Bahrein, la Libye, l’Algérie, les Emirats arabes unis, le Yemen et …la Palestine, qui de toute façon n’appliquent pas les Droits de l’homme. Les Etats arabes ont donc trouvé dans le combat contre Israël un dénominateur commun, qui apparait désormais manifestement insuffisant pour assurer leur survie : le thème, moteur pendant de nombreuses années, s’essouffle. Ils devraient donc chercher de nouvelles vocations politiques pour éviter une disparition programmée. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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