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Wall Street Journal – mars 2011

L’assassinat récent de cinq Israéliens, noyau d’une famille à Itamar, nous a tous profondément choqués. Un terroriste fait irruption dans la maison des Fogel avant de poignarder à mort les deux parents, Udi et Ruth, et d’étrangler leurs enfants Yoav, 11 ans, Elad, 4, allant presque jusqu’à décapiter Hadas, qui n’avait que trois mois.

Il y a eu, depuis, très peu de protestations de la communauté internationale. De nombreux pays -pourtant tellement habitués à condamner la construction d’appartements au-delà de la Ligne verte- restent silencieux sur cet assassinat sadique. Pendant ce temps, les quelques correspondants internationaux qui ont couvert le massacre l’ont délibérément placé dans le contexte de la politique de construction en cours et de ce qu’ils qualifient « d’occupation ».

Toutefois, indépendamment de ces opinions sur la Judée et la Samarie, ou Cisjordanie, il s’agit là d’une déformation historiquement inexacte de prétendre que c’est l’occupation qui engendre ce type de violence. Si ce fantasme était vrai … alors avant l’occupation, il n’y aurait pas eu de violence. Ce qui va à l’encontre des archives historiques.

En 1929, la communauté juive d’Hébron, dont la présence sur ces terres remonte à des millénaires (bien avant la création de l’Islam, la conquête arabe qui a mené à l’occupation de la région) a été brutalement attaquée. Les Juifs qui vivaient en paix avec leurs voisins musulmans ont été massacrés dans un sanglant carnage, inspiré par le Mufti Haj Amin al-Husseini, qui s’est illustré plus tard en acolyte génocidaire d’Hitler pendant la Shoah. En deux jours, 67 Juifs ont été battus à mort. Des enfants juifs ont été décapités et les femmes juives ont été éventrées. Leurs membres et organes ont été arrachés, qu’ils soient morts ou qu’ils aient réussi à survivre.

En visitant les lieux peu après le massacre, le Haut-Commissaire britannique pour la Palestine, John Chancellor, a écrit à son fils: «Je ne pense pas que l’histoire ait enregistré de telles horreurs dans les cent dernières années.”

D’autres événements similaires à ces pogroms, se sont déroulés non seulement avant l’ “occupation” de la Judée et la Samarie, mais deux décennies avant la création de l’Etat d’Israël. De 1948 à 1967, la Judée et la Samarie était illégalement occupées par la Jordanie, qui a rebaptisé ce territoire en « Cisjordanie », en référence à la rive orientale du Royaume de Jordanie au-delà du Jourdain. Pas un Israélien n’a été admis dans ce territoire, mais Israël n’a pas connu un jour de paix à cette période au cours de laquelle de brutales attaques ont été lancées à partir de la Cisjordanie contre des civils israéliens.

Une autre preuve contre ce ‘mantra’ visant à faire croire que l’occupation engendre la violence provient de sources palestiniennes. Prenez la Charte fondatrice du Hamas, par exemple : elle ne mentionne ni l’occupation, ni les implantations. Tout ce qu’elle contient sont des appels à la destruction complète d’Israël, jusqu’à son dernier m2, à savoir : “Israël existe et continuera d’exister jusqu’à ce que l’islam la détruise, tout comme il en a effacé d’autres avant lui.” La Charte va même plus loin, aspirant à une ère où il n’y aura plus de Juifs ni en Occident, ni où que ce soit dans le monde.

Pendant ce temps, l’OLP -actuellement dirigée par le président Mahmoud Abbas- note dans sa Charte fondatrice que “cette organisation n’exerce aucune souveraineté régionale sur la Cisjordanie,” tout en appelant à une «libération de sa patrie ». Ceci a été écrit en 1964, soit trois ans avant la conquête par Israël de la Cisjordanie au cours de la Guerre des Six Jours.

Il est confortable de dire que la violence et la terreur subies par les Israéliens aurait à voir avec « l’occupation » ou les implantations. Même si ce mythe n’a aucun fondement historique, il reste facile à proclamer à ceux qui ont peu de compréhension du conflit.

Pourtant, ces canards stupides n’ont que faire de notre conflit si difficile à résoudre.

Le récent massacre d’Itamar met en évidence l’incitation à la haine permanente de l’Autorité palestinienne par la violence diffusée à travers ses médias, ses lieux de culte et son système éducatif. À ce stade, les paramètres fondamentaux du processus de paix ont besoin d’une révision. Si notre objectif est de parvenir à un règlement pacifique, alors simplement mettre fin à l’ « occupation » serait loin de garantir notre sécurité, comme l’histoire l’a montré.

Israël a été assuré dans le passé du soutien de la communauté internationale dès lors qu’elle se retirerait de Gaza et du Liban : la paix serait florissante et la violence prendrait fin. Dans les deux cas, cet espoir s’est avéré mortel et des millions d’Israéliens ont été soumis à des attaques incessantes depuis ces territoires au lendemain du retrait.

Car il ne s’agit pas d ‘«occupation» d’un territoire, ce qui est significatif : c’est la coexistence. Ce n’est que lorsque les causes profondes des conflits idéologiques mèneront Israéliens et Palestiniens à faire les concessions douloureuses nécessaires à la paix que nous y parviendrons.

L’auteur, Danny Ayalon, est l’actuel vice-ministre israélien des Affaires étrangères