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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 21:49

 

Israël se prépare à des changements en Syrie

JERUSALEM — Après la révolte égyptienne, Israël observe désormais d'un oeil attentif les manifestations qui secouent la Syrie. Sans préjuger de l'issue de la contestation, le gouvernement de Benjamin Nétanyahou se prépare à des changements au sein d'un régime qui, s'il n'a pas directement combattu l'Etat hébreu depuis des années, soutient ses pires ennemis: l'Iran, le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais.

Après plus de cinq semaines de manifestations chez leur voisin du nord-est, les responsables israéliens semblent maintenant penser que, même si Bachar el-Assad reste en place, des changements irréversibles en Syrie sont inévitables. "Le Bachar el-Assad du passé n'est pas le Bachar el-Assad que l'on verra dans le futur", souligne un responsable gouvernemental sous couvert de l'anonymat.

S'il est l'ennemi d'Israël, le régime syrien a au moins, aux yeux de Tel Aviv, le mérite de la stabilité, garante du calme entre les deux pays depuis plusieurs dizaines d'années. L'Etat hébreu observe donc d'un oeil inquiet les modifications, qu'il juge inévitables, de l'équilibre géopolitique actuel dans la région.

De là, deux interprétations s'opposent. Certains estiment que des changements, voire la disparition pure et simple du régime en place à Damas, conduiraient de facto à un affaiblissement du Hamas et du Hezbollah, issue bénéfique pour l'Etat hébreu. D'autres craignent en revanche que s'ouvre une période chaotique favorable à l'émergence des islamistes radicaux.

Le Premier ministre Benjamin Nétanyahou a récemment résumé la position israélienne, disant soutenir les aspirations démocratiques dans les pays arabes, tout en craignant que "la démocratie soit détournée par des régimes extrémistes ou islamistes". "Nous souhaitons voir partout, y compris en Syrie, de véritables réformes démocratiques, une véritable émergence de la démocratie", a-t-il dit.

Par ailleurs, si les responsables israéliens ont pour consigne de ne pas s'exprimer publiquement sur la situation en Syrie, en coulisses tous s'accordent néanmoins sur un fait: l'éventualité d'une paix négociée avec la Syrie est aujourd'hui repoussée sine die. Dans le même temps, la crainte d'une attaque syrienne sur l'Etat hébreu pour détourner l'attention est très faible.

Si aucun traité de paix ne les lie, la situation à la frontière entre la Syrie et Israël est calme depuis des années. Damas s'est déclaré prêt à la paix en échange de la restitution par l'Etat hébreu du plateau du Golan, annexé lors de la guerre des Six-Jours en 1967. Les diverses sessions de négociations organisées depuis ont toutes échoué.

A l'heure de la contestation et de sa sanglante répression en Syrie, le statu quo semble la seule option, la possibilité qu'Israël cherche à négocier un traité de paix étant exclue. Mais, souligne Alon Liel, ancien directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères, aucune discussion n'était de toute façon en vue avant le début des manifestations. "La reprise des négociations n'a jamais été au programme, et elle ne l'est toujours pas", explique-t-il.

"On a toujours tendance à s'accrocher au statu quo: calme sur le front de la sécurité, calme sur le front diplomatique", note également Eyal Zisser, spécialiste de la Syrie à l'université de Tel Aviv. "Mais certains disent que, même si la frontière est calme, Assad fait plus de dégâts par le biais du Liban (Hezbollah, NDLR) et de la Bande de Gaza (Hamas, NDLR)".

Même s'ils jugent peu probable une attaque syrienne, les généraux israéliens ne se réunissent pas moins plusieurs fois par jour pour suivre les développements de l'autre côté de la frontière, selon des sources militaires. Pour Tsahal, le déploiement de l'armée syrienne à Deraa (sud) montre combien le régime de Damas prend la menace des manifestations au sérieux. Trop occupé par ses problèmes intérieurs Bachar el-Assad ne peut pas se permettre de s'en prendre à l'Etat hébreu, estiment les militaires israéliens.

Une situation qui pourrait s'éterniser, selon Guy Bechor, spécialiste du Moyen-Orient à l'université israélienne de Herzliya, pour qui des mois de troubles sont à prévoir en Syrie. "On estime que, dans tous les cas, la stabilité va se prolonger pour Israël car la Syrie sera occupée avec ses affaires intérieures pendant des mois, voire des années", explique-t-il.

Au-delà de la situation en Syrie, la vague de contestation qui touche la région pourrait également remettre en cause les liens d'Israël avec d'autres pays, notamment la Jordanie qui, avec l'Egypte, est la seule à avoir signé un traité de paix avec l'Etat hébreu. "La Syrie ne peut être envisagée toute seule. Elle fait partie de tout ce qui se passe autour de nous", souligne Alon Liel. "L'isolement d'Israël dans la région est pratiquement sans précédent". AP

jp/v/nc

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commentaires

Ilhes 29/04/2011 23:27


Excellente analyse. Les conclusions d'Alon Liel sont réalistes.


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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