Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 10:27

Itamar, l'omerta française

Bookmark and Share

 No 163 23 mars 2011, Media

Pour les médias français, les victimes d’Itamar sont avant tout des « colons ». Donc coupables. Même quand Mahmoud Abbas lui-même qualifie les assassins de « criminels inhumains »…

http://www.hamodia.fr/

La civilisation repose d’abord sur le respect de la vie d’autrui : « Tu ne tueras pas ». Puis sur celui des morts. 


À Itamar, en Samarie, des assassins pénètrent en pleine nuit dans un village juif. Ils forcent une porte, s’introduisent dans une maison. Des enfants dorment. Un bébé geint dans son berceau. Dans la chambre voisine, les parents rêvent. Les assassins frappent. Sans bruit. Sans pitié. À coups de couteau. Cinq vies sont détruites. Le lendemain, en Cisjordanie, à Gaza, les organisations nationalistes ou islamistes palestiniennes distribuent des bonbons et d’autres douceurs aux passants. Pour fêter l’événement.


Une partie des médias occidentaux, et tout particulièrement les médias français, a pour ainsi dire ignoré ce crime, et l'émotion qu'il a provoquée en Israël. Certes, la couverture, la « une », ne pouvait revenir qu’aux événements de très grande ampleur qui se déroulaient au même moment, du Japon à la Libye. Mais Itamar n’a même pas été traité en dernière page. Un média généraliste, sur papier ou en ligne, publie en moyenne une demi-douzaine d’éditoriaux par jour ou par semaine : aucun, en France, n’a été consacré au quintuple meurtre. Ce n’est plus hiérarchiser l’information ou le commentaire. C’est entrer dans une logique d’omission. Ou plus précisément d’omerta.
Pourquoi une telle attitude ? Les médias concernés n’ont pas voulu s’en expliquer. Mais leur raisonnement va de soi. Selon eux, Itamar est une « colonie », dans ce qui est censé être un pays occupé, « la Palestine ». Les victimes sont donc coupables. Plutôt que de le rappeler, il vaut mieux étouffer l’affaire dans son ensemble... Simple affaire de décence, en quelque sorte.
Curieusement, les médias omertistes n’ont pas songé à reconsidérer leur attitude quand le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré deux jours plus tard que le massacre d’Itamar était « méprisable, immoral et inhumain » : ce qui revenait à récuser l’idée d’une culpabilité intrinsèque des « colons ». Abbas est le chef d’État de la « Palestine occupée ». Venant de lui, l’objection revêt quelque autorité. Les médias n’ont pas voulu en tenir compte. Ils suivent leur logique. Aux faits de s’y plier, coûte que coûte.
Si Abbas condamne le crime perpétré à Itamar, ce n’est pas par sympathie excessive envers des Israéliens ou des Juifs. Mais parce qu’il doit tenir compte - au moins par moments - d’un environnement international et de quelques règles du droit. L’Autorité palestinienne existe en vertu des accords d’Oslo de 1993. Ceux-ci prennent acte, parallèlement, de la présence de localités civiles israéliennes en Judée et en Samarie : sous réserve d’en négocier le statut définitif dans le cadre d’un traité de paix israélo-palestinien. La version anglaise du texte, qui fait foi, ne parle pas de « colonies israéliennes », au sens que ces mots revêtent aujourd’hui en français, mais emploie le terme neutre de settlements, « établissements », qui s’applique à toute installation d’une population, quelle qu’elle soit, dans un endroit donné. Bien entendu, les habitants de ces localités ont droit, comme tout être humain, à la sécurité et à la tranquillité.
Mais pour la plupart des journalistes et intellectuels français, ce sont là des arguties. Les Juifs d’Itamar et des autres « colonies » ne peuvent être que des « colons ». D’où ces milieux tiennent-ils leurs convictions ? On est tenté de répondre : du gouvernement français, qui ne cesse de le dire et de le répéter. Ils en dépendent, en effet, à un point confondant : qu’ils soient universitaires d’État (il n’y a pas d’université privée digne de ce nom en France) ; stipendiaires de fondations étatiques ou paraétatiques ; employés salariés ou prestataires de médias d’État (télévisions, radios, sites en ligne) ou liés directement ou indirectement à l’État. Mais en même temps, le gouvernement dépend d’eux, ou plutôt de la doxa ou pensée unique, mi-maurrassienne, mi-marxiste, qu’ils ne cessent de produire, reproduire, délayer, depuis plusieurs décennies. 
Ce système clos, étanche, bloque sans cesse les vrais débats et explique les nécroses, de plus en plus visibles, du jeu politique français. Mais ceci est une autre histoire. 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis