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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 14:12

 

Parmi tant d'autres morceaux de bravoure, Janusz Korczak a écrit un conte pour enfant en 2 volumes : Mathias 1er, (chez Folio Junior). Je le lisais sur magnéto à ma fille encore bébé, lorsque je m'absentais 3 mois pour le lointain Canada. Qu'il lui soit lu pour entendre la voix de son père. Deux ans après la naissance de son frère, Matthias -comme il se doit-,  j'ai assisté, à Yad Vashem, en novembre 2002, à l'inauguration du statuaire qui est dédié à Korczak. Cet hommage est le fruit d'une promesse que Maxi Librati a faite, en quittant l'esclavage des camps, jurant que le souvenir du grand pédagogue de Varsovie ne serait jamais effacé. 

 

http://www.lemonde.fr/shoah-les-derniers-temoins-racontent/visuel/2005/07/04/maxi-librati-charge-de-bruler-les-morts-du-ghetto-de-varsovie_667736_641295.html

 

Janusz Korczak, l’héroïsme pour l’enfance

par Agnès Staes

un écho d'israel

 

La première fois que j’ai entendu parler de Janusz Korczak c’était à un cours d’ulpan où j’essayai laborieusement d’apprendre l’hébreu. Une leçon portait sur le Yad Vashem et la vie de ce personnage hors du commun.

J’emmène souvent des amis au Yad Vashem et lorsque nous sortons du mémorial des enfants en prenant le chemin du côté droit, nous passons devant une statue d’un homme d’une soixantaine d’année, grave et triste, entourant d’une grande main protectrice des enfants de tout âge, tristes eux aussi : C’est Janusz Korczak dans les derniers jours de sa vie. Elle est souvent recouverte de pierres indiquant le passage de personnes désirant l’honorer.

Janusz Korczak est surtout connu pour son héroïsme : il s’est laissé déporter avec les enfants du ghetto de Varsovie au camp de Treblinka où ils ont tous étaient exterminés. Israël en a fait un juste. Il est une figure humaine indéniable mais il ne faut pas le réduire aux dernières années de sa vie et aux circonstances insoutenables qui les ont marquées. Il est avant tout pédagogue mais aussi médecin pédiatre, journaliste, écrivain. « Le fait que Korczak ait volontairement renoncé à sa vie pour ses convictions parle pour la grandeur de l’homme. Mais cela est sans importance comparé à la force de son message », disait Bruno Betteheim.

Henryk Goldszmit, de son vrai nom, est né d’une famille juive assimilée en Pologne le 22 juillet 1878.
Vers de l’âge de 12 ans, Janusz doit subvenir aux besoins de sa famille à cause de la maladie puis de la mort de son père. Il donne des cours privés et découvre son goût et sa capacité à communiquer avec les enfants. Il les observe et apprend beaucoup d’eux.
Vers l’âge de 15 ans, il devient passionné de lecture.

De 1895 à 1905 il étudie la médecine et se spécialise dans la pédagogie et la pédiatrie. Il voyage pour se former davantage. Durant ce même temps, il publie plusieurs pièces de Théâtre.
En 1909, il rencontre Stefania Wilczynska et la prend pour associée dans son orphelinat.
Un an plus tard, il devient directeur d’un orphelinat et construit en 1912 une institution modèle, Dom Sierot, organisée en ’république’ où les enfants ont autant de droits que les adultes. C’est une école de la démocratie et de la participation.
En 1919, il prend la direction d’un autre orphelinat Nasz Dom avec le même schéma.

Pour lui l’enfant est une réalité à prendre en compte et il milite activement pour la popularisation des droits de l’enfant par le biais d’émission de radio. De 1920 à 1936, il exerce de multiples activités en plus de son orphelinat. Il est expert au tribunal, formateur pédagogique, écrivain, journaliste à la radio. Il est précurseur de la mise en pratique des droits positifs de l’enfant : droit d’expression, de participation et d’association. Dès le début du 20ème siècle, J. Korczack fait une refonte complète de l’éducation et du statut de l’enfant en privilégiant la sauvegarde et le respect absolu de celui-ci. Il est important pour bien comprendre de remettre cela dans le contexte d’un pays occupé, les deux guerres mondiales, les violences politiques et sociales, le clivage entre les Juifs et les Polonais sans compter l’intolérance religieuse et l’antisémitisme.

De 1936 à 1942, c’est la lutte quotidienne pour la survie des enfants puis l’enfermement dans le ghetto de Varsovie à partir de 1940. Là, il porte son uniforme polonais mais refuse de porter l’étoile de David car dit il cela désacralise le symbole.
Le 6 août 1942, il est emmené avec les 192 enfants de son orphelinat et 10 « soignants » dont Stefania vers les wagons de l’enfer qui les emmèneront à Treblinka où ils seront tous exterminés dans les chambres à gaz. On raconte que J.Korsack était en tête en tenant deux enfants par la main. Les autres suivaient par rang de quatre, tous en beaux habits. Le même jour les nazis déportèrent d’Umschlaplatz 4000 enfants des orphelinats et leurs aides du ghetto de Varsovie.
Plusieurs fois on lui donne la possibilité de s’en aller, de fuir, il refusa toujours pour être jusqu’au bout avec « ses » enfants.
Janusz Korczak a joué un rôle important dans tout ce qui concerne les droits de l’enfant et qui appartient aujourd’hui au paysage institutionnel mondial.

Alors qu’il était tout jeune éducateur en 1937, feu le professeur Aleksander Lewin qui devient l’éminent directeur de l’Institut (national) de la recherche pédagogique à Varsovie a rencontré et travaillé avec J. Korczak. Il témoigne de la modestie de l’homme, mal compris, imprégné d’une mission vitale, un homme profondément impressionné par le destin des autres et qui voulait changer ces destins. « Il était donc absolument convaincu que la tâche essentielle des adultes est d’aider les enfants à devenir eux-mêmes, de comprendre et de soutenir leurs efforts quotidiens que signifie grandir, mûrir et apprendre sur soi et sur le monde environnant. Les enfants ont leur propre représentation du monde, de la justice, ils ont un rapport personnel à la vie, supérieur même dans certains domaines (les émotions, la spontanéité, l’authenticité) à celui des adultes » (Site Internet association française Janusz Korczak AFJK).

Pour terminer voici une citation de J. Korczak : « Vous dites : c’est épuisant de s’occuper des enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez : parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser. Là, vous vous trompez. Ce n’est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d’être obligé de nous élever jusqu’à la hauteur de leurs sentiments. De nous élever, de nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre. Pour ne pas les blesser. » Janusz KORCZAK, Quand je redeviendrai petit (prologue), AFJK, traduction révisée en 2007 :

Un cénotaphe en sa mémoire se trouve au cimetière juif de Varsovie.

Pour en savoir plus sur Korczak : http://korczak.fr

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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