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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 10:57

 

 

AVO 5747 wa (Copier)

La crispation sera de rigeur, lors des prochains entretiens 

 

Par Marc Brzustowski


Des responsables de haut niveau en Israël ont fait savoir qu’il n’y aura pas d’alerte de leur part à l'intention de Washington, s’ils décident de mener une frappe contre les installations nucléaires iraniennes. C'est, du moins, ce qu’a confié une source du renseignement américain, au fait des dernières évolutions, et, sans doute, à dessein, à l’agence Associated Press.

Cette déclaration, qui fait suite à une série de conversations confidentielles et de haut-niveau, entre les deux parties, reflète la tonalité sous haute tension des rencontres prévues, le 5 mars, à la Maison Blanche et au Capitole, lors du séjour de Binyamin Netanyahou et d’Ehud Barak. Il est, aussi, plus que probable qu'en préparation de ce sommet, les deux Gouvernements envoie au grand public des signaux clairs sur leurs positions respectives, à travers des campagnes de presse "téléphonées". C'est, sans doute, le cas de cet article d'AP. 

 

Ces responsables israéliens ont clairement fait savoir à leurs homologues que, s’ils décidaient, éventuellement, que cette frappe est, désormais, devenue nécessaire, ils maintiendraient Washington dans le flou artistique total, simplement pour minimiser le risque que l’Amérique puisse être tenue responsable d’avoir échoué à stopper une probable attaque israélienne. Les Etats-Unis ont travaillé dur, depuis des mois, pour persuader les Israéliens qu’une telle frappe ne produirait qu’un revers temporaire pour le programme nucléaire iranien et qu’elle ne suffirait, par conséquent, pas à l’arrêter définitivement.

 

Mais ce refus de se plier aux attentes de la Maison Blanche serait, selon Associated Press, le message qu’ont voulu délivrer Bibi Netanyahou et Ehud Barak au long cortège de responsables américains de haut niveau (Tom Donilon, Conseiller à la Sécurité Nationale, James Clapper, chef des renseignements, le Général Martin Dempsey, plusieurs députés...), venus en estafette à Jérusalem pour tenter de combler le fossé d’incompréhension et de défiance entre les deux Administrations.

 

Aussi bien la Maison Blanche que le Pentagone, le chef des renseignements américains ou l’Ambassade d’Israël aux Etats-Unis ont refusé de commenter ces allégations d’une source réputée bien informée qui a préféré conserver l’anonymat.

 

Toujours est-il que la seconde inspection avortée, en moins d’un mois, par l'Iran, à l'encontre d'une délégation de l’AIEA, spécialement dépêchée sur site, la semaine dernière -et qui est repartie comme elle était venue, presque aussitôt-, apparaît bien comme la goutte qui fait déborder le vase de patience, dans la façon dont Israël considère les divers coups d’épée dans l’eau de l’Administration Obama pour ramener l’Iran à la table des négociations, et discuter de son programme nucléaire et missilier.

 

Cette question cruciale de la diffusion ou non d’une alerte secrète, à l’attention de Washington, a de quoi inquiéter au plus haut point les responsables américains. Néanmoins, elle a sûrement, bien plus, une connotation politique et diplomatique, préalable au Sommet, qu'une réelle pertinence systémique et logisitique : Washington dispose de bien des ressources pour observer une mise sur le pied de guerre en préparation sur le territoire israélien. Le moindre mouvement d'une batterie anti-missiles disposée en tel site-clé signalerait une inquiétude sécuritaire en cas de représailles, etc. 

Elle exprime, surtout, la profonde déception de Jérusalem face à la politique américaine, qui s’est encore aggravée, au cours de la récente visite de Tom Donilon : la candeur des déclarations de celui-ci, sans doute persuadé que l’Iran donnerait suite à ses promesses d’ouvrir toutes grandes les portes de l’installation militaire nucléaire de Parchin aux inspecteurs, a convaincu les Israéliens que jamais les Etats-Unis ne décideront d’une frappe militaire américaine, pas plus qu’ils ne se tiendraient aux côtés d’Israël, au cas où l’Etat hébreu décide d’y aller seul. Les israéliens en ont légitimement conclu qu’ils ne pourraient avoir recours qu’à une frappe unilatérale et, dans ce cas, qu’il n’était plus nécessaire, sur le principe, d’en alerter des alliés qui ne… s’allieraient pas à cette opération.

 

Ce point sera sûrement au centre des futures discussions de la semaine prochaine à Washington, martelé aussi souvent que nécessaire, pour que les interlocuteurs américains commencent à comprendre plus clairement le défi stratégique existentiel qui leur est posé. Ehud Barak aura des entrevues avec de hauts responsables de l’Administration et du Pentagone, mais également, avec des membres du Congrès, alors que la campagne pour les Présidentielles bat son plein aux Etats-Unis. Binyamin Netanyahou rencontrera Obama en tête-à-tête.


 

Dutch Ruppersberger. 

« C’est une position sans précédent, de la part d’Israël, qui viserait à s’assurer que les Etats-Unis et eux travaillent réellement dans le même sens contre la production d’armes nucléaires par l’Iran et l’exportation du terrorisme », a analysé le député démocrate du Maryland, Dutch Ruppersberger, responsable de son groupe au sein de la Commission des renseignements à la Chambre du Congrès. Il s’est récemment rendu auprès du Premier Ministre israélien Netanyahou, en compagnie du Président de la Commission du renseignement, Mike Rogers, député républicain du Michigan. Ils ont alors plaidé que les sanctions devenaient plus fermes et qu’elles avaient un impact bien plus agressif sur l’économie iranienne. Ils ont aussi et surtout insisté sur la nécessité de présenter un front uni face à l’Iran et aux campagnes médiatiques qui font leurs choux gras des désaccords flagrants entre les deux parties.

 

Mike Rogers.

Mais Ruppersberger ajoute : « Nous devons aussi tirer partie de l’expérience des négociations avec la Corée du Nord : toutes ces discussions ont subi des blocages répétés et, au bout du compte, ils disposent bien de l’arme nucléaire. Nous allons diffuser un message clair : « quand c’est trop, c’est trop », la paralysie, c’est fini, … Toutes les options sont sur la table ».

 

« J’ai compris que les Israéliens sont incroyablement sérieux dans leur détermination à frapper l’Iran », a déclaré Rogers à CNN, lundi. « D’après leurs calculs, l’Administration (américaine) n’est absolument pas rigoureuse, quant aux conséquences militaires des progrès nucléaires réalisés en Iran. Les Israéliens pensent qu’ils devront arrêter seuls leur décision, étant donnée la posture actuelle des Etats-Unis ».

 

Un autre visiteur important, Anthony Blinken, Conseiller à la Sécurité Nationale du Vice-Président Joe Biden, cette fois, a, de son côté, déclaré que : "la politique amércaine n'est destinée qu'à gagner du temps et à repousser ce problè_me à plus tard dans le temps. Mais qu'en pratiquant de la sorte, bien des choses inquiétantes risquaient d'arriver durant ce laps de temps". Il a, par contre, prétendu que les évaluations des renseignements des deux pays étaient très proches, mais qu'à cause de leur situation géographique différentes, il pouvait y avoirdes divergences tactiques. Mais il a tenu à réitérer que, sur le fond, les positions stratégiques étaient les mêmes". C'est, sans doute, un des points, sur lequel les dirigeants d'Israël peuvent émettre des doutes...

Blinken note des nuances, également, au sein de l'establishment iranien : il prétend ressentir plus "d'intérêt", de la part d'Ahmadinedjad(sans doute, pour des raisons de remous intérieurs), à faire baisser la tension avec l'Occident que chez le Guide Suprême, Ali Khamenei, dont il dit que "la raison d'être [en français dans le texte] est la confrontation avec les Etats-Unis...

En même temps, Blinken avoue que les Etats-Unis disposent de renseignements "extraordinairement imparfaits" sur le climat exact, à l'intérieur des cercles dirigeants iraniens. Peut-être que la perspective de la préférence d'Ali Khamenei pour Qassem Souleimani, chef des forces Al-Qods des Gardiens de la Révolution, comme futur président de l'Iran, en lieu et place d'Ahmadinedjad, pourrait éclairer leur lanterne...


 

Selon l’interlocuteur averti d’AP, ainsi qu’un ancien responsable américain, les chefs américains des renseignements et des opérations spéciales tentent de conserver le dialogue ouvert, avec leurs homologues israéliens, malgré l’impasse des discussions au plus haut niveau. Ils partagent des informations avec eux et leur proposent certaines options alternatives, telles que de permettre à Israël d’utiliser des bases américaines dans la région, en vue de lancer une telle opération. Ce qui permettrait aux Américains de conserver un œil sur les agissements israéliens et de disposer, ainsi, de moyens d’alertes avant-coureur. Mais, une telle option apparaît peu crédible, dans la mesure où les deux chaînes décisionnelles, sur le plan politique, continuent d'être en parfaite opposition : au mieux, si Israël ne veut pas envoyer de signal d'alerte, pourquoi accepter une invitation cousue de fil blanc? Au pire, ce serait le moyen le plus facile, pour l'Administration Obama courroucée d'une telle décision défiante, que demander à ses services de tout faire pour faire avorter ou échouer une opération jugée indésirable... 

 

Selon certains responsables du renseignement, l’un à l’active et l’autre en retraite, la coopération n’a fait que s’améliorer dans l’échange d’informations sur la région. Là encore, on peut douter de la sincérité des sources de l'Associated Press : bien des indicateurs laissent entrevoir que, depuis l'avènement d'Obama, celui-ci et ses conseillers ont tout fait pour limiter la coopération américano-israélienne, en matière de renseignements, au strict minimum vital pour les intérêts US. Quelques exemples récents, de "fuites" du même acabit (Mark Perry, CBS news...), voulant démontrer la non-implication américaine dans des opérations spéciales en Iran, montrent plutôt que ces services, des deux côtés, sont, également, sinon "à couteaux tirés", du moins sur la défensive et observant une méfiance réciproque, en ce qui concerne, en tout cas, laquestion iranienne...  

 

Israël fournit aux Etats-Unis des renseignements de tout premier ordre, par exemple, sur l’évolution de la situation en Syrie, maintenant que l’Amérique y a fermé son ambassade et relevé une partie de ses équipes du renseignement sur place.

 

Mais, sur ce point encore, puisque le niveau supérieur de la chaîne décisionnelle américaine est en stand-by permanent, même ces informations cruciales ne sont que d’une utilité relative : on a pu s’en rendre compte, au cours des prises de positions tièdes et bonasses d’Hillary Clinton, lors du fameux sommet des « Amis de la Syrie » à Tunis, qui devait encore faire des flammes dont on se souviendrait. En réalité, l’Administration Obama se contente de stériliser et neutraliser toute initiative, qu’elle soit saoudienne, qatarie ou de toute autre obédience, pour satisfaire à sa volonté de « dialogue » avec les Etats-voyous et criminogènes.

 

La position israélienne à l’égard d’Obama n’est que symptomatique de la désillusion complète de la plupart des décideurs du Moyen-Orient, qui n’a ceci de bénéfique que de forcer la région à prendre son destin en mains, en s’émancipant, à tout niveau, de la tutelle des « Grandes puissances », qui sont les principaux acteurs de l’entretien des conflits moyen-orientaux, depuis qu’ils se partagent le monde et se font la guerre et la paix par procuration.

 

Sources : Associated Press. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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