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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 08:02

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Benilou

 

L’AVEU DE FAIBLESSE DE LA LIGUE ARABE 

Par Jacques BENILLOUCHE


Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa (au premier plan), a réuni en urgence au siège de la Ligue au Caire, les ministres arabes des Affaires étrangères.(Photo : Reuters)

 

 

Les dirigeants israéliens cachent mal leur satisfaction de voir que les participants à la réunion de la Ligue Arabe du 27 mars à Syrte se soient séparés sans consensus sur la politique à suivre face à Israël. Ils s’attendaient certes à ce résultat car ces réunions nous ont habitués à être stériles. Les pays arabes eux-mêmes n’y croient plus puisque seuls treize pays sur vingt-trois ont envoyé des délégués de haut niveau. Les autres ont été représentés par des ambassadeurs à l’instar du Liban qui a envoyé en Libye son représentant posté en Egypte. Le roi du Maroc ne s’est pas déplacé et a chargé son frère de s’asseoir aux côtés des ministres des affaires étrangères d’Irak et d’Arabie Saoudite.

 

Passer à l’acte

 

             Ces réunions révèlent au grand jour les intérêts contradictoires de membres qui n’hésitent plus d’ailleurs à fustiger cette situation. L’hôte de l’assemblée, le Colonel Kadhafi, qui pour une fois n’a pas abreuvé ses invités d’un discours fleuve, a fait court en rappelant que «les sommets arabes ne prennent pas de décisions. Arrêtons de parler et passons à l’acte ». L’émir du Qatar, président sortant, a abondé dans ce sens en étant encore plus réaliste : « on ne peut pas faire endosser la responsabilité aux autres », sous-entendu « ne cherchons pas dans l’existence d’Israël les raisons de nos inerties ». Il est vrai que les actions concrètes de la Ligue, leitmotiv des dirigeants arabes, n’ont pas vu le début d’une réalisation. La Ligue Arabe est face à un miroir qui reflète la réalité dramatique de ses échecs devant l’absence de solutions pour régler les problèmes communs économiques, sociaux et politiques.


            Les causes essentielles proviennent de la malédiction de la profusion des ressources naturelles des pays arabes dont le paysage épouse parfaitement celui de régimes généralement dictatoriaux, souvent féodaux et parfois sanguinaires. Cet aréopage de potentats cultive l’appropriation du pouvoir par la force et la contrainte pour rejeter toute forme de démocratie. La Ligue Arabe accentue la volonté hégémonique des propriétaires pétroliers de faire le jeu des occidentaux, qui se garderaient bien de changer la donne. Certains membres sont conscients que cette puissance financière, doublée d’une puissance démographique, n’a rien fait pour concrétiser des projets ambitieux dans la technologie, dans le développement économique et dans le bien-être social. Le seul lien qui les unit, bien maigre, est le passeport anti israélien qui passe par le déni d’existence de l’Etat juif.


            Les occidentaux ne sont pas exonérés de responsabilité. Ils manquent de volonté pour faire changer les choses car les régimes dictatoriaux confortent leurs intérêts fondamentaux. Ils leur confèrent le droit à une exploitation tranquille des ressources naturelles puisque seuls les pays forts, donc stables, peuvent s’opposer à une éventuelle revendication révolutionnaire.

 

Manque de leadership

 

            Mais le mal dont souffre la Ligue Arabe est l’absence de leadership. Jusqu’alors la tâche incombait à  l’Egypte qui aurait été la seule capable d’élaborer une stratégie commune pour faire de cette ligue une puissance régionale en mesure d’imposer ses vues sur les dossiers brûlants de la Palestine ou d’Irak. Or Moubarak est malade et termine son mandat sans qu’il ait fait part de ses intentions sur sa succession. Il mène une politique se voulant équilibrée vis-à-vis d’Israël et des Etats-Unis qui rapportent plus à son pays que la zone de libre échange arabe. D’ailleurs, le président égyptien n’a jamais envisagé de rompre ses relations diplomatiques avec Israël, seul geste qui aurait pu, à la rigueur, favoriser des décisions concrètes sur le problème de Jérusalem et des palestiniens.


            Mais les membres arabes sont profondément perturbés par l’atteinte aux principes fondateurs de la ligue qui s’adressait uniquement aux pays arabes. Ces dogmes ont été dévoyés au profit d’une politique à courte vue et de décisions inexplicables. Certains n’ont pas compris le strapontin offert au vénézuélien Hugo Chavez qui prépare sa place de membre à part entière alors que le seul lien tangible avec les pays arabes sont le pétrole et sa haine viscérale pour l’Etat juif. Ils n’ont pas compris non plus l’intérêt du secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, à exhorter les Etats membres à renforcer leurs liens avec l’Iran dont la capacité de nuisance inquiète ses voisins et dont le programme nucléaire soulève des inquiétudes. Le Bahrein, peuplé à 70% de chiites mais dirigé par un gouvernement sunnite, craint qu’un soulèvement de sa minorité orchestré par les iraniens ne mette fin au consensus existant dans le pays. Inviter l’Iran, qui n’est pas arabe, à intégrer la ligue perturbe la conscience de nombreux dirigeants qui ont toujours évalué le rôle des Perses avec beaucoup de méfiance. Amr Moussa n’a pas éludé ces réticences :« je me rends compte que certains sont inquiets sur l’Iran et c’est exactement pour cela que le dialogue est nécessaire ».

 

Nouveau venu vainqueur

 

            Enfin un nouveau venu, le premier ministre turc Tayyip Erdogan,  invité personnel du colonel Kadhafi,  a assimilé l’absence de leadership et a choisi sa fenêtre de tir pour se porter candidat au poste de leader du monde arabe alors que la Turquie, pays musulman certes, a toujours été éloignée des pays de la région. On comprend mieux son changement de stratégie après avoir mis fin à son alliance avec Israël. Invité à rejoindre la Ligue Arabe, il a fait preuve d’un activisme exacerbé dans sa vision de faire renaitre un jour l’empire ottoman. Plus royaliste que le roi, il a pris la parole à la tribune, juste après le secrétaire général, pour prendre fait et cause sur un sujet qui n’a jamais fait l’objet de ses préoccupations : « nous ne laisserons pas mourir El Quods, la prunelle de nos yeux ». Il s’est installé en grand vainqueur de cette réunion et s’impose dorénavant comme leader putatif des arabes capable de contrebalancer un Iran conquérant. Son statut de rare dirigeant démocratiquement élu lui donne une aura que ne lui contestent pas les vieux émirs. Mais sa présence inquiète plus qu’elle ne rassure puisque certains le considèrent comme un intrus capable de modifier les règles internes instituant des alliances solides avec les puissances mondiales occidentales.


            Les perdants sont incontestablement les palestiniens. Rien n’a été fait en leur faveur et rien n’a été dit pour faire avancer leurs thèses. Cette constante générale de ce genre de réunions prouve qu’aucune solidarité effective n’émerge jamais à leur profit. Ils restent des trublions car ils représentent l’un des rares peuples démocratiques de la région et il n’est pas question qu’ils contaminent les potentats voisins. Alors, on continue de verser des larmes de crocodile sur le sort réservé à ces « malheureux » qui permettent cependant de maintenir l’abcès de fixation contre Israël. Il n’est pas question de mettre la main à la poche alors que le premier ministre Salam Fayyad, qui a réussi à booster l’économie palestinienne, se débat dans ses difficultés à boucler son budget en déficit de quelques 200 millions de dollars alors que les revenus annuels pétroliers de la seule Arabie Saoudite avoisinent les 800 milliards.

            Les dirigeants arabes n’ont jamais montré, avec autant d’insistance, leur impuissance à se rassembler pour contrer, tel est leur objectif initial, la politique israélienne dans la région. Israël sort totalement rassuré de cette réunion de la Ligue Arabe. 

 

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Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

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La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

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Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

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Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

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