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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 16:13

 

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

Le 2 août 2012, Kofi Annan, a fait part de son intention de ne pas renouveler son mandat de médiateur de l’Onu et de la Ligue Arabe pour la Syrie, lorsque celui-ci arrivera à son terme, soit le 31 août 2012. Sa décision a été motivée par l’existence de « divisions persistantes au sein du Conseil de Sécurité qui sont devenues un obstacle à la démocratie ». En d’autres termes, l’Onu dont la vocation est de favoriser la démocratie et la paix dans le monde, en est devenue son principal voire son unique obstacle. Les acteurs internationaux ne parviennent en effet pas, à mettre un terme à la guerre civile qui fait rage en Syrie eu égard aux oppositions d’intérêts entre les membres de l’Onu, à l’origine d’une paralysie des institutions. En réalité, ce n’est pas tant l’incapacité de la communauté internationale à trouver une solution à la tragédie syrienne qui est frappant, mais plutôt le manque d’honnêteté intellectuelle dans le mécanisme et les informations données concernant le traitement de la question syrienne.

La première hypocrisie tient au fonctionnement des institutions de l’Onu et plus particulièrement à l’inefficacité des résolutions de son Assemblée Générale qui ont pour seule vocation d’impacter psychologiquement afin de rassurer les uns, sans véritablement accabler les autres, avec des condamnations internationales qui n’ont de valeur qu’intellectuelle. Il suffit pour s’en convaincre de reprendre la résolution du 3 août 2012, par laquelle l’Assemblée a, condamné les « violations massives et systématiques des droits de l'homme en Syrie et l'utilisation par le régime d'armes de guerre contre son peuple », dénoncé « le pilonnage des villes rebelles par l'armée syrienne » et critiqué « l'impuissance du Conseil de sécurité à faire pression sur Damas ». L’Onu souhaiterait certes lancer un message fort au peuple syrien qui se fait massacrer depuis le mois de mars 2011 (avec plus de 20 000 personnes décédées dont 14 000 civils) avec un vote ultra majoritaire (de 133 pays sur les 193 qui composent l’Assemblée), mais n’obtient, en fin de compte, qu’une résolution sans effet, sans suites, sans impact coercitif et purement symboliques alors que les syriens n’ont nul besoin de résolutions mais simplement d’aide pour renverser le régime despotique.

La seconde hypocrisie vient de la soi disant incapacité pour la communauté internationale de prendre des mesures contre la Russie et la Chine alors que ces pays manquent gravement à leurs obligations au regard des finalités de l’Onu. Lorsque le secrétaire général de l’Onu Ban Ki Moon a fait part des ses regrets de voir Kofi Annan renoncer à sa mission, il a appelé les « grandes puissances à surmonter leurs rivalités et à trouver un terrain d’entente pour agir en Syrie, devenue le siège d’une guerre par procuration avec les acteurs régionaux et internationaux qui arment l’un ou l’autre des camps ». Il a également précisé «Maintenant que la situation sur le terrain s'est aggravée, les intérêts immédiats du peuple syrien doivent prévaloir sur les rivalités ou luttes d'influence». Il a également fait part de ses craintes de voir transformer la situation en Syrie en une « guerre civile de longue durée». Pourquoi donc ne pas directement sanctionner les pays membres de l’Onu qui violent le pacte conclu au sein de l’organisation à savoir « faire progresser la démocratie et paix dans le monde » en décidant d’une intervention, outre l’avis de membres récalcitrants (qui utilisent l’Onu pour bloquer l’intervention en Syrie dans un cadre mercantile, notamment pour poursuivre la vente d’armes à la Syrie), soit directement les exclure provisoirement de l’Onu compte tenu de leur opposition aux objectifs de l’organisation? Il est parfaitement inique d’utiliser les institutions onusiennes pour bloquer toute intervention armée en Syrie afin de poursuivre un objectif contraire à la vocation primitive de l’Onu.

La palme de la malhonnêteté intellectuelle doit sans conteste revenir à la Russie, à la Chine et à la Syrie qui ont, dès le 3 août 2012, exprimé leur regret de voir Kofi Annan quitter son poste en assurant « continuer d’œuvrer pour une solution politique du conflit » (alors que les deux premiers bloquent depuis mars 2011, toutes les tentatives occidentales au Conseil pour faire pression sur le régime syrien). Comble de l’hypocrisie, la Russie a même affirmé par la voie de son ambassadeur à l'ONU : « Nous avons soutenu ses efforts », qualifiant la mission d'Annan de « terriblement difficile » (De qui se moque-t-on ?). Même observation s’agissant du régime syrien, qui s'est contenté de « regretter » cette démission en accusant les « Etats qui cherchent à déstabiliser la Syrie » d'avoir « entravé » la mission de M. Annan, affirmant avoir « toujours prouvé qu'elle était engagée totalement au plan Annan »

A un degrés moindre, on peut citer parmi les déclarations hypocrites, celle du chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, qui, bien qu’ayant parfaitement conscience de l’inutilité de la résolution du 3 août 2012 et de l’impuissance générale des Nations Unies, s’est félicité de « l'adoption d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies sur la Syrie pour laquelle la France s'est fortement mobilisée, et qui réaffirme la volonté de la communauté internationale de trouver la voie d'une sortie de crise crédible en Syrie »…

Pour sa part, Kofi Annan, bien que piégé par la fonction a souhaité à son successeur d’avoir « plus de chance et de réussite » (eu égard aux divergences au sein du Conseil de Sécurité qui paralysent l’institution). Toutefois, et beaucoup plus grave, il a cité les échecs passé de l’Onu : « Je veux que nous montrions tous au peuple syrien et au monde que nous avons retenu les leçons de Srebrenica, où des milliers de musulmans avaient été massacrés par les forces serbes de Bosnie en juillet 1995. Les Casques bleus néerlandais de l'ONU, en petit nombre et mal armés, n'étaient pas intervenus pour empêcher le massacre ». Une telle référence est très hypocrite dans la mesure où le massacre des musulmans en l’ex Yougoslavie a été cautionné par de nombreux acteurs internationaux qui n’acceptaient pas de voir se constituer au sein de l’Europe, un pays composé majoritairement de musulmans (qu’on a donc laissé tranquillement massacrer). Il avait encore néanmoins fallu se retrancher derrière l’impuissance de l’Onu. De même, Kofi Annan a indiqué « Sans une action sérieuse déterminée et unie de la communauté internationale, il sera impossible pour moi ou quiconque de persuader le gouvernement syrien et l'opposition d'ouvrir des négociations politiques ». A ce stade, il ne s’agit plus de négociations. D’ailleurs, les acteurs internationaux avaient pris moins de gans lorsqu’il s’agissait de déloger Mouammar Kadhafi de la Lybie. De même, les américains n’ont pas attendu un vote de l’Onu (qui n’existait d’ailleurs pas) pour intervenir contre l’Allemagne Nazie lors de la seconde guerre mondiale.

Pour éviter que l’Onu ne reste ce « Machin » qu’avait dénoncé le Général de Gaulle, il conviendrait de cesser de mentir en se retranchant derrière des pseudos blocages administratifs. L’Onu doit également cesser de prendre des mesures de circonstances comme celles visant à rassurer le monde arabe secoué par le problème syrien dans le cas de la résolution adoptée le 26 et 27 juillet 2012 concernant les « Répercussions économiques et sociales pour les palestiniens dans les territoires incluant Jérusalem Est et le Golan Syrien occupé» Il suffit juste de faire émerger la Norme internationale et de la rendre opposable aux membres de l’Onu, c'est-à-dire la Règle absolue qui ne dépend pas d’un vote des acteurs politiques.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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