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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 20:34

 

 

L’allégeance aux valeurs spirituelles et démocratiques : une leçon à méditer en Europe

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

Les autres textes de Me B.R-MUHLBACH

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Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

Le 6 octobre 2010, le Premier Ministre israélien a communiqué sur son intention d’amender la loi sur la citoyenneté du 1er avril 1952, en exigeant des requérants à la citoyenneté israélienne, qu’ils prêtent serment d’allégeance à Israël, en tant qu’Etat juif et démocratique. La philosophie du texte vise, selon le communiqué, à orienter la politique du gouvernement, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, en tenant compte de cette nature particulière qu’est l’Etat-nation du peuple juif. Cette mesure qui satisfait le leader Avigdor Lieberman du parti Israël Beitenou, ne fait pas le bonheur de tous. Pour le député arabe Ahmed Tibi, ce projet conduira les Arabes israéliens à relever «d’un statut inférieur » (un peu comme s’il craignait que les Arabes israéliens soient placés dans une forme de dhimmitude à l’égard des Juifs, comme les Juifs le sont à l’égard des Musulmans dans les pays musulmans).  De même, les Palestiniens fustigent cette exigence israélienne qui enterrera définitivement le « droit (fantasmé et purement imaginaire) au retour » des réfugiés palestiniens qui ont quitté le territoire en 1948.

Bien évidemment, cette mesure est en parfaite concordance avec la vocation que s’est fixée l’Etat d’Israël lors de sa fondation en 1948, à savoir faire d’Israël un Etat juif par les juifs et pour les juifs : « C'est de plus, le droit naturel du peuple juif d'être une nation comme les autres nations et de devenir maître de son destin dans son propre Etat souverain ». Par ailleurs, elle prolonge le principe posé par la Loi au retour de 1950 dans son article 1er : « tout juif a le droit d’émigrer en Israël »,  qui reprend encore l’un des axes de la déclaration du 14 mai 1948 : « L'État d'Israël sera ouvert à l'immigration des juifs de tous les pays où ils sont dispersés ». Le principe de l’allégeance à l’Etat juif est d’ailleurs anticipé dans de nombreux textes comme celui de la loi de 2003 qui a limité le droit à la citoyenneté et la résidence israélienne aux  Palestinien(ne)s arabes de Cisjordanie et Gaza qui se marient avec des citoyens israéliens (principe connu sous le nom de regroupement familial). C’est encore en considération de cette nature Juive de l’Etat qu’ont été prises les mesures sur la commémoration de la Nakba en Israël (c'est-à-dire le souvenir du caractère catastrophique qu’est la naissance d’Israël pour les populations arabes). Un premier projet de Loi visait à l’interdire mais le texte a été finalement amendé : désormais les structures qui organisent les manifestations autour de cet événement ne recevront plus de dotations étatiques. Enfin, le principe d’allégeance à l’Etat juif est également en adéquation avec le vote par la Knesset d’une proposition de Loi qui donne au Ministre de l’Intérieur le droit de retirer la citoyenneté d’une personne qui s’est montrée déloyale envers Israël.

Israël est donc bien en train de s’acheminer vers une institutionnalisation de son caractère juif et ce, dans une dimension spirituelle dans la mesure où le peuple juif n’existe qu’en considération d’un choix Divin. Déclarer allégeance à l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif, revient ainsi à faire allégeance à toutes les valeurs spirituelles listées dans la Bible qui guident l’individu dans son corps et dans son âme. Par ailleurs l’allégeance à la norme démocratique entraine une admission de son corolaire, à savoir les Droits de l’Homme, qui ne sont qu’une transposition des principes Bibliques transcendantaux à l’échelle humaine. Ce faisant, le Peuple juif répond au rédacteur des Psaumes qui mettait en garde les Juifs de diaspora : « Si je t'oublie jamais, Jérusalem, que ma droite m'oublie ! Que ma langue s'attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies. » (137, 5-7).

Cette affirmation identitaire de l’Etat juif en considération de sa dimension spirituelle, devrait utilement inspirer les pays européens. L’Europe s’est construite dans les valeurs du Christianisme, c'est-à-dire sur le principe d’un fonctionnement spirituel de l’individu et de sa relation avec la Divinité. Dans le Christianisme,  l’individu doit constamment chercher à s’améliorer et tendre vers le bien et ce, dans le respect des valeurs que sont notamment l’amour du prochain, l’élan vers l’autre, le don de soi, l’hospitalité … C’est d’ailleurs sur la base de ces principes que l’Europe a ouvert ses portes aux réfugiés du monde entier et qu’elle accorde le regroupement familial aux conjoints des ressortissants européens qui se marient à l’étranger.

Sûrement, doit-elle éviter d’oublier sa dimension spirituelle, sa tradition historique et religieuse, son mode de transmission des valeurs au moyen d’un enseignement au catéchisme et de leur rappel lors des offices à l’église du dimanche matin. Il s’agit en effet d’un mode d’éducation parallèle qui ne peut pas toujours être dispensé par les parents. Ainsi, les valeurs évangéliques (qui sont également les valeurs du judaïsme avec en outre l’intercession de Jésus) dans leur dimension spirituelle se doivent d’être continuellement transmises aux jeunes générations. Si effectivement l’Europe oublie ses propres fondements, prive sa jeunesse d’une spiritualité historique, oublie le caractère transcendantal de ses règles sociales, les jeunes générations rechercheront l’Absolu dans les plaisirs artificiels drogues, alcool, et le vieux continent disparaîtra dans une violence généralisée.

La Chancelière Angela Merkel a pris ce 6 octobre 2010, position dans le débat qui agite actuellement l’Allemagne au sujet de  l’intégration des Musulmans. Elle a ainsi rappelé aux Musulmans qu’ils devaient respecter la Constitution et non la Charia s’ils voulaient vivre dans le pays. Or, c’est bien là le problème. La démocratie a conduit son pays à la dictature en 1933 avec les suites dramatiques qui ont ébranlé le monde. C’est encore cet outil démocratique qui conduira à la mise en place de la Charia s’il n’est pas mis en avant les valeurs historiques Chrétiennes sur lesquelles l’Europe s’est construite. L’exemple turc est éloquent à ce sujet: un référendum constitutionnel a mis en place le régime islamiste d’Erdogan, et désormais, l’islamisation progressive de la société turque s’opère par une infiltration des islamistes dans tous les pans de la vie civile.

Un autre exemple est actuellement procuré par le Hezbollah libanais qui a exploité les failles du régime démocratique multiconfessionnel pour asseoir sa position politique, militaire et stratégique et être en mesure, avec l’aide de la Syrie et l’Iran, de fomenter prochainement un coup d’état au Liban (vraisemblablement après la visite d’Ahmadinejad au pays du Cèdre les 13 et 14 octobre prochains).   

Ainsi, et tout comme les Juifs n’ont jamais oublié leur foi, leur Loi et Jérusalem, l’Europe doit se redéfinir à travers ses fondements spirituels chrétiens (les Juifs n’étant plus considérés comme étant un peuple déicide), et se faire admettre en considération de cette spécificité. L’Europe doit donc exiger de ceux qui sollicitent la citoyenneté européenne, qu’ils prêtent serment d’allégeance à l’Europe Chrétienne et démocratique. Les valeurs chrétiennes de l’Europe sont en effet sa « Jérusalem » qu’elle ne doit pas non plus oublier.

La Pérennité de l’Etat juif ne tient qu’au peuple juif, il en est de même pour l’Europe. Bon nombre d’Européens entrevoient une possible disparition du vieux continent européen au profit d’une nation nouvelle dotée d’un autre système de foi. C’est effectivement ce qui risque de se produire si l’Europe oublie son socle et ses valeurs historiques. L’avenir se construit sur les fondations et les références du passé, non sur les supputations et les improvisations approximatives.

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commentaires

clovis simard 17/10/2011 21:53


Blog(fermaton.over-blog.com)No-20, THÉORÈME PORZIUNCOLA.-Le Nouveau Père de l'Europe.


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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