Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 10:11

 

 

Pelinka (Copier)

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Anton Pelinka

 

 

“En Autriche, l’Antisémitisme s’exprime à travers des préjugés traditionnels et se dissimule, également, derrière l’antisionisme. On observe encore la tendance à identifier les Juifs à l’exploitation et au capitalisme purement spéculatif, parmi certains secteurs de la société autrichienne – particulièrement chez les personnes plus âgées et moins cultivées. En même temps, de façon perverse, les Juifs sont souvent identifiés comme responsables de toutes les sortes de communisme. Il n’y a, cependant, eu aucun rapport sur des violences antisémites dans le pays, depuis un certain nombre d’années.

 

“La Communauté juive est petite, en Autriche. Elle se chiffre à seulement 10. 000 membres, dont environ 9000 résident à Vienne. Les Juifs représentent ainsi guère plus d’un pour mille habitants de la population totale de l’Autriche, qui est de 8, 5 millions. »

  

Le Professeur Anton Pelinka est un chercheur en sciences politiques de premier plan, réputé sur le plan international. Il est Professeur d’études sur le Nationalisme et en Sciences Politiques, à l’Université d’Europe Centrale de Budapest.

 

“Les auteurs d’actes antisémites proviennent de différents milieux. Plusieurs viennent d’organisations d’Extrême-Droite, certains sont liés au Parti de la Liberté de la Droite dure. L’un des aspects de leur antisémitisme correspond au révisionnisme historique, qui va de la négation de la responsabilité allemande dans la Seconde Guerre Mondiale à sa forme la plus extrême : la négation de la Shoah.

 

“Un deuxième secteur d'expression de l’antisémitisme, quoique restant plutôt minoritaire, correspond aux catholiques les plus conservateurs. Ils revivifient les vieux stéréotypes chrétiens éculés, y compris celui qui dit que « Les Juifs sont les meurtriers du Christ ». On trouve, parmi eux, la « Pius Brudershaft » (Les Frères de Pius). Un troisième groupe correspond aux « Antisionistes » d’extrême-gauche et aux militants antiglobalisation.

 

“La Ligue de l’Amitié Austro-arabe” est un lobby ouvertement anti-israélien. Elle dispose de plusieurs entrées au sein du Parti Social- Démocrate. Cette organisation est constituée essentiellement de gauchistes autrichiens qui prétendent poursuivre la politique antisioniste de l’ancien Chancelier juif décédé, Bruno Kreisky. Elle semble bien avoir perdu de son influence, au détour des soulèvements dans les pays arabes, continuels depuis 2011.

 

“L’actuel gouvernement en Autriche – une coalition entre les Sociaux-Démocrates et le Parti conservateur du Peuple Autrichien – fait habituellement attention à ne pas prendre parti, lorsqu’il est question du conflit israélo-arabe. Pourtant, en 2012, lorsque l’UNESCO devait décider si les Palestiniens pouvaient en devenir membres, l’Autriche s’est prononcée en faveur de cette résolution. L’Autriche a aussi voté en faveur du statut « d’Etat non-membre observateur » de la Palestine à l’Assemblée Générale de l’ONU.

 

“Certains hommes politiques autrichiens sont des habitués des déclarations hostiles à Israël. Le cas le plus extrême de « deux poids-deux mesures », qui a toujours fait partie des traits caractéristiques de l’antisémitisme, s’est exprimé au cours du printemps 2010. A cette époque, la totalité du Conseil Municipal de Vienne – composé de Sociaux-Démocrates, du Parti de la Liberté, du Parti du Peuple Autrichien et des Verts – a violemment critiqué l’attaque d‘Israël sur le Mavi Marmara, le navire turc de la Flottille sur Gaza. Cela dit, on constate que le Conseil n’a jamais condamné la Syrie.

 

“On trouve un autre exemple, en mai 2012, quand le Social Démocrate Norbert Darabos – qui était encore Ministre de la Défense- déclare qu’Avigdor Lieberman était « insupportable », en tant que Ministre israélien. Cette discrimination ciblée était une illustration-type du genre de distorsions latentes contre Israël, qui traversent tous les partis du spectre politique, en Autriche. Darabos ne se fait jamais entendre par des remarques acerbes sur aucun autre Ministre des Affaires étrangères.

 

Kronenzeitung, le plus important quotidien d’Autriche en circulation, véhicule une approche très ambivalente : le journal est modérément pro-israélien, mais minimise aussi les illustrations d’extrémisme néo-nazi et d’extrême droite. Le deuxième quotidien le plus important, Kurier, est traditionnellement pro-Israélien et aussi plus critique au sujet des aspects du passé nazi de l’Autriche. Les quotidiens « de qualité » les plus lus, Die Presse et Der Standard, ne commettent généralement pas de distorsions, quand ils traitent d’Israël. Der Standard critique le laisser-faire et les mesures inapproriées des autorités autrichiennes, dans leur traitement des groupes néo-nazis. Son journaliste Hans Rauscher – et l’hebdomadaire Profil publient les cas d’antisémitisme, de façon régulière.

 

“Les medias autrichiens sont très volatiles. Ils utilisent souvent les agissements et déclarations d’hommes politiques comme le Premier Ministre Binyamin Netanyahou, pour illustrer des campagnes de dénigrement anti-israélien plus systématiques. La politique israélienne subit des critiques dans des termes bien plus violents que les mêmes politiques dont sont responsables la France, l’Egypte, l’Autriche ou l’Iran. De tels double-standards sont évidents sous plusieurs angles. Par exemple, quand  un enfant palestinien est tué par un soldat israélien à Gaza, cela fait scandale. Mais il n’y a pas la moindre manifestation de désapprobation, quand ce sont des centaines d’Arabes qui se font massacrer en Syrie, à un rythme quotidien, par  d’autres Arabes.

 

“Il existe, cependant, des groupes qui combattent l’antisionisme. L’un d’eux s’appelle « Café Critique », qui est, essentiellement composé de jeunes intellectuels. Ils dénoncent les distorsions anti-israéliennes produites par certains médias, c’est-à-dire chaque fois que la nécessité existentielle, pour Israël, de se défendre reste délibérémentdans l'ombre. Ils s’opposent, également, à l’antisémitisme dans le monde musulman, particulièrement en Iran.

 

“Le nombre de Musulmans en Autriche est, approximativement, d’un demi-million. La plupart vit à Vienne et, dans une moindre mesure, dans des petites villes industrielles, à l’Ouest de l’Autriche. Il s’agit, principalement, d’immigrés de première et seconde génération, appartenant aux couches socioéconomiques les moins favorisées de la société. De nombreux Musulmans d’origine turque ou bosniaque sont laïcs. Il y a une minorité fondamentaliste, ainsi qu’un petit groupe de convertis issus du Christianisme. Ils comprennent des fondamentalistes extrémistes ayant des liens avec des groupes apparentés aux Talibans au Pakistan.  

 

Pelinka conclut : “Il serait de bon aloi pour Israël, qu’il invite des hommes politiques jeunes, provenant des principaux partis autrichiens, à lui rendre visite – excepté ceux du Parti de la Liberté-. Ils pourraient ainsi découvrir un pays qui n’est pas uniquement celui des survivants de la Shoah, mais aussi une démocratie complexe et multiculturelle ».

 

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.  

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis