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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 23:04

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

Ce 24 février 2013, la communauté juive célébrait la fête de Pourim, commémorant la délivrance des juifs de l’empire perse (grâce à l’intervention d’Esther), du plan d’extermination décrété par le Vizir Hamann. Cette tentative d’éradication des juifs au temps du roi Assuerus, est en fait l’une des premières d’une longue série, qui se perpétue encore aujourd’hui.
En France, l’année 2012, a été marquée par une recrudescence sans précédent des actes antisémites : pas moins de 614 agressions ont été dénombrées alors que le chiffre était de 389 l’année précédente (soit une augmentation de 58 %). Les statistiques montrent également que plus de 55 % des actes racistes en France ont visé la communauté juive : insultes, violences verbales, rackets et vol de portables en considération de l’origine juive, jets de gaz lacrymogène, agressions physiques (avec armes), mais également 4 meurtres dans le collège Ozar Hatorah de Toulouse. Ce regain des actes antisémites (notamment en milieu scolaire) devient véritablement insupportable pour les juifs d’autant que, curieusement, la sagesse humaine ne semble pas en mesure d’y mettre un terme.
Le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls a dénoncé les actes antisémites qualifiés « d’une extrême gravité », ou encore comme étant « une attaque délibérée contre notre modèle républicain qui doit permettre à tous, sans distinction, de vivre librement et en toute sécurité son appartenance religieuse ». En réalité, la judaïté ne se réduit à la dimension religieuse de l’individu mais intègre d’autres considérations d’ordre identitaire et national. Aussi, la question peut-elle se poser de savoir si les actes antisémites ne s’inscrivent pas dans une nécessité parallèle de renvoyer les juifs en Israël, dans le cadre d’une dialectique de type métaphysique.
Dans son livre der « Judenstaat », (l’Etat juif ou des juifs), Théodor Herzl expliquait que les juifs n’ont pas la nationalité du pays dans lequel ils résident mais sont bien les membres d’une communauté nationale distincte. Aussi, l’antisémitisme est une réaction naturelle des non juifs face au comportement et aux attitudes des juifs, non intégrés au sein de la communauté humaine dans laquelle ils évoluent. La « question juive » posée dans les pays où le nombre de juifs est important, illustre en quoi elle n’est ni sociale, ni religieuse, mais bien nationale.
Pour le peuple juif, la religion, le destin commun, l'origine nationale et le sens de son unicité, conditionnent son existence et doivent susciter sa responsabilité collective pour éviter que les mariages mixtes et l’assimilation provoquent sa disparition, dans un espace laïque désolidarisé de son essence.
Selon Théodor Herzl, le Sionisme reconnaît l'existence d'un problème juif qui appelle une solution constructive à long terme et avec l'assistance de tous les peuples, qu'ils soient pro- ou anti-juifs, s’agissant d’un problème concret plutôt que sentimental, dont la solution intéresse tous les peuples : «Aucun subterfuge ne peut nous sauver à présent. A la place de l'assimilation, nous désirons un nouveau concept : la reconnaissance de la nation juive et de la race juive».
Ce sentiment apparaît également partagé par les grands antisémites qui reconnaissent l’unité particulière du peuple juif et le ciment reliant ses membres, dont ils veulent, pour leur part, se débarrasser. Aussi, leurs actes participent-ils étrangement, du mouvement qui réoriente les juifs vers la terre d’Israël.
On peut citer tout d’abord Arthur Balfour, antisémite protestant notoire, dont la déclaration de 1917 n’avait pas pour objet de répondre au projet sioniste de la création d’un Etat juif en Palestine, mais juste d’éviter que les juifs n’affluent en Angleterre lorsqu’il fuyaient les pogroms perpètres en Europe de l’Est. C’était d’ailleurs l’objet de son projet de Loi de 1905 sur « l’Aliens Acte » (Loi sur les étrangers).
De même, le gouvernement de Hitler a collaboré avec les mouvements sionistes pour favoriser l’émigration en Palestine entre 1933 et 1940-41. Une circulaire interne SS de juin 1934 recommandait un appui actif et de grande ampleur au Sionisme, pour susciter une plus forte prise de conscience des Juifs.
Au Congrès du Parti National-socialiste en septembre 1935, le Reichstag adopta les lois dites «de Nuremberg », qui interdisaient les mariages et les relations sexuelles entre Juifs et Allemands, proclamant que les Juifs étaient une minorité nationale étrangère. En considérant les juifs en tant que race, les lois dans l’Allemagne des années 30, ont permis (trop peu de temps) à la minorité juive en Allemagne, de vivre sa vie culturelle et nationale, en ouvrant des écoles juives, des théâtres, des associations sportives et plus généralement des institutions dans tous les aspects de la vie nationale ...
Notons, bien évidemment, la pièce centrale de la coopération germano -sioniste pendant l'époque hitlérienne qui fut l'Accord de Transfert conclu en août 1933 (connu sous le nom de Haavara) qui a permis à des dizaines de milliers de Juifs allemands d'émigrer en Palestine avec leur patrimoine (accord passé entre des officiels allemands et Chaïm Arlosoroff, Secrétaire Politique de l'Agence Juive du Centre Palestinien de l'Organisation Sioniste Internationale).
Ce mouvement s’est hélas ralenti lors du déchaînement de violence et de destructions de la «Nuit de Cristal» survenu en novembre 1938, mais ce pogrom apparaît comme ayant été orchestré par Goebbels qui ne supportait pas le contrôle par les SS de la politique d'émigration juive.
A la suite de la seconde guerre mondiale, la défaite des allemands et les horreurs de l’holocauste nazi ont fait disparaître l’antisémitisme d’Etat en Europe, alors que s’enclenchait le retour des juifs en Israël, favorisé par la création de l’Etat d’Israël survenu le 14 mai 1948 : l’implantation juive en Israël apparaissait bien comme étant le seul moyen de protéger les juifs de l’antisémitisme, tout en s’inscrivant dans le projet Biblique.
Les musulmans, hostiles à Israël, voudraient engager le processus inverse, en réaction à l’implantation des juifs en Palestine. Leur sentiment copie en quelque sorte la position européenne, puisqu’ils estiment s’être fait dépossédés d’une partie de leur patrimoine foncier par les européens qui ont envoyé les juifs dans cette région du monde comme s’il s’agissait d’un mouvement colonial. La parade est alors offerte par le Président iranien Ahmadinejad qui se présente comme le grand défenseur du monde musulman, ambitionnant d’éradiquer l’entité sioniste pour renvoyer les juifs en Europe, tel un jeu de ping pong. Mais le monde musulman est profondément frustré : il n’était pas suffisamment structuré pour empêcher la création de l’Etat d’Israël en 1948, et ne l’est toujours pas pour s’opposer aux implantations juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et leur permettre d’atteindre le point de non retour.
Si l’antisémitisme européen a réorienté le peuple juif sur sa terre d’origine, le sionisme n’en reste pas moins un mouvement à l'intérieur du Judaïsme, qui doit désormais s’adapter de sorte que chaque juif de diaspora soit relié à sa terre, même s’il ne s’y trouve pas géographiquement. Il appartient donc à Israël de parachever ce retour spirituel, avec l’institution de la nationalité juive…pour tous.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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