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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 18:21


Par Jeffrey White


 27 janvier 2012


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L’Armée Syrienne Libre grandissante, bras armé de la rébellion populaire, joue un rôle croissant dans la détermination de l’avenir du régime Assad.


 

L’Armée Syrienne Libre (ASL) est, à présent, engagée dans la lutte à l’intérieur d’au moins six gouvernorats sur quatorze, dans le pays, infligeant des pertes plus importantes aux membres et aux équipements du Régime qu’à aucun autre moment, depuis que son implication dans l’insurrection a commencé. Ses effectifs, comme le soutien populaire dont elle bénéficie, s’accroissent, et ses forces disposent du type d’armement dont elles ont besoin pour le type de combat qu’elles mènent. Bien qu’elle ne menace pas encore la survie-même du régime, cette milice a, au moins, temporairement contraint les troupes du gouvernement à se replier de certaines zones, y compris près de la capitale. En bref, l’ASL contribue à conduire le processus qui fera, en définitive, tomber le régime, et la Communauté Internationale devrait l’assister dans cette tâche.



 

 

Le processus de formation de l’ASL


Le personnel de sécurité et de l’armée du régime continue de faire défection vers l’ASL, essentiellement par petits groupes de cinq à vingt hommes, quoiqu’on ait mentionné des désertions d’une centaine, et plus, de soldats. Ces forces qui arrivent nourrissent la force de bataillons de l’ASL déjà existants et incitent à la formation de nouvelles unités. La plupart des déserteurs sont motivés par le désir d’éviter de tuer des civils, effrayés par les représailles exercées en cas de refus de le faire, et une plus large opposition au régime lui-même. Les affrontements entre l’ASL et les forces du gouvernement sont un autre catalyseur favorisant les défections. S'y ajoutent certains civils des secteurs affectés par les opérations du régime, qui rejoignent l’ASL ; en fait, certaines unités peuvent être simplement constituées de groupes d’auto-défense locaux et autonomes opérant sous le nom de l’ASL.


En ce qui concerne le soutien populaire, l’échec des autres approches visant à mettre un terme à la violence du régime a conduit un nombre croissant de Syriens à s’identifier à l’ASL. Le peuple apprécie le fait que le personnel de l’ASL est présent dans les rues, s’engage activement contre les forces du régime, et veut prendre part au processus.


 

 

Organisation et développement des Forces


Les reportages des medias et les communiqués de l’ASL ont fait référence à environ 37 unités appelées “bataillons”, dont 17 à 23 semblent activement engagés dans le combat. Cela représente une augmentation, par rapport à la fin novembre, où on rapportait que 20 à 22 bataillons existaient déjà et où de 16 à 20 étaient formés de combattants actifs.


En supplément, l’ASL a affirmé disposer d’au moins 40.000 hommes, bien plus que les 20 000 hommes de novembre. Cependant, il s’agit là, vraisemblablement d’exagérations. En supposant (généreusement) que la force nominale d’un bataillon de l’ASL est de 100 à 200 combattants, et que l’ensemble des 37 bataillons désignés existe réellement, une estimation plus raisonnable serait de 4 à 7000 hommes. Cela représenterait déjà une augmentation substantielle depuis l’évaluation de novembre.


L’ASL acquiert des armes de la part des déserteurs, alors que d’autres sont saisies, transférées clandestinement, et même achetées auprès des forces de l’armée du régime. Il semble ne pas y avoir de pénurie d’armes légères et d’armes pour les unités légères, comprenant des fusils d’assaut, des mitrailleuses de taille moyenne, des lance-grenades et roquettes propulsées (RPG), des fusils à lunettes infra-rouge de snipers. L’ASL affirme aussi employer des engins explosifs improvisés (EEI) contre les véhicules du régime, et des vidéos ont corroboré ce fait. En supplément, elle a commencé à utiliser des véhicules pour le mouvement tactique de troupes, équipés de blindage improvisé et de mitrailleuses.


Le développement d’armes le plus significatif pourrait être l’acquisition par l’ASL d’armes anti-tanks avancées, capables de détruire les véhicules blindés les plus lourds du régime. L’ASL affirme avoir employé un RPG-29 pour détruire un véhicule BMP de transport d’infanterie combattante à Deraa et plusieurs vidéos suggèrent qu’elle dispose également de missiles antitanks guidés.


 

 

Développements opérationnels


Les activités de l’ASL se concentrent sur les gouvernorats d’Idlib, Hama, Homs, Rif Dimashq, Deraa et de Deir al-Zour. Des quelques 180 affrontements répertoriés entre le début novembre et la fin janvier, environ un tiers ont eu lieu dans la province d’Idlib et, environ un quart dans celle de Deraa. Les affrontements ont augmenté significativement dans la province de Rif Dimashq, y compris dans les banlieues de la capitale elle-même (soit Douma et Saqba).


Certaines fois, les unités de l’ASL ont ouvertement opéré dans les rues de la province d’Idlib et des villes d’Homs, d’Hama et de Zabadani, et elles ont réussi à établir leur contrôle sur quelques zones peu étendues (soit des quartiers de Homs et Zabadani). Leurs opérations les plus courantes comprennent l’attaque de positions du régime (essentiellement des barrages), la défense des manifestants et de secteurs locaux, et l’embuscade contre des forces du régime.


L’envergure et l’intensité des combats semblent s’accroître. On a assisté à Idlib, Deraa, et, actuellement, Rif Dimashq, à de multiples affrontements chaque semaine. Et entre les 15 et 18 janvier, à Zabadani s’est déroulée une lutte acharnée, dans laquelle le régime a dû engager au moins l’équivalent d’une brigade, y compris des véhicules blindés. L’ASL a infligé des pertes aux véhicules blindés, aux véhicules légers et aux soldats, provoquant le retrait des unités du régime. La milice semble aussi de plus en plus capable de mener des opérations locales coordonnées contre les positions du régime, comme cela s’est démontré lors d’attaques multiples contre des checkpoints à Rastan, le 20 janvier et à Deraa, le 23 janvier.


 

 

Impact

 

L’ASL contribue à la pression exercée sur les forces du régime en les obligeant à opérer de façon presque incessante et à être engagées dans de fréquents combats. Cela s’ajoute à la pression créée, chaque semaine, par des centaines de manifestations de civils pacifiques à travers le pays. Le régime s’est vu contraint de déployer des forces plus importantes et de mener des opérations plus violentes, augmentant d’autant ses pertes et la visibilité internationale de ses actions. Bien que le nombre d’actions de harcèlement des membres du régime ne soit pas encore vraiment significatif, le spectacle de véhicules du gouvernement en flammes et de soldats tués rassemble probablement l’opposition et affecte le moral parmi les fidèles du régime. Plus encore, les mouvements des forces du gouvernement sont probablement devenus plus difficiles à Idlib et Deraa et les attaques de petites unités ou par engins explosifs improvisés contre des véhicules et convois  isolés puisera de plus en plus dans les ressources du régime et augmentera ses pertes.


Les forces gouvernementales n’ont pas été capables d’éradiquer l’ASL dans aucune zone. Comme nous l’avons mentionné plus tôt, la présence d’unités de l’ASL offre un point de ralliement aux déserteurs et stimule les éléments de l’opposition locale, accentuant la violence du régime, ce qui conduit à plus de désertions et semble générer des unités supplémentaires opérant sous l’étendard de l’ASL. Les soldats souhaitant quitter les forces du régime ont un endroit où aller, et une synergie se développe entre les manifestants et les forces de l’ASL.


L’ASL, quoi qu’il en soit, est encore confrontée à des défis majeurs. Lorsqu’elle s’affronte à des forces massives du régime, les unités de la milice se sont avérées incapables de résister longtemps, au lieu de se disperser pour éviter leur destruction complète. Les bataillons de l’ASL semblent combattre isolément et n’ont pas encore démontré qu’ils pouvaient coordonner des opérations à une échelle régionale. Il n’est toujours pas évident de savoir à quel point le commandement de l’ASL en Turquie exerce un contrôle réel des opérations, autre que de fournir des orientations générales. Reste également dans l’incertitude de savoir quelle liberté d’action la Turquie permet à ces commandants. Cela signifie que les unités de l’ASL mènent essentiellement des actions indépendantes, alors que le régime mène des opérations planifiées et coordonnées. Certains communiqués de l’ASL ont fait mention d’un « Bureau de la planification stratégique », suggérant ainsi un effort visant à améliorer la coordination. On rapporte également que la milice travaille à renforcer ses relations avec le Conseil National Syrien, dans le but de mieux coordonner les activités politiques et militaires de l’opposition, mais les résultats de ces démarches ne sont pas encore évidents.


Implications


Le régime Assad est confronté à un dilemme: plus il réprime durement et plus forte devient l’opposition – aussi bien armée que non-armée-. Cela contribue à la perception globale qu’il perd lentement le contrôle du territoire et de la situation. Pendant ce temps, les luttes armée et non-armée se renforcent mutuellement. Par exemple, des manifestations qui se sont tenues récemment, le vendredi, étaient dédiées à l’ASL, démontrant le degré d’adhésion qu’elle est parvenue à susciter, en tant qu’armée de défense du peuple. Cette cohérence qui émerge pose un double-défi difficile au régime. Selon ce point de vue, les puissances extérieures qui cherchent l’effondrement du régime Assad devraient reconnaître et soutenir l’ASL, qui apparaît être une extension organique de la rébellion populaire et qui aura assurément de l’influence sur le dénouement de la lutte en Syrie.


Jeffrey White est consultant des questions de défense au Washington Institute, spécialiste des affaires militaires et sécuritaires du Levant et d’Iran.

Adaptation : Marc Brzustowski.

http://www.washingtoninstitute.org/templateC05.php?CID=3447

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

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Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

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