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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 09:11

 

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Bernard Emsellem

 

 Manfred Gerstenfeld interviewe Bernard Emsellem

 

“ Depuis longtemps, le rôle joué par la Société Nationale des Chemins de Fer français (SNCF), au cours de la Seconde Guerre Mondiale, a fait, autant, l’objet de recherche, de louanges que de critiques. Un des aspects essentiels de cette période, est le rôle qu’elle a joué dans la déportation de plus de 75.000 Juifs de France, principalement, à partir du camp de transit de Drancy. La majorité d’entre eux a été assassinée.

 

“En 1990, Jacques Fournier, à l’époque Président de la SNCF,  a décidé que toutes les archives – une priorité étant donnée à celles concernant la période de la guerre- soient entreposées en un seul et même endroit. Depuis, elles ont été informatisées. Ces dernières années, des copies ont été mises à la disposition du Mémorial de la Shoah, à Paris, de Yad Vashem à Jérusalem et du Musée Américain de la Shoah (U.S. Holocaust Museum) à Washington. Ces archives sont, à présent, accessibles sur Internet ».

 

 Bernard Emsellem est l’ancien Directeur Général Délégué en Responsabilité Sociale des Entreprises de la SNCF. Avant cela, il en était le Directeur de la Communication. Il est aujourd’hui Conseiller du Président.

 

“Jacques Fournier a aussi demandé à l’Institut Français d’Histoire du Temps Présent du CNRS de mener une recherche sur l’histoire de la SNCF durant la Seconde Guerre Mondiale. Christian Bachelier l’a rédigé sous la supervision de l’historien Henri Rousso. Il est disponible depuis 1996 et contient 900 pages. Il est, également, accessible sur Internet.

 

“Le rapport traite, entre autres, des relations entre la SNCF et les autorités françaises et allemandes. Par la Convention d’Armistice de juin 1940, la SNCF a été placée « à la disposition pleine et entière de l’armée allemande ». Les employés de la Compagnie ont, alors, été soumis aux lois de guerre allemandes.

 

“Le rapport présente, également, par ordre chronologique, diverses étapes de l’histoire de la SNCF durant la guerre, c’est-à-dire, la réquisition des équipements de la compagnie, le processus de prise de décision et sa mise en œuvre, concernant la déportation, en particulier au cours de l’année 1942. Il traite, aussi, de la Résistance, puisque plus de 2000 employés des chemins de fer sont morts en déportation ou ont été exécutés en France. Finalement, il analyse la contribution des cheminots, à la victoire des alliés, avant et après leur débarquement en France.

 

“En 2000, Louis Gallois, alors Président de la SNCF, a organisé une conférence au sujet de ce rapport. Elle s’est, symboliquement, déroulé dans l’enceinte du Parlement Français. Elle a, ensuite, donné lieu à la publication d’un livre, qui expose les contributions de la conférence.

 

“Louis Gallois a, également, pris la décision de promouvoir une exposition itinérante de photographies, représentant les enfants déportés et assassinés, qui s’est déplacée dans vingt des principales gares ferroviaires, entre 2001 et 2004.  C’est l’avocat et historien Serge Klarsfeld qui l’a préparée. Cette exposition a, également, été présentée au Siège de la SNCF, au Parlement français et à l’Hôtel de Ville de Paris, et on estime à un million le nombre des personnes qui ont pu la voir.

 

“En 2008, le nouveau Président de la SNCF, Guillaume Pepy, a décidé de lancer de nouvelles actions, sous le sigle : « Transparence, Histoire, Mémoire et Education ». Il a publiquement déclaré que la SNCF a été un rouage de la machine de guerre nazie. Guillaume Pepy a exprimé ses regrets pour les conséquences des actes de la SNCF durant la guerre. La notion de « regrets » a été choisie  parce qu’en français, elle exprime un engagement plus profond envers l’avenir que des « excuses », qui mènent à une clôture du sujet traité. Pepy a terminé son allocution en déclarant : « ne jamais oublier ».

 

“En outre, le site des chemins de fer de Bobigny a été transféré à la municipalité de la ville, pour le transformer en lieu de mémoire. Les trains de déportés de Drancy partaient de là, entre l’été 1943 et l’été 1944. Guillaume Pepy a fait la déclaration publique mentionnée plus haut, lors du transfert officiel du lieu, le 25 janvier 2011 – deux jours avant la Journée Internationale du Souvenir de la Shoah-. Parmi les personnes présentes à la cérémonie, on trouvait des députés et des membres des autorités locales, des représentants de la communauté juive, des survivants autant que des dirigeants et d’autres employés de la SNCF. Les médias ont prêté une attention soutenue à cet évènement.

 

“Aux Etats-Unis, la SNCF a essuyé des attaques, pour les mêmes raisons qu’en France : son rôle dans la déportation des Juifs. Ses détracteurs sont les survivants et les descendants de déportés, ainsi que leurs avocats. Ils ont déposé des plaintes en vue d’obtenir des indemnisations de la part de la SNCF. Pourtant, ce sont les autorités françaises qui sont concernées par le versement d’indemnités pour l’internement et la déportation, depuis la fin de la guerre. Au début de ce siècle, l’Etat a créé des pensions supplémentaires, à l’intention des orphelins dont les parents avaient été assassinés. Il a aussi procédé à des restitutions, concernant la spoliation des biens et propriétés juives.

 

“Certains détracteurs s’opposent aux activités actuelles de la SNCF aux Etats-Unis. On trouve, aussi, une opposition au Congrès américain. Pourtant, à l’heure actuelle, en France, la SNCF fait face à son passé, comme peu d’autres institutions l’ont fait. Nous travaillons, également, avec Israël. On peut se demander pourquoi la SNCF est la seule entreprise à être la cible d’attaques de ce genre.

 

“L’enseignement sur la Shoah est un sujet important pour la SNCF. Toutes nos activités dans ce domaine comportent un objectif pédagogique. Par exemple, nous avons financé la production d’une pièce de théâtre appelée : « Haïm ». Elle s’accompagne d’un travail éducatif réalisé avec les élèves des écoles qui se situent à proximité des locaux de la troupe théâtrale.

 

“Nous avons établi un partenariat fort avec le Mémorial de la Shoah à Paris. Depuis quatre ans, nous finançons des activités qu’il a développées à l’intention des enseignants et des élèves, concernant l’enseignement de la Shoah. Nous avons, également, financé une chaire d’enseignement consacré aux génocides, à Bordeaux. Tout ceci démontre que nous essayons de donner le meilleur de nous-mêmes pour assumer le passé, autant qu’il est possible.



Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

 

 

Adaptation : Marc Brzustowski et M. Bernard Emsellem. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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