Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:57

 

logojusticebertrand

 

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

Le 21 décembre 2012, les services Environnementaux de Véolia ont informé l’Autorité du service de gestion des déchets du nord de Londres (NLWA), de ce qu’ils retiraient leur offre pour la gestion des déchets et le contrat de leur réutilisation sous forme de combustibles. Prise dans la phase finale de la procédure d’attribution du marché public londoniens (d’une valeur de 4 milliards de Livres Sterling soit encore 3.25 milliards d’euros), cette décision fait suite à la campagne menée par l’association No to Veolia Action Group, dont l’ingénieur et membre, Rob Langland, s’est félicité : « Je vois avec grand plaisir qu’en raison de l’implication actuelle de Véolia dans les colonies israéliennes, ses offres ont été maintenant mises à la poubelle. »


En novembre 2012, Richard Falk, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires Palestiniens avait invité le NLWA à ne pas attribuer ces contrats à Véolia en raison « de sa profonde et permanente complicité des violations israéliennes du Droit international ». Insistant,  il avait même avancé que « permettre à Véolia de disposer de fonds publics violait l’obligation juridique internationale du Royaume-Uni de ne pas faciliter les violations israéliennes du Droit international. »


Le 25 octobre 2012, Richard Falk  avait déjà appelé l’Assemblée générale des Nations Unies à prendre des mesures contre les sociétés israéliennes et étrangères qui tirent leur profit de l’économie dans les implantations israéliennes en territoire palestinien : « les compagnies ne devraient pas contrevenir aux dispositions du Droit humanitaire international, ni être complices d’aucune violation ». Il avait même recommandé que «  les compagnies citées dans le rapport - ainsi que toutes celles qui réalisent du chiffre d’affaires avec les colonies de peuplement doivent être boycottées, jusqu’à ce qu’elles s’alignent sur les normes des Droits de l’homme et du Droit humanitaire international ».


Le groupe Véolia est très présent dans les marchés publics israéliens. Veolia Transportation Israel exploite sept lignes de bus israéliennes en Cisjordanie, de Modi’in vers les implantations de Hashmonaim, K’far Ha Oranim, et vers l’implantation  de Mevo Horton, entre Bnei-Brak et Jérusalem. C’est encore lui qui transporte entre les jonctions de Mahar Ofer, Givat Zeev, Sderot-Golda Meir, Shefa Haim et Ohel Yehoshua à Jérusalem,  ou les jonctions de Mahane Ofer, Givat Zeev, Sderot-Golda Meir et Sderot-Vaitzman (à Jérusalem) et enfin de Harel à Sderot Vaitzman (à Jérusalem).


Véolia est donc la cible de groupes de pression palestinien très actifs : déjà, le 31 juillet 2012, la ville de Liverpool avait annulé le salon de l’environnement sponsorisé par Véolia prétextant ne pouvoir affronter les problèmes de réputation et les conséquences nuisibles d’un accueil de l’exposition.  De même, le salon du Portrait animalier de l’Année de Londres, fait l’objet de critiques depuis 2010 en raison du sponsorat de Veolia Environnement.


Véolia et ses filiales se voient maintenant reprocher leur implication dans des projets en Cisjordanie comme la mise en place et l’exploitation du tramway de Jérusalem ou encore l’exploitation de la décharge de Tovlan où ils bénéficient de l’exploitation du site d’enfouissement qui dessert principalement la population de l’intérieur d’Israël et celle des implantations en Cisjordanie. Trois filiales de Veolia étaient à l’origine titulaires du marché : Veolia Environmental Israel, TMM-Integrated Recycling Services, et YARV Sherutei Noy 1985, mais pour mettre fin aux critiques, Véolia avait été contrainte de céder ses droits sur le site d’enfouissement des déchets de Tovlan, à l’implantation voisine de Massa (le 26 juin 2011). Véolia TMM est tout de même restée Maître d’œuvre du marché et consultant de façon transitoire, pour permettre à l’implantation de Massa de garantir les obligations liées à l’enfouissement.


Pour critiquer Véolia, les associations palestiniennes se fondent sur des textes considérés comme étant la norme international : Dans la résolution 63/201 du 28 janvier 2009, l’Assemblée générale des Nations Unies a demandé à Israël de mettre fin aux déversements des déchets de toutes sortes dans le « territoire palestinien occupé » au seul profit de sa propre population civile.


Par ailleurs, un avis consultatif du 9 juillet 2004 de la Cour internationale de Justice sur le mur d’Israël à l’intérieur de la Cisjordanie pose que les colonies violent l’article 49 de la Quatrième Convention de Genève selon  lequel : « la Puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle. »


Enfin, dans sa 72e séance plénière du 19 décembre 2008,  l’Onu indique « que l’unité, la continuité et l’intégrité de l’ensemble du territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, doivent être respectées et préservées, et que tous les actes de violence, y compris les actes de terreur, de provocation, d’incitation et de destruction, doivent prendre fin ». Dans l’alinéa 6, l’Onu demande à Israël, « Puissance occupante, de mettre fin, dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, (et dans le Golan syrien occupé), au déversement de déchets de toute sorte, qui fait peser une grave menace sur les ressources naturelles de ces territoires, à savoir les ressources en eau et en terre, et risque de nuire à l’environnement, ainsi qu’à la santé des populations civiles ».


La communauté internationale s’égare en fait depuis le 31 juillet 1988 sur la nature juridique des territoires de Cisjordanie, depuis que la Jordanie a officiellement renoncé à toute souveraineté sur la Cisjordanie en ayant supprimé la représentation des populations palestiniennes de Cisjordanie au parlement jordanien et en limitant ses frontières nationales à la rive est du Jourdain. Désormais, et juridiquement, les terres de Cisjordanie sont sans souveraineté. La communauté internationale doit donc cesser de penser que le Droit international est le résultat d’une auto persuasion répétée, ressassée, rabâchée qui ferait de la Cisjordanie un « territoire palestinien ».


Certes, l’Onu a toujours nié l’annexion israélienne de Jérusalem en 1967 et la loi fondamentale de Jérusalem du 1er août 1980 avec les résolutions 476 et 478 du 20 août 1980 qui la déclarent nulle et non avenue. De même, la communauté internationale a toujours imaginé pouvoir ériger la norme en l’inscrivant dans une résolution. La communauté internationale doit juste comprendre une chose : l’interdiction du meurtre ne résulte pas de la Thora, mais d’un principe qui lui préexiste (que la Thora a repris par écrit). Il en est de même de la propriété territoriale des terres de Cisjordanie. Les décisions internationales onusiennes ne peuvent créer de normes : elles doivent simplement s’articuler avec la norme transcendantale. Les juifs peuvent donc aménager la terre comme ils s’y emploient : le 19 décembre 2012, La municipalité de Jérusalem a approuvé un projet de construction de 2.610 logements à Givat Hamatos, le 17 décembre 2012,  le ministère de l’Intérieur a donné son feu vert à la construction de 1.500 logements à Ramat Shlomo et la commission de planification du district de Jérusalem doit se réunir le 26 décembre 2012 pour examiner la construction de 1.100 logements dans le quartier de Gilo… La communauté internationale devra l’intégrer, mais pour l’heure, elle est responsable des conséquences économiques fâcheuses pour Véolia.     

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis