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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 10:20

 

editorialaGad-copie-1

caricature Yarmouk massacre (Copier)

L’ennemi de mon ennemi à Damas

 

Par Marc Brzustowski.

 

Deux scènes de guerre du conflit syrien attirent l’attention des observateurs israéliens, ces derniers jours :


- Plusieurs incidents ont éclaté sur le Plateau du Golan. Début novembre, trois tanks syriens ont fait incursion dans la zone démilitarisée sous contrôle international. Le 5, une jeep du Commandement du Bataillon de reconnaissance Golani a essuyé des tirs provenant d’un kilomètre à la ronde, près de la frontière. Si personne n’a été blessé, le véhicule a subi des dégâts. Ces échanges de feu ont eu lieu lors de la prise de la ville de Quneitra par les rebelles. Heyl Ha’avir, la force aérienne de Tsahal a, alors, effectué plusieurs survols de dissuasion, après avoir observé un ballet d’avions et d’hélicoptères syriens qui se préparaient à venir en aide aux forces terrestres défaites par les insurgés. Le 8, trois obus de mortier atterrissaient sur le périmètre du moshav Eloni Abashan.

 

- Sentant l’écho des batailles se resserrer autour de la capitale, le camp Palestinien de Yarmouk, à 8 kms de Damas, s’est embrasé, déclenchant des échauffourées fratricides entre pro- et anti-Assad. Le camp loge quelques 148 500 « réfugiés » et leurs descendants de droit divin, par la main invisible, mais providentielle de l’UNRWA.

 

- D’un côté, le FPLP-CG d’Ahmed Jibril est appuyé par les tirs d’artillerie des forces du régime. Son travail de maton consiste à maintenir « la cause palestinienne » dans l’escarcelle d’Assad comme justification de la « résistance » (Muqawama) contre Israël et de tous les massacres qui en découleraient pour préserver ce « joyau » de l’axe irano-syrien.

 

- De l’autre, les groupes rebelles sont parvenus à créer un embryon de groupe palestinien favorable à l’insurrection : Lioua Al Assifah (La Brigade Tempête). Leur premier objectif est moins de faire tomber Assad que de percer le mur de défense de la « Cause », érigé par Jibril et ses sbires au sein du camp. Au moins dix nervis du FPLP se sont fait trucider par leurs frères palestiniens, le 7 novembre. A ce stade, il y a peu d’éléments qui permettraient de dire que les combattants du Hamas soient réellement engagés dans ces combats des rues syriennes. Par manœuvre d’intimidation, Assad a définitivement fermé les anciens locaux de la mouvance islamiste dans la Capitale. Cette mesure, encore en suspens il y a peu, intervient quelques jours à peine après la visite de l’Emir Al-Thani du Qatar à Gaza et la remise d’un magnifique chèque 400 millions de $ au profit de la centrale terroriste. Inutile de préciser que le Qatar est le parrain des insurgés syriens, avec l’Arabie Saoudite et la Turquie.


 

Ce qui est en jeu, c’est la fracture qui s’accentue au sein de la « Cause ». Les parrains favorables aux Frères Musulmans ou tentant de les garder sous leur férule, retournent à leur profit ce qui subsiste « d’unité palestinienne ». Le Hezbollah, sur-actif pour sauver le soldat Assad, et l’Iran, jouant son va-tout dans ce bain de sang, font les frais de ce détournement, réponse de la bergère terroriste au berger totalitaire.


L’attentisme des Occidentaux, Administration Obama en tête, résulte autant du veto sino-russe au Conseil de Sécurité que des incertitudes multiples, concernant l’identification des véritables dirigeants rebelles, capables d’organiser une transition quelconque. Ce, malgré l’impatience de la Ligue Arabe, qui prévoit la chute d’Assad avant le printemps prochain, date également évaluée par les services de renseignement américains. Les Saoudiens, notamment, le Qatar et la Turquie n’hésitent pas à armer des groupes interlopes étrangers sortis de la mouvance al Qaeda et des réseaux salafistes. Or, les Russes, en particulier, ne tiennent pas du tout à l’extension de ces groupes, à partir de la Syrie vers le Caucase, le Daghestan et la Tchétchénie. En contre-point du veto, des pourparlers intenses agitent les couloirs de Washington et Moscou, en vue d’une transition, qui soit, atténuerait la chute du régime, soit permettrait de conserver le contrôle relatif des évènements, par la promotion d’un Conseil National à peu près fréquentable, en tout cas pas uniquement composé de Frères Musulmans et d’Islamistes radicaux.

 

 

Le lynchage de l’Ambassadeur Chris Stevens et de plusieurs de ses adjoints intervient comme un avertissement dans ce tableau. Le consulat de Benghazi était la devanture d’une officine de la CIA, qui organisait la régulation des filières d’armement libyen (Sam-7, etc.) à l’intention des rebelles de Syrie, sous les auspices de la Turquie. C’est pourquoi il est devenu une cible de choix pour des émeutiers manipulés par les réseaux salafistes proches d’Al Qaeda, un 11 septembre, de façon à lever toute équivoque sur l’origine et les buts de cette opération parfaitement planifiée. Déjà aveugle sur l’identité des meneurs de la révolte syrienne, Washington avance un peu plus à tâtons, sans perspective pour les lendemains de gueule de bois à Damas.

 

 

La chute d’Assad serait un revers cinglant pour Téhéran et cet horizon s’inscrit dans le grand jeu des « négociations » autour de son programme nucléaire. Si Netanyahou centre, avec raison, ses interventions sur la scène mondiale autour de la menace iranienne, la suite des évènements à Damas, et donc Tripoli et Beyrouth au Liban est de première importance, dans cette configuration générale. D’une part, la poursuite du conflit chi’ite-sunnite donne toutes les apparences d’un siphon où s’engouffrent graduellement les forces en présence des deux côtés. Des Gardiens de la Révolution, des chefs du Hezbollah y trouvent épisodiquement la mort. On peut y voir le remake d’une guerre civile irakienne, où le retrait américain a dégagé le terrain en faveur des forces Al Qods iraniennes. Dans un deuxième temps, l’âpre résistance que leur offrent les rebelles syriens court-circuite toute « d.ivine victoire » dont essaieraient de tirer parti les Ayatollahs et qui devront en boire le calice amer jusqu’à la lie. En deuxième lecture, le retrait américain ou son prétendu « reflux » donne tous les signes d’une politique de la « terre brûlée » dans laquelle le Général Qassem Souleimani, chef des Pasdaran s’est laissé aspirer. Les commanditaires damascènes du Jihad anti-américain et protecteurs d’Al Qaeda en Syrie font partie des victimes, véritables arroseurs-arrosés de ce retournement cruel du mauvais sort. A terme, c’est l’équilibre instable des pouvoirs à Bagdad, jusqu’à présent, aux mains des Chi’ites, qui est en jeu. S’il s’agissait d’un « boulevard » menant au plateau du Golan, pour les troupes des Gardiens de la Révolution, secondés par le Hezbollah, il devient, en réalité, un champ de mines qui se change progressivement en cimetière des éléphants de l’axe irano-syrien.


 

 

Cependant, la perspective du remplacement de l’axe iranien par une domination islamiste sunnite sur la même région, sous l’égide des Frères Musulmans plébiscités par les pouvoirs dictatoriaux ou familles royales saoudiennes et qataries et les renseignements turcs, tous variablement hostiles à Israël, ne change, pour ainsi dire, pas grand-chose à la donne de départ. Les Etats-Unis et l’Europe ont dépensé des centaines de millions de $, en Egypte et ailleurs, dans l’édification de structures porteuses des valeurs compatibles avec celles de l’Occident, avec les tristes résultats que l’on sait au Caire, Tunis et Tripoli.


Israël, s’il a proposé ses services humanitaires pour venir en aide aux réfugiés syriens, qui l’ont automatiquement refusée, ne peut guère aller plus loin que de réaliser le bilan sanglant et les conséquences géopolitiques majeures pour « l’axe » : elles se traduisent par sa déroute foncière en termes de perte d’influence et un affaiblissement stratégique régional. Même après une transition et une sécurité relative rétablie, la guerre se poursuivra pour neutraliser les réserves d’armes chimiques d’Assad ou contre des groupuscules d’Al Qaeda prenant position sur le Golan. Il n’en reste pas moins que l’instrumentalisation résiduelle de la « Cause Palestinienne » et son apparition au grand jour comme prétexte à la poursuite de la lutte contre l’établissement juif dans la région devraient faire l’objet d’un travail de clarification, à toutes fins utiles, de la part des instituts de communication de l’Etat hébreu.


 

Les mouvances kurdes ont été stratèges pour éviter tout embourbement de leur cause et sa manipulation par l’un ou l’autre des belligérants effectifs. Certains de leurs représentants intègrent le Conseil National en exil, pendant que les troupes syriennes se sont désengagées des zones du Kurdistan syrien pour se concentrer sur la lutte contre les Sunnites. Ainsi, le drapeau kurde flotte sur des villes et la région de Qamishli, à la frontière turco-syrienne. Quelle que soit l’issue du conflit, ils négocieront chèrement leur autonomie, déjà partiellement acquise sur le terrain, alors que la Balkanisation confessionnelle s’empare de diverses zones constituant l’actuelle carte de la Syrie. La percée d’un couloir kurde au Levant devrait produire un appel d’air favorisant des alliances avec Israël dans des régions d’influences diversement hostiles (Turquie, Iran). A ce jeu, les Kurdes, traditionnellement divisés, conservent, néanmoins, quelques atouts géostratégiques en vue de la reconstitution de leur unité. Ce que les Palestiniens s’avèrent incapables de préserver… 

...

 

Révolution symbolique pour les Kurdes de Syrie: ils vont pouvoir apprendre leur langue à l’école. En attendant que les programmes scolaires soient modifiés, des cours du soir sont déjà proposés dans cette école de Derik qui accueille des dizaines d’élèves enthousiastes. (Boris Mabillard)

 

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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