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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 18:55

 

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

Le 24 octobre 2012, le journaliste Gédéon Levy, journaliste et membre de la Direction du quotidien Haaretz, a commenté les résultats d’un sondage réalisé par Dialog (une structure dirigée par Camil Fuchs, professeur à l’Université de Tel-Aviv), commandé par le Fonds Yisraela Goldblum. Ce sondage portait sur les problèmes auxquels la société israélienne est confrontée dans sa relation avec les arabes israéliens et les palestiniens. Interprétant les résultats dans un sens qui n’est pas celui exprimé par les sondés et travestissant les réponses des personnes interrogées, il a titré un premier article de la manière suivante : « un sondage révèle que la plupart des Juifs israéliens soutiennent le régime d’apartheid en Israël ». Dans un article du 31 octobre 2012, il sera encore plus virulent et véhément à l’égard de la société israélienne.

Même si les sondages reflètent une opinion instantanée, par essence volatile, susceptible de varier d’une semaine sur l’autre en fonction de la sensibilité du moment, (en l’occurrence, celui-ci a été réalisé la veille du nouvel an juif), ce n’est pas une raison pour travestir les réponses et salir l’opinion israélienne quand bien même les questions posées l’étaient de manière tendancieuse et que les israéliens interrogés se sont prêtés au jeu des questions réponses de façon authentique, sans ambages, avec une extrême sincérité.

L’une des questions portait sur le point de savoir s’il existe un apartheid en Israël à l’égard des personnes arabes (la question ne mentionnait pas discrimination mais bien apartheid). Nul ne peut nier que les personnes arabes en Israël rencontrent plus de difficultés pour trouver un emploi, pour se loger, pour intégrer des carrières professionnelles intellectuelles et donc pour évoluer au sein de la société israélienne. (Le problème est voisin en France pour les personnes issues de l’immigration lorsqu’elles doivent se présenter au téléphone pour chercher un emploi ou lorsqu’elles réalisent des enquêtes de satisfaction). Les sondés israéliens ont donc répondu « oui » à 39 % « dans certains cas », et « oui » à 19% « dans la plus part des cas » (31 % ont répondu négativement et 11% ne se sont pas prononcés). Gédéon Lévy aurait donc pu analyser les résultats objectivement, à savoir qu’une majorité en Israël, admet l’existence de problèmes d’intégration pour les arabes. Il ne s’agit bien évidemment en rien d’une politique d’apartheid et encore moins d’une caution donnée par les israéliens à une telle politique qui n’existe pas en Israël.

Une autre question portait sur le principe d’une séparation du réseau routier en Cisjordanie, entre israéliens et palestiniens. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une ségrégation comme l’auteur voudrait le laisser entendre, mais simplement d’une volonté de se déplacer sans avoir à craindre un attentat terroriste. Les israéliens sont déjà confrontés aux jets de pierres sur les routes en Cisjordanie, ils entendent naturellement se protéger d’un phénomène nouveau qui se rencontre chez les palestiniens, en l’occurrence les « conducteurs martyrs suicidaires ». Les sondés ont donc exprimé leur crainte dans le sondage de la manière suivante : pour 50 % la séparation est nécessaire, pour 24 % c’est bon, pour 17 % cela ne devrait pas être, 9 % ne se sont pas prononcés.

A la question « Est-ce qu’un auteur américain réputé qui boycott Israël et dénonce ses pratiques d’apartheid peut être invité à visiter le pays », la réponse a été tout à fait intéressante : pour 48% l’auteur doit être invité, pour 15 % il doit être boycotté, pendant que 28 % estiment qu’il n’y a pas de réponses nécessaires. Les sondés ont ainsi manifesté leur hospitalité à l’endroit de cet auteur afin qu’il se rende compte du mode de vie israélien et qu’il puisse changer son opinion. Etrangement, Gédéon Lévy n’a livré aucun commentaire sur ce résultat.

S’agissant du rattachement administratifs des arabes israéliens, une question portait sur le point de savoir si les sondés étaient d’accord sur le principe de leur transfert à l’Autorité Palestinienne. 47 % approuveraient le transfert, 40 % s’y opposerait et 13 % ont refusé de se prononcer. Si majoritairement, les israéliens préférerait que les arabes israéliens dépendent de l’Autorité palestinienne, il convient de rappeler que ce sont les arabes israéliens qui se considèrent ultra majoritairement, non comme « israéliens » mais bien comme « palestiniens en Israël ». En quoi serait-il donc choquant qu’ils dépendent administrativement de l’Autorité palestinienne comme les étrangers vivant en Israël qui conservent la nationalité de leur pays d’origine. C’est d’ailleurs la solution internationale : les non nationaux établis dans un Etat puisent l’essentiel de leurs droits personnels de leur pays d’origine, non du pays de résidence.

Pour ce qu’il en est de la question territoriale, les sondés se sont vus posés trois questions. L’une sur le principe d’un échange de terres avec les palestiniens pour garder les implantations juives en Cisjordanie : 36 % se sont prononcés pour un échange de terres, mais 48 % se sont dites opposés, alors que 16 % ne se sont pas prononcés. De même, les sondés n’ont pas manifesté leur souhait d’une annexion par Israël des implantations en Cisjordanie : 48 % y sont opposés, 38% y sont favorables et 14 % ne se sont pas prononcés. Enfin, une dernière question a été posée concernant le droit de vote des palestiniens dans l’hypothèse où Israël annexe la Cisjordanie : 69 % ont répondu non, 19 % oui, et 9 % indécis.

Ces dernières questions apportent des enseignements intéressants qui n’ont pas été exploités ni commentés par Gédéon Lévy. Tout d’abord, les sondés se sont dits opposés à une annexion des implantations juives en Israël. Gédéon Levy ne pouvait donc commenter le résultat d’une hypothétique l’annexion de la Cisjordanie à laquelle les israéliens sont opposés. Pour autant, Gédéon Lévy a exploité la réponse donnée à la question relative au droit de vote des palestiniens en cas d’annexion de la Cisjordanie de la manière suivante : « La majorité de la population juive en Israël soutient l’établissement d’un régime d’apartheid en Israël au cas où l’État annexerait officiellement la Cisjordanie ». Sic ! Non seulement, cette analyse ne tient pas compte du refus d’annexer la Cisjordanie , mais en outre, il n’a jamais été question d’un régime d’apartheid en cette occurrence, et enfin, si par extraordinaire la Cisjordanie était annexée (ce qui est peu probable) la position serait conforme à la norme internationale : les non nationaux n’ont pas jamais le droit de vote dans les pays de résidence.

D’autres questions concernaient le principe d’une préférence nationale (comme cela se rencontre dans beaucoup de pays surtout dans les pays arabes) et d’autres sur le principe d’une séparation des arabes et des juifs en Israël. Les sondés se sont engagés sur la préférence nationale : 59 % désirent que les Juifs aient priorité sur les Arabes dans l’accès aux emplois au sein des ministères gouvernementaux (rappelons à cet égard que les non nationaux ne peuvent jamais, et ce dans aucun pays, être fonctionnaires dans les pays de résidence), 49% désirent que l’État traite différemment les citoyens juifs et les citoyens arabes (c’est encore ce qui se rencontre dans l’ensemble des pays de l’Onu), 42 % ne veulent pas vivre dans un immeuble également habité par des Arabes et 42 pour 100 ne veulent pas que leurs enfants soient dans la même classe que des enfants arabes…(c’est un choix personnel qui ne saurait être critiqué).

Les questions étaient certes tendancieuses mais les sondés y ont répondu de façon transparente, ce qui n’a pas empêché Gédéon Lévy de publier un nouvel article parfaitement incendiaire le 31 octobre 2012, sur la base de son analyse tronquée des résultats du sondage.

Dans ce nouvel article, Il débute son propos de la manière suivante : « Contents de faire votre connaissance, nous sommes racistes et pro-apartheid ». Il cite alors le sondage dont les résultats ont été publiés dans le quotidien Haaretz le 24 octobre 2012 pour avancer : « Il est important de reconnaître la vérité qui nous est lancée en pleine face, et à celle du monde »...Il aborde ainsi le paragraphe suivant : « faire la paix serait un acte presque antidémocratique : la plupart des Israéliens n’en veulent pas » «Une société juste, égalitaire violerait aussi les désirs de la plus grande partie des Israéliens …Ils se satisfont avec le racisme, ils sont à l’aise avec l’occupation, ils sont contents avec l’apartheid », voire également « aucun espoir de changement à attendre de tout cela. Il n’en viendra pas ; et en effet cela ne se peut car il est contraire aux souhaits de la plupart des Israéliens. Cette réalité doit être admise »…

Gédéon Lévy a donc rédigé un article sur les résultats d’un sondage dont il a falsifié la teneur, interprété négativement sa propre analyse (qui ne reflète pas celle des israéliens), pour livrer son pamphlet anti israélien.

Comme point de départ de sa présentation, il présente les israéliens comme étant responsables du blocage de la situation avec les palestiniens, satisfaits du statu quo : « Ceux qui, impatients d’arriver à un accord, élaborent périodiquement des plans de paix doivent finalement bien comprendre ce que les Israéliens leur ont clairement dit : « Non merci, nous ne sommes pas intéressés » associant cette position avec le discours de Netanyahu prononcé à l’université de Bar-Ilan, le 14 juin 2009.

Toutefois, il explique que si les israéliens sont aussi bloqués dans leur volonté de faire la paix avec les palestiniens (thèse qu’il avance tout seul mais qu’il impute à la société israélienne) ce n’est pas tout à fait de leur faute. C’est la société israélienne qui les installerait dans ce refus (fantasmé) : « Il est difficile de blâmer les Israéliens. Des années de lavages de cerveau, la diabolisation et la déshumanisation des Arabes en général et des Palestiniens en particulier, associés à des années de terrorisme brutal, ont laissé des traces ». Il pose même la question de savoir « Pourquoi voudraient-ils faire la paix avec ceux qui, depuis des décennies, ont été méthodiquement dépeints comme cherchant uniquement à les anéantir ? », comme si finalement c’était les israéliens qui diabolisaient les palestiniens.

Les israéliens sont présentés par Gédéon Lévy comme étant manipulés mentalement puisque ce sont les médias qui présentent les palestiniens comme des monstres. La question se pose de savoir pourquoi Gédéon Lévy n’a pas avancé « que les attentats anti juifs sont un mythe », que « les tentatives d’attentats sont inventés pour entretenir la haine des palestiniens et des arabes israéliens » et que si « les palestiniens sont retrouvés en possession d’armes, il ne s’agit que de jouets… ».

Gédéon Lévy va même jusqu’à avancer qu’en réalité, les israéliens ne connaissent pas les palestiniens, raison pour laquelle ils ont un avis faussé : « Après tout, même les Israéliens laïcs qui ont exprimé les opinions les plus tolérantes dans ce sondage ne savent pas en réalité de quoi ils parlent. Quand ont-ils même rencontré un Arabe ? Quand leurs enfants en ont-ils rencontré un ? Et s’ils en ont vu, quel genre d’Arabe ont-ils rencontré sinon que le garçon livreur de l’épicerie, le propriétaire de l’épicerie du quartier, le laveur de voiture, Ahmed le plâtrier ou le monteur d’échafaudages ? Et cela sans même parler des Palestiniens : la dernière fois (et aussi la première) qu’ils ont rencontré un Palestinien, si tel est le cas, ce fut durant leur service militaire, à travers la lunette de leur fusil, comme un objet suspect et dangereux ».

En somme, selon Gédéon Lévy, la seule relation avec les palestiniens date de la période du service militaire lorsqu’il s’agissait de protéger les frontières de l’Etat. Ce regard n’en reste pas moins questionnant : les israéliens côtoient les arabes ou les palestiniens très régulièrement quand ils mettent du carburant dans leur véhicule le jour de shabbat, quand ils ont affaire avec le personnel dans les hôtels à Jérusalem, ou encore lorsqu’ils recourent aux services des taxis dans la capitale... Il est étrange que ce fait soit occulté par Gédéon Lévy.

Pour le journaliste du quotidien Haaretz, les israéliens n’en demeurent pas moins les seuls responsables même si le système organise un embrigadement contre les palestiniens : « Néanmoins, ce lavage de cerveau n’absout pas les Israéliens de leur responsabilité. Il est vrai que le système éducatif, et plus encore les médias, incitent et échauffent, sèment la terreur et la haine. Mais ils le font pour se conformer aux goûts de leur auditoire. C’est un cercle vicieux déprimant, dans lequel on ne sait qui a commencé ». Pour Gédéon Lévy, les palestiniens sont des personnes normales, c’est juste la présentation qui en est faite aux israéliens par le système local qui les pervertit.

Manifestement, le problème chez Gédéon Lévy, relève de la psychanalyse. Il projette sur les juifs les actes et le mode de pensée palestiniens. Les Chartes palestiniennes enseignent aux palestiniens que leur vie doit être consacrée à la lutte armée contre les juifs et contre Israël, que toutes leurs énergies et potentialités doivent être employée à cet objectif, et que le système institutionnel doit agir selon cette finalité jusqu’a la victoire finale (même si le fondement de l’action est laïc dans la Charte de l’Olp, et religieux dans la Charte du Hamas). Feignant de ne pas le savoir, il impute ainsi aux juifs, une sorte de délire paranoïaque.

De façon sous jacente, Gédéon Lévy souhaiterait qu’il se produise en Israël le même processus de désintégration nationale que celui que connaît la France ou bon nombre de pays européens qui ont renoncé à leurs frontières, à leur monnaie, à leurs lois nationales (désormais édictée à Bruxelles). Désormais, la France entreprend même de donner le droit de vote aux étrangers, prérogative historiquement réservée aux nationaux. Elle s’engage également sur le terrain du mariage des personnes de même sexe, de la possibilité pour elles de bénéficier de la procréation médicalement assistée ou encore d’adopter des enfants. La France laisse également des pays comme de Qatar investir dans les banlieues ou racheter le patrimoine immobilier et entrepreneurial français. Si la France a fait choix de se couper de ses racines philosophiques, institutionnelles et religieuses, ce n’est pas encore le cas d’Israël. Gédéon Lévy se doit donc de respecter la position de la société israélienne et son expression démocratique sans la fustiger comme il le fait.

Il est regrettable que Gédéon Lévy, cet amoureux de la démocratie, n’ait pas milité en août 2005 pour que les juifs installés dans la bande de gaza y restent en prenant la nationalité palestinienne au lieu d’en être chassés comme des chiens et chargés dans des camions comme aux heures les plus noires de l’histoire du peuple juif. Il est de même surprenant qu’il ne parte pas s’établir dans les territoires palestiniens, qu’il ne sollicite pas une carte d’identité palestinienne, le droit de vote et bien évidemment le droit de fonder un parti démocratique. Il comprendrait que le soit disant problème du sondage ne tient pas à l’opinion de la population israélienne mais bien à sa haine d’Israël. 

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