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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 18:29




L’invasion migratoire qui touche l’Occident est-elle le remède au malaise dans la culture ?

Pour aschkel.info et lessakele

 

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Par Frédéric SROUSSI

 

L’Occident a déjà perdu une partie de ce qui lui était singulier. 

Son aspect a indéniablement changé avec l’arrivée massive, depuis des décennies, de populations non-occidentales ayant amené avec elles leurs us et coutumes, qui sont souvent en inadéquation avec les valeurs del'Occident dont les racines culturelles sont grecque, romaine et hébraïque.


Les populations immigrées extra-occidentales, une fois arrivées, n'essayent pas comme les Polonais, les Italiens et les Juifs, jadis, de s' adapter à la société environnante, mais recherchent plutôt la confrontation (à l' exception notoire des populations venant de Chine, du Vietnam, etc ...)et n' acceptent pas ou difficilement les lois des pays d'accueil. 


Trop souvent ces populations immigrées exigent des droits mais refusent les devoirs que le bon fonctionnement d' une société exige. 

Mais, force est de constater qu’il existe des comportements naturels invariables chez l'être humain et que pour paraphraser Gilles Lipovetsky, nous assistons bien souvent à travers l' histoire à un «crépuscule du devoir». Bergson n' a-t-il pas écrit avec justesse que  «l’obéissance au devoir est une résistance à soi-même» ? 
 


La question est de savoir si certaines cultures sont plus propices que d' autres à organiser cette résistance contre l'insatiable appetitus (comme l'aurait dit Spinoza) de l'être humain ?

Pour en arriver à cette notion d’obéissance au devoir, il a fallu en fait passer par des millénaires d’apprentissage (de «dressage» dirait Nietzsche) afin de cultiver – entre autres – le respect d’autrui en tentant d' établir dans la culture occidentale des relations entre les hommes qui évitent au maximum la confrontation physique ou l' acquisition par le vol - ou pire - des biens d' autrui (voir les Lois du Décalogue).

Comme l’a écrit si bien Freud dans Le Malaise dans la culture : «…Comme dernier trait caractéristique d’une culture, un trait qui n’est certes pas le moins important, nous avons à apprécier de quelle manière sont réglées les relations des hommes entre eux, les relations sociales qui concernent l’homme comme voisin, comme aide, comme objet sexuel d’un autre, comme membre d’une famille, d’un État(…)

Peut-être commence-t-on par déclarer que l’élément culturel est donné avec la première tentative pour régler ces relations sociales.

Si une telle tentative n’avait pas lieu, ces relations seraient soumises à l’arbitraire de l’individu, c.-à-dire que le plus fort physiquement en déciderait dans le sens de ses intérêts et motions pulsionnelles(...) La vie en commun des hommes n’est rendue possible que si se trouve réunie une majorité qui est plus forte que chaque individu(...)

Ce remplacement de la puissance de l’individu par celle de la communauté est le pas culturel décisif. Son essence consiste en ce que les membres de la communauté se limitent dans leurs possibilités de satisfaction, alors que l’individu isolé ne connaissait pas de limite de ce genre.»

L’une des idées majeures de Malaise dans la culture consiste donc à dire que «la culture est édifiée sur du renoncement pulsionnel» .

Ce renoncement présuppose la non-satisfaction de puissantes pulsions mais Freud avertit qu'« il n’est pas facile de comprendre comment retirer à une pulsion la satisfaction.

Cela n’est pas du tout sans danger; si l’on ne compense pas cela économiquement, on peut s’attendre à des troubles graves.»

Ce renoncement est donc une «souffrance» non naturelle qu’une société doit exiger de ses membres pour qu' ils puissent vivre autant que possible en harmonie et non selon la «loi» du plus fort.Ce renoncement aux pulsions peut-être si difficile à supporter que des individus décideront alors de vivre selon leurs motions pulsionnelles , quitte à se mettre à dos une partie de la société qui a émergé de cette «culturisation».

Après tout comment ont commencé les prémices de Mai 68 en France ?

Eh bien, tout simplement parce que Daniel Cohn-Bendit et ses amis voulaient pouvoir entrer librement dans le dortoir des filles de l’université de Nanterre au nom de la «liberté sexuelle».
 

Nous pouvons dire que chaque peuple a sa propre culture mais certaines d'entre elles sont plus laxistes que d’autres et offrent parfois aux pulsions plus de liberté pour s’exprimer. Le peuple Juif quant à lui a contribué de manière essentielle au renoncement des motions pulsionnelles par son engagement dans la Loi du monothéisme.

Si le petit peuple juif a offert au monde tant de génies c' est donc peut-être aussi grâce au renoncement d' une grande partie de ses pulsions les plus «primitives», les plus «bestiales» au profit de la sublimation pulsionnelle dont Freud dit qu’elle est «un trait particulièrement saillant du développement de la culture (et qu’elle) permet aux activités psychiques supérieures, scientifiques, artistiques, idéologiques, (de jouer) dans la vie de culture un rôle tellement significatif.»


Mais les Juifs eux-mêmes sont parfois rétifs ( «le peuple à la nuque raide») à la Loi et certains peuvent se perdre en refusant de renoncer à leurs pulsions car ils sont eux aussi (les Juifs) nostalgiques de leur moi primaire, de leur moi-plaisir.

Le fait est qu’aux yeux du monde Israël est le passeur de la Loi et que l’Occident a bien dû se plier à cette Loi essentielle qui demande tant de «renoncement» pulsionnel. Dans la sublimation la pulsion change donc de destin puisque son but et son objet sont alors modifiés.


La pulsion est détournée vers un but valorisé socialement dans lequel la pulsion perdra de sa charge sexuelle et/ou agressive. Nous pouvons ajouter que la Loi «interdit» aux pulsions agressives de se manifester ouvertement.

L’idée de sublimation peut-être déjà trouvée dans le Talmud dont un verset dit en substance : «Si tu sens que ton fils est attiré par le sang, fais-en un boucher». Il y a bien ici détournement de la pulsion agressive vers un but qui ne troublera pas la quiétude de la société. Mais alors, qu’en est-il des cultures autres qui n'ont pas atteint ce degré de respect d' autrui ? Comme l'explique le spécialiste du monde arabo-musulman, l'historien Bernard Lewis :

 

«L' impérialisme, le sexisme et le racisme sont des notions occidentales, non parce qu' elles seraient propres à l' Occident mais parce que les sociétés occidentales les nomment et les identifient au mal, en vue de les éradiquer.

Ailleurs, ces notions (racisme, sexisme, impérialisme ) font tellement partie intégrante des sociétés non-occidentales qu'il n' existe même pas de nom pour les définir». 
 

On constate bien que les sociétés non-occidentales de type africain, proche et moyen-oriental en particulier (à part bien évidemment Israël qui partage avec l' Occident ses valeurs les plus respectables) n' ont pas fait encore ce travail de «culturisation» qui amène à respecter autrui comme il se doit. Nous citerons juste comme exemple le plus total mépris dont les femmes sont victimes dans la plupart de ces sociétés pour comprendre de quoi nous parlons. 

C' est un fait ! Ces sociétés ne sont pas encore arrivées à atteindre le «pas culturel décisif», dont nous parlait Freud, qui remplace la puissance de l’individu par celle de la communauté. René Laforgue, le fondateur du mouvement psychanalytique français qui avait vécu au Maroc, avait décelé dans le système éducatif des Arabes une défaillance qui favorisait l'apparition d' un moi paranoïaque (Il suffit d'observer aujourd' hui le système éducatif élaboré pour les jeunes arabes palestiniens par les terroristes du Hamas et du Fatah pour comprendre que Laforgue avait raison).


Mais qu' advient-il alors quand la société occidentale elle-même décide de régresser en refusant de renoncer à ses motions pulsionnelles ? Après tout des dizaines de millions d'occidentaux (mais pas seulement)
n' ont-il pas totalement saccagé tout le travail de «culturisation» (en l'occurence le règlement pacifique des relations entre les hommes) en suivant le plus monstrueux et diabolique personnage que le monde ait connu, Hitler ? L' ordre hitlérien n' était en fait qu' un immense chaos organisé qui mena le monde au désastre absolu.
 

Il arrive donc que les sociétés – y compris celles qui ont atteint un haut degré de culture, ou peut-être surtout elles, comme ce fut le cas pour l'Allemagne, ne veuillent plus renoncer aux pulsions qui les assaillent. Disons-le tout de go  s'il existe en Occident une tendance importante au laxisme vis-à-vis des agissements souvent illégaux et immoraux des populations immigrées, c’est que les sociétés occidentales y trouvent leur compte pulsionnel.

Une grande partie des occidentaux se défoulent par procuration. Ils sont fascinés par le déchaînement de violence que peuvent engendrer des personnes issues de communautés dont la culture n’est pas aussi évoluée que la leur du point de vue des relations humaines, mais aussi du point de vue de la modernité.


Cette dernière continue à effrayer une partie des masses occidentales pour qui la modernité est synonyme d’une perte constante de repères. 
 

La pathologie écologique qui frappe les sociétés occidentales est une preuve de la volonté quasi-générale de revenir à la «sauvagerie» de la nature dans laquelle la praxis humaine perdrait de sa superbe.
 

La recrudescence de l'antisémitisme (de l'antijudaïsme,de l'antisionisme)est souvent un symptôme de ce rejet de la Morale(«Dans l’ensemble la moralité de l’Europe est juive» Nietzsche, Gai Savoir )qui bride les pulsions.

Mais il existe ici, en effet, presque une aporie ou plutôt un grave et douleureux dilemme puisque le relâchement pulsionnel sans limitation mène à la violence mais que le renoncement à ces mêmes pulsions peut entraîner aussi un regain d' agressivité.
 

Ce qui est rejeté en fait n’est pas la morale en général mais la morale juive en particulier, celle des impératifs moraux et de la mauvaise conscience (en tous cas c’est comme cela qu’elle est souvent interprétée). Une autre «morale» est alors recherchée, celle qui inverse les valeurs en défendant le criminel et le terroriste au nom de «droits de l’homme» dévoyés et en méprisant la victime.L' homme trouve ainsi une ruse pour libérer le mal qui est en lui tout en se travestissant en sujet épris de morale(il garde ainsi sa «bonne conscience»). 
 

Mais franchement, un renoncement pulsionnel partiel (il ne peut être total) vaut bien mieux que de vivre au coeur de la «jungle» où seule la loi du plus fort pourra s' exprimer. L' homme a tout de même la capacité de se contrôler par le biais de la raison et la volonté. 

Force est de constater que si la morale exigeante issue du judaïsme est totalement rejetée c' est alors vers le chaos que le monde se précipite. 

 

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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