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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 15:20

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L’invention De L’invention Du Peuple Juif : Le Recours Sordide À La Notion De Race Et D’ADN Par Les Progressistes.

 

 



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Par David Reinharc.

 Il existe une recette efficace pour des êtres assez médiocres et véhiculant un conformisme intellectuel affligeant pour espérer faire parler d’eux sans avoir à faire montre d’un quelconque talent.

Vous êtes juif, israélien de surcroît et rêvez de passer de l’ombre à la lumière, oublier la grisaille des jours pour connaître votre quart d’heure de célébrité ? Exhibez votre courage en dénonçant les vices et turpitudes du peuple auquel vous êtes censé appartenir : notoriété assurée. Dîtes votre orgueil, votre ingratitude, votre refus d’être un homme en dette, isolez votre propre maillon dans la chaîne des générations qui lie des individus endettés pour cracher sur la tombe de vos ancêtres, de vos pères, de vos maîtres : arme médiatique quasi imparable.

est ainsi devenu, du jour au lendemain, avec son invention de « L’invention du peuple juif », un livre raciste et négationniste de bout en bout, l’homme qu’on aime aimer.

Comme l’a montré Eric Marty dans une tribune du Monde, au-delà des approximations et informations de seconde main, Sand confond dans ce livre deux catégories étrangères l’une à l’autre : celle de « race » et celle de « peuple ».

Le livre consiste à prouver que les Juifs actuels ne sont pas « génétiquement » les descendants des Hébreux pour en faire bénéficier les Palestiniens, par une méthode substitutive, un retournement du dispositif dont on connaît bien la chanson : « les Juifs deviennent des non-juifs et les Palestiniens les Juifs génétiques ».

Raciste, négationniste, fantasmant sur des laboratoires scientifiques israéliens qui travailleraient sur un ADN juif, ce Le Pen israélien a fait jackpot dans les médias et librairies.

En effet, qui dit mieux ?

On a la nausée juste à la pensée qu’il faille aujourd’hui  écrire un article, interviewer un scientifique pour rappeler que non, il n’existe pas d’ADN juif et que selon la génétique des populations, il n’y a pas de « races humaines » car les marqueurs génétiques sont variables entre les individus.

Nous ne sommes pas des poulets ou des mouches drosophiles dont il suffirait de repérer un marqueur génétique pour suivre la traçabilité. C’est bien sûr l’inverse qui est vrai : le judaïsme nous assigne à une posture éthique qui consiste non à se placer dans une filiation biologique mais, êtres parlants, à remettre la Parole au centre, afin non seulement de recevoir et transmettre mais aussi de renouveler le sens acquis d’un Texte toujours ouvert à des interprétations infinies.

Le verbe, dans le Talmud, est « comme le marteau qui frappe le rocher en faisant jaillir d’innombrables étincelles » ; peu importe en conséquence d’autopsier nos maîtres pour aller fouiller dans leur ADN je ne sais quelle trace de judéité, peu importe même qu’ils n’aient pas eu de descendants : leur héritage ne sera jamais un don sans receveur car chaque génération doit en réassumer la possession.

L’anthropologie génétique essaie de décrypter l’origine des peuples, leurs mouvements migratoires et les phénomènes de métissage en envoyant des savants munis d’une baguette avec une brosse à son extrémité pour prélever des cellules buccales sur des villageois, afin de résoudre l’ « énigme yakoute», une population habitant une région reculée de Sibérie orientale (Université Paul Sabatier de Toulouse).

Pour vérifier sa thèse, Sand envisage t-il d’aller en Israël et dans les Territoires prélever comme sur des poulets un ADN fantasmé sur des populations allongées non plus sur le divan des psychanalystes mais le fauteuil des dentistes, apprentis sorciers-généticiens ?

Bien sûr, chaque être humain naît avec un patrimoine génétique qui lui est propre. De même, chaque population peut posséder un ensemble de gènes, notamment deux marqueurs génétiques : l’ADN mitochondrial et le chromosome Y.

Le premier est essentiellement transmis par la mère à travers son ovule, et donc uniquement de mère en fille, le second permet d’établir des liens de parenté, mais cette fois uniquement du côté masculin.

Pour autant, non seulement, comme le fait remarquer Gérard Huber, l’humanité n’est pas constituée de « races » ni d’ « ethnies » génétiques mais elle ne s’explique pas en dehors du libre choix des gens de se regrouper en fonction de croyances animiques, religieuses, philosophiques ou politiques dont ils font leur histoire et qui œuvrent en interne à la reproduction du groupe ainsi constitué : « L’humanité est une aventure spirituelle. Il serait temps de renoncer à en faire une espèce ».

Voilà, nous en sommes là, à rappeler ces évidences : on ne naît pas ce que l’on est, on le devient.

On eût espéré que ces histoires sordides d’ADN avaient été jetées dans les poubelles de l’Histoire, déshonorées qu’elles furent avant l’heure par les théoriciens de la race, mais force est de constater que la thèse monstrueuse, raciste et négationniste de Sand a reçu le Prix Aujourd’hui 2009, décerné par un jury comprenant des intellectuels et des journalistes comme Jacques Julliard, Alain Duhamel, Franz-Olivier Giesbert ou Laurent Joffrin, des gens intelligents, à la plume acerbe, dont on espère qu’ils n’ont pas lu l’ouvrage.

Mais il est insoutenable de lire sous la plume de Jacques Julliard, dans un papier intitulé « Le fantôme de Canaan » – car revient, par un glissement progressif, un désir obscur, l’intention de faire du peuple juif une figure archétypale de l’errance : de purs fantômes, de simples spectres, « figures des imposteurs usurpant éternellement une identité manquante » (Marty) – qu’ « il y a chez Schlomo Sand comme chez Pierre Vidal Naquet une exigence de vérité vis-à-vis de soi même et de son peuple(…) »

Car Pierre Vidal-Naquet rappelait à juste titre qu’un dialogue nécessite un monde commun, et avec les négationnistes, ce monde n’existe pas.

Imagine t-on, demandait-il, un astrophysicien qui dialoguerait avec un chercheur affirmant que la Lune est faite de Roquefort ?

On peut et on doit discuter sur les thèses de Sand mais pour faire l’anatomie d’un mensonge.

Et bien sûr, si les Juifs, par ailleurs,  ne sont pas les vrais descendants génétiques des Hébreux originaires, devinez qui porte cet ADN…

C’est là une logique imparable car comme nous le dit Michel Wolkowicz, psychanalyste et professeur de Psychopathologie Fondamentale à l’Université Paris XI-Orsay, intellectuel éminent, « tout se passe comme si la seule façon pour les Palestiniens de se constituer une identité ne peut se penser que par substitution à un autre peuple, dont on s’approprie les signifiants ».

Jusqu’à présent, ce « processus mimétique en miroir » des Palestiniens se cantonnait aux mythes fondateurs et à l’histoire du peuple juif – Nakba (La Catastrophe), Résistance, Exodus, Loi du Retour, Spoliation, etc.- et  cette obsession mimétique ne pouvait être constitutive,  de façon imparable, jusque sur la scène internationale, d’un « discours totalitaire, éliminant toute capacité de doute », avec ce rêve non de vivre à côté de l’autre mais à sa place, en l’effaçant.

Cette thèse de l’ADN, de la même manière, consiste à déshumaniser les Juifs, thèse exprimée dans un lapsus – qui relève d’une « interprétation sauvage d’un état clinique et civilisationnel exterminateur » (Michel Wolkowicz)-  la phrase de Ben Bella dans la « Revue de politique internationale », en 1982 : « Ce que nous voulons, nous autres Arabes, c’est être. Or, nous ne pouvons être que si l’autre n’est pas ».

Que répondre à cette nouvelle thèse des Palestiniens, vrais descendants génétiques des hébreux originaires ? Comment réagir face à ce délire d’un ADN juif et à cette convocation terrible, de nouveau, de la notion de « race juive » ?

Il ne faut pas chercher, comme le rappelait François Maspero dans « Etre un peuple en diaspora », à savoir si telle population est un peuple, une nation, une tribu, une classe, une secte ou une race.

Ni si l’obstination que ce peuple met à s’éterniser convient au progressisme du moment.

Il y a trop d’arrogance et trop de haine dans cette demande des preuves que l’on a du droit d’exister.

Abban Eban disait déjà en 1981 dans le « New York Times » qu’il n’existe certainement aucun autre Etat que l’Etat juif qui considérerait la simple reconnaissance de son droit à exister comme une faveur ou une concession négociable.

Ou bien il faut cogner ou bien désormais demander à l’adversaire de dévoiler ses cartes : « La volonté de vivre n’a pas à prouver son droit à la vie. C’est la volonté de détruire, c’est l’acquiescement à la mort qui doivent désormais fournir leurs preuves ».

David Reinharc

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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