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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 19:07

 

 

ANALYSE-A-LA-UNE

 

 

 

L’Iran, fauconnier d’al Qaeda dans le ciel lourd du « Printemps arabe ».

 

 

par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


 

 

La guerre secrète de l’Iran contre les Etats-Unis et Israël est gorgée de poésie : le 5 mai 2010 (lCl), un passionnant documentaire sur l’univers magique de la fauconnerie, rapportait qu’Oussama Ben Laden vivait dans une luxueuse villa du nord de Téhéran, où il s’adonnait pleinement à sa passion : la chasse au faucon. Cette thèse était émise par Alan Parrot, ancien fauconnier du Shah d’Iran et de la Cour des princes Saouds, qui, lui-même la tenait d’un trafiquant d’armes qui avait eu loisir de rencontrer plusieurs fois l’ennemi public n°1, pour lui avoir, autrefois, sauvé la vie. L’hypothèse, confirmée par Robert Bauer, dans un autre film du nom chantant de « Syriana », prenait corps, après la demande d’asile d’une des femmes du Prince noir, auprès de l’Ambassade d’Arabie Saoudite à Téhéran. Bauer est un journaliste prisé aux States, qui, en tant qu’ancien de la CIA, se permet, régulièrement, de diffuser des « scoops » retentissants.

 

La légende rose était, bien sûr, non-commentée, voire démentie par les tenants de la doctrine de l’opposition théologique entre les deux branches ennemies du terrorisme : sunnisme et chi’isme. Comme toutes les « romances » du même style, elle était, à la fois vraie et fausse.

 

Ce qu’on savait déjà depuis fort longtemps, depuis la Commission sur les attentats du 11 septembre, bouclée en 2002, est qu’une partie du haut-commandement du réseau international le plus recherché au monde, al Qaeda, disposait d’une doublure hébergée par les mollahs. Eli Lake, grand spécialiste du renseignement américain, pointait, dans un article du Sun (lCl ), en juillet 2007, l’existence d’un second conseil (ou Shura) d’Al Qaeda à Lavizab, banlieue nord de la capitale iranienne. Trois noms figurait en tête de cette estimation : celui du fils Saad Ben Laden, héritier pressenti, de Souleiman Abu Gheit, le ministre de la propagande du mouvement terroriste, et celui de l’officier coordinateur Saïf El Adel, chef des opérations complexes. Les deux derniers sont, comme Ayman al Zawahiri, le "n°2" de l’organisation, égyptiens. C'est, en fait, celui-ci qui l'a directement désigné et contrôlera le versant planification politique de l'appareil. La nationalité ne vaut pas automatiquement pour regain de popularité dans la rue « arabe ». Mais c’est un gage de connaissance intime des réseaux, notamment du Jihad islamique du Caire, qui a permis et réalisé l’assassinat d’Anouar El Sadate, sanction de sa signature d’un traité avec Jérusalem.

 

C’est Saïf El Adel qui a été choisi pour remplacer « temporairement » Ben Laden. La précaution intérimaire est intéressante, au cas où il se ferait éliminer à moyen ou plus long terme. Ancien officier des forces spéciales égyptiennes, c'est un mixte de nassero-islamisme. Cet homme a été dépêché, sous bonne couverture des Gardiens de la Révolution, en Afghanistan, dès septembre 2010, pour prendre le contrôle des réseaux Taliban et renforcer les liaisons et la mainmise de l’Iran sur la lutte contre les forces occidentales.

 

Saïf el Adel est loin d’être le seul agent iranien à la tête des escouades anti-américaines :

 

Hamdullah.png

Haji Hamidullah.

 

une fuite divulguée depuis Guantanamo précise qu’Haji Hamidullah, un détenu étroitement lié aux Taliban, est un émissaire de la Savama, acronyme du Ministère iranien du renseignement et de la Sécurité. Peu connu, il est classé comme une prise de grande valeur en matière de renseignement, posant les plus grands risques pour les Etats-Unis, leurs intérêts et leurs alliés. On peut en citer de nombreux autres, comme Ali Mussa Daqduq, dirigeant et liaison du Hezbollah en Irak, arrêté en 2007. Des membres du Congrès s’inquiètent, dans une lettre, qu’il n’ait pas encore été jugé. Il est, tout simplement, le relais entre la branche libanaise des Pasdaran, sous les ordres de Nasrallah, le Général Souleimani, chef suprême du terrorisme iranien et le Jaish al Mahdi, de Moqtada Sadr à Bagdad. C’est dans ce cadre que les représentants américains font part de leurs doutes, car on a si souvent vu de sinistres marchandages de prises de haut vol, au nom de la politique d’apaisement suivie par Barack Obama et son prédécesseur.

 

 

La domination du pouvoir au sein de cette organisation, de la part de sa branche égypto-iranienne n’est pas neutre, dans le contexte actuel des révolutions arabes.

 

Le Caire est le centre de cette propagation et tout se passe comme si on essayait de remettre le diable dans sa boîte, à travers la cour voyante faite par l’Administration Obama aux Frères Musulmans. Ou, comme si on tentait une trêve, une Houdna, par la réconciliation Hamas-Fatah, orchestrée par le Quai d’Orsay. Le Caire a des intérêts communs avec Téhéran : dont celui de s’en rapprocher et d’échanger des savoir-faire nucléaires. C’est le grand projet de Mohammed El-Baradei, depuis sa nomination à la tête de l’Agence Internationale à l’énergie Atomique. C’est l’un des aspects de sa candidature aux prochaines élections égyptiennes. Et c’est un instrument de chantage possible pour l’Iran, qui vient de remettre partiellement en service son réacteur de Buhsher.

 

Le second point chaud, actuellement, qui nous fait revenir à "Syriana", la petite sirène de Robert Bauer, c’est la Syrie. On connaît les hésitations, mais aussi les difficultés rencontrées par les diplomaties de l’Ouest, pour parvenir à une résolution minimale de l’ONU contre le tyran de Damas. La découverte récente de fosses communes autour de Deraa n’est pas pour rien dans le malaise des Occidentaux, pris la main dans le sac de leur soi-disant "politique d’engagement" avec Assad. Des mains qui dégoulinent du sang des insurgés, avec le veto de la Chine et de la Russie, mais aussi de nombreux pays arabes, qui bloquent tout processus commun. Il ne faut pas sortir de l’ENA pour se douter de l’aide massive apportée, en matière de répression, par les amis de Damas à ce sinistre carnage : le Hezbollah libanais et les Pasdaran iraniens.

 

Le tournant de cette politique de compromission avec ce qu’il faudra bien, un jour, désigner comme « l’axe du mal » - selon la terminologie jugée simplette de l’ancien texan de la Maison Blanche-, est en train de se dessiner : sous la pression, le roi de la négociation et de la porte toujours ouverte, Obama, est en train de réévaluer ce parti-pris. Il se pourrait que, face à l’immobilisme de l’ONU, le « machin », l’Amérique et quelques-uns de ses alliés européens souhaitant sauver ce qu’il peut bien rester de leur âme et de leurs yeux déchiquetés par les corbeaux, décident de rappeler un chat un chat, et, par la même occasion, leurs ambassadeurs empêtrés jusqu’au cou dans la collaboration ouverte avec un des derniers régimes vraiment fascistes de la planète.

 

Est-ce une des raisons qui font que le masque tombe, concernant la soi-disant hostilité entre Chi’isme et Sunnisme ? Et qui amène l’Iran à jouer son va-tout avec El Adel ? L’autre atout d’Ahmadinedjad pointe directement sur les Etats-Unis et la Colombie : Die Welt, en Allemagne, annonce qu’une importante délégation iranienne a débarqué à Caracas, pour y installer ses bases de missiles. Les ingénieurs de Katam al-Anbia, une entreprise iranienne du bâtiment et le chef de l’armée de l’air des Pasdaran, Amir al-Hadschisadeh sont du voyage. Ils doivent veiller à des mesures de prévention, contre toute attaque aérienne de ses bases, ou contre une incursion de commandos, par l’installation de stations de contrôle : tours d’observation, bunkers, baraquements, tout est à la charge de Téhéran. Ces travaux coûteront des dizaines de millions de $. Mais ils sont directement prélevés des revenus du pétrole de la République islamique. Ces fonds transitent en toute impunité, par la Banque d’échange irano-européenne (EIH), basée à Hambourg. Ce centre d’affaires hambourgeois est le pilier du commerce germano-iranien, pour une valeur annuelle de 4 milliards d’€ en 2010.


Rappelons, également, que le Hezbollah est présent à la frontière mexicaine, à travers le soutien logistique aux cartels de la drogue et aux filières d’émigration clandestine aux Etats-Unis.

 

La négociation avec Téhéran semble claire cristal : « Touchez à ma Syrie et continuez de croire influer en Egypte, et je me fais fort de lâcher mes faucons sur vous ».

 

En attendant, la fable théologique de la conciliation impossible des intérêts entre Sunnites et Chi’ites s’évente, au profit d’une vision pragmatique et de court terme : les grand et petit Satan(s) sont identiques, en arabe ou en farsi. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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