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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 21:20

      

 

 

Combattants du PJAK.

L’Iran frappe par-delà la frontière au Kurdistan irakien

Par Jonathan Spyer  21 juillet 2011


Adapté par Marc Brzustowski

Pour © 2011 lessakele et © 2011 aschkel.info

 

 

Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni

Directeur des Publications/Rédacteur en chef du

Global Research in International Affairs (GLORIA)

Center Interdisciplinary Center

http://www.gloria-center.org/iran-strikes-across-border-into-iraqi-kurdistan/

 

 Le conflit frontalier entre l’Iran et la région kurde a subi une escalade significative cette semaine, quand les Gardiens de la Révolution iranienne ont traversé la frontière pour engager le feu contre les groupes de guérilla de l’organisation du PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan/ Confédéralisme démocratique). Les incursions ont commencé samedi dans la nuit. Les combats se sont prolongés pendant presque toute la journée de dimanche. Tard dans l’après-midi de dimanche, un calme sous tension est revenu dans la zone de la frontière.


 

Les rapports diffèrent, quant aux nombre de victimes et aux zones de combats. L’Agence de presse officielle iranienne (IRNA) a déclaré que cinq membres du PJAK et un gardien de la révolution avaient été tués, dans la zone de Sardasht, une ville kurde près de la frontière. Les Iraniens prétendent également avoir capturé un membre blessé du PJAK. Un Colonel des Pasdaran (CGRI), Delavar Ranjbarzadeh, a fanfaronné devant l’IRNA que le PJAK avait subi «  une lourde défaite historique ».

 

Les rebelles kurdes ont démenti cette version des faits. Le porte-parole du PJAK Sherzad Kamankar a déclaré que 53 Iraniens [d'autres sources parlent de 128 Pasdaran tués]  avaient trouvé la mort dans les affrontements, aux côtés de deux membres du PJAK. Il a ajouté que le PJAK avait réussi à forcer les Iraniens à battre en retraite de l’autre côté de la ligne de frontière. Des sources kurdes rapportent la mort de deux officiers Pasdaran dans les combats, désignant l’un d'entre eux par son nom comme étant le Colonel Halit Sure.


Femmes combattantes du PJAK

Les sources kurdes dans la zone ont aussi confirmé que les bombardements iraniens se sont déroulés en d’autres endroits le long de la frontière. Les zones de Sehit Harun, Sehit Ayhan et Dola Koke, à l’intérieur de la partie gouvernée par les Kurdes d’Irak, se sont trouvées sous un feu nourri.


Autant les sources iraniennes que kurdes ont remarqué un renforcement des forces iraniennes, indiquant la possibilité imminente d’une prochaine escalade. L’IRNA a rapporté la présence de 5000 soldats de troupes iraniennes le long de la frontière. Des sources du PJAK notent que les forces iraniennes sont équipées de blindés, d’équipements lance-missiles et d’hélicoptères dotés de mitrailleuses embarquées. [Le Kurdistan a déployé 12 000 Peshmergas, en toute éventualité].


L’incursion iranienne dans la zone sous contrôle kurde du nord de l’Irak est la phase la plus récente d’un processus d’escalade qui est en cours depuis le mois dernier.

Résistance anti-iranienne kurde

Le 3 juillet, Massoud Barzani, Président du Kurdistan irakien, a mis en garde les Iraniens contre le fait que leurs troupes continuent à perpétrer des opérations transfrontalières. L’Iran a répliqué, il y a une semaine, en accusant le gouvernement Barzani d’avoir alloué 300 000 hectares de terres au PJAK, sans en avoir averti le gouvernement central à Bagdad. Des responsables iraniens ont affirmé que ces terres étaient destinées à être utilisées comme bases d’entraînement et dans le but de lancer des attaques contre l’Iran. Un responsable, cité par l’agence de presse FARS, déclarait que l’Iran « se réserve le droit de prendre pour cible et de détruire les bases terroristes dans les zones de la frontière ». Barzani a démenti qu’aucun terrain ait pu être alloué au PJAK.


 

La décision iranienne de lancer des frappes au-delà de la frontière, juste à ce moment, selon des analystes, pourrait être lié à la stratégie plus large de Téhéran d’encourager le désordre en Irak comme un moyen de mettre sous pression les USA et l’Occident. Washington est particulièrement vulnérable sur ce front, du fait de l’espoir de l’Administration américaine de mener en bon ordre un retrait d’Irak, avant la fin de cette année. Les Iraniens sont désireux de rappeler leur vulnérabilité aux Américains.


Plusieurs sources kurdes mettent en avant la préoccupation iranienne quant à la perte éventuelle du principal allié arabe de Téhéran : la Syrie d’Assad. L’assertion est généralement acceptée qu’un soutien ferme de l’Occident à l’opposition syrienne constituerait un facteur décisif qui pourrait provoquer la chute d’Assad. Un tel soutien ne s’est pas encore concrétisé. L’Iran pourrait bien considérer que l’une des façons d’empêcher l’émergence d’un tel soutien serait de rappeler sa propre vulnérabilité à Washington en cas d'éclatement confessionnel et de subversion en Irak.

 

Les évènements des derniers jours jettent ainsi un éclairage cru sur un élément largement ignoré de la guerre froide en cours entre l’Iran et ses ennemis dans la région. On a remarqué un regain d’activités des groupes terroristes chi’ites soutenus par l‘Iran en Irak centrale et du sud, au cours des dernières semaines. Les actions de tels groupes se sont soldées par la mort de 15 hommes de troupes américains en juin.

Il apparaît désormais que les zones sous contrôle kurde du nord de l’Irak sont également incorporées dans la campagne iranienne de déstabilisation. Semer la pagaille et les conditions d’une crise dans le Kurdistan irakien est d’une valeur stratégique particulière, parce que cette zone s’est avérée être la plus tranquille et la partie la mieux administrée du pays depuis l’invasion américaine.


Le Général de Brigade des GRI, Mohammad Pakpour, a juré d'éradiquer le PJAK. Il a prétendu avoir pris le contrôle de trois bases de ce groupe, ce que celui-ci dément. 


La présence de groupes de guérilla anti-iranienne et anti-turque dans la zone frontalière des montagnes de Qandil a posé un dilemme aux autorités kurdes. Totalement conscientes des conditions extrêmement difficiles auxquelles leurs frères kurdes sont confrontés dans ces pays, ils se sont montrés réticents à agir contre ces éléments.


La conséquence est que les bombardements iraniens et les raids aériens turcs font partie intégrante des conditions de vie de ces zones. Cela a continué même lorsque les autorités kurdes ont tenté d’établir des relations normales avec l’Iran et la Turquie.


L’Iran apparaît désormais activer ce front, de façon à poursuivre ses propres objectifs. Les compte-rendu des médias officiels iraniens et des programmes des rebelles kurdes diffèrent largement, sur ce qui s’est exactement passé dans la zone frontalière entre le Kurdistan irakien et l’Iran, au cours de ces derniers jours. Ces compte-rendu s’accordent, cependant, sur au moins un point central : un énorme bain de sang a eu lieu, durant les combats entre les Gardiens de la Révolution et le PJAK, à la suite des incursions iraniennes à travers cette frontière. De plus vastes escalades dans les semaines à venir apparaissent plus que probables.


Au sujet de Jonathan Spyer

Jonathan Spyer est un chercheur permanent majeur au Centre de recherché globale en affaires internationales d’Herzliya, en Israël. Il est l’auteur du « Feu en transformation : le conflit israélo-islamiste (Continuum, 2010) et éditorialiste au quotidien Jérusalem Post. Spyer est détenteur d’un Doctorat en relations internationales de l’Ecole Londonienne d’Economie et d’un diplôme du Master en politiques moyen-orientales de l’Ecole d’études orientales et africaines de Londres. Il a servi au sein d’une unité d’avant-garde au combat, dans les Forces de Défense d’Israël en 1992-3, et a combattu durant la guerre du Liban de 2006. Entre 1996 et 2000, Spyer était employé au Bureau du Premier Ministre d’Israël. 

 

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commentaires

A
<br /> " l’Iran se réserve le droit de prendre pour cible et de détruire les bases terroristes dans les zones de la frontière".<br /> L’Iran ne verra donc aucun inconvénient à ce que Tsahal prenne pour cible et détruise les bases terroristes de son supplétif du Hezbollah dans les zones de la frontière nord d’Israël.<br /> <br /> <br />
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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