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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 07:46

 

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L’islam, c’est la Laïcité…

Par Alain RUBIN

pour © 2011 www.aschkel.info

Comme on dit, le ridicule ne tue plus. Est-ce dommage ? On en jugera en écoutant les propos suivants, des propos édifiants.

Je vous avoue que c’est à peu près cette pensée, que le ridicule ne tuait plus, que m’a inspiré la conclusion qu’un « philosophe » et « anthropologue » tunisien, un universitaire, monsieur Youssef Seddik, a voulu donner au débat organisé sur Europe 1, lors de l’émission hebdomadaire de Jean Louis Basse.

16 avril cinq heures trente donc, mon radio réveil fait bien son travail. Je sors du sommeil et j’entends, je cite : « …La France n’a pas fini de changer. Il faut voir la réalité de la France dans sa dynamique, pas dans son passé qui continuerait. Il faut voir les problèmes, dans l’avenir, dans quelques années. Quelle sera alors la majorité dans ce pays ? »

Le « philosophe » répondait en ces termes, à cet instant, à cette question-affirmation qu’il se posait : « dans ce pays, dans quelques années, la majorité judéo-chrétienne sera la minorité, et si l’on suivait alors le raisonnement de « monsieur Dupont néant »*1, les enfants de la majorité actuelle devront s’adapter aux normes (islamiques) de la minorité actuelle ».

Je résume les paroles du « philosophe ». il répondait, avec plus qu’un soupçon d’agressivité, aux propos de Nicolas Dupont-Aignan, en le traitant de « néant ». Egalement présents autour du micro, Odon-Valet*2 et Dounia Bouzar.

Vous vous en doutez, la discussion portait bien évidemment sur un non-problème, sur un problème qui ne se poserait pas, je veux dire, les questions de la Laïcité. La discussion plaçait en perspective la question de la laïcité. L’échange peu amical se rapportait à la présence aujourd’hui « minoritaire, mais probablement majoritaire demain » (Youssef Seddik), d’une population venue principalement ou originaire d’Afrique du nord ou de pays islamiques.

En deux ou trois phrases, Youssef Seddik nous a donné à avaler quelques futures énormes couleuvres.

Je ne relèverai pas ici les paroles de madame Dounia bouzar, leur banale mauvaise foi ainsi que leur insignifiance les prive de tout intérêt.

Par contre, je veux retenir et insister sur celles de l’universitaire tunisien.

Reprenons sa problématique paradigmatique : Si on soutient que la minorité arabo-musulmane doit en 2011 se soumettre aux normes comportementales déterminées par la religion et la non-religion de la majorité historique de ce pays, alors il ne faudra pas se plaindre, ni trouver abusif, que dans quelques années, la minorité étant devenue majorité, elle exige de l’actuelle majorité devenue minorité qu’elle se soumette à de nouvelles normes et les adopte bon gré mal gré…

Mais rassurez-vous, l’islam est un bon bougre. Intrinsèquement, il est la religion « qui incarne le mieux les valeurs laïques ». Eh oui... ça vous en bouche un coin, ça ? D’ailleurs, a rajouté notre universitaire, c’est l’islam en Espagne qui a libéré les Juifs.

Vous ne le saviez pas ? L’islam a libéré les Juifs vivant en Espagne ?!

Maïmonide nous aurait-il menti ?

N’aurait-il pas été obligé à se convertir à l’islam (cet épisode douloureux de la vie du penseur permet à certains apologistes de la douce croyance de s’approprier le penseur juif) ?

Les Almohades et les Almoravides n’auraient-ils pas renversé les Omeyades ?

Après Maïmonide, les historiens et la tradition espagnole nous auraient-ils raconté des balivernes en nous disant que les deux dynasties de Berbères djihadistes avaient revigoré et renforcé les normes oppressives du Pacte d’Omar, ce dispositif juridique se prétendant volonté divine, réglementant l’infériorité institutionnelle des Juifs, sans parler des chrétiens ?

Mais alors, si monsieur l’anthropologue philosophe dit vrai, en 1066, 3 à 5000 Juifs de Grenade, soit la totalité des Juifs de la capitale des conquérants musulmans, n’auraient pas été massacrés par ces derniers parce qu’ils s’obstinaient à ne pas vouloir devenir eux aussi de braves, bons et doux fidèles de MHMD ? Encore une autre légende noire qui s’effondre ? Merci, monsieur l’universitaire, merci.

On a beaucoup parlé des croisades. On a dénoncé plus particulièrement les violences qui se sont déchaînées lors de la première croisade, déferlant sur les cités rhénanes, s’en prenant aux Juifs auxquels on proposait la conversion ou la mort.

Ce n’est pas un mensonge, la première croisade massacrera bien, sauvagement, de nombreux Juifs qui refusaient de se renier.

 Mais les chiffres restent les chiffres. Dans leur fureur, les participants à la première croisade n’ont  pas massacré autant de Juifs, -pendant toutes ces semaines et ces mois d’exaltation fanatique-, que les tenants de l’islam « ibérique » n’en ont massacrés, dans une seule ville, en une journée.

C’est évident, monsieur Seddik, cet islam qui « aurait libéré les Juifs vivant en Espagne », a surtout libéré des obstinés de leur existence terrestre, en les envoyant ad patres.

Quelle délicieuse libération ? Monsieur Seddik voulait nous rassurer en évoquant l’Espagne mauresque, je crois qu’à l’inverse il nous aura définitivement inquiétés.

Nous devrions, pour lui faire droit : renoncer aux garanties et aux contraintes légales que la première et la troisième république imposeront aux cultes existant alors, aux moyens des grenadiers, au moyen des décisions impériales, au moyen de la loi et de l’autolimitation des religions présentes alors.

Pour dire les choses autrement : monsieur l’anthropologue philosophe a raconté, aux auditeurs d’Europe I, des balivernes, distillant sur les ondes une légende dorée se voulant rassurante concernant les siècles de domination-oppression en Espagne mauresque.

Evidemment, la chronologie c’est la chronologie.

Monsieur Seddik ne pouvait pas, samedi 16 avril à cinq heures du matin, savoir ce qui se passerait le lendemain et le surlendemain. Il ne pouvait savoir ce qui se produirait au Nigeria, à la suite de l’élection d’un Président chrétien, Goodluck Jonathan, qui a reçu les voix de 22,5millions d’électeurs, -soit 57% des suffrages valablement exprimés-, tandis que le candidat nordiste et musulman n’en obtenait que 12,2%.

Il ne pouvait pas savoir, notre brave philosophe apologiste de cet imaginaire islam de Cordoue, que les supporters de Muhammadu Buhari, le candidat musulman battu, allaient manifester leur déception de la manière la plus expéditive qui soit : par les incendies d’églises, les mises à feu de maisons et les voitures de nigérians chrétiens, et que 276 personnes seraient blessées et 15000 autres devraient être déplacées en urgence...

L’argument des incendiaires est qu’il est impossible que dans le sud chrétien Goodluck ait recueilli  autant de voix, jusqu’à 95%. Impossible ? Etonnant ?

A voir comment les nigérians musulmans réagissent à une élection qui n’est pas favorable à leur candidat, il aurait été effectivement étonnant et même totalement paradoxal que les nigérians chrétiens votent pour Muhammadu Buhari.

Mais ça ne fait rien, gageons que le journaliste d’Europe1, les autres rédactions, ne réinviteront pas monsieur le Professeur Seddik pour lui demander comment il explique ces 15000 personnes évacuées en urgence, ces 276 blessés, victimes d’hommes que tout devrait porter à « incarner la Laïcité » et, par conséquent, à prohiber absolument les meurtres et les destructions de biens lorsque ce n’est pas leur candidat qui est élu ?

Alain Rubin

 

*1 Pas très poli notre universitaire tunisien... Pas une fois, au cours de l’émission, Alzheimer ayant certainement frappé ce brave homme, pas une fois donc, il ne se montrera capable de ne pas écorcher grossièrement le nom de l’homme politique gaulliste qui lui faisait face et réclamait le respect des lois et des normes séculaires de la majorité d’hommes et de femmes qui ont fait ce pays, hommes et femmes qui en ont fait de ce pays : une nation qui ébranla, sur toute la planète, le vieux monde médiéval et seigneurial, un pays, une Nation, dont la grande révolution relia la démocratie politique à la démocratie sociale.

*2 Odon Valet, lui, nous promena en Alsace, dans cette Alsace concordataire qui a sa préférence. Au passage, nous prenant lui aussi pour des nouilles ou faisant lui-même une confusion, il omit de nous dire l’origine prussienne de ce concordat mosellan et alsacien. Quant au premier en France, s’imposant dans toute la France, celui de l’Empire français, pas celui du nouvel empire germanique des Hohenzollern, il se caractérisa par sa vigueur. Pour discipliner les « papistes », Napoléon enverra à Rome une petite escouade de grenadiers et de hussards de la garde se saisir de la personne du Pape. Il l’installera en résidence surveillée au Palais de Fontainebleau.

La Prusse du concordat ne lésinait pas non plus sur les moyens, pour que l’Etat domestique les religions. Ce fut aussi l’époque de Bismarck et du « kultur Kampf ». Personne ne se serait alors autorisé à invoquer la loi religieuse contre la loi civile, ni à pronostiquer des changements de majorité ethnique pour imposer la dictature des « croyances » d’une minorité quelconque.

Face aux Juifs et au Judaïsme, la France concordataire imposa la réunion des notables élus et des Rabbins porteurs du savoir de la loi talmudique. Ils ne sortiraient de réunion qu’après avoir coupé dans la halakha (les normes mosaïques) tout ce qui ne concordait pas avec la loi de la République. C’était cela, ou les Juifs vivant en France ne devenaient pas citoyens. Sans ces ajustements, ils pourraient vivre paisiblement en France, à l’abri des coups de mains pogromistes, mais en y demeurant à vie en qualité d’Hébreux en exil, jamais en qualité de citoyen ; pas moins, mais pas plus !c’était cela le concordat, la primauté de la Loi des hommes.

J’ai aussi remarqué que notre philosophe des religions n’est pas venu au secours de Dupont-Aignan, concernant justement l’intégration de la « religion juive » dans la république. Evidemment, confirmer le propos de l’homme politique aurait beaucoup peiné l’anthropologue tunisien agitant le spectre et la menace du changement de majorité ethnique...

Pour dire les choses autrement, Odon Valet, madame Bouzia et monsieur Seddik, tous trois ce sont bien gardés, quand ils ont mentionné la loi de1905, de nous dire qu’elle reconnaissait la liberté religieuse, la liberté  des cultes, mais... dans le strict respect des lois en vigueur, et que comme pour les autres droits et libertés, droits et libertés religieuses étaient encadrés par le maintien de l’ordre public, ainsi que par l’interdiction des interventions à caractère politique dans les assemblées de fidèles. Evidemment, cet aspect de 1905, ces articles ponctuant la loi, constituant une reprise de principes imposés aux Juifs vivant en France à l’époque du 1er empire ; ça ne cadre guère avec une croyance et un mode cultuel qui mélange croyance et activité de caractère politique. Cela ne cadre surtout pas avec la prétention de soumettre les normes légales et les us et coutumes français au principe d’une liberté religieuse musulmane illimitée, qui n’aurait d’autre limite,-sauf à se considérer opprimée- qu’elle-même c’est à dire celles fixées ici et là par ses sectateurs.

Alain Rubin

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commentaires

akry 21/04/2011 18:17


Merci, Alain Rubin, de nous éclairer avec ces éléments d'histoire. Cela nous donne des arguments pour contrer cette constante mauvaise foi et nous donne la mesure de la takya.
Pour en revenir à l'émission, cela prouve que tout est bon pour faire prendre aux auditeurs des vessies [de porcs] pour des lanternes. Tout est bon, comme dans le cochon.


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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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