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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 18:55

 

 

      

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

 

 

Le 10 décembre 2012, c’est dans des termes édulcorés que l’Union Européenne a condamné les propos du dirigeant (Hamas) Khaled Mechaal, lancés le 8 décembre 2012 devant 100 000 personnes dans la ville de Gaza. Ses déclarations ont certes été qualifiées « d’incendiaires » et jugées « inacceptables » puisqu’elles nieraient « le droit à l’existence d’Israël », mais il n’est pas certain que l’Union Européenne en ait parfaitement compris la portée. L’Union Européenne s’est bornée à réaffirmer son « engagement fondamental pour la sécurité d’Israël », confirmant le maintien de « ses efforts pour lutter contre le terrorisme qui cherche à saper l’ouverture et la tolérance des sociétés par des actes de violences aveugles contre des civils » ou encore contre « ceux qui embrassent et promeuvent la violence aveugle contre des civils », mais le message de  Khaled Mechaal était autre. Il n’encourageait pas seulement la poursuite des actes terroristes contre les civils israéliens,  ni ne s'est contenté de nier le droit à l’existence d’Israël : il a véritablement appelé à l’éradication d’Israël, au génocide du peuple d’Israël, c'est-à-dire encouragé à commettre un crime contre l’humanité.


Pour Khaled Mechaal (qui n’avait pas foulé le territoire de la bande de Gaza depuis 37 ans), les thèses développées dans la charte du Hamas doivent rester au coeur de la pensée palestinienne, tout comme les finalités imparties par le document. Au commencement de son allocution, il a remercié les invités de la diaspora, et les peuples de la oumma (nation), rappelé l’unité des « territoires palestiniens de Cisjordanie, de Gaza et des territoires de 1948 » et rappelé la voie, celle du « jihad et du martyre », à la mémoire du fondateur Cheikh Ahmed Yassine et celle des martyrs du Hamas de Gaza ou de Cisjordanie éliminés par Israël.


Il a ensuite placé son discours dans une dialectique religieuse en demandant à Allah de « couvrir de sa grâce » tous les martyrs « qui par leur sang » sont tombés en Cisjordanie, qu’il (Allah) guérisse les blessés, « ces légions qu’Allah a gravé sur le corps de ces leaders », et qu’il encourage « le mérite des endurants sur le front ». Aux prisonniers, il a promis qu’ils seraient bientôt sortis de derrières les barreaux pour revenir chez eux, insistant qu’il restera fidèle à sa promesse et à son serment (ponctuant régulièrement son propos de « Inch' Allah »).


Sa démonstration s’est alors positionnée sur l’unicité du peuple palestinien : « Par Allah, le peuple d’abord ! (répété à trois reprises), dont sont issues  « les factions de la résistance ». Puis, plein d’humilité, il s’est interrogé sur les erreurs, les échecs, les enseignements et leçons qu’il convenait de tirer et les éventuelles corrections à apporter, à partir « du socle du mouvement, de ses fondamentaux et principes ».


Il a alors lancé le premier principe : « De la rivière jusqu’à la mer, du nord jusqu’au sud, la Palestine est notre terre et notre droit ; la Palestine est notre patrie. Nous ne négligerons et n’abandonnerons aucun cm2, ni aucune partie de notre terre ». S’en déduit le principe suivant : « La Palestine a été et restera pour toujours arabe et musulmane ; elle est à nous et n’est à personne d’autre ». Conséquence : « nous ne pourrons reconnaître la légitimité de l’occupation » (qu’il répète à trois reprises) avant de préciser « Tout ce qui est colonisation, judaïsation et falsification des vestiges sera « balayé et piétiné par la Résistance palestinienne ».


Son ton s’est alors fait plus virulent : « La libération de la Palestine et de toute la Palestine est « wajib » (c’est-à-dire une obligation) un droit et un objectif, et ceci est la responsabilité du peuple palestinien, (voire même) de la nation arabe et de toute la nation musulmane (qu’il sollicite de son soutien logistique et financier), « car toutes les luttes politiques, diplomatiques, populaires, juridiques…n’ont aucune valeur sans la Résistance ! ». (L’Union Européenne n’a pas dû entendre cette partie du discours, le cas échéant, elle aurait perçu, non une divergence de vue du côté du Hamas, mais bien une volonté d’anéantir un Etat reconnu au sein de l’Onu).


Khaled Mechaal a alors accentué le rôle de la résistance : c’est « un moyen et non un objectif » car « l’Histoire et les règles que Allah a instituées dans la vie des nations, montrent qu’il n’y a pas de victoire ni de libération, sans Résistance, sans batailles ni sacrifices ! » (L’Union Européenne a dû occulter cet aspect de la démarche palestinienne).


Pour autant Khaled Mechaal n’est pas un raciste mais a simplement entendu sauver l’humanité du sionisme : «  Nous ne combattons pas les juifs parce qu’ils sont juifs, mais nous combattons les sionistes occupants, agresseurs et nous combattrons tous ceux qui essaieront de coloniser notre terre ou de nous agresser! Nous combattons ceux qui nous combattent, ceux qui nous assiègent et qui souillent nos lieux sacrés et notre dignité ! ».. « Car le sionisme n’est pas seulement l’ennemi du peuple palestinien, mais également de la nation arabe, musulmane et même de l’humanité ».

Il s’est donc engagé à libérer Jérusalem : « Al-Qods est notre âme, notre histoire, notre mémoire, notre passé, notre présent, notre avenir, notre capitale éternelle ; nous y tenons et nous la libérerons, cm2 par cm2, quartier par quartier, caillou par caillou, et lieux sacrés musulmans et lieux sacrés chrétiens, et Israël n’a aucun droit sur al-Qods ! » (ce propos a dû échapper à L’Union Européenne).


Khaled Mechaal a, alors, résumé son programme : « La libération d’abord puis l’Etat! »  car «  le véritable Etat est le fruit de la libération et non le fruit des négociations ! ». « il faut donc, tout d’abord,  se réconcilier, recouvrer l’unité nationale, puis prendre les armes et résister, resserrer les rangs et l’amour entre les cœurs entre le mouvement et entre les enfants du peuple palestinien! Puis faites que votre frappe soit forte ».


La Palestine vient à peine d’intégrer l’Onu (le 29 novembre 2012) mais ses dirigeants n’en ont pas bien compris les finalités décrites dans le préambule de la Charte à savoir : préserver les générations futures du fléau de la guerre, proclamer la foi dans les Droits de Homme, créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respects des obligations internationales, instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande...(il faudra bien qu’un jour ce décalage soit pointé du doigt).


Mieux, Israël serait parfaitement fondé à saisir la Cour pénale Internationale (dont le statut a été signé le 17 juillet 1998), instituée pour promouvoir le droit international et juger tout individu auteur de génocides, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de crimes d’agressions. C’est le cas du discours et du programme que le Hamas mettra en œuvre dès qu’il aura été démocratiquement élu par les palestiniens. De son côté, l’Union européenne, toujours aussi naïve ne comprend manifestement pas la problématique moyen- orientale lorsqu’elle renvoie Israël et les palestiniens dos à dos en se disant « profondément consternée et fermement opposée » aux plans d'Israël visant à étendre les implantations qui,  « compromettent la viabilité d'un État palestinien ». Elle devrait, au contraire, se dépêcher de recommander la destitution de la Palestine de son statut d’Etat non membre, ou tout moins, la traduction de ses dirigeants devant la CPI.

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commentaires

Hermine LEBOUTTE 21/12/2012 01:46

Je n'ai rien lu de mieux...

Hermine LEBOUTTE 21/12/2012 01:39

Je n'ai rien lu de mieux...

philippe 18/12/2012 06:11

Excellent article.

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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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