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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 14:15

 

 

golan-fence (Copier)

La barrière de sécurité sur le Golan

 

 

 TONY BADRAN

 

Cela tombait, sans doute, à point nommé, que les frappes israéliennes multiples, à Damas, la semaine dernière, suivent d’aussi près l’allocution du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah à Téhéran. Nasrallah avait averti, mardi dernier, que la « résistance » était prête à faire face à toute agression israélienne et qu’elle sortirait victorieuse de toute confrontation. Au lieu de quoi, Nasrallah est retourné penaud de Téhéran, juste à temps pour assister à la destruction, par Israël, de multiples cargaisons de missiles balistiques iraniens, destinés à son mouvement. Les raids israéliens ont apporté, si c’était encore nécessaire, la clarté stratégique, quant à sa position face au conflit en Syrie, mettant bien en relief deux points fondamentaux : il n’est pas question, pour Israël, de laisser se modifier l’équilibre des forces avec l’Iran. Et, en outre, il a démontré que la capacité de l’Iran à répliquer reste, décidément, bien limitée.

 

 

Il y a eu une grande confusion dans certains des commentaires des medias, quant à l’objectif et à la signification de l’attaque aérienne d’Israël en Syrie. Cela dit, les cibles – des roquettes à longue portée et des sites de stockage de missiles balistiques- représentent un indice suffisant pour comprendre quel est l’objectif d’Israël. Le calcul du gouvernement israélien est plutôt évident : il ne permettra pas le transfert d’armes stratégiques iraniennes au Hezbollah. En d’autres termes, à l’inverse de l’Administration Obama, Israël réfléchit sérieusement à l’équilibre des forces régionales – qui est l’enjeu majeur des combats en Syrie- en termes stratégiques.

 

 

Michaël Ross.

 

L’ancien officier des opérations du Mossad, Michaël Ross, a approfondi ce point, avec moi, par e-mail. L’attaque des forces aériennes d’Israël, m’a-t-il écrit : « souligne à quel point les dynamiques propres au conflit syrien sont perçues différemment par les Israéliens et le reste du monde ». L’Administration Obama, par exemple, a trouvé politiquement opportun d’insister sur le fait que sa préoccupation fondamentale concerne l’émergence d’extrémistes sunnites et la possibilité que les armes chimiques du régime Assad « ne tombent en de mauvaises mains », c’est-à-dire, celles de ces mêmes groupes terroristes sunnites.

 

 

Cependant, ce ne sont pas les priorités stratégiques d’Israël, concernant la Syrie, explique Ross. « Bien que les problèmes posés par la progression du Jihadisme et le risque lié aux armes chimiques sont importants », écrit-il, « la plus haute priorité absolue du gouvernement israélien – et par extension, de la communauté du renseignement et des cercles militaires – est d'empêcher qu’une capacité liée à la possession d’armements de première frappe, qui menacent les grands centres de population d’Israël, n'aboutisse entre les mains du Hezbollah ».

 

Comme je l’ai écrit  en février, à la suite de la première frappe israélienne en Syrie, contre un convoi d’armes en direction du Hezbollah, ces coups portés font partie intégrante d’une campagne plus vaste, datant des conséquences immédiates de la guerre de 2006. Cela remonte au moment où les Iraniens ont pris la décision de se concentrer sur les missiles balistiques et des roquettes à capacités de longue portée, et de les déployer au Liban et à Gaza. La Syrie était, alors, la plaque tournante essentielle de cette chaîne de transmission régionale.

 

Israël a pris la décision par lui-même, de prendre pour cible la filière iranienne et de poursuivre ses personnes-ressources les plus importantes. Depuis 2008, on a assisté à l’élimination du commandant en chef de la branche terroriste et militaire du Hezbollah, Imad Moughniyeh, des deux commandants en chef du Hamas, en charge de l’approvisionnement en missiles, Mahmoud Mabhouh et Ahmed Jabari, de l’agent de liaison syrien, le Général Mohammed Suleiman, et du cerveau du programme de missiles balistiques de l’Iran, le Général Hassan Tehrani Moghaddam.

 

Ces éliminations viennent s’ajouter à diverses frappes aériennes contre des usines et des centres de distribution au Soudan, des convois d’armes, et les explosions mystérieuses dans des dépôts de stockages divers et variés, au Liban, aussi bien qu’en Iran, comme celle qui a tué le Général Moghaddam, en 2011. En fait, on est tenté d’ajouter à la liste, les explosions entendues -mardi dernier-, à l’ouest de Téhéran, dans une zone où l’Iran développe des recherches balistiques et entrepose des missiles.

 

 

Selon une source très bien informée à Washington, “Israël peut détecter absolument tout mouvement en Syrie, grâce à des satellites à l’épreuve de n’importe quel climat ». En mars 2010, lorsqu’Assad a transféré des roquettes Scud-D au Hezbollah, cette source m’a confié, à la suite de la frappe de janvier, que : « c’était une nuit particulièrement nuageuse et que, même là, les Israéliens ont détecté que le transfert se déroulait dans une zone avec de hautes probabilités de dommages collatéraux, c’est pourquoi ils ont suspendu la décision de faire feu. Ils l’ont toujours regretté, depuis, et, cette fois-là, ils n’y ont pas été ». Peut-être était-ce vraiment le temps, le risque de tuer des civils, peut-être était-ce dû à l’Administration Obama, alors à la pointe de ses efforts en vue de « négociations » avec les Syriens, qui a conseillé à Israël de ne pas le faire,  préférant exprimer les « préoccupations américaines, directement, au Gouvernement syrien ».

 

De façon curieuse, les commentaires attribués à Hassan Nasrallah, publiés par le journal koweitien al-Rai, hier, semblent confirmer les informations de ma source. Le Chef du Hezbollah aurait confié à des visiteurs « qu’on s’attendait à ce que raid israélien « ait lieu au printemps 2010, mais qu’il avait été reporté ».

 

Bien que le Hezbollah soit parvenu à acquérir un nombre limité de ce genre de missiles, Israël serait en mesure de les anéantir, et ses systèmes de défense anti-missiles seraient probablement capables de gérer cette menace. « Israël dispose d’une bonne maîtrise de tout ce qu’il y a dans cet arsenal, actuellement », m’a confié Ross. « Mais, il empêchera toute augmentation – plus particulièrement de missiles plus avancés ou de systèmes de plus longue portée » - d’armes susceptibles de mettre en joue les villes israéliennes ».

  

Avec la nette accéleration du transfert, par les Iraniens, d’autant d’atouts que possible, de Syrie vers le Liban, la probabilité est grande d’autres frappes en Syrie. Selon le reportage d’al-Raï, Nasrallah a déclaré que si cette frappe s’était produite au Liban, « la réplique aurait été immédiate ». Peut-être que Nasrallah est très imbu de lui-même, ou alors aurait-il pu concéder, que son groupe terroriste puisse se le permettre ou pas, qu'une frappe de grande ampleur au Liban lui aurait, de toutes façons, forcé la main. Cela dit, ce qu’il n’a fait qu’admettre, toute bravache mise à part,  c’est qu’Israël est capable de pulvériser les atouts stratégiques de « l’axe de la résistance » en Syrie en pouvant raisonnablement s’attendre à ce que l’Iran et le Hezbollah l’encaissent sans broncher. Comme l’expose Ross, Israël reconnaît que la Syrie est l’actuel « talon d’Achille de l’Iran », un fait dont les Iraniens sont pleinement conscients.

 

En réalité, en supplément des cibles de dépôts de stockage de missiles balistiques, en plein cœur de Damas, les frappes de dimanche ont, d’après certains rapports, touché des installations gérées par le personnel des Gardiens de la Révolution iranienne. Quand le Ministre iranien des Affaires étrangères s’est plaint, à Damas, mardi, du fait qu’il était « grand temps de dissuader l’occupation israélienne », il soulignait, précisément, l’inaptitude de Téhéran à le faire. Au lieu de quoi, il a assisté sans moufter à la destruction de certains de ses meilleurs atouts, jusqu’au Soudan, pour Gaza et le Liban et, d’un bout à l’autre, jusqu’à Téhéran même. Aujourd’hui, il observe, les bras ballants, comment ses systèmes stratégiques et son personnel en Syrie, deviennent des cibles pour les opérations israéliennes courantes – sans faire mention de la pénétration exceptionnelle de leurs renseignements- qui, n’ont eu aucune difficulté à brouiller et outrepasser les systèmes de défense russes, que finance l’Iran (et qu’il acquiert pour lui-même, dans l’illusion de protéger ses sites nucléaires).

 

 

Lorsqu’on lit les choses dans ce contexte, ces frappes tactiques démontrent faire partie intégrante d’une vision stratégique clairement articulée et d’une portée bien plus vaste – le genre d'optique d’ensemble qui fait cruellement défaut à Washington. Alors que les Etats-Unis mégotent pour gagner encore un peu de temps en poursuivant un autre nouveau « processus » avec la Russie, et se contorsionnent dans tous les sens, en reculant toujours plus loin la « ligne rouge » qu’ils n’ont jamais eu la moindre intention de défendre, Israël, comme l’expose Lee Smith, « perçoit le projet régional de l’Iran, de façon stratégique, et la Syrie comme partie intégrante d’une globalité bien plus vaste ». A l’inverse, ajoute Smith, les Etats-Unis «  ressemblent moins à une superpuissance qu’à un petit chef de rang moyen ».

 

En se concentrant sur les priorités vraiment pertinentes, en Syrie – maintenir l’équilibre des forces régionales et briser l’axe iranien – Israël offre une grande clarté stratégique, alors que tout ce que l’Amérique est capable d’apporter, n’est que confusion.

 

Tony Badran is a research fellow at the Foundation for Defense of Democracies. He tweets @AcrossTheBay.

 

https://now.mmedia.me/lb/en/commentaryanalysis/israels-strategic-clarity-in-syria

Adaptation : Marc Brzustowski

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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