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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 08:11

 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2013 lessakele

Le 13 mai 2013, la remise du trophée du champion de France au club de football « Paris Saint Germain » a tourné à l’émeute et au déchaînement de violences. Des casseurs ont profité de l’évènement pour saccager des commerces, les piller, agresser des touristes, incendier des véhicules, dégrader des scooters et bien évidemment s’en prendre aux forces de l’ordre. Curieusement, la question de la responsabilité s’est focalisée sur l’autorité encadrante en l’occurrence,  le Ministre de l’intérieur Manuel Valls, la Préfecture de police, les dirigeants du club de football, ou encore le Président de la Ligue de Football Professionnel…A aucun moment,  la réflexion n’a porté sur la raison pour laquelle des masses humaines « sans foi ni loi » se livrent ainsi à ces actes de violence, comme s’il s’agissait d’une donnée contre laquelle on ne peut rien faire.
On peut notamment citer Jean François Copé qui s’en est pris aux acteurs « en charge de  la sécurité », réclamant le départ du Préfet de Police de Paris, Bernard Boucault et assurant ne pas « lâcher » le Président de la République et le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls sur la question « des responsabilités dans les débordements des casseurs». Il s’agit, certes, d’une démarche politicienne, mais il ne s’est pas privé d’égratigner le Président de la République François Hollande et son « audace » pour avoir réaffirmé publiquement « sa confiance au préfet de police de Paris et au Ministre de l'Intérieur ». Eludant le problème de fond qui est celui du comportement des casseurs, le Président de l’UMP a même exigé une commission d'enquête à l'Assemblée, et affirmé que si le Préfet n'était pas démis de ses fonctions, la question du départ de Manuel Valls serait posée...
Sur le terrain administratif, les différents intervenants n’ont pas catégoriquement nié leur responsabilité dans la survenance des évènements. Les co-organisateurs de la manifestation, le président du PSG Nasser al-Khelaïfi, Le Directeur général Jean-Claude Blanc et Le Président de la Ligue de Football Professionnel (LFP) Frédéric Thiriez, ont accepté d’endosser une partie des responsabilités compte tenu de l’autorisation donnée de remettre le trophée au Trocadéro, et non dans l’enceinte du Parc des Princes. Pour sa part, la Préfecture de police (qui avait tout de même déployé 800 policiers), s’est interrogée sur  la pertinence d'organiser la cérémonie au Trocadéro (reconnaissant implicitement son implication dans le choix) et précisant que toute manifestation publique du club serait désormais interdite. Enfin, les syndicats de police, Alliance (syndicat de gardiens de la paix) et Synergie (syndicat d'officiers), ont également reconnu avoir sous-estimé l'ampleur de la cérémonie…Une fois encore, la responsabilité des casseurs s’en trouve atténuée par le rôle des organisateurs et du service d’ordre.
En fin de compte, les différents intervenants se sont presque excusés d’avoir voulu fêter l’événement populaire dans les rues de la ville de Paris (et non dans l’enceinte du stade) pour en faire profiter le plus grand nombre, comme cela se fait dans les grandes villes européennes. Or, cet aveu de culpabilité voilé a bien évidemment une conséquence, celui de déresponsabiliser les véritables auteurs des violences à savoir les casseurs eux-mêmes alors que le véritable problème est celui de comprendre pourquoi des individus qui ne sont pas spécialement impliqués dans le monde du football, se déchaînent dans un tourbillon de violences urbaines, au point d’influer sur le choix du lieu des prochaines manifestations festives.
La France, comme l’ensemble des pays de l’Union Européennes, connaît ce mécanisme comportemental à l’occasion de manifestations populaires, qu’il s’agisse de revendications de corps professionnels ou d’étudiants. Des groupes, sans liens avec les manifestations, profitent de la diversion causée par le monde déambulant dans les rues, pour casser et piller les magasins qui se trouvent aux alentours.
Ce comportement humain est d’ailleurs parfaitement appréhendé par le Droit puisque le Code pénal sanctionne ces agissements avec l’article 222-14-2: « Le fait pour une personne de participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende ».
C’est le mécanisme qu’il faut comprendre : de jeunes personnes frustrées, en mal de vivre, en quête de revanche (contre la société), se réunissent pour libérer une agressivité incontrôlable. Ils cultivent une frustration et un désir de vengeance contre les « nantis » et entretiennent leur excitation jusqu’au moment du passage à l’acte. Généralement originaires de banlieues, animés par des poussées d'adrénaline, ces jeunes laissent alors libre cours à tous les dérapages. Leur nombre les désinhibe, et la furie se propage entre tous les membres alors que pris individuellement, ils ne commettraient pas les méfaits dont ils devront, en cas d’interpellation, répondre à la barre du Tribunal correctionnel.
Or, au lieu de civiliser les jeunes des banlieues, et de les éduquer pour éviter qu’il ne libère leur violence au moment des rassemblements populaires, la société civile se borne à anticiper leur réaction et à prendre les précautions suffisantes pour éviter tout risque de débordement en cas de manifestations dans des lieux publics, sans mesurer qu’au fil des années, la folie de ces bandes sera de plus en plus compliquée à contenir.
La raison en est simple. L’Etat s’occupe des masses populaires dans leur dimension collective et non individuelle. Il installe des populations dans des banlieues, les laisse  livrées à elle-même (sans que la police ne puisse s’y rendre) et ne craint pas de les voir grossir dans un abandon généralisé. Aucune gestion individuelle, aucun travail pédagogique n’est entrepris, pour communiquer sur le fonctionnement des règles républicaines ou le respect de la personne et des biens d’autrui, alors que le comportement de ces jeunes marginalisés est animal, violent et haineux. A terme, ce déni se retournera incontestablement contre l’Etat lui-même : lorsque les bandes seront suffisamment puissantes, elles pourront se  structurer et fomenter des guerres civiles.
Les palestiniens grandissent également dans cet esprit de frustration nourrie et contenue,  avec une agressivité prête à se libérer lorsque l’heure sera venue. Dans leur dimension collective, ils sont de la même manière déresponsabilisés sans apprentissage de la maîtrise de soi et de la domination des pulsions, mais juste dans une forme de victimisation (justifiant l’injustifiable) avec des responsables de la situation qui sont Israël, la communauté internationale (qui ne s’occupe pas de leur sort), et Mahmoud Abbas (cette marionnette des Etats Unis).
Les populations administrées sont à l’image des décideurs : lorsque les responsables politiques, nationaux et internationaux, seront individuellement irréprochables, ils s’occuperont des populations dans leur dimension, non plus collective mais individuelle.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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