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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 14:08

 

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La dernière Nakba d’Ehud Barak

Adaptation française de Sentinelle 5771 ©


Le ministre de la défense a été trop occupé à avertir du ‘tsunami’ politique largement exagéré à l’ONU en septembre, pour remarquer les évènements au Moyen Orient en mai.

     

Le Premier Ministre Benyamin Netanyahou et le ministre de la défense Ehud Barak ont dû avoir quelques explications.

Dimanche dernier, Israël a été envahi le long de sa frontière avec la Syrie. Plus de 100 Syriens sont parvenus à s’infiltrer dans le pays et se sont livrés à de violentes émeutes à Majdal Shams pendant plusieurs heures.

Tsahal aurait été surprise par ces évènements. L’armée de Défense d’Israël était plus préparée à des émeutes violentes le long des frontières avec le Liban et Gaza. Et les Forces de Sécurité étaient déployées plus ou moins efficacement à Jerusalem, en Galilée, dans le Negev, en Judée et en Samarie dimanche dernier.

Jerusalem, point focal des troubles depuis vendredi dernier, a été témoin d’émeutes dans plusieurs quartiers arabes, ayant atteint leur pic avec une attaque contre l’hôpital Hadassah sur le Mont Scopus.

Mais le gouvernement et Tsahal ont été surpris par l’invasion provenant de Syrie.

Qu’est qui peut expliquer cette surprise ? Et qu’est-ce que cela nous révèle sur la capacité de ‘l’Establishment de la Défense’ à prendre en charge l’expansion vive et les menaces changeantes auxquelles Israël est confronté ? Avant de considérer cette question, nous devons comprendre la nature de la nouvelle attaque aujourd’hui en cours.

Les évènements de dimanche dernier ont été totalement anticipés. En 1998, au zénith du soi-disant processus de paix, le lauréat du prix Nobel de la Paix et chef de l’OLP/Fatah Yasser Arafat inventa un nouveau jour férié palestinien – la nakba.

Cette année-là, pour la première fois, les Arabes de Judée, de Samarie et de Gaza ont organisé des émeutes le 15 mai – la date laïque de la création d’Israël en 1948. L’objectif de cette initiative du « partenaire de paix » d’Israël était d’aggraver les sentiments anti-Israël des Arabes des deux côtés des lignes d’armistices de 1949. Et de fait, l’année suivante, pour la première fois, la Nakba – ou catastrophe – de la naissance d’Israël le 15 mai 1948 était marquée par des citoyens arabes d’Israël.

Les années suivantes, les Palestiniens et leurs frères à travers le monde arabe ont constamment fait monter leurs attaques le 15 mai, avec des manifestations de masse anti-Israël devenues aujourd’hui monnaie courante à travers le monde arabe.

Ces derniers mois, le Hamas et le Fatah ont fait monter leur incitation à la haine et les appels à leurs partisans pour descendre sur Jerusalem le 15 mai. Des millions à travers le monde ont participé à des campagnes de media de la société appelant au début d’une troisième intifada palestinienne le 15 mai.

Dans la région, ces semaines récentes, alors que les protestataires contre le régime syrien ont accru leurs appels à renverser le régime Assad, le Hezbollah et les media syriens ont mêlé leurs efforts d’incitation à la haine à travers la nakba. En Egypte également, alors que les ‘Frères Musulmans’ consolident leur pouvoir, les appels à l’invasion d’Israël et à la vengeance de la Nakba ont augmenté chaque jour.

Politiquement, les campagnes de nakba ne pouvaient pas être une cible plus facile pour une contre-offensive d’information israélienne.

L’affirmation que la création d’Israël était une catastrophe pour les Arabes montre clairement que la direction palestinienne n’a aucun intérêt à vivre en paix avec Israël. Cela vaut aussi bien pour le Fatah, qui a popularisé le terme, que pour le Hamas, satisfait de l’avoir adopté. Si l’existence d’Israël est la catastrophe palestinienne, alors évidemment, chaque patriote palestinien doit rechercher la destruction d’Israël.

Vraiment, l’adoption palestinienne et panarabe du mythe de la nakba ne démontre pas simplement qu’ils ne sont pas intéressés par une coexistence pacifique. Elle prouve que leurs vraies aspirations ne sont rien moins que génocidaires.

L’objectif déclaré des armées arabes qui ont envahi l’Etat d’Israël naissant le 15 mai 1948, était de jeter tout homme, toute femme et tout enfant Juifs du pays à la mer. En appelant catastrophe l’échec arabe de la réalisation de ce plan, les émeutiers et les pleureuses de la nakba aujourd’hui déclarent qu’ils soutiennent le projet génocidaire des envahisseurs arabes de 1948.

Et bien sûr, en soulevant la question de la création d’Israël en 1948, les Palestiniens et leurs partisans démontrent par l’invention totale de ce mythe populaire qu’ils n’ont pas de problème avec l’existence d’Israël dans les lignes d’armistice de 1949, et ne recherchent que la « libération » du cœur d’Israël en Judée, Samarie et à Jerusalem. Ces zones sont des terres que les Arabes ont conquises avec succès et vidées de leurs Juifs en 1948. L’occupation arabe de ces zones n’a pris fin qu’en 1967 parce qu’ils ont de nouveau envahi Israël avec l’objectif déclaré de jeter chaque homme, chaque femme, et chaque enfant Juifs du pays à la mer.

En bref, toute la notion de la nakba est la preuve que les Palestiniens en particulier et le monde arabe dans son ensemble demeurent dédiés à la destruction d’Israël et au génocide de la communauté juive.

Netanyahou et le reste des dirigeants d’Israël ont le devoir de souligner ce fait éclatant, bien que totalement ignoré. Et pourtant, ils sont restés silencieux.

Le mieux que Netanyahou pouvait souligner dans la perspective du jour de la nakba était la mention vraie mais hors sujet qu’étant pleinement citoyens d’Israël, les Arabes israéliens jouissent de plus de libertés que les citoyens de n’importe quel Etat arabe. De même pour Tsahal, il est difficile de savoir où commencer la description de ses défaillances pour comprendre ou préparer les évènements de dimanche dernier. Peut-être l’aspect le plus bizarre du traitement par Tsahal de l’infiltration de masse depuis la Syrie a-t-il été la réponse du porte-parole de l’unité de Tsahal.

D’abord, le porte parole de Tsahal, le Brigadier Général Yoav Mordehaï a rejeté ces évènements sur l’Iran. Il a qualifié les évènements de « provocation iranienne destinée à créer une friction ». Peut-être était-ce le cas, peut-être pas. L’Iran est certainement toujours intéressée à faire couler le sang israélien et à affaiblir le pays. Mais le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n’a pas ordonné aux émeutiers de traverser la frontière. C’est le président syrien Bashar Assad qui l’a fait.

Ainsi pour Assad, une source militaire anonyme a déclaré aux media que Assad a ordonné tout cela pour détourner l’attention du monde du fait qu’il pratique une boucherie contre ses citoyens. Comme l’officiel l’a dit : « Voilà un acte transparent et cynique du régime syrien pour créer une crise sur sa frontière avec Israël de façon à distraire l’opinion publique des très réels problèmes intérieurs. La Syrie est un Etat policier ; cette sorte de choses ne pouvait pas advenir sans le soutien du régime. Il est clair qu’ils voulaient cela pour jouer la carte israélienne de façon à faire taire leur opposition démocratique ».

Bien dit. Mais cela nous amène à la question suivante : Si Tsahal comprend pourquoi c’est advenu, pourquoi n’y avait-il pas des forces suffisantes le long de la frontière, armées des instruments de contrôle d’émeutes, pour bloquer les infiltrations ? Non seulement la motivation de l’attaque par ce régime était-elle facilement compréhensible, mais Tsahal pouvait voir venir les émeutiers. Tsahal les a vus monter dans les bus. Ils ont vu les bus venir à la frontière. Ils avaient assez de forces le long de la frontière pour bloquer une pénétration semblable provenant du Liban.

Pourquoi n’étaient-ils pas en nombre suffisant pour empêcher les Syriens d’entrer sur le territoire israélien ? Pourquoi n’y avait-il pas assez de soldats sur le terrain pour les empêcher d’entrer à Majdal Shams, en vandalisant le village et en déployant le drapeau syrien à l’intérieur d’Israël ? De plus, que nous dit cet échec abject à se déployer convenablement sur la capacité de ‘l’Establishment de défense’ à bien comprendre les développements et les courants régionaux, et préparer Tsahal à protéger le pays face à eux ?

Là, deux aspects des évènements de dimanche dernier doivent être gardés à l’esprit. D’abord, en général, les évènements du jour de la nakba sont seulement une escalade de la campagne de protestation suicidaire qui est en cours depuis 2001. La plus fameuse protestataire suicide à ce jour est Rachel Corrie. Et la plus réussie des protestations suicide à ce jour a été la flottille suicide du Mavi Marmara l’an dernier.

Les protestations suicide ont deux objectifs. Le premier est d’humilier Tsahal et Israël. Si des protestataires suicide non armés sont capables de prendre le contrôle d’une cible militaire pendant un certain laps de temps, leur réalisation ternira la réputation de Tsahal. Cet objectif a été atteint dimanche dernier, quand des villageois druzes de Majdal Shams ont été autorisés à faire la médiation entre les infiltrés syriens et Tsahal.

Le second objectif est d’obliger Tsahal à user de force létale contre les protestataires et ainsi de portraiturer Tsahal comme une armée criminelle qui tue des civils sans armes. Cet objectif a aussi été atteint dimanche dernier le long des frontières syriennes et libanaises.

Depuis que Tsahal a déjà fait face à des protestataires suicide, il est inexcusable qu’elle n’ait pas constitué une doctrine cohérente pour leur faire face. Par exemple, pourquoi n’y avait-il pas des canons à eau le long de la frontière avec le Liban ?

L’autre aspect important à noter des émeutes de la nakba dimanche dernier, c’est que ce furent les premières protestations suicide qui ont eu lieu sur une échelle régionale depuis que la rébellion populaire a commencé en Syrie, et depuis que Hosni Moubarak a été renversé en Egypte.

Des sources de Tsahal interrogées dimanche dernier ont déclaré que parce que la frontière syrienne est restée calme depuis 1973, ils ne s’attendaient pas à ce qu’elle s’active le 15 mai. Ce que cela signifie, c’est que Tsahal n’est pas parvenu à identifier par avance ce que ses officiels ont été capables de reconnaître après coup. A savoir, que les bouleversements populistes dans le monde arabe donnent à Assad (et à beaucoup d’autres chefs arabes qui se sont gardés d’un combat direct contre Israël ces dernières années) une bonne raison d’attaquer. Et ce nouvel élan d’attaque aurait dû conduire Tsahal à déployer des forces le long de la frontière en nombre suffisant pour empêcher une infiltration.

Alors Tsahal était-elle non préparée ?

La personne la plus hautement responsable de la médiocre prise en charge des évènements par Tsahal dimanche dernier est le ministre de la défense Ehud Barak.
Et son incompetence n’est pas surprenante. Barak est un sérial manchot. C’est le même homme qui a armé de pistolets à peinture les commandos de Marine qui ont abordé le Mavi Marmara, bien que l’on sût que l’IHH turc, qui organisa la flottille pro-Hamas, avait des liens avec des groupes terroristes.

Ces derniers mois, Barak a été trop occupé à avertir du ‘tsunami’ politique en septembre, largement exagéré à l’ONU, quand les Palestiniens déclareront leur indépendance pour la deuxième fois, pour remarquer les évènements au Moyen Orient en mai.

Et cela conduit à la dernière chose déconcertante sur la surprise de ‘l’Establishment de la défense’ sur les évènements de dimanche dernier. Des commentateurs et des officiels militaires déclarent également que les évènements du jour de la nakba sont une probable répétition en habit des émeutes encore plus importantes de septembre. Et cela peut bien être vrai. Mais il est aussi probable qu’ils sont le commencement d’une nouvelle campagne qui a débuté cette semaine et augmentera dans les semaines et les mois à venir.

Dans cette veine, nous devrions noter qu’une nouvelle flottille pro-Hamas, plus importante, organisée par le gouvernement turc, doit prendre la mer le mois prochain avec des milliers de protestataires suicide sur plus d’une dizaine de bateaux.

Cela nous ramène à Netanyahou et à sa relation avec Barak. Il est difficile d’expliquer l’incapacité de Netanyahou à condamner les Palestiniens et de leurs partisans pleurant l’échec des Arabes dans l’annihilation des Juifs d’Israël en 1948, sans le replacer dans le contexte de son étroite relation avec Barak.

Il y a beaucoup d’explications sur les raisons de Netanyahou à donner tant de poids aux évaluations constamment et dangereusement incorrectes de Barak sur les développements régionaux. S’ils ne servaient pas d’autre objectif, les lamentables évènements de dimanche dernier doivent entraîner Netanyahou à reconsidérer enfin son attachement à Barak.


caroline@carolineglick.com  

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commentaires

Nina 22/05/2011 14:58


Bien qu'étant très largement d'accord avec G. Glick, je m'insurge contre les canons à eau qui auraient du être utilisés.
L'eau coûte une véritable fortune en Israël. Je pense que des tirs de balles en caoutchouc auraient été plus efficaces dans un premier temps.


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Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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