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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 20:21

 

 

La détention provisoire coupe l’appétit des palestiniens

 

logojusticebertrand

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele


Le 23 avril 2012, un Tribunal militaire israélien a rejeté la demande de remise en liberté présentée par deux Palestiniens qui avaient cessé de s’alimenter pendant 55 jours. Les détenus fondaient leur demande sur la précarité de leur état physique, qui, en Droit international, est de nature à justifier une libération anticipée. Le Tribunal n’a toutefois pas suivi l’argumentation des avocats palestiniens en soulignant la responsabilité pleine et entière des intéressés dans la dégradation de leur état de santé. La justice israélienne a, par cette décision, refusé de se faire instrumentaliser pour des motifs soi-disant humanitaires, et de se plier à un chantage sur des considérations qui relèveraient de normes relatives aux Droits de l’Homme et au droit humanitaire. Les palestiniens grévistes devraient donc en tirer les conséquences.

Les grévistes de la faim protestent tout d’abord contre le principe de la « détention administrative » de personnes dans les geôles israéliennes avant tout procès. Ce régime, issue d’une loi adoptée par la Knesset en 1979, est lui même inspiré des Lois d’exception promulguées en 1945 sous le mandat Britannique. Le dispositif permet à l’Etat hébreu de priver une personne de liberté pour une durée de 6 mois renouvelable, sans pour autant qu’il y ait de perspectives immédiates de procès. En outre, les détenus réclament de meilleures conditions de détention, aggravés depuis les restrictions imposées aux terroristes par la « Loi Shalit »

Tout d’abord, il convient de rappeler que le nombre de personnes concernées par la détention administrative est particulièrement faible au regard du nombre total de détenus : 319 personnes (dont une vingtaine de députés) sont détenues à ce titre alors que dans les 17 prisons israéliennes, on dénombre plusieurs milliers de palestiniens condamnés pour des agressions anti juives dont 3864 originaires de Cisjordanie, 475 de Gaza et 360 qui sont des arabes israéliens (parmi les détenus, 564 purgent des peines d’emprisonnement à vie). Par ailleurs le nombre de détenus a considérablement diminué depuis l’accord sur la libération de Gilad Shalit à l’occasion duquel, 1027 personnes ont été libérées. Enfin, les personnes détenues le sont en raison de leur participation à des actes terroristes contre les biens et les personnes juives, c'est-à-dire contre les intérêts que l’ont pourrait qualifier de « supérieurs » de l’Etat juif (et qu’Israël gagnerait à désigner comme tels).

Les détenus palestiniens ont, en fait, profité du 17 avril 2012 (qui marquait « la journée du prisonnier palestinien) pour entamer une grève de la faim massive qu’ils ont nommée « Karama » (dignité). A cette occasion, 3500 prisonniers palestiniens ont cessé de s’alimenter. Ce mouvement de grève de la faim qui dure depuis quelques mois, s’est en réalité amplifié à la suite de la remise en liberté (ce même 17 avril 2012), de deux détenus palestiniens en grève de la faim : Khader Adnan a été libéré au bout de 66 jours, et Hanaa Shalab a été remise en liberté après 43 jours, en contrepartie d’un accord sur son exil dans la bande de Gaza. Ces libérations ont naturellement fait des émules bien que l’entreprise ait rapidement perdu en intensité puisque désormais, ce n’est plus qu’un millier d’entre eux qui la poursuit.

Pour autant, ce mouvement de protestation populaire n’est qu’une nouvelle technique de type « publicitaire » pour émouvoir la communauté internationale sur un mauvais traitement qui serait infligé par Israël aux palestiniens. De multiples manifestations ont ainsi été déclenchées comme celle des familles de prisonniers de Jérusalem (le mardi 17 avril) devant la Porte de Damas pour demander la libération de tous les prisonniers sans condition. Cette manœuvre palestinienne n’en reste pas moins une forme de comédie dans la mesure où les dirigeants palestiniens eux-mêmes, n’étaient pas d’accord sur la date choisie pour l’engagement de la protestation: certains, du Fatah, estimaient peu opportun de débuter l’action ce jour là et un fonctionnaire du Ministère des prisonniers proposait même de lancer le mouvement à compter du 10 mai 2012 pour éviter d’affaiblir la position des palestiniens dans les négociations avec Israël (même sur cette question les palestiniens sont incapables de s’entendre).

Bien évidemment, la manifestation n’en pose pas moins un problème à l’Etat juif tenu de trouver une parade pour dissuader les palestiniens de poursuivre sur cette voie. Sivan Weizman (porte parole des autorités carcérales israéliennes) a indiqué le 23 avril 2012, que les autorités israéliennes ont pris de nouvelles mesures de rétorsion comme la suppression du droit de visite des membres de la famille et la confiscation d’affaires personnelles comme des objets électroniques. En outre, il pourrait être envisagé de recourir à une technique plus énergique comme l’alimentation forcée des détenus.

Cette mise en scène n’en élude pas moins le véritable problème : celui de personnes qui se livrent à des actes destinés à nuire ou à tuer (c’est çà dire qui méprisent la nature humaine dès lors que des juifs sont visés), tout en réclamant, dans le même temps, une meilleure prise en considération de leur propre personne.

Israël peut donc tout d’abord opposer que le mécanisme de la détention provisoire avant tout jugement existe en Droit international. Elle est en principe ordonnée par un juge d’Instruction afin de conserver des preuves, d’éviter des pressions sur des témoins ou leur famille, d’empêcher une collusion frauduleuse avec des coauteurs ou des complices, de protéger l’intéressé, de garantir sa représentation en justice, de mettre un terme à l’infraction ou prévenir son renouvellement et enfin, de mettre un terme au trouble à l’ordre public. Or, c’est précisément en considération de ces facteurs que les palestiniens sont détenus de façon administrative. Que la détention se nomme « provisoire » ou « administrative » importe peu. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.

Par ailleurs, les palestiniens sont parfaitement incohérents : tout d’abord, ils réclament l’application de règles internationales relatives au principe du procès équitable et à l’encadrement de la détention qu’ils considèrent comme arbitraire avant tout jugement. Dans le même temps, ils se considèrent en guerre contre l’Etat juif et refusent de cesser leurs attaques contre Israël. Il suffit pour s’en convaincre d’observer le mouvement de solidarité et de soutien organisé le 27 avril 2012 dans la bande de Gaza initié par le Hamas et le Jihad islamique. Le premier Ministre Ismaïl Haniyeh, y apparaissait, la main dans la main des dirigeants du Hamas, de celles du Jihad Islamique et de celles d’autres mouvances terroristes, appelant à intensifier les efforts pour capturer des soldats israéliens.

Enfin, il conviendrait de régler le statut des personnes qu’Israël nomme « arabes israéliens ». Bon nombre d’entre eux se considère comme palestiniens et estime la possession d’un passeport israélien parfaitement incompatible avec leur identité nationale qu’ils considèrent palestinienne. Il conviendrait donc, pour Israël, qu’il admette s’être trompé lorsqu’il a parié, en 1948, sur l’intégration des personnes arabes au sein de l’Etat. Les arabes israéliens doivent se voir restituer cet élément de leur personnalité et être reconnus comme étant des palestiniens en situation régulière sur le territoire israélien. Ceci permettrait de les expulser facilement vers les territoires sous souveraineté palestinienne, en cas de participation à des actes portant atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat juif, et ce sans avoir à les placer en détention administrative. Ils n’auraient alors plus jamais l’appétit coupé.

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Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

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Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

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