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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 11:32

 

 

 

 Lipschits (Copier)

Isaac Lipschits

 

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Isaac Lipschits 

 

 

“Lorsque les Juifs de Hollande sont revenus ou sont sortis de là où ils se cachaient, après la Seconde Guerre Mondiale, leur situation était si dissemblable aux autres, qu’ils auraient dû être traités différemment par les autorités. Les Juifs avaient alors subi un désastre dont la nature était radicalement différente des expériences vécues par le Hollandais ordinaire. Des 140 000 Juifs vivant aux Pays-Bas avant- guerre, au moins 105 000 d’entre eux ont été assassinés dans des conditions effroyables. Ce pourcentage est plus important que dans n’importe quel autre pays d’Europe occidentale ».

 

Isaac Lipschits (1930-2008) a enseigné dans les Universités d’Amsterdam, de Haïfa, de Jérusalem, de Rotterdam et de Leiden. En 1971, il a été nommé Professeur d’Histoire Contemporaine à l’Université de Groningen. Il a, également, publié un grand nombre d’ouvrages.

 

Le livre de Lipschits, The Small Shoah: Jews in Post-war Netherlands [la “petite” Shoah : Juifs aux Pays-Bas de l'Après-Guerre], publié en 2000 aux Pays-Bas, est devenu un bestseller. Il y écrit : « Dans les Pays-Bas libérés, les Juifs n’étaient pas physiquement en danger ; mais nous avons été témoins d’autres symptômes du retour de la Shoah. L’antisémitisme verbal était plus accentué. Le pillage des biens Juifs se poursuivait, et la communauté juive était réduite à presque rien. La déportation et l’extermination des Juifs avaient pris fin, mais la mise à l’index et l’isolement des Juifs, eux, perduraient. La Shoah était l’incendie, en 1945, on avait maîtrisé les flammes, mais le feu continuait de couver sous les braises ».

 

Lipschits affirme : “Le Gouvernement proclamait que, puisque, durant la guerre, avaient eu cours des discriminations majeures entre Juifs et Non-Juifs, cela ne devait plus être le cas. Cette approche, en apparence égalitaire, s’avérait, en réalité, hautement discriminatoire, à cause du fait que, pendant la guerre, les Juifs ont été persécutés en tant que Juifs, et non en tant que Hollandais. D’autres mesures gouvernementales étaient toutes aussi désavantageuses, envers les Juifs ».

 

 

“L’un des problèmes essentiels a concerné le sort et le traitement des orphelins juifs. Durant la guerre, il était bien plus difficile, pour des adultes juifs que pour des enfants, de trouver un endroit où se cacher. Un adulte devait porter sur lui une carte d’identité, dont un enfant n’avait pas besoin. Un enfant pouvait toujours passer pour un petit-cousin en visite.

 

Gesina van der Molen et Sander Baracs dirigeaient un groupe de résistance qui se chargeait de trouver des maisons susceptibles d’accueillir des enfants juifs. Van der Molen était une chrétienne réformée (protestante), convaincue que les Juifs devraient reconnaître Jésus pour sauver leurs âmes. Baracs était un Juif assimilé qui écrivait fièrement comment sa propre grand-mère célébrait Noël avec ses enfants et petits-enfants. Il s’est, lui-même, marié au sein d’un église réformée hollandaise.

 

“Après la guerre, ils disaient : “Nous avons pris sur nos épaules la charge de trouver un endroit pour ces enfants ; maintenant qu’ils se retrouvent orphelins, nous voulons avoir notre mot à dire, dans ce qu’il adviendra d’eux ». Ils ont même fait passer clandestinement une ébauche de texte de loi au gouvernement hollandais en exil à Londres, émaillée de propositions absurdes. L’une d’entre elle  consistait à condamner les parents qui n’avaient pas pris soin de leurs enfants durant trois mois [pour cause de déportation] à en perdre automatiquement la garde. Si jamais une telle loi avait été votée, les revenants du camp de la mort d’Auschwitz se seraient vus interdire de retrouver et de s'occuper de leurs enfants ! Si mes parents avaient survécu –ce ne fut, malheureusement pas le cas- ils auraient perdu la garde et la responsabilité parentale qu’ils exerçaient naturellement sur moi.

 

“Le gouvernement hollandais n’a pas accepté cette proposition radicale. Cependant, il aurait dû aller plus loin et voir que ces gens étaient des extrémistes. Au lieu de cela, il a nommé Van der Molen à la tête du Comité gouvernemental déterminant le sort de ces enfants. On a même forgé une nouvelle expression pour les désigner : il ne s’agissait plus « d’orphelins de guerre », mais « d’enfants recueillis durant la guerre ». Baracs est devenu le Directeur du bureau de ce comité et détenait aussi d’autres positions décisionnelles en son sein.

 

“En Hollande d’avant-guerre, il était de coutume, pour chaque communauté religieuse, qu’elle s’occupe de ses membres dans le besoin, tels que les anciens, les orphelins, les malades et les victimes de désordres mentaux. A Amsterdam seulement,  on comptait quatre orphelinats et plusieurs hôpitaux juifs. Il existait de nombreuses maisons juives pour les personnes âgées aux Pays-Bas. Une importante institution centrale juive prenait soin des personnes accablées par la maladie mentale. Il aurait été parfaitement naturel, pour la communauté juive hollandaise, du fait de sa longue expérience antérieure, qu’elle prenne soin du très grand nombre d’orphelins juifs après la guerre. La communauté pouvait raisonnablement s’attendre à ce que le gouvernement lui propose son aide financière pour contribuer à cet effort.

 

“Au lieu de cela, le comité Van der Mollen, où les Juifs ne représentaient qu’une poignée, a été créé à seule fin de statuer sur le destin des orphelins juifs survivants de la guerre. Ses membres juifs les plus conscients de ce que cela signifiait ont, lors des différents votes, systématiquement, été mis en minorité par les autres, dont certains suivaient un agenda spécifiquement anti-Juif. Bon nombre de Chrétiens percevaient ce comité comme un catalyseur pour favoriser la conversion des enfants Juifs. Van der Mollen accusait même les Juifs d’être racistes en cherchant une solution juive à ce problème. La plupart des membres de ce comité pensaient que même si les membres d’une famille juive avaient survécu, leur enfant devait demeurer au sein de la famille qui l’avait caché. Ils le déclaraient tout-à-fait explicitement.

 

“Il aurait été simplement naturel et éthique de devoir reconnaître : « Nous avons sauvé des enfants Juifs durant la guerre et, désormais, puisque la guerre est terminée, nous les renvoyons en tant qu’enfants juifs à leur environnement juif ». Un peu plus tard, lorsque ces enfants ont grandi, beaucoup ont dû commencer à se mettre en quête de leurs racines juives perdues. Certains ont même fini par occuper des positions importantes au sein de la communauté juive ».

 

Ceci est une version écourtée d’une interview développée dans le livre de Manfred Gerstenfeld :  Europe’s Crumbling Myths ; The Post-Holocaust Origins of Today’s Anti-Semitism. [L’Effondement des Mythes de l’Europe : les origines d’Après la Shoah de l’Antisémitisme d’aujourd’hui]. Ce livre peut être téléchargé gratuitement au lien suivant : http://www.jcpa.org/indexph.asp#

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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