Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 08:54

 

editorialaGad-copie-1

 

 

La Foudre Israélienne frappe l’Institut de Jamariya, cœur de la stratégie irano-syrienne.

 

Par Marc Brzustowski

 

 


Les rapports contradictoires, ou complémentaires, au choix, affluent, au sujet du piqué des chasseurs-bombardiers frappés du bouclier de David, au beau milieu du chaos syrien. Avec une précision d’horloger, l’Etat hébreu rappelle les règles du jeu, ou plutôt, change la donne, anticipant, avec un coup d’avance sur toutes les projections iraniennes et du Hezbollah pour conserver la fraîcheur de leurs menaces au-dessus de la mêlée.

 

Ce matin-même, le site libanais en ligne El-Nashra annonce de nouveaux survols de l’armée de l’air israélienne, au-dessus des fermes de Sheba’a au Sud-Liban, là où affluent des unités mobiles du Hezbollah et des pasdaran iraniens. Le quotidien irakien Azzaman cite des sources diplomatiques occidentales, affirmant qu’au moins 3000 membres des brigades al Qods iraniennes assuraient la garde du site de Jamariya, depuis des années. La frappe d’Heyl Ha’avir aurait eu lieu au moins 48 heures avant que les fuites ne s’organisent dans la presse et que l’armée libanaise n’en parle. Selon cette source, la frappe sur un convoi du Hezbollah aurait servi à divertir l’attention du principal objectif du raid. 8 missiles auraient été ajustés et tirés contre l’installation syrienne, lourdement fortifiée. De nombreux Gardes de la Révolution iranienne présents seraient morts ou souffriraient de graves lésions. Doit-on tenir ces propos pour de la surenchère ou concevoir que lorsque Damas annonce 2 à 4 morts, cela signifie que des centaines, sinon plus, sont restés au tapis sous les bombes ?

 

ShowImage (Copier)

 

On ne sait que par les aveux syriens de l’aveuglement des radars et de l'impuissance des missiles anti-aériens les plus sophistiquées des arsenaux russes à contrer une frappe israélienne, à quelques kilomètres du palais d’Assad, quelle(s) cible(s) ont été touchées. Quitte à prendre le risque d’une sortie et faire d’une pierre d’autres coups, il n’est pas impossible que plusieurs des bruits qui courent, hormis la gifle dont se plaint Assad, contre son « Institut de recherche militaire », soient justes, mais non-vérifiables. Le Times Magazine américain le suppose, en tout cas. A l’heure qu’il est, il n’y a que les deux Etats-Majors (et leurs alliés) concernés qui ont une connaissance approfondie de l’ampleur des dégâts réels.


Results of airstrike as presented by Syrian TV

Images abondamment diffusées par la TV syrienne.

 

Les sources libanaises ont évoqués jusqu’à 16 avions survolant la zone des trois frontières. Le nombre est équivalent aux 8 F16 et 6 F15, partis bombarder Osirak, chez Saddam Hussein, le 7 juin 1981, avec, à bord, Ilan Ramon, futur astronaute mort en mission et Amos Yadlin, futur chef des renseignements militaires. Que l’un de ces avions, au moins, ait bifurqué vers l’intérieur de la Syrie, sur Zabadani, pour détruire un convoi d’armes, de type SA-17 russe anti-aérien, tandis qu’un ou plusieurs F-15 et 16 fonçaient, au-dessus du Hermon, sur Jamariya, et que d’autres assuraient leur sécurité dans le périmètre ou détournaient l’attention, n’aurait rien de très surprenant. Si une nouvelle « ligne rouge » était sur le point d’être franchie, il paraîtrait logique de frapper, autant le mauvais choix de déplacer ces missiles que, simultanément, d’aller directement frapper à la tête celui qui en a eu l’idée aventureuse.

 

Le site de Jamariya est le cerveau de l’industrie chimique et biologique d’Assad. En reconnaissant cette cible comme la principale, Damas expose toute la faiblesse de son régime au bord du gouffre. 

 

 

L’installation fait partie d’un complexe militaire qui comprend des écoles, des unités de réserve de guerre, des aires d’entraînement pour les forces spéciales et la manipulation de produits toxiques par le Hezbollah, ainsi qu'un centre de communication maintenue par une société syro-nord-coréenne. Elle comprend également l’école technologique où sont testées toutes les armes et innovations chimiques et biologiques. Le complexe militaire proche est, « théoriquement » défendu par le fleuron des missiles anti-aériens russes, de type SAM. Les services de renseignements américains, français et, bien sûr, israéliens l’ont identifié depuis au moins les années 1980 comme le lieu de tous les dangers futurs pour la région, comportant de nombreuses extensions à Damas et Alep. Durant ces dix dernières années, il était dirigé par Amr Amarnazi, à l’origine, ingénieur informatique. Il a, d’abord, rencontré Bachar al Assad, qui attendait son heure, au poste de directeur de la Société Informatique Syrienne. Amarnazi était l’un des principaux responsables de l’HISAT, le plus grand Institut de recherche syrien, principal foyer pour la recherche, le développement des applications informatiques et systèmes de communication, au service de l’armée syrienne. Formant tout type d’experts-ingénieurs, l’HISAT est directement subordonné à Assad et l’homme qui le dirige à un statut équivalent à celui d’un des principaux Ministres du gouvernement.

 

Le Centre scientifique militaire syrien emploie des milliers de personnes, dans tous les départements susceptibles d’avoir des débouchés militaires. Certains ont un intérêt spécifique, comme la recherche nucléaire, ou le fameux « Département d’Immunologie », terme orwélien signifiant les manipulations chimiques et biologiques et leurs effets sur l’environnement. Le processus de production est très complexe, impliquant la manipulation de substances extrêmement toxiques émises durant la production d’armes chimiques. Le principal centre de production se situe à Al-Safir, dans le nord de la Syrie. C’est là que le régime Assad produit ses bombes au gaz sarin et dotées de VX. Cet emplacement sert aussi à abriter les missiles SCUD C et D, capables d’atteindre n’importe quel recoin du territoire d’Israël. Toutes ces installations sont, évidemment, protégées par des batteries de missiles sol-air russes (source : www.israeldefense.com, informations recueillies par Ronen Salomon et Ronen Bergman 4 avril 2008, après la frappe contre le réacteur d’Al-Khibar).

 

Rasmussen, patron de l'Otan prétend qu'il ne sait rien des armes chimiques d'Assad. L’Iran et la Syrie jurent de répliquer de façon « surprenante », fidèles à leur logique terroriste. Tsahal, ayant pris ce risque, est en alerte maximale depuis plusieurs semaines. Les survols matinaux au-dessus du Liban attestent que, si le besoin s’en fait sentir, les avions feront feu sur les unités du Hezbollah et leurs conseillers iraniens. Des sources américaines, évoquant la présence à Washington d’Aviv Kochavi, le chef des renseignements militaires, laissent entendre qu’Israël ne verrait pas d’objection à infliger à la milice chi’ite, bras armé de l’Iran, un même type de remise à l’heure des pendules qu’au Hamas, en novembre dernier. Ce passage par Washington implique que les Etats-Unis, reconnaissent le blocage des négociations sur le nucléaire avec l'Iran, et, par conséquent, ne s'oppose pas le moins du monde à cette "sanction" militaire, pouvant servir d'avertissement à Téhéran. D'un autre côté, l'Amérique d'Obama paraît "fatiguée" et laisse à des pays avancés comme Israël et la France au Mali, le rôle de "gendarmes régionaux". 

 

On s’inquiétait d’un possible va-tout de Téhéran pour sauver le régime Assad et/ou repositionner le Hezbollah comme la force qui compte, dans la région. Désormais Ali Khamenei et Nasrallah ont perdu l’initiative. Englués dans le conflit interne syrien depuis 2 ans, leur marge de manœuvre régionale est déjà bien entamée. Parmi, les premières conséquences de leur prétendue « divine victoire » de 2006, on compte la destruction du réacteur syrien d’Al-Khibar, en septembre 2007, l’élimination du cerveau du terrorisme international iranien, Imad Mughniyeh, ou du général syrien Muhammad Suleimani, l’agent de liaison entre les trois puissances. A ces coups stratégiques portés par Israël, l’axe n’a pu répondre que par une démultiplication de nombreuses tentatives terroristes avortées (plus d’une vingtaine), dans des zones d’influence  israéliennes plus exposées : Inde, Azerbaïdjan, Géorgie, le seul attentat ayant « réussi », étant celui de Burgas en Bulgarie, tuant 5 touristes hébreux et leur chauffeur bulgare.

 

La sortie aérienne d’Israël, plutôt que de s’empêtrer dans l’anarchie qui règne au nord, semble vouée à endiguer préventivement les tactiques de « sortie de crise » envisagées par l’Iran, qui compte encore faire déborder ce torrent de boue et de sang de son lit. Par ricochet, c'est une banderille en plein front des Mollahs, alors que la guerre civile syrienne se prolonge aussi longtemps qu'ils font durer leurs soi-disantpourparlers nucléaires, avec pour principale conséquence, de croire prendre la région entière en otage. Tsahal conserve la garde haute et sa force de dissuasion intacte, malgré la guerre psychologique menée par les 3 forces de cette alliance la plus délétère pour l’avenir du Moyen-Orient. Là où toutes les alliances de l’OTAN, Turquie en tête sont dissuadées d’intervenir, à tout moment, Israël peut frapper l’ennemi, aux prises avec ses affres intérieures et le recul patent de l’adhésion aux principes de son idéologie génocidaire. Il rappelle, incidemment, aux Syriens, que l'Occident, aussi bien que la Ligue Arabe leur mentent, en les comptant déjà pour morts ou retombés sous le joug de l'axe. 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Gad - dans Editorial
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis