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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 22:31


 

 

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Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele

 

Ce 15 mai 2012 marquera le 64° anniversaire de la création d’Israël (dans le calendrier grégorien) et de l’accès, par le peuple juif, à son indépendance nationale sur le sol de son État souverain. Ce moment intense, pour les juifs dans le monde, n'est toutefois pas vécu de la même manière pour la population arabe en Israël pour qui l’évènement ne procure ni joie ni exaltation : c’est la « nakba » ou encore la « catastrophe » qui est associé à ce souvenir. Aussi, le comité suprême de suivi des arabes israéliens a décidé de commémorer l’évènement par une grève générale, une annulation des cours dans les écoles, et la fermeture des commerces et des institutions culturelles et politiques. Les arabes israéliens manifesteront également leur solidarité avec les détenus palestiniens en grève de la faim.

L’Etat d’Israël pourrait donc s’interroger sur les raisons de l’amertume éprouvée par les arabes israéliens, sur cette proximité à l’égard des palestiniens, et ce sentiment d’appartenance à une communauté humaine, autre que celle constituée par la population juive en Israël. Bien évidemment, le mal être grandissant au sein de la population arabe israélienne est la conséquence directe de la privation d’une partie de leur identité historique, en l’occurrence l’appartenance à la nation palestinienne qu’Israël leur dénie. Aussi, permettre aux arabes israéliens de prendre leur véritable nationalité en l’occurrence palestinienne, constituerait un double message : la prise en considération de leur souffrance et la volonté de rétablir une réalité historique, ce qui serait incontestablement, un vecteur de paix.

Tout d’abord, Israël témoignerait aux arabes israéliens (qui supportent de moins en moins cette appellation) une compréhension de leur mal être et les respecterait dans leur affirmation identitaire. Si la combinaison des évènements historiques a conduit l’Etat hébreu à reprendre possession de sa terre historique, il n’en demeure pas moins qu’une partie de la population locale n’a pas adopté les valeurs de l’Etat juif et ne se sent pas liée pas la communauté de destin des juifs. Aussi, le bénéfice de la nationalité palestinienne aux arabes israéliens tiendrait compte de la situation géopolitique tout en admettant que certains n’ont pas entendu se fondre dans ce nouvel ensemble. S’en suivrait nécessairement un apaisement des tensions, en Israël dans la relation avec les populations arabes mais également avec les palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Les palestiniens cesseraient alors d’endosser le costume de « terroriste » pour devenir membre d’une communauté humaine reconnue.

Les conséquences en seraient multiples : tout d’abord, il conviendrait pour le Premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahou de superviser avec le Chef de l’Autorité Palestinienne, l’acquisition de cette nationalité c'est-à-dire, l’enregistrement des « arabes israéliens » comme « palestiniens d’Israël » en situation régulière en Israël. Cette démarche israélo-palestinienne constructive s’inscrirait naturellement dans le cadre de l’indépendance nationale des entités respectives.

En outre, serait réglé le problème du droit de vote. Les palestiniens d’Israël cesseraient de participer aux scrutins nationaux en Israël, pour devenir électeurs dans les territoires sous souveraineté palestinienne. Or, et pour faciliter les formalités administratives des « palestiniens d’Israël », il serait nécessaire d’ouvrir une ambassade de Palestine à Jérusalem et des services consulaires palestiniens dans les grandes villes israéliennes. Non seulement la dynamique de la paix serait relancée mais en outre, Ramallah serait renforcée comme capitale du peuple palestinien et Jérusalem comme celle du peuple juif.

Théoriquement, et conformément aux principes démocratiques, il conviendrait de s’assurer de la réalité de cette volonté d’embrasser cette nationalité palestinienne par les arabes israéliens. Il conviendrait donc d’organiser un référendum dont le résultat serait particulièrement précieux : soit les arabes israéliens votent de façon massive pour l’adoption de la nationalité palestinienne, et la démonstration sera faite de la réalité d’une entité nationale palestinienne autonome dont ils font partie. Dans le cas contraire, cela signifierait que le concept de « palestinien » est purement imaginaire et inventé, ce qui serait un échec cuisant pour l’Autorité Palestinienne. Le vote en faveur de la nationalité palestinienne sera, selon toute vraisemblance, massif à l’instar des juifs qui ont conservé leur identité propre en terre étrangère, et notamment leur langue, leur culture, et leur philosophie (parfois de façon cachée comme les marranes en Espagne). Les arabes israéliens seraient alors reconnus comme les descendants d’une population qui s’est progressivement constituée en nation.

Sur ce point, une campagne politique sera menée par les arabes israéliens pour inciter à voter en faveur de cette nationalité palestinienne, soit encore une campagne palestinienne sur le sol israélien. Un tel évènement (qui devra être encadré par le Ministère de l’Intérieur) rapprocherait encore israéliens et palestiniens dans un élan novateur qui respecterait l’identité palestinienne tout en renforçant Israël sur le plan international comme initiateur de paix.

Corrélativement, lorsqu’il aura été décidé d’accorder aux arabes israéliens la nationalité palestinienne, il pourra être possible de modifier la Loi sur la citoyenneté israélienne du 1er avril 1952 (entrée en vigueur le 14 juillet 1952), relative aux conditions d’octroi de la citoyenneté en Israël. Celle-ci distingue actuellement entre l'acquisition de la citoyenneté par les Juifs (Loi du retour) et celle des non-Juifs (essentiellement les Arabes), selon un principe de type national (considéré discriminatoire pour les non juifs) puisque seules les personnes « juives» sont concernées par le statut. Pour leur part, les personnes arabes ne sont visées par le texte que si elles ont résidé de manière continue en Israël depuis 1948. Celles-ci ne se sentiraient plus discriminées par le critère tiré des origines juives dans la mesure où leur statut serait celui de « non national en situation régulière ». Serait alors fixés les critères de la résidence régulière ou non en Israël, comme c’est le cas dans tous les pays démocratiques pour les étrangers en situation régulière.

Bien évidemment, Israël pourrait enfin légiférer sur la nationalité israélienne (israélite ou juive) qui fait cruellement défaut dans le corpus de Lois israéliennes. Aussi, le bénéfice de la nationalité palestinienne aux arabes israéliens ferait glisser le conflit du critère territorial (fluctuant en fonction des époques) vers le critère national avec un accompagnement significatif de l’Etat hébreu dans le sens de l’indépendance national des palestiniens. L’aspect des frontières n’est en fait qu’un faux problème.

Enfin, cette reconnaissance identitaire serait un formidable élan pour la paix entre les populations, conforme aux prévisions Bibliques dans la mesure où la terre d’Israël a vocation à revenir au Peuple d’Israël : « le pays que j’ai accordé à Abraham et Isaac, je te l’accorde et à ta postérité après toi ». (Genèse XXXV, 12).

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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