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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 12:38

 

 

La négation d’Israël comme critère de l’indépendance palestinienne

 

  

 

 


logojusticebertrand

 

Par Maître Bertrand Ramas-Mulhbach

 

Pour © 2011 lessakele 

 

Le 27 septembre 2012, le Président de l’Autorité palestinienne a, devant l’Assemblée Générale de l’ONU, demandé à la communauté internationale de soutenir la candidature de l’Etat palestinien en qualité d'Etat non membre. Pour fonder cette autodétermination, il aurait pu invoquer l’unité du peuple palestinien, son histoire, ses valeurs ancestrales et surtout sa capacité à s’autodéterminer, expliquer que les palestiniens sont implantés sur une terre sur laquelle ils exercent une pleine et entière souveraineté, et qu'ainsi, rien ne s'oppose à la consécration d'un Etat autonome. Rien ne l'empêchait également de souligner qu'en 1948, une telle reconnaissance s'était produite pour l’Etat juif, avec ses succès dans les différents domaines économique, scientifique, social, politique, et que si l'accession à l’indépendance de la Palestine n’avait pu se faire (concomitamment) pour des raisons techniques, il était temps de réparer, 64 ans plus tard, le retard pris dans ce domaine. Hélas, Mahmud Abbas a, une nouvelle fois, raté l’occasion qui lui était offerte, construisant son argumentation sur la négation de l’Etat juif.

Il a tout d'abord exhorté le Secrétaire général à accélérer la transmission de la demande au Conseil de Sécurité de l’Onu, en affirmant « que le soutien de la communauté internationale était une victoire pour la vérité, la liberté, la justice, le droit et la légitimité internationale, fournissant un soutien pour la paix et le succès des négociations, et une pacification de la Terre Sainte ». Autrement dit, le défaut de reconnaissance contemporain de la Palestine serait un mensonge de la communauté internationale, une injustice, une violation du droit international, raison pour laquelle la paix n’était toujours pas trouvée. Le décor était donc planté avec la victimisation des palestiniens, les jérémiades, et les malheurs infligés par l'occupation israélienne.

Son propos a débuté par le rôle causal de la communauté internationale dans l’origine de l’injustice subie par les palestiniens : « La question palestinienne est intimement liée à l'Organisation des Nations Unies » saluant « l’UNRWA qui incarne la responsabilité internationale dans la détresse des réfugiés palestiniens, qui sont les victimes d'Al-Nakba (Catastrophe) qui a eu lieu en 1948 ». Pour lui, il revient tout d’abord à la communauté internationale de réparer l’erreur commise en 1948.

Il a ensuite déploré que les négociations entamées en septembre 2011 sous les hospices du Président Obama aient été rompus « par les positions du gouvernement israélien, qui a rapidement anéanti les espoirs suscités », quelques semaines après leur lancement « en dépit de ses efforts sincères ». Il a alors martelé le refus du gouvernement israélien de « s'engager sur le mandat pour les négociations qui sont fondées sur le droit international et les résolutions des Nations Unies, et qu'il continue frénétiquement à intensifier la construction de colonies de peuplement sur le territoire de l'Etat Palestine ». La responsabilité d’Israël serait donc double avec le blocage de l’avancée des négociations et la politique de construction sur l’assiette du futur Etat palestinien.

Il a également imputé à Israël les maux des palestiniens avec ses « activités de colonisation (qui) incarnent le cœur de la politique de l'occupation militaire coloniale de la terre du peuple palestinien, la brutalité de l'agression et la discrimination raciale contre notre peuple que cette politique entraîne », constitutive « d’une violation du droit international humanitaire et des résolutions des Nations Unies, principale cause de l'échec du processus de paix ». La rhétorique est ainsi toujours un peu la même : Israël est un Etat colonial, brutal, agressif qui viole la norme internationale édictée par l’Onu.

Mahmud Abbas a ensuite listé, lors dans un déluge quasi interminable, les griefs à l'endroit de l'Etat juif avec « les campagnes de colonisation », « la confiscation systématique de terres palestiniennes », « la construction à Jérusalem Est » (comme si le territoire devait revenir à l’Etat palestinien), « le mur d’annexion qui mange les étendues de notre pays qui détruit la vie des familles, les communautés et les moyens de subsistance de dizaines de milliers de familles. Naturellement, Israël est mentionné comme « puissance occupante » qui « refuse les permis de construire à Jérusalem Est », « démolit et confisque des maisons », dans un « nettoyage ethnique » qui repousse les habitants de leur « patrie ancestrale », « expulse les élus de Jérusalem », « entreprend des fouilles qui menacent nos lieux saints », assiège la ville sainte avec des colonies pour la séparer des villes palestiniennes », « redessine les frontières de notre pays (comme si la Palestine existait déjà) en compromettant son existence ». « La puissance occupante » se voit alors reprochée ses assassinats de civils dans la bande de Gaza, ses agressions, ses bombardements détruisant écoles, hôpitaux mosquées, provoquant des milliers de martyrs..."

Poursuivant sur sa lancée, « La puissance occupante » continue même ses incursions dans les domaines de l’Autorité palestinienne avec « des actions criminelles des milices de colons armées » qui jouissent d’une protection spéciale de « l’armée d’occupation » tenue pour responsable. Israël est ensuite citée sous le vocable « entité israélienne d’occupation » qui détruit les chances de pays et de parvenir à une solution à deux Etats.

Mahmoud Abbas s’inquiète alors de voir le conflit se transformer en conflit religieux, avec Israël qui réoccupe les villes de Cisjordanie, se livre à des exactions unilatérales, confisque les terres et l’eau, entrave la circulation de mouvement, alors même qu’en 1974, Yasser Arafat s’était présenté à cette Tribune pour rechercher la paix (citant) : « ne laissez pas la branche de l’olivier tomber de ma main » alors que les palestiniens emportent seulement « certains de nos biens, notre chagrin, notre souvenir et les clés de nos maisons dans les camps de l'exil et de la diaspora en 1948 Al-Nakba, l'une des pires opérations de déracinement, de destruction et d'enlèvement d'une société dynamique ». Il propose donc de corriger « une grave injustice historique » avec la création de leur Etat sur les territoires occupés en juin 1967 par Israël à savoir «la Cisjordanie » (bien que ce territoire dépendait de la souveraineté jordanienne), « la bande de Gaza » (qui dépendait de l’Egypte) et « Jérusalem Est » (jordanienne) », le règlement de la solution des réfugiés palestiniens, et la libération des prisonniers détenus dans les prisons israéliennes…

Cette nouvelle comédie palestinienne ne devrait toutefois déboucher sur rien de concret, et en tous les cas, surtout pas sur la création d'un Etat palestinien. En niant la réalité d'Israël, Mahmud Abbas se voudrait bien rassembleur des palestiniens, parlant au nom du peuple palestinien mais également de l’Organisation de Libération de la Palestine (dont la violence est au cœur de l’action selon la Charte). Aucun bouleversement fondamental ne devrait ressortir de cette démarche (avortée dans l'œuf), non seulement car les palestiniens ne remplissent pas les critères pour l'autodétermination (faute de volonté commune, de territoires exclusifs, de système d'organisation politique) mais en outre, faute, pour Mahmoud Abbas, de disposer d’un mandat de la communauté palestinienne : il ne représente donc que lui même. Le Hamas s’est d'ailleurs empressé de le lui rappeler en condamnant son discours, en soulignant ses contradictions, et en martelant qu’il n’avait aucune légitimité.

 

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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