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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 10:16

 

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Par Anna Mahjar-Barducci
25 janvier 2012 at 4:00 am

 

La Russie a promis de bloquer toute intervention militaire en Syrie. Le dernier avertissement est venu du ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, au cours d’une conférence de presse à Moscou, qui a répété  que la Russie imposerait son veto à toute tentative d’obtenir l’aval de l ‘ONU, afin de déployer des mesures militaires contre la Syrie. Il a ajouté que « Si certaines personnes ont l’intention d’employer la force à n’importe quel prix… ils doivent le faire de leur propre initiative et se confronter eux-mêmes à leur propre conscience. Mais ils n’obtiendront jamais l’autorisation du Conseil de Sécurité de l’ONU ».

Bien entendu, comme on s’attend complètement à ce que, si jamais le Président Bachar al Assad est destitué, ce soient les Frères Musulmans qui prennent le pouvoir en Syrie, la détermination russe de l’en protéger pourrait probablement être la bienvenue.

La Syrie est un allié de la Russie depuis fort longtemps, remontant avant même que la famille Assad ne prenne le pouvoir. Dans les années 1970, Moscou a signé un accord militaire avec Damas qui comprenait des installations  à l’intention de la marine et de l’armée de l’air russe, mais qui a aussi fait effectivement de la Syrie l’un des meilleurs clients en matière d’achat d’armement russe : avions de chasse, différents types de missiles et armes légères. Ce commerce s’est poursuivi même après la soi-disant fin de la Guerre Froide. A présent, 90% de l’armement syrien est d’origine russe.

La position de la Russie à l’égard de la Syrie, cependant, ne peut simplement être expliquée en termes de conventions commerciales. Les considérations géopolitiques et l’acquisition  de positions de force sont ce qui inspire les politiques d’aujourd’hui en Russie. Le mot « démocratisation » ne fait pas partie du lexique du Premier Ministre russe Vladimir Poutine, ce qui peut partiellement expliquer l’attitude négative de la Russie envers les révolutions arabes, probablement très anxieuse que la révolution puisse être contagieuse. L’analyste russe Alexandre Golts a récemment considéré que Poutine « est convaincu que c’est la Maison Blanche qui inspire toute protestation populaire dans n’importe quelle partie du monde, et particulièrement au Moyen-Orient et en Russie, et qu’elles sont toutes parrainées par le Département d’Etat ». Mais la rivalité de Poutine envers les Etats-Unis précédait « le Printemps Arabe » et elle est, sans aucun doute, un facteur important. Aussi la Russie gonfle ses muscles et tisse un vaste réseau d’accords stratégiques avec tous ces pays qui s’opposent aux intérêts américains : il se trouve que la Syrie est l’un d’entre eux.

Internationalisation du conflit pour empêcher toute ingérence internationale

Pendant ce temps, le Président syrien Bachar al Assad tire avantage du soutien russe, qui lui permet de gagner plus de temps contre les manifestants. Ainsi que le quotidien libanais An-Nahar l’a présenté, la Syrie compte sur l’internationalisation du conflit pour empêcher toute ingérence internationale. Ce journal libanais mentionne qu’Assad joue habilement de cette « Carte Russe » pour construire une barrière contre toute intervention militaire qui puisse s’opposer à son régime. An-Nahar explique encore que la Russie joue le rôle de barrière-repoussoir international, pendant que l’Iran –que la Russie soutient également contre les sanctions américaines – incarne la barrière-repoussoir régionale. L’Iran tente de menacer les pays du Golfe afin qu’ils ne puissent pas prendre de mesures contre la Syrie. En soutien à Assad, la Russie a déployé une force de frappe navale dans le port syrien de Tartous, afin de démontrer que toute intervention internationale transformera la Syrie en un nouvel Afghanistan. Un autre journal libanais, As-Safir, mentionne que la présence de la flotte russe et l’argument final montrant que la Syrie est devenue l’épicentre de la division des pouvoirs : la Russie se tenant auprès de la Syrie et de l’Iran contre les Etats-Unis et ses alliés occidentaux. En d’autres termes, la crise syrienne représente le point de départ – ou le milieu- d’une nouvelle Guerre Froide.

Poutine cherche aussi sa réélection à la Présidence russe en mars ; selon l’analyste russe Alexander Golts, Poutine essaiera de montrer, au cours des prochains mois, que la Russie est une superpuissance qui peut rivaliser avec les Etats-Unis et qu’il est l’homme qui peut faire revivre ces ambitions nationalistes et hégémoniques. Plus encore, Golts affirme que plus on se rapproche des élections de mars, plus Poutine essaiera de produire des preuves pour dénoncer l’implication américaine dans les manifestations contre lui en Russie. Un point central de l’agenda de campagne présidentielle de Poutine consiste à cultiver les sentiments anti-américains dans le pays pour empêcher l’Occident d’interférer dans sa réélection. Comme le dit Golts : « La Russie va enfermer les Etats-Unis dans une lutte en Syrie […] uniquement pour empêcher leur supposée implication dans les affaires intérieures russes, à la veille du vote présidentiel ».

 

Adaptation : Marc Brzustowski. 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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