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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 17:03

 

Manfred Gerstenfeld interviewe Kenneth Levin

Ken Levin (Copier)

Kenneth Levin

 

“Un certain nombre de Juifs et d’Israéliens adoptent les critiques venant des cercles antisémites et des extrémistes anti-israéliens. Ils ont eu beaucoup de précurseurs au cours de la longue histoire de la Diaspora juive.

 

“Ce phénomène révèle de grandes similarités, au niveau de la psychologie humaine, avec les réponses des enfants victimes d’abus chroniques. Ces enfants ont tendance à s’accuser d’être la cause de leurs souffrances. Dans leur condition dénuée de tout recours, il leur reste deux alternatives : soit, ils parviennent à reconnaître qu’ils sont traités en victimes expiatoires de façon inique et pourront se réconcilier avec eux-mêmes, malgré le fait de se voir réduits à l’impuissance, soit il leur reste à s’accuser d’être à l’origine de leur situation difficile. L’attrait de cette dernière proposition – « Je souffre parce que je suis foncièrement mauvais » - provient du fait qu’elle comble le désir de reprendre du contrôle, et répond au fantasme qu’en devenant « bon », ils finiront par arracher des représailles moins violentes de la part de leurs tourmenteurs. Aussi bien les enfants que les adultes cherchent invariablement à éviter de rester sans le moindre espoir ».

 

Kenneth Levin est psychiatre, historien et auteur de plusieurs livres, parmi lesquels : The Oslo Syndrome: Delusions of a People under Siege. 1. [Le Syndrome d’Oslo : les Désilusions d’un peuple assiégé].  Il est formateur clinicien en psychiatrie à l’Institut Médical d’Harvard.

 

Dans le Syndrome d’Oslo, Levin explique l’attitude des Israéliens qui sont atteints de haine d’eux-mêmes : [Il y a] « une volonté de croire qu’Israël a le contrôle de circonstances particulièrement stressantes sur lesquelles, malheureusement, il n’y a pas de contrôle réel. Une paix authentique n’adviendra au Moyen-Orient que lorsque le monde arabe, qui est, de loin, le parti dominant dans cette région, finira par percevoir une telle paix comme étant dans son propre intérêt. Les politiques israéliennes ont, en fait, très peu d’impact sur les perceptions arabes, de ce point de vue, bien moins, en tout état de cause, que les dynamiques des politiques intérieures au sein des Etats Arabes et que les rivalités interarabes ».

 

Lévin ajoute, à présent : “ La vulgarisation de la haine contre Israël, qui est ventilée par les gouvernements arabes, les systèmes éducatifs, les media et les prédicateurs musulmans, est profondément ancrée dans l‘opinion arabe. Ce n’est pas un phénomène totalement isolé, mais il se coule dans un cadre bien plus vaste. Depuis les tous premiers jours de l’édification du monde arabo-musulman, il y a toujours eu une animosité très répandue contre les minorités aussi bien ethniques que religieuses, dans cette région. Ce serait une erreur d’attribuer, par exemple, la pression exercée contre les minorités chrétiennes, exclusivement comme le résultat de l’émergence du fondamentalisme musulman. L’hostilité arabo-musulmane populaire a, aussi, conduit à des pressions exercées contre des Musulmans non-Arabes, tels que les populations berbères d’Afrique du Nord.

 

“Alors que ces Juifs et Israéliens qui adoptent des argumentaires anti-juifs le font, habituellement, dans l’espoir de s’attirer les bonnes grâces des ennemis des Juifs, ils reconnaitront difficilement cette source de leur motivation. Ils prétendront plutôt, en règle générale, que leur position ne fait que refléter une position morale ou éthique bien supérieure.

 

“Par le passé et encore actuellement, les antisémites ont communément prétendu que les Juifs étaient exclusivement intéressés par leur propre bien-être. Cela a conduit de nombreux Juifs à concentrer leurs énergies sur des causes sociales plus larges, même lorsque la communauté juive souffrait d’une situation défavorisée unique en son genre. Les Juifs qui suivent ce processus, n’admettent habituellement, pas qu’ils le font pour éviter d’être accusés de chauvinisme ou d’esprit de clocher. Ils prétendront, plutôt, être habités d’un sentiment de justice transcendante et par des préoccupations profondes de vouloir répondre à des besoins universels.

 

“Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, particulièrement après que fut révélé le programme d’extermination nazi, vers la fin 1942, de nombreux dirigeants juifs américains ont cherché à provoquer une prise de conscience sur la situation tragique des Juifs d’Europe, afin de promouvoir des efforts pour les sauver. Pourtant, ils ont aussi limité leur campagne, par crainte de réveiller la colère du public contre une préoccupation juive centrée sur un problème juif, et ils ont souvent rationalisé cette façon de faire, comme si elle reflétait leur dévotion à une tâche plus hautement patriotique, visant à gagner la guerre. C’étaient, plus largement, des voix non-juives qui ont insisté sur le fait que le programme d’extermination nazi n’était pas seulement un crime contre les Juifs, mais bien un crime contre la civilisation et contre toute l’humanité, et qu’il devait, par conséquent, faire l’objet de la préoccupation de tout un chacun ».

 

Levin observe que : “Durant les soixante dernières années, la communauté juive américaine, dans l’ensemble, a énergiquement adopté une position de soutien à Israël. Cela a été rendu plus facile par le fait que le très large public américain éprouve, traditionnellement, de la sympathie envers l’Etat juif.

 

“D’un autre côté, Israël s’est trouvé exposé à de nombreuses critiques, dans certains media américains, sur beaucoup de Campus et au sein de courants dominants des églises libérales. Ces segments de la communauté juive qui vivent et travaillent dans des environnements hostiles à Israël, adoptent communément les poncifs anti-israéliens présents dans leur entourage. Et ils insistent souvent sur le fait qu’en se comportant de la sorte, ils font preuve de grande vertu.

 

“Les dynamiques psychologiques des communautés sous le coup de l’hostilité ambiante expliquent pourquoi, autant à l’extérieur qu’en Israël, le siège virtuel mis en place autour de l’Etat Juif continuera à mener des segments des communautés juives à soutenir leurs assiégeants et à exhorter à une réforme juive de l’intérieur, comme si c’était le plus court chemin pour obtenir un soulagement. Pourtant, la voie qu’ils préconisent n’est pas moins délirante que celle des enfants violentés qui s’accusent des abus qu’ils subissent. Tout autant que ces enfants, ils se destinent psychologiquement à une vie d’abnégation auto-imposée et de misère. Dans le cas des Juifs culpabilisant Israël pour la haine qui est dirigée contre lui, la misère qu’ils cultivent va bien au-delà d’eux-mêmes et, en définitive, elle sape l’existence même d’Israël ».


Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 



1 -1- Ken Levin, The Oslo Syndrome: Delusions of a People under Siege (Hanover, NH: Smith & Kraus, 2005).

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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