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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 18:46

 

 

La traque de "ceux qui n'oublieront jamais"
Par ABRAHAN RABINOVICH 
12.04.10

 

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1270724842996&pagename=JFrench/JPArticle/ShowFull

C'est l'histoire d'une traque et d'une quête de justice. En 1965, le gouvernement israélien envoie ses meilleurs agents du Mossad en Amérique du Sud avec un objectif : l'élimination d'un ancien officier nazi. Jérusalem aimerait surtout que l'opération trouve résonance sur la scène internationale. Suffisamment pour rendre impossible en Allemagne le vote d'une loi qui limiterait l'étendue des crimes de guerre nazis. Car en cas d'adoption, des milliers d'anciens SS pourraient réapparaître libres comme l'air sur l'ancien territoire de leurs crimes : l'Europe. L'enlèvement d'Adolf Eichmann par Israël en 1960 avait envoyé un message clair aux criminels nazis expatriés : faites attention à vos arrières, nous vous traquons. Cette loi mettrait un point final à cette chasse à l'homme.


PHOTO: ILLUSTRATION : SHANNON BRADY / SAINT PAUL PIONEER PRESS / MC , JPOST

Pas question d'accepter cela à Jérusalem. Il faut frapper fort. Une cible est choisie. Il ne s'agit pas d'un Allemand, mais d'un Letton : "l'homme de main de Riga", Herbert Cukurs. Cet ancien pilote de chasse reconverti dans l'uniforme SS est responsable de la mort de plus de 30 000 Juifs en Lettonie. Il a même tué un bébé sous les yeux de sa mère. En 1946, il s'est enfui avec sa famille vers le soleil brésilien où il dirige toujours dans les années 1960 une marina à São Paulo.

Pas question d'un autre procès Eichmann

L'opération a été soigneusement planifiée, l'emploi du temps strictement millimétré. Au programme : l'usage, bien évidemment, de faux passeports... Une information qui renvoie à l'élimination à Dubaï en janvier dernier, du leader du Hamas Mahmoud al-Mabhouh. Mais là s'arrête toute ressemblance. Les événements qui nous intéressent se sont déroulés, il y a 46 ans, en Uruguay. Et fait inhabituel : l'un des membres du commando a relaté plus tard l'élimination en détail avec l'accord tacite du Mossad lui-même. La cible d'alors n'est pas un Arabe et n'a rien à voir avec la bataille actuelle d'Israël contre ses ennemis. Elle incarne plutôt un spectre du passé et son exécution délivre un message politique et moral clair, non pas au nom d'Israël, mais du peuple juif. Cet ancien agent du Mossad bien bavard, on le nommera Anton.

Le 1er septembre 1965, exactement 25 ans après le début de la Seconde Guerre mondiale, Anton assiste à une réunion dans l'appartement de "Joseph" à Paris. Un acte spectaculaire doit être réalisé, explique ce dernier, pour rappeler au monde que la Shoah n'est pas un crime qui peut s'effacer avec le temps. Jérusalem, éprouvée, ne veut pas d'un autre procès Eichmann. Un autre marathon judiciaire ne pourrait que réduire l'impact du premier. Israël est réticent, par ailleurs, à violer une nouvelle fois le territoire d'un allié pour enlever un criminel nazi, comme en Argentine dans le cas Eichmann. Mieux vaut privilégier un autre scénario plus rapide et plus commode : une élimination ciblée, à résonance internationale, qui mettrait l'Allemagne dans une position délicate et protégerait Israël de toute retombée. Joseph a déjà une idée du lieu d'exécution : il faut tuer Herbert Cukurs non dans sa patrie d'exil, le Brésil, mais dans l'Etat voisin de l'Uruguay. Pour une raison simple : le premier applique la peine de mort, pas le second. On ne peut exclure l'hypothèse que les membres du commando israélien se fassent prendre. Avant de dessiner en détail un plan d'action, Joseph décide d'envoyer Anton en reconnaissance dans le continent sud-américain.

Anton : la discrétion d'un Monsieur-tout-le-monde

Loin du physique play-boy d'un James Bond, l'agent du Mossad présente un profil idéal pour se fondre dans la masse : petit, chauve, âgé de 51 ans, Anton est né en Allemagne. De ce fait, il peut facilement se faire passer pour un vétéran de guerre. Son père, médecin, a servi dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale. Enfant, Anton a vu son monde s'écrouler au début des années 1930 avec l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler. Il devait faire le salut nazi accompagné d'un "Heil Hitler" en arrivant en cours. Les leçons de biologie se concentraient dorénavant sur les théories raciales nazies. Le directeur de son école, un homme digne, a décidé de résoudre ses démons intérieurs en se donnant la mort. La chance d'Anton a été d'obtenir à l'âge de 15 ans un permis pour partir étudier en Palestine. A la fin de la guerre, il réapparaît à Londres sous l'uniforme de la Brigade juive. Il assiste alors à une réunion du Congrès juif mondial. Un silence pesant s'abat lorsque des rescapés de Pologne et de Roumanie racontent l'impensable. Peu de temps après, Anton apprend la mort de ses parents dans les camps d'Auschwitz et de Theresienstadt. Il part alors en Israël se construire une nouvelle vie.

Au cours de la guerre d'Indépendance, il combat dans les rangs de Tsahal avant de rejoindre ceux du Mossad. Un homme timide et simple dans la vie, capable de se métamorphoser lors d'une mission, devenir affable et susciter la confiance des gens. Il est réputé pour garder son sang-froid dans les situations les plus délicates. Sa petite stature et son allure de "Monsieur-tout-le-monde" font de lui l'agent idéal.

Cukurs : un homme difficile à abattre

Une fois les instructions de Joseph reçues, Anton enclenche les opérations. Première étape : installer sa couverture d'homme d'affaires autrichien opérant à partir de Hollande. Trois jours après la réunion de Paris, Anton prend le train pour Rotterdam. En l'espace d'une journée, il ouvre un compte bancaire, une boîte aux lettres professionnelle, obtient les formulaires de visa de la part du consulat brésilien, reçoit les vaccins adéquats. Cerise sur le gâteau : il se rend chez un ophtalmologue et échoue volontairement aux tests de vue. Son objectif : porter des lunettes pour parfaire sa couverture. Il se laisse également pousser la moustache.

Quelque dix jours après le premier rendez-vous dans l'appartement de Joseph, la couverture d'Anton est déjà prête. Direction : le Brésil. Il faut être prudent. Rien n'indique que l'ancien "homme de main de Riga" n'est pas en relation constante avec le réseau des anciens nazis connu sous le nom d'Alte Kameraden. Dans ce cas, il serait en mesure de vérifier minutieusement la couverture d'Anton.

Dès sa descente d'avion sous le soleil sud-américain, l'agent du Mossad adhère complètement à sa nouvelle identité. A São Paulo, Anton examine pendant trois jours toutes les offres touristiques de la ville avant de se rendre dans le restaurant surplombant la marina Interlagos, celle d'Herbert Cukurs. L'ancien officier SS paraît plus vieux que sur les photos. Dorénavant, il porte des lunettes, rafistolées par un morceau de scotch. On peut presque apercevoir un reflet d'innocence sur son visage accaparé par sa nouvelle vie brésilienne. Mais ses yeux en avaient beaucoup trop vu pour se dérober, même après 20 ans. Cukurs parle allemand avec un accent balte très prononcé. Pour l'ancien nazi, les affaires ne coulent pas à flots. Ainsi lorsqu'Anton l'interroge pour un vol touristique au-dessus de la ville, le Letton répond par l'affirmative, sans hésiter.


Malgré ses 64 ans, il a conservé une constitution physique massive. Dans l'avion qui surplombe São Paulo, Anton se fait cette réflexion : Cukurs ne sera pas un homme facile à abattre. A l'atterrissage, le Letton lui offre un verre. Le piège se renferme sur l'ancien officier SS. Les deux hommes trinquent au Brandy. Anton déroule alors son identité : il représente un groupe d'investisseurs européens séduits par le potentiel touristique du Brésil. Intéressé, Cukurs répond qu'il possède plusieurs propriétés qui pourraient être transformées à cette fin. Les deux hommes sont donc faits pour se rencontrer. Du moins, c'est ce que croit le Letton. Pour mettre en confiance Cukurs, Anton fait référence à certaines amitiés en Europe : l'agent du Mossad laisse entendre qu'il a des contacts au sein du réseau d'ancien SS, Alte Kameraden.
"Mes crimes contre les Juifs ? Un ramassis de mensonges"

"Où avez-vous servi dans l'armée", demande soudainement Cukurs. Réaction instinctive d'Anton : il déboutonne le haut de sa chemise et laisse apparaître une cicatrice mineure : "Le front russe." "Quel était votre rang ?" "Lieutenant", répond Anton. A la grande surprise de l'agent du Mossad, Cukurs évoque tout de go les accusations de crimes de guerre qui pèsent sur lui. "Un ramassis de mensonges", explique l'ancien SS. Il faut dire que l'officier de Riga a connu une arrivée "difficile" au Brésil. Moins de trois ans après son installation, il avait déjà été démasqué. Il s'était alors déplacé dans différentes localités brésiliennes pour endormir la vigilance de l'importante communauté juive du pays. Avant de finalement rejoindre São Paulo et transformer sa maison en bunker : barbelés, chiens, gardes...

Mais Cukurs rumine, il lui manque des défis professionnels qui lui permettraient de faire fortune. L'offre d'Anton tombe à pic. L'agent du Mossad ressent, néanmoins, que l'instinct de survie de l'ancien SS ne sera pas facile à neutraliser. Ses yeux bleu gris n'ont pas perdu leur cruauté et leur redoutable intelligence. La moindre petite erreur pourrait être fatale à l'ensemble de l'opération et même coûter la vie à Anton.

La paranoïa de l'ancien officier SS

Une semaine plus tard, l'agent du Mossad revient à São Paulo et se rend immédiatement dans la propriété de Cukurs, ce fort imprenable protégé par des chiens et des fils barbelés. La première chose qu'il montre à son invité : ses médailles de pilote et d'officier SS. Cukurs propose alors à Anton une visite dans ses deux ranchs. L'un d'eux se trouve sur la rivière Crocodile enjambée par un pont bien frêle. Pour les deux hommes, l'endroit est idéal pour un crime parfait. Si Cukurs a des soupçons, il n'y a pas meilleur endroit pour supprimer son hôte. Mais l'ancien nazi a confiance. Du côté d'Anton, la mission pourrait elle aussi s'achever en quelques minutes. Mais il a reçu l'instruction de mener une exécution publique. Une élimination silencieuse dans la jungle ne remplit pas cet objectif.

Pas de crime donc, au cours de leur périple, mais une avancée de taille. Les deux hommes se rapprochent. Cukurs commence à s'adresser à son hôte d'un affectueux "Herr Anton" et l'agent de Mossad le gratifie d'un chaleureux Herbert. Les nouveaux partenaires d'affaires se rendent ensuite en Uruguay. Le pays sera le tombeau de Cukurs mais cette fois-ci, il ne s'agit que d'une répétition. Lors d'un dîner dans un charmant restaurant de Montevideo, "l'homme de main de Riga" s'adresse soudainement au serveur en yiddish : "Redst ah bissel Yiddish ?" (Parlez-vous un peu le yiddish ?) Cukurs avait appris quelques mots au contact de la communauté juive de sa ville natale de Libau. Le serveur n'est pas juif mais la remarque a une autre fonction : jauger la réaction d'Anton, qui demeure impassible. La manœuvre de Cukurs est en tout cas révélatrice de l'immense paranoïa de l'ancien officier SS.

De retour à Paris, Anton passe plusieurs jours à écrire son rapport avant que le commando n'élabore la phase finale de son plan : Cukurs sera attiré à Montevideo, la capitale de l'Uruguay. Puis, il sera conduit jusqu'à un immeuble isolé. Ses crimes lui seront alors notifiés, tout comme le verdict délivré par "ceux qui n'oublieront jamais." C'est seulement après cette mise en scène qu'il sera tué. Puis, une note sera accrochée à son cadavre. Quatre hommes, dont Joseph, rejoindront Anton à Montevideo la veille de l'opération. D'autres agents offriront un soutien logistique en Europe et en Amérique latine.

Chaque mouvement fait partie d'une chorégraphie complexe mais précise : itinéraires aériens, réservations d'hôtel, location de voitures, préparation de faux documents d'identité, obtention de devises étrangères, mise au point de méthodes de communication entre les membres de l'équipe... La seule donnée inconnue demeure Cukurs : va-il tomber dans le piège et accepter de se rendre seul en Uruguay pour faire affaire avec les "associés" d'Anton ? Tout repose sur l'agent du Mossad.

Quand la proie mord à l'hameçon

De retour à São Paulo, l'ancien officier SS révèle à Anton qu'il n'a toujours pas entamé les démarches pour obtenir un visa pour l'Uruguay. Anton se met alors en colère : lui et ses associés ont besoin de travailler avec des gens de confiance. Si Cukurs veut se lancer dans les affaires, il doit être parfaitement honnête et ne pas leur faire perdre de temps et d'argent. L'ancien nazi baisse la tête et s'excuse : la comédie jouée par Anton fait son effet. Mais Cukurs est traversé par un délicat conflit intérieur : quitter son bunker brésilien pour faire affaires avec un homme qu'il connaît peu et saisir sa seule chance de revenir dans la partie et faire fortune. Il résout son conflit intérieur en emportant un pistolet avec lui et prévient sa femme : "Si quelque chose m'arrivait. C'est lui (Anton) qui en est le responsable."

Il a parfaitement raison. Le 23 février 1965 est le jour du jugement pour l'homme de main de Riga. Mais il ne le sait pas encore. A 9h30, Anton accueille Cukurs sur le tarmac de l'aéroport de Montevideo. L'agent secret joue son rôle à la perfection et se montre affable avec son futur associé. Une fois les bagages de Cukurs installés dans son hôtel, place de l'Indépendance, les deux hommes se rendent dans le bureau voisin de la compagnie Lufthansa pour confirmer leurs réservations pour Santiago avant de passer dans une agence immobilière et visiter deux propriétés hors de prix : "Nous vous rappellerons peut-être plus tard", remercie l'agent secret.


"Lasst mich sprechen" (laissez-moi parler), crie l'officier SS. Il tente désespérément d'atteindre le pistolet dans sa poche. Joseph redoute qu'un tir alerte les ouvriers du chantier avoisinant. Alors il fourre ses doigts dans la bouche de Cukurs. Ce dernier continue à se débattre et réussi presque à mordre l'un des agents. Joseph prend un marteau et l'assomme mais le nazi n'est pas encore à terre. Impossible de le maîtriser, Joseph sort son arme et lui tire deux balles dans la tête. La mise en scène n'a pas pu aller jusqu'au bout. Mais le verdict de sa condamnation à mort, écrite en anglais, est néanmoins accroché sur sa chemise. Anton jette un coup d'œil à l'extérieur. Personne ne semble avoir prêté attentions aux coups de feu. Les agents en nage se désaltèrent dans la cuisine. Puis, ils changent de vêtements et prennent le soin d'effacer toutes leurs empreintes.Curkus remonte dans la voiture mais Anton a une dernière visite dans son programme : celle de la propriété qu'il loue pour en faire un bureau temporaire. La rue en face de la villa est vide. Anton se gare sur le trottoir opposé à l'entrée. Il ouvre la porte la laissant grande ouverte, comme pour mieux rassurer son invité. Il reste dans le champ de vision de Cukurs. L'ancien nazi est confiant, il entre. Mais à peine a-t-il mis un pied à l'intérieur que la porte se referme brutalement et trois hommes font irruption derrière lui. Ce moment, Cukurs le craignait depuis vingt ans. L'ancien nazi se débat désespérément, avec une force étonnante. Il arrache même la poignée de la porte. Anton se joint alors à l'équipe pour le maîtriser.

Rapidement, le commando s'engouffre dans deux voitures pour rejoindre le centre-ville. Au volant de la première, Anton prend soin de ne pas dépasser les limitations de vitesse. Discrétion oblige. Joseph l'enjoint d'accélérer mais le chef du commando refuse. Devant un café de la place de Cagancha, Joseph sort de voiture. Le lieu a été choisi comme point de ralliement des membres du commando sur le chemin de l'aéroport. Anton se gare près de son hôtel. Il récupère sa mallette dans le coffre et prend un taxi pour rejoindre Joseph et les autres membres de l'équipe au café. Chaque homme doit ensuite se rendre à l'aéroport par ses propres moyens. Avant d'embarquer, Anton se repasse le film de la journée afin de s'assurer qu'il n'a rien oublié.

Il appelle l'hôtel pour annuler sa réservation, tout comme les billets d'avion pour Santiago pris avec Cukurs. A l'aéroport de Buenos Aires, le commando est accueilli par un collègue qui leur fournit tous les documents nécessaires : nouveaux passeports, papiers d'identité, réservations d'hôtels durant leur séjour. Au cours de la soirée, l'équipe se retrouve dans un restaurant chic autour d'une bonne bouteille de champagne.

Mission accomplie pour "ceux qui n'oublieront jamais"

Personne n'évoque l'exécution. Ils ne sont pas des tueurs professionnels, mais aucun d'entre eux n'éprouve le moindre remord sur ce qu'il a accompli. Quelques jours plus tard, les membres du commando sont en sécurité en Europe. La deuxième partie du plan commence : l'un d'entre eux appelle les agences de presse AP et Reuters pour les informer de l'exécution. Il indique l'emplacement du cadavre et livre le verdict de "ceux qui n'oublieront jamais".

Les agences de presse transfèrent alors leurs informations à la police uruguayenne. Mais cette dernière ne parvient pas à retrouver la villa en question. L'informateur répète l'emplacement exact du bâtiment en insistant bien sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un canular. Le jour suivant, le 7 mars 1965, le cadavre en décomposition d'Herbert Cukurs, "l'homme de main de Riga", est découvert et fait la une des médias. Personne ne le pleure. L'opinion mondiale est dans sa grande majorité acquise aux tueurs, que l'on présume juifs. De nombreux survivants de Riga, qui n'avaient jamais témoigné auparavant, se manifestent alors, pour évoquer les horreurs perpétrées par l'ingénieur de Lettonie qui pratiquait l'assassinat des Juifs comme "un sport".

A la vue de ces témoignages, Anton a froid dans le dos : il a vécu au contact de l'officier SS durant des mois. L'opération est un succès total : les mesures d'amnistie envisagées par l'Allemagne sont mises au placard en 1969. C'est grâce à cette lutte contre l'oubli entre Paris, São Paulo et Montevideo qu'un autre homme doit aujourd'hui s'expliquer devant la justice : John Demjanjuk. "Ceux qui n'oublieront jamais" sont plus que jamais vigilants.

Cet article s'appuie sur un livre en cours de réalisation. abra@netvision.net.il

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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