Le Point.fr - Publié le 20/08/2011 à 11:34 - Modifié le 20/08/2011 à 11:43
L'aviation a frappé plusieurs positions des rebelles kurdes, qui ont intensifié depuis juillet leurs attaques contre la Turquie.
L'aviation turque a mené deux séries de raids dans le nord de l'Irak vendredi et bombardé 85 cibles de rebelles kurdes qui ont intensifié leurs attaques contre la Turquie, a annoncé, samedi, l'armée turque, sans fournir de bilan sur d'éventuelles victimes et sur les dégâts. La Turquie a repris le bombardement aérien des positions de rebelles kurdes dans la montagne irakienne, auquel elle n'avait pas recouru depuis plus d'un an, après une attaque mercredi des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est de la Turquie, frontalière de l'Irak, qui a tué neuf membres de ses services de sécurité.
"85 cibles ont été frappées (vendredi) avec précision et efficacité dans le matin, puis dans la soirée", selon un communiqué en ligne de l'état-major des armées. Les cibles bombardées se situent dans les zones de Hakurk, Avasin-Basyan et Zap, dans le nord de l'Irak, où le PKK dispose de bases arrière pour attaquer la Turquie, selon le communiqué. "Les dégâts occasionnés par les raids sont en cours d'évaluation après des vols de reconnaissance sur la zone", ajoute le texte. L'armée a en outre diffusé des enregistrements de ces frappes où l'on voit des explosions sur des "repaires de terroristes" et des "dépôts de vivres et de matériel" du PKK.
Unités spéciales
Depuis juillet, les attaques attribuées par les autorités turques au PKK ont coûté la vie à une quarantaine de soldats et de policiers, poussant le gouvernement d'Ankara à adopter une ligne plus dure dans le conflit kurde qui perdure depuis 1984, date à laquelle le PKK a pris les armes. La Turquie a adopté, jeudi, une "nouvelle stratégie" qui prévoit notamment de combattre les rebelles avec des troupes militaires entièrement professionnelles, mais aussi avec des unités spéciales de la police. Jusqu'à présent, l'armée décidait presque seule dans les zones de combat. Désormais, les services de renseignements (MIT) et les autorités civiles devraient être impliqués dans le mécanisme de coordination qui sera mis en place pour lutter contre le PKK.
Certains analystes militaires estiment cependant que les frappes aériennes ne suffiront pas à ébranler le PKK dans la montagne irakienne et insistent sur la nécessité d'une opération terrestre. Depuis le début des années 1990, l'armée turque a mené plusieurs incursions terrestres dans le nord de l'Irak pour pourchasser les rebelles, dont la dernière, longue de huit jours, remonte à 2008. Les États-Unis, alliés de la Turquie au sein de l'Otan et qui considèrent le PKK comme un mouvement terroriste, fournissent généralement des renseignements sur le PKK en Irak.