Partager l'article ! Le chaos Moyen-Oriental génère une remontée de l’affrontement des blocs: Par Marc Brzustowski ...
Par Marc Brzustowski
La « guerre des nerfs », entre, d’un côté : l’Iran, la Syrie et, de l’autre, Israël et l’Occident, flanqué de la Ligue Arabe, a débuté lors de la publication du rapport de l’AIEA, le 8 novembre. Elle a, d’abord, été largement médiatique, accompagnée de parades militaires : israéliennes en Sardaigne avec d’autres pays de l’Otan ; iraniennes autour des villes à défendre, de la préparation des milices Bassijis et d’unités terroristes palestiniennes, prêtes à agir, à partir de la frontière syrienne. Des communiqués incendiaires rythment ses tambours guerriers, mobilisant trois ténors du genre : le Guide Suprême Khamenei, Assad et Nasrallah.
Parallèlement, les parrains : Etats-Unis et Russie, ont envoyé des navires de guerre croiser au large des côtes iraniennes et syriennes, enjeux du conflit à venir. Alors que le journal Al Qods al-Arabi annonçait la livraison de batteries anti-missiles S-300 russes à la Syrie, le Yediot Aharonoth répliquait, en évoquant l’acheminement vers Israël de nouveaux systèmes Patriot « par un pays ami ».
Les menaces d’intervention sur l’Iran se doublent des appels d’une large partie de l’opposition syrienne, pour que l’Otan fasse contre Assad ce qu’elle a fait à Kadhafi. Les Occidentaux, comme Alain Juppé, se dépêchent surtout d’évacuer cette requête d’un revers de manche, sachant pertinemment que la guerre deviendrait inévitable dans la région et au-delà : la Russie, en particulier, ne cesse de montrer les muscles, contre le bouclier anti-missile en Europe, à mesure que la corde se resserre autour du long cou de Bachar al Assad.
Il est peu probable que la Turquie, encore moins la Ligue Arabe se lancent ouvertement dans une incursion massive sur le territoire syrien. Même l’idée, longtemps débattue, de la création d’une zone de sécurité pour les rebelles, à la frontière nord turco-syrienne, ne se ferait pas sans le feu vert, non pas de l’Otan, mais de l’ONU : or, Chine et Russie bloquent systématiquement toutes les résolutions qui menaceraient le tortionnaire de Damas. Ce cercle vicieux sanglant, quotidien et sans issue, ranime l’affrontement des intérêts et des blocs.
Pendant ce temps, néanmoins, l’insurrection s’est dotée d’une force de frappe contre le régime répressif. Plusieurs hauts symboles de la dictature du parti Baath, de ses services de renseignement, chargés d’éliminer les opposants, des sièges de parti, ont été la cible de l’Armée Syrienne Libre, dissidente. Elle s’avère très motivée, bien renseignée et précise dans ses frappes, organisée, au point de multiplier les chocs pour le pouvoir en place. Jeudi, ce sont 6 pilotes, un officier technicien et 3 autres membres du personnel d'une base aérienne du régime qui ont été les victimes d'un attentat, entre Homs et Palmyra. Le chef de meute alaouite accuse Israël.
Pire, pour Assad, alors qu’on s’ingénie à attribuer l’explosion d’un dépôt d’armes du Hezbollah à Siddiqin, au Sud-Liban à un drone israélien, un graffiti vengeur a été découvert à l’intérieur de cette forteresse sécurisée : il mentionne que cet acte aurait été commis pour venger le peuple syrien de l’aide apportée par la milice chi’ite libanaise au régime de Damas. Il promet d’autres actions spectaculaires, coupant l’herbe sous le pied des hommes de Nasrallah, anxieux de regagner tout le territoire Sud officiellement perdu, lors de la résolution 1701, en cas de conflit armé contre l'Etat hébreu. L’attaque, en tout cas, n’est pas le fait seulement d’un engin télécommandé depuis les airs. Il est, au moins, secondé par des saboteurs infiltrés, qui sont entrés et sortis sans encombre pour signer cet acte de défiance.
Que sait-on de cette signature et si elle n’est pas là pour brouiller les pistes ? Quoi qu’il en soit, elle régionalise un conflit centré autour de Damas, que le régime en place aimerait détourner contre Israël. De leur côté, les opposants syriens savent que le gouvernement fantoche siégeant à Beyrouth ne sert qu’à étendre la mainmise du Hezbollah sur le Liban et, à travers lui, celle d’Assad et des Mollahs d’Iran. Alors qu’on s’inquiète que les Frères Musulmans, sponsorisés par Ankara, ne détournent l’insurrection syrienne, la résistance intérieure et Israël se trouveraient-ils, temporairement au moins, des ennemis communs ?
Cette explosion fait écho à une précédente, plus stratégique, d’un Sejil 2 intercontinental iranien, dans une base à 46 kms de Téhéran. Elle a fait 36 morts parmi le gratin du haut-commandement des unités de missiles des Gardiens de la Révolution. Leur chef, Hassan Moghaddam et nombre de ses lieutenants y ont laissé la vie. Mises bout à bout, ces explosions forment une longue chaîne de déboires en cascade pour l’Iran et ses supplétifs, dans la « guerre secrète », qui doit déboucher sur l’acquisition d’armes nucléaires et l’aggravation des menaces aux frontières d’Israël : éliminations de scientifiques-clés du programme, destruction d’une base entière de Shahab 3, à Khorammabad, dans le Loristan, en octobre 2010, dysfonctionnement des ordinateurs commandant réacteurs et centrifugeuses, à cause d’un mystérieux vers informatique (Stuxnet), puis de son petit frère Duqu, et plusieurs autres cas semblables d’implosion de dépôts du Hezbollah, découverte angoissante de la pénétration à haut niveau des centres de commandement de la milice par des services ennemis… Certes, tous ces incidents semblent, à la lumière du rapport de l’AIEA, plus tactiques que stratégiques. Ils sèment le doute dans les rangs pro-iraniens et repoussent l’échéance d’une décision dramatique : choisir de frapper les installations nucléaires de l’Iran et la bête à la tête, dans ces centres nerveux ; ou consentir à vivre avec un Iran atomique, renforçant l’emprise chiite sur le Levant et les pays limitrophes.
L’ayatollah Ali Khamenei réagit, en faisant publier, sur son site officiel, 3 scénarios de guerre contre son pays : 1) la guerre totale, par des forces aériennes et terrestres ; 2) une guerre limitée à certains centres et régions, trop vastes pour être conquises, visant un renversement du régime ; 3) des frappes ciblées uniquement sur certains centres, paralysant les capacités d’attaque de l’Iran, notamment, contre Israël. Une seconde réponse consiste à dévoiler l’arrestation de réseaux de la CIA américaine, dont la capture d’au moins douze de ses agents en Iran.
Mais, à mesure des annonces des réussites de l’Iran ou du Hezbollah en matière de contre-espionnage, les incidents repartent de plus belle :
ces deux dernières catastrophes ponctuent, à chaque fois, de grands moments d’exaltation du nationalisme ou de la « Résistance anti-israélienne », par des discours enflammés et assurés, tenus soit par Nasrallah, Ali Khamenei ou ses lieutenants. Chaque fois, les voilà démentis, dans leurs propos les plus incendiaires par un rappel à la réalité de leurs failles sécuritaires. Assad se débat comme un diable pour affirmer que la région serait mise à feu et à sang, s’il tombait. Encore faudrait-il que ses alliés disposent de moyens fonctionnels pour passer à l’attaque. Si les missiles peuvent imploser, dès l’ordre de frappe donné, la guerre iranienne risque de faire désordre, d’abord sur son propre territoire…
Reste la question de l’alternative d’un nouvel ordre régional incarné par les Frères Musulmans, au cas où la menace irano-syrienne fléchirait. On ne peut transposer dans un autre pays arabe, comme la Syrie, l’écho des troubles postrévolutionnaires et pré-électoraux qui se déroulent au Caire. Cependant, force est de constater que la rue ne se contente pas de passer dans l’isoloir pour entériner une victoire parlementaire à 40 % en faveur de la Confrérie, selon les pronostics. Autant l’armée d’Egypte que les Occidentaux se sont empressés de reconnaître les descendants d’Al-Banna comme la puissance politique montante, après leurs succès en Tunisie et en Libye, en prévision de l'instauration d'un centre régional cairote : ils n’apparaissent pas, à ce stade en tout cas, comme une force réorganisatrice susceptible de devenir très vite crédible et de se substituer à l’ancien régime militaire, pour mettre un terme provisoire à l’anarchie qui règne. Ils ne participent pas aux heurts actuels, pressés d’en finir par la voie électorale et la rue ne les crédite toujours pas de l’espoir qu’ils prétendent soulever, par la seule application de la Chari’a et l’annulation du traité de paix avec Israël.
De même, en Syrie, le fait qu’ils aient le soutien de l’AKP qui gonfle artificiellement leur représentativité surfaite, ne donne aucune assurance qu’ils parviendront à juguler le mouvement insurrectionnel pour en faire leur chose. Le « Printemps arabe » a enfanté un processus anomique qui semble aller au-delà des solutions clé-en-main dont rêvent les chancelleries occidentales, en faisant la part belle à la cause première des dictatures, dans le monde arabe : une société répressive, faite de diktats, qu’ils soient religieux, sécuritaires, policiers, militaires, voire nucléaires.
L’équation culturelle et politique, à la racine du malaise dans le monde arabe, commence tout juste à émerger. Le retour à un modèle de stabilité n’est pas pour demain, ni sans doute, pour le jour d’après une élection imposant une dictature religieuse qui avait, pourtant, pris la précaution d’avancer masquée…
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A tous nos chers lecteurs.
Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?
Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.
En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.
L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.
Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.
La majorité d'entre elle sont trilitères.
Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.
Celle qui nous est demandée chaque jour.
La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.
De cette racine découlent plusieurs mots
Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser
Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges
Sé'hli > intelligent, mental, spirituel
Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre
Si'hloute > appréhension et compréhension
Haskala > Instruction, culture, éducation
Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser
Heschkel > moralité
Si'htanout > rationalisme
Si'hloul > Amélioration, perfectionnement
Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.
Aschkel pour Lessakel.
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