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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 14:05

 

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Le compte-à-rebours de l’après Assad a commencé par la décapitation de son Etat-Major

 

Par Marc Brzustowski

 

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Le bon vieux temps de la parade des Généraux...

 

Israël veille et pleure les dépouilles des 5 touristes nationaux assassinés avec leur guide bulgare, à l’aéroport de Burgas, par l’Islamikaze finno-algérien Mehdi Mohamed Ghezali, sous-traitant de l’Iran et du Hezbollah, sans doute introduit via la Turquie, avec deux ou trois comparses qui ont quitté le pays aussitôt. Le coup porté à l’infaillibilité des renseignements extérieurs de l’Etat Hébreu est lourd, émotionnellement et sur le plan tactique, puisque ces services, avec la coopération des polices alliées, étaient parvenus, jusqu’à ce jour, à déjouer plus de vingt attentats, de gravité variable, contre des intérêts diplomatiques et sécuritaires, sur toute la planète, au cours des derniers mois (depuis mai 2011).

 

C’est le premier attentat sous influence irano-libanaise qui atteint ses cibles juives et israéliennes, depuis l’élimination d’Imad Moughniyeh, le 12 février 2008, en plein Damas. Depuis, aussi, les mystérieuses disparitions d'une brochette d’agents de liaison syriens, entre l’Iran et le Hezbollah, ainsi qu’au moins 4 experts nucléaires iraniens, d'explosions énigmatiques sur des bases de missiles Shahab III et Sejil, imputées par les Mollahs à Israël. Ce n'est, malheureusement, mais sans doute pas, le dernier, puisque les vieilles tactiques du Hezbollah des années 80 semblent remises à l'ordre du jour, à mesure qu'Assad s'enfonce vers la débâcle. 

 

Premier constat : on ne peut compter sur une sécurité étanche à plus de 90%, ni sur les frontières, jusque-là préservées, du Sinaï avec l’Egypte, demain, du Golan avec la Syrie ; et cette tâche inlassable se complique, dès qu’un groupe de citoyens israéliens s’évade quelques temps à l’étranger, y compris vers des pays amis comme la Bulgarie, la Grèce, la Roumanie et ainsi de suite. Le fait d'être Israélien ou/et Juif reste universellement dangereux, de Toulouse à Nicosie, Bogota, Sofia, Johannesburg... à cause du projet génocidaire de groupes islamistes de tout acabit, qui agit comme un contrat mafieux, trop souvent relayé, sous une forme édulcorante, par les organes de presse occidentaux.

 

Seconde observation : si des ressortissants libanais et iraniens suspects ont facilement pu être cernés par les dispositifs, à Tbillissi, Bakou, New Dehli, Bangkok, San Carlos de Bariloche, à Chypre, etc., la veille n’est peut-être pas aussi systématique, concernant des profils plus « atypiques », comme celui de Mehdi Ghezali, Jihadiste européen d’origine maghrébine. On pourra lui trouver quelques traits communs avec un Mohamed Mehra, par exemple, bien que leurs missions et théâtres d’opération soient bien différents. Ce dernier s’était donné pour tâche de frapper son pays d’accueil, tandis que le caractère directement anti-israélien est plus marquant chez son homologue mandaté par Nasrallah. Par contre, tous deux ont un passé signalisé aux services occidentaux, français dans un cas, ayant séjourné à Guantanamo Bay pour le second. L’un a visiblement agi seul en exploitant tous les outils de sa formation en "couteau-suisse" taliban, tandis que l’autre bénéficiait d’une couverture, de faux papiers américains, de 3kg de TNT et donc d’une logistique terroriste plus classique, légère, mais redoutable : le groupe chi'ite libanais et ses commanditaires ont testé leurs limites, au cours des mois passés et opté pour des cibles d'envergure apparemment "de moindre importance", mais laissant entrevoir des failles exploitables. Il faudra plusieurs mois à Israël pour en recenser les principales et trouver des parades afin d'empêcher que le pire se reproduise ailleurs, dans des conditions offrant une ouverture quelconque aux tueurs de masse affiliés à Téhéran : hors de l'Etat Hébreu, ou à partir de Gaza, voire de cellules dormantes parmi des Arabes Israéliens. Mais l'Etat juif et ses alliés ont-ils les moyens et le personnel humain pour sécuriser totalement les milliers de sites juifs, synagogues, boucheries casher, ou terminaux d'aéroports touristiques secondaires, à travers le monde? Peut-on mettre le Mossad derrière chaque kippa? Les pays amis accepteront-ils la présence d'hommes de la sécurité armés à bord d'avions de passagers ou à leur descente, jusqu'à l'hôtel? Les Européens et Américians sont-ils déterminés et prêts à condamner tout antisémitisme comme un acte terroriste potentiel ou encore non-porté à terme? Voilà bien où Merah et Ghezali se rejoignent dans leurs conclusions opératoires... 

 

Troisième point : L’Iran et le Hezbollah frappent à l'aveugle des civils innocents sans lien avec l’appareil politique, sécuritaire d’Israël, tandis qu’ils subissent, de toutes parts, des pertes stratégiques, parmi des relais de premier ordre, au sein de leurs organes terroristes, nucléaires, voire jusqu’à la moitié d’un Etat-Major syrien, le même jour que l’attentat contre le bus à Burgas.

 

Bien sûr, Israël n’est vraisemblablement pas impliqué dans l’élimination d’un seul coup, du chef du Renseignement syrien et beau-frère d’Assad, Assef Chawakte, l’homme le plus redouté de Syrie, de son Ministre de la Défense, Daoud Rahja, du chef de la cellule de crise visant à mâter la révolte, Hassan Turkmani, du chef du Conseil National de Sécurité, Hicham Bakhtiar, qui vient de décéder de ses blessures, selon la radio du Hezbollah, Al-Manar. Mais, tant sur le plan idéologique que stratégique, l’axe irano-syrien, qui prétend s’être constitué pour incarner « la résistance » à « l’entité sioniste » tient son principal ennemi, Israël, pour le fer de lance de tous les coups qu’il subit et signent son probable effondrement à moyen terme. C'est aussi une façon de faire en sorte que Jérusalem affecte ses ressources secrètes à protéger ses arrières et ressortissants, plutôt que de mettre toutes ses énergies à détruire, maille par maille, le programme nucléaire iranien.

 

La simple logique mathématique, basée sur les « qualités » des hommes rayés de la carte régionale, annonce la chute imminente, encore reportée de quelques jours, voire semaines, du régime-charnière de Bachar al Assad. Les alliés russes et chinois de Damas et Téhéran vont encore tenter de gagner du temps au Conseil de Sécurité. Mais, sur le terrain, il est cerné et les espaces de fuite se referment un à un. La diversité de toutes les forces qui concourent à l’anéantissement du régime laisse place à bien des scénarii sur l’après-Assad qui se profile d’heure en heure. Les insurgés de l’armée syrienne libre bénéficient de l’appui en sous-main de la Turquie, du Qatar, de l’Arabie Saoudite, de la Jordanie. Ils ont, d’ores et déjà, renversé le jeu régional, s’il s’avère qu’ils contrôlent les régions et postes-frontaliers avec la Turquie et l’Irak, sûrement la région de Deraa, proche de la Jordanie et plusieurs quartiers centraux et périphériques de la capitale, Damas.

 

Les Gardiens de la Révolution iranienne et le Hezbollah sont sur- actifs depuis les prémices de la répression et tenteront tout, d’une part pour minimiser les dégâts occasionnés par cette descente aux enfers programmée pour l’avenir de « l’Axe », d’autre part, pour entraîner leurs ennemis les plus en vue dans le chaos qui les menace. Ce qui reste de coordination entre eux veille déjà à organiser un cordon sécuritaire permettant de conserver des poches de territoire alaouite et des couloirs pour maintenir le contrôle sur les armes de destruction massive d’Assad. Ils pourraient vouloir les réacheminer vers le Liban ou en distribuer à des groupes d’Al Qaeda cherchant à se pré- positionner dans le pays, à la faveur de la nuit confessionnelle et politique, où « tous les chats sont gris ». Il est probable que certains de ces désesperados du Jihad sans frontières aient déjà pris pied sur le plateau du Golan, prêts à détourner l’attention et la lutte contre Assad en combat contre Israël. Ainsi, des groupes fondamentalistes se sont infiltrés dans des camps palestiniens, comme Yarmouk, pour y recruter de nouveaux combattants-suicide pour le "Grand Califat".

 

Le Hezbollah dispose d’une relative profondeur stratégique en Irak, où ses associés chi’ites anti-occidentaux des milices du Mahdi peuvent l'aider à garder la main dans la débâcle généralisée. Le fameux "arsenal d'Assad" est, probablement, complété par celui, "mystérieusement disparu" d'Irak, sous Saddam Hussein, qui aurait transféré ses ADM vers le "pays-frère" baathiste, avant l'invasion US de mars 2003. Cette "légende urbaine", que beaucoup de détracteurs de l'Amérique ont cherché à tourner en dérision, préoccupe toujours les services de la CIA. James Clapper, actuel chef de la Sécurité Nationale, et alors responsable de l'agence du renseignement aérospatial américain, tenait déjà cette version pour véridique, à l'époque, sur la foi d'images satellites et de divers recoupements humains et terrestres. Paula De Sutter, chargée, par le Secrétariat d'Etat, des questions de non-prolifération, avoue qu'il s'agit-là, du "Joker" dans ce jeu de hasard de l'après-Assad. 

 

Si le prestige idéologique et politique de « l’Axe » subit un revers d’une ampleur sans précédent, qui menace les fruits de trente ans de dur labeur du Sud-Liban jusqu’à Bagdad, Bassorah, Kerbala et Nadjaf, lui restera longtemps sa principale ressource : sa force de nuisance, soit ses missiles Fajr, Zelzal, Scud-D, dotés ou non d’ogives chimiques et biologiques. Mais aussi, ses filières internationales qu'il se montre, dans la "réussite" de Burgas ou les autres échecs de par le monde, capable d'actionner encore et encore, jusqu'au dernier maillon, non-identifié, toujours en activité.


Sur le plan militaire dit « conventionnel », même disposant de tout l’arsenal gracieusement mis à sa disposition par la Russie, l’Iran, la Chine ou d’autres encore, ainsi que du renfort de tous les instants de la milice chi’ite libanaise, des conseils iraniens, l’armée syrienne n’aura pas su, au prix d’une quinzaine de milliers de morts, mettre un terme à une insurrection civile armée. Si « Axe » il y eut, il sera donc, a fortiori, incapable, avec ou sans les restes de l’armée du tyran syrien, de mobiliser un semblant d’organisation militaire suffisant pour affronter « à armes égales », des puissances comme Israël, la Turquie, ni même l’Arabie Saoudite, la Jordanie et leurs alliés du Golfe.

 

La porte de sortie, pour Téhéran, Nasrallah et les derniers généraux fidèles de Damas, reste, par contre, grande ouverte pour réactiver toutes les cellules terroristes dormantes, ayant mis des années à cultiver leurs germes dévorants, à travers toute la région et jusque sur les continents éloignés d’Amérique du Sud, d’Afrique ou d’Asie.

 

Avec la chute anticipée d’Assad, il faut s’attendre à une nouvelle internationalisation des nuisances terroristes, lorsque s’écroule l'un des piliers du modèle étato-dictatorial édifié par les stratèges de l’Axe au Moyen-Orient levantin. L’influence iranienne sur Bagdad, Beyrouth, les réseaux interlopes d’Al Qaeda, dans le Golfe, autour d’Israël (à Gaza, dans le Sinaï, notamment, dans l’attente de prendre pied sur le Golan), l'Afghanistan ou le Soudan, reste suffisante pour créer des zones-tampons stratégiques, comme autant de foyers éruptifs, et défendre son projet apocalyptique par toute une gamme de moyens hautement létaux, avec ou sans états intermédiaires pour lui servir de relais.

 

Pour Israël, la guerre de l’ombre, à travers ou au-delà des insurrections en cours va donc être, dans l’immédiat, de tous les instants pour contenir la dangerosité de ces armes de destruction massive qui menacent de circuler à grande échelle et des ingénieurs ou commanditaires qui poussent à leur utilisation contre Jérusalem. Hezbollah, Iran, Chi’ites irakiens, bahreinis seront, certes, considérablement gênés par la perte de leur verrou stratégique et contraints de passer d’une emprise hégémonique à la défensive autour de leurs centres nerveux. Les pressions économiques, confessionnelles conduiront la « Révolution Islamique » à un certain confinement agressif, mais d’autant plus susceptible d’opter pour des aventures de type suicidaire et bunkérisé, en usant de filiales plus difficiles à répertorier.

 

Les vainqueurs de la nouvelle « Guerre Froide » par procuration sunno-chi’ite au Moyen-Orient ne pourront donc repousser indéfiniment la mission devant à jamais « trancher la tête du serpent » nucléaire iranien et ses scories bactériologiques à travers toute la région. Ce programme potentiellement meurtrier est, en effet, comme le dernier SAS de respiration ou le "second souffle" atomique de ce régime islamo-révolutionnaire.

 

Mais cette tâche régionale n’incombe, en particulier à Israël, que parce qu’il reste « l’ennemi désigné », alors que le nombre d’adversaires réels de l’empire panchi’ite ne cesse de s'affirmer et de croître. Ce pourrait aussi être une des voies de la dissuasion, à l’égard de toute force montante, d’obédience, cette fois, sunnite, qui serait tentée de ne pas lire l'avertissement sur le mur et choisirait de prendre le même chemin, dans l'unique objectif de regrouper ses forces d'agression contre l'Etat juif, par manque d'autre projet politique stimulant que l'hégémonie (des Frères Musulmans) et le génocide (du Hamas, Hezbollah et consorts)… 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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