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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 08:44

Le déterminant pour Romney

 

 

Par MARTIN SHERMAN

 
Jerusalem Post 26/07/2012

 

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=279083

 

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©


 

Réinventer l’Amérique ou ne pas inventer l’Amérique : Voilà comment le choix entre Romney et Obama devrait être présenté.


 

  

 

Une démocratie continuera d’exister jusqu’au moment où les électeurs découvriront qu’ils peuvent se voter de généreux cadeaux du trésor Public. A partir de ce moment, la majorité votera toujours pour les candidats qui promettront les meilleurs bénéfices du trésor Public, avec pour résultat que toute démocratie s’effondrera finalement du fait d’une politique fiscale laxiste, qui est toujours suivie par une dictature – Un passage des « Origines disputées » fréquemment, mais apparemment faussement attibué à Alexander Fraser Tytler, Lord Woodhouselee (1743–1813).


 

"C’était l’époque la plus mémorable de ma vie. C’était un moment émouvant parce que je ne pensais pas qu’un tel jour arriverait jamais. Je n’aurai pas besoin de me soucier de mettre de l’essence dans ma voiture. Je n’aurai pas besoin de me soucier de payer mes amortissements. Vous voyez, si je l’aide, il m’aidera". – La sympathisante d’Obama Peggy Joseph, à une réunion électorale, sur la chaîne NBC Channel 6 News, le 30 octobre 2008.



"Toutes les personnes qui ont voté pour Obama ne pensent pas de cette façon [celle de Peggy Joseph] bien sûr. Mais un nombre suffisant d’Américains le pense, ne cessant de nous étonner sur la façon dont nous avons provoqué ce changement dans ces esprits" – Jim Geraghty, National Review Online, 26 mars 2012.

 

Ces trois extraits résument l’essence de ce que seront les élections présidentielles aux USA. Le choix sera bien plus fondamental que celui entre deux Partis. Il se situera entre deux visions profondément divergentes de l’avenir de l’Amérique.


Oui, les questions, face à l’électorat des USA, sont multiples et complexes. Peu d’entre elles sont sans nuance. Pour beaucoup d’ente elles, la différence de positions entre les deux concurrents à la présidence sont plus une affaire de nuance plutôt que de principe, parfois plus rhétoriques que de substance opérationnelle.

Discerner une différence dichotomique

Mais malgré la complexité, il n’y rien d’ambigu sur la décision que les électeurs seront appelés à prendre, ni sur l’impact historique qu’elle aura sur la destinée des USA. Dans une large mesure, elle déterminera selon toute probabilité l’évolution de l’Amérique pour les décennies à venir, aussi bien en politique intérieure qu’étrangère, y compris pour les relations avec Israël.


 

Sans tenir compte d’une ambiguïté, même de chevauchement, qui puisse exister dans les positions des deux concurrents sur des questions spécifiques, il y a peu de difficulté à discerner la dichotomie dans les « enveloppes » idéologiques de leur credo politique, qui, presque comme une enveloppe postale – détermine la destination – et la destinée – des contenus.


En ce qui concerne leurs concepts centraux, ces « enveloppes idéologiques » reflètent profondément les points d’opposition initiaux tels la conduite de la vie de l’Amérique et ses relations avec ses alliés.


La différence se situe entre une approche qui met l’accent sur la promotion de l’entreprise et celle qui met l’accent sur la fourniture de droits ; entre une attitude qui encourage l’industrie et celle qui induit l’indolence ; entre une conception clairement respectueuse du succès et celle qui a du ressentiment à son égard ; entre une croyance qui encourage la confiance en soi et la responsabilité individuelle, et celle qui encourage la dépendance et fait de la société un bouc émissaire.



Démagogie déformante ?

Sans aucun doute, cette catégorisation en noir et blanc (sans jeu de mots) fera jaillir des hurlements de protestations. Elle sera écartée comme superficielle, faite de stéréotypes simplistes, une démagogie déformante, une invective mal informée et sans nuance.

 

Mais une telle critique serait déplacée. Car la description crue des paramètres recouvrant des systèmes de croyance opposés des deux concurrents apporte une évaluation bien plus appropriée de ce qui est en jeu dans les élections à venir, qu’une analyse détaillée de la façon dont ils se proposent de traiter de questions spécifiques, bien que de poids, actuellement sur l’agenda national des USA.


L’Amérique est au tournant d’une métamorphose de son essence fondamentale. Elle bouillonne entre le choix de deux modèles irréconciliables pour l’avenir du pays. Cette élection est beaucoup plus qu’une différence de politiques.


Elle concerne la façon dont l’Amérique souhaite se voir – maintenant et dans l’avenir – et peut-être même plus important, sur la façon dont elle ne veut pas se voir elle-même.


C’est donc un choix entre non seulement ce que chaque concurrent symbolise, mais peut-être même encore plus important, ce qu’il n’est pas.


Revoyez la citation liminaire de la partisane passionnée de Barack Obama, Peggy Joseph, qui apercevait que son soutien pour lui apporterait un bouquet de bienfaits gratuits ou fournis par le gouvernement.


Clairement – comme le journaliste conservateur Jim Geraghty l’indique – tous les partisans d’Obama ne souscrivent pas à l’école de pensée de Peggy Joseph, mais un nombre significatif et apparemment croissant le fait. Par contraste, il est presque inconcevable qu’un électeur présumé de Romney adhèrerait à des sentiments de loin similaires à ceux adoptés par Mme Joseph, comme le combustible gratuit et le logement ne sont pas des composantes de leurs attentes politiques.


 

De même, il est aussi inconcevable que tout programme politique présenté par Mitt Romney attrape des électeurs du type de Mme Joseph, puisque, en toute probabilité, ils n’encourageraient pas la croyance en une utopie de dépense - gratuite est disponible – mais plutôt que les réservoirs doivent être remplis et les amortissements payés grâce au fruit d’un dur labeur.

 

Vous voyez ce que je veux dire sur la division entre « l’industrie versus l’indolence » mentionnée ci-dessus ? Pas convaincu ? Lisez la suite.



Rhétorique révélatrice ?


Il est inconcevable que quiconque adhèrant à « l’enveloppe idéologique » de Romney aurait déclaré, comme Obama l’a fait récemment lors d’une réunion en Virginie, que les propriétaires d’affaires doivent leur succès aux autres – et d’abord au gouvernement.

 

« Vous voyez, si vous avez réussi, vous n’y êtes pas parvenu par vous-même. Je suis toujours frappé par les gens qui pensent, eh bien, ça doit être parce que j’étais tout simplement si intelligent. Il y a beaucoup de gens intelligents. Ce doit être parce j’ai travaillé plus dur que tous les autres. Laissez-moi vous dire quelque chose – il y a une floppée de gens qui travaillent dur ici… Si vous avez eu une affaire, vous ne l’avez pas bâtie. Quelqu’un d’autre l’a fait », dit le président.

 

La réponse de Romney n’aurait pas pu être plus pertinente : « Je ne crois pas que quiconque aurait pu déclarer ce qu’il a dit s’il avait vraiment démarré une affaire ou même dans une affaire… Croyons-nous dans une Amérique qui est grande à cause du gouvernement ou croyons-nous dans une Amérique qui est grande grâce aux gens libres autorisés à réaliser leurs rêves et à construire leur avenir ? ».


 

Obama a bien sûr raison quand il dit que les affaires profitent des infrastructures construites par le gouvernement : « Quelqu’un a aidé à créer cet incroyable système américain que nous avons et qui vous permet de vous battre. Quelqu’un a investi dans les routes et les ponts » dit-il.

 

Cependant, l’Union soviétique a eu aussi un gouvernement qui a construit des routes et des ponts et des barrages, et a même été pionnière en matière d’homme dans l’espace, et tout cela ne l’a pas sauvée d’un effondrement total.

 

Dans une réponse incisive, l’ancien assistant du secrétaire adjoint David Cohen a fait cette remarque éloquente :


« Le président pense-t-il vraiment que cet ‘incroyable système américain’ est fondé sur le fait que nous utilisons les fonds publics pour construire des routes et des ponts ? Si je puis répondre au président en paraphrasant ses propres mots : « laissez-moi vous dire quelque chose – il existe tout un ensemble de pays hors d’ici qui utilisent des fonds publics pour construire des routes et des ponts. Mais aucun de ces autres pays n’a réussi aussi bien que les Etats-Unis d’Amérique, alors il doit y avoir quelque chose d’autre qui rend compte de cet incroyable système américain ».


Alors comme le demande Romney : « Croyons en une Amérique qui est grande à cause de son gouvernement ou croyons nous en une Amérique qui est grande grâce aux gens libres autorisés à réaliser leurs rêves et à construire leur avenir ? ».



Une question de contexte ?

Bien que les remarques d’Obama aient été reçues avec enthousiasme à la réunion de Virginie, il est vite apparu qu’elles étaient gravement insultantes pour les millions de propriétaires de petites affaires travaillant dur et dont les USA dépendent pour créer des emplois.

 

Sans surprise, le camp d’Obama a commencé de clamer que les critiques prenaient « ses mots sur le petit business hors de leur contexte ».

 

Mais ces efforts sont au mieux non persuasifs. Car comme Cohen l’observe, « il n’est pas important de savoir si « vous n’avez pas construit cela » se réfère à l’affaire d’un entrepreneur [l’interprétation la plus logique] ou sur les routes et les ponts utilisés par cette affaire ».


De quelque façon que vous les tranchiez, « Les remarques du président ont été clairement une remarque humiliante et méprisante pour les propriétaires de petites affaires qui, selon l’opinion du président, veulent s’accorder trop d’importance pour leur propre succès » dit Cohen.


Pour tout un chacun – autre que celui ayant ouvertement des préjugés – qui a observé l’enregistrement de la vidéo du discours, il est difficile de contredire l’appréciation de Cohen sur le fait qu’il « se moque des petits hommes d’affaire qui ont l’impudence de penser qu’ils ont réussi parce qu’ils étaient ‘si intelligents’ ou ‘ont travaillé plus dur que tous les autres’. »


il n’est pas facile d’échapper à sa conclusion caustique : « Le point des remarques du président n’était pas de célébrer le courage, le dur labeur et la vision qu’il faut pour réussir une affaire. Plutôt, le point était de sermonner les propriétaires de petites affaires ayant réussi pour qu'ils ne soient pas trop fiers d’eux-mêmes, ne pensent pas qu’ils sont tellement spéciaux. Et sur cette voie, il parvint à dénigrer l’importance de l’intelligence et du dur labeur ».


Tout cela souligne la distinction que j’ai tirée plus tôt entre les approches idéologiques qui « respectent le succès » et celle qui « ont du ressentiment à son égard ».


Influences formatrices, inclinations politiques

De nombreuses manières, l’élection d’Obama en 2008 a été un tournant. Mais cela ne l’a pas tant été parce que c’était la première fois qu’un homme de couleur était élu au poste le plus élevé des USA et dans la position la plus puissante dans le monde.

 

Plutôt, ça a été un tournant parce que, pour la première fois, la personne élue était quelqu’un dont le credo politique était en coïncidence avec un environnement où beaucoup des influences de sa formation (aussi bien en matière de personnalité et d’idéologies), et les allégeances résultantes et inclinations politiques, différaient profondément (sans doute de façon antithétique) en substance et en ressenti, de celles qui ont fait historiquement que l’Amérique devienne l’Amérique.


Il serait largement irréaliste, par conséquent, de faire l’hypothèse que ces différences ne se traduiraient pas en une interprétation des intérêts des USA, et de là du projet politique, aussi bien intérieur et à l’étranger, qui diffèrent profondément – et même de façon antithétique – en relation à la façon dont elles étaient perçues et se poursuivaient dans le passé.


Et en effet, il semble certainement qu’elles l’ont été. J’ai essayé d’illustrer cela brièvement dans la sphère intérieure ; dans la sphère des relations étrangères, les choses sont pour le moins bien plus troublantes.


Front de la politique étrangère

De profondes préoccupations sur la perspective d’Obama quant à la conduite de la politique étrangère des USA – certainement du point de vue israélien – ont été soulevées très tôt pendant sa présidence. Dans son discours destiné à un grand public musulman de juin 2009 au Caire, il déclara : « L’Amérique et l’islam ne sont pas exclusifs et n’ont pas besoin d’être en concurrence. Au lieu de cela, ils se rejoignent, et partagent des principes communs – principes de justice et de progrès, de tolérance et de dignité pour tous les êtres humains ».

 

Clairement, voilà une proclamation qu’il est extrêmement difficile de réconcilier avec la réalité. Après tout, la vie en Amérique,     telle qu’elle est gouvernée par la constitution des USA est à l’opposé de la vie sous l’islam gouvernée par la shar’ia – en particulier en ce qui concerne « la tolérance et la dignité des autres ».


C’est une parallèle qu’il serait hautement improbable de voir tirée par Romney

 

La visite prochaine bien en vue de Romney en Israël accentue les différences extrêmes avec Obama.


C’est vrai, Obama a fait une visite pré-présidentielle dans le pays en 2008, mais on se souvient qu’elle a été annulée par son absence ostensible depuis, en particulier à la lumière de ses fréquentes visites dans de nombreux pays arabes de la région et de sa relation aigre avec Benyamin Netanyahou.

 

C’est vrai, Obama peut pointer des exemples où son gouvernement a agi de façon affirmée pour préserver et promouvoir les intérêts israéliens sur un nombre de questions critiques.

 

Cependant, si l’on est plus circonspect – ou cynique – on peut suggérer que cette largesse pro-Israélienne ne doit pas être inscrite au moindre changement favorable de son sentiment envers Israël.


Plutôt, il doit être considéré comme le résultat d’un souci croissant concernant les conséquences d’un retour de bâton de l’électorat juif, alimenté par ce que beaucoup ont considéré comme une approche grossièrement biaisée à l’égard d’Israël.


Même l’inconditionnel partisan d’Obama, l’expert Peter Beinart s’est plaint qu’Obama ait abandonné son projet à l’origine « progressiste » (lisez « complaisant envers les palestiniens ») à l'encontre d'Israël à cause d’une pression des principaux groupes juifs des USA.

 

Ainsi pour Israël, la perspective d’un représentant à la Maison Blanche ayant une affinité inhérente pour les adversaires d’Israël et libéré des préoccupations de sa réélection, c’est celui qui doit être considéré avec la plus haute gravité.



Réinventer ou ne pas inventer l’Amérique

Voilà des heures sombres pour l’Amérique – taux de chômage élevés, infrastructures vieillissantes et de plus en plus non compétitives, déficits croissants, et taux d’intérêts à presque zéro pourcent. Toutes ces maladies réunies composent une situation difficile qui laissent les décisionnaires politiques presque « sans munitions ».

 

Des compétences managériales affûtées ne suffiront pas.


Ce dont l’Amérique a besoin maintenant c’est une vision nouvelle (ou plutôt renouvelée) d’elle-même. Au cours des quatre dernières années, l’Amérique a été sujette à des politiques qui apparaissent plus destinées à la défaire plutôt qu’à la refaire, à la déconstruire plutôt qu’à la reconstruire. Obama a laissé la nation avec une espérance amoindrie et un changement en échec.


L’Amérique est à une croisée 
fatidique des chemins. Elle peut choisir l’un des deux chemins : Se réinventer ou ne pas s’inventer. Mitt Romney doit saisir ce moment et conduire le pays vers le premier et loin du dernier.


www.martinsherman.net  

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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